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Rimbaud ou Camus ? | 18 janvier 2009

(Saint Etienne / Are we gonna be alright ?)


Debord écrit à son ami Hervé Falcou en 1950 :
« Nous aurons vécu à une époque merveilleusement tragique, un temps lyrique, mais un temps très dur, qui interdit le bonheur dans le réel parce que nous ne voulons plus nous contenter des vieilles joies et parce que nous n'avons encore rien changé à la conception du monde d'une multitude au front de taureau. »
Cinquante neuf ans plus tard, le monde ne présente t'il pas son front de taureau ?

Echange de textos avec un ami :
« Tu fais quoi mon frère ? »
« Je lis des tracts de Guy Debord, je suis le dernier révolutionnaire. »
« A d'autres ! Tu veux pas me rejoindre dans un bar de Belleville ? »
« Impossible, je m'occupe de l'avenir de la philosophie mondiale. »
(Une vraie profondeur dans une légèreté riante et joueuse, ma seule vraie prétention)


Il y a beaucoup de gens moches dans le club, comme si la beauté s'était éclipsée de toute façon. J'ai ma petite expérience sur le sujet, mais j'en ai toujours trop dit. Où donc ai-je lu cette phrase ? « La divinité est venue et elle n'a rien dit ».
Comme on est bien loin de Guy Debord et des aventures collectives du début de son œuvre. Comme je suis bien loin de tout cela. Encore une fois obligé de me justifier dans la conversation avec des amis hier soir. Tout part de Rimbaud. J'entends les trucs habituels du genre : « Il faut voir la vie qu'il a eu quand même, c'est un artiste maudit ». On monte en flèche Camus et la conversation ne peut que se porter sur la mère de celui-ci. Je demande qu'on se pose la question de la relation des penseurs avec leur mère, comme par hasard il y a quelque chose qui cloche, qui sonne faux dans ce rapport (Baudelaire, Nietzsche, Houellebecq si on veut, les exemples sont là). Camus d'accord, quelques textes, descriptions de l'Algérie, c'est un hommage à la mère, mais enfin entre Arthur et Albert, n'y a-t-il pas une grande distance, une différence de talent ?
L'amitié est bien là, réelle, palpable, on rit beaucoup c'est entendu mais enfin il me faut m'expliquer longuement et péniblement sur cette idée de la naissance multiple, non générationnelle. On me répond respect pour la famille, pour certaines vertus. On pare un monde insuffisant d'une importance qu'il n'a pas et c'est un vieil univers devant lequel la plupart des gens se couchent qui a le dernier mot dans toutes ces bouches. La liberté absolue de choisir les parents que l'on veut, le jeu fondamental avec ces rôles, la reprise en main et la traversée des codes familiaux (j'ai parlé récemment de la Vierge avec Saint Anne de Vinci) : impossible de rendre cela vivant dans une conversation. Alors quand je raconte que j'ai un blog, c'est comme une outrance absolue, les figures se décomposent, il ne faudrait pas que ca existe. Je ne crois pas me plaindre, je file voilà tout.

1953, Manifeste pour une construction de situations :
« L'univers en cours d'éclatement. Et nous allions d'un bar à l'autre en donnant la main à diverses petites filles périssables comme les stupéfiants dont naturellement nous abusions. Tout cela n'était que relativement drôle. »

Juste à la suite, une phrase bien appuyée. Mais de qui parle t'il exactement ? De cette « écolière perdue, ta belle, ta triste jeunesse ;  et les neiges d'Aubervilliers » ?
« Mais que deviendra-t-elle dans tous les ports illuminés de l'été, dans tous les abandons du monde, dans le vieillissement du monde ? »

Publié par arnaultglamorama à 14:26:09 dans Glamorama and more | Commentaires (1) |

24-01-2009  03:07  24-01-2009 03:07
langage...  De  RV  Sujet:  langage...
"Ne pas s'engager dans une controverse avec le premier venu, mais seulement avec ceux que l'on connait et dont on sait qu'ils ont assez de raison pour ne pas étaler au jour des absurdités et se rendre ainsi ridicules". Schopenhauer l'art aide à vivre, mais je préfère la vie, finalement, malgrè tout, notamment parce que la lucidité m'oblige à reconnaître que je n'ai pas le talent ni les éclairs des grands dont nous parlons. Bien à toi

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