Les jumeaux incestueux et de jeunes canards sales | 11 janvier 2009
(Mystery Jets / Umbrellahead)
Cette petite vie est entièrement dissolue, je continue à suivre son rythme intrépide comme si le soleil n'était au final qu'un stroboscope. L'arc de la soirée suit, entre autres, une conversation intello avec Th. qui était récemment à New York et a visité ses musées. La question qu'il pose est la bonne, et nécessaire même si elle doit rester en suspens : que se passe-t'il exactement au début du vingtième siècle en France, d'où vient cette lumière directe dans la musique, la peinture ? D'où ca vient Bonnard, Vuillard, Satie ? On ne s'y attend pas après tout, ce n'est pas prévu au programme. Comme quand on doit arriver aux Etats Unis et que l'on tombe sur ces français maîtres du temps. Le dix neuvième siècle, dont l'histoire reste à faire débouche sur eux, sur cette déferlante créatrice incroyable. On connaît la suite, la question des questions de la double guerre et de son cortège de fantômes plus vivants que les vivants. Aujourd'hui ? Minimalisme à tout va (regardez les immeubles, c'est comme si on ne voulait pas prendre de risque, on ne veut pas avoir tord donc le mouvement est refusé, la crainte est trop forte, même chose dans le design, on croit que le vide donne forme aux choses et qu'il faut le singer). Capitalisme perfectionné (notre président déclare ces jours ci que ce capitalisme, qui n'est rien d'autre que la surface entière de la planète, n'est pas à remettre en cause, qu'il faut le moraliser, comme si capitalisme et morale n'étaient pas deux jumeaux impossibles à séparer et hurlant dans une jouissance furieuse leur inceste indestructible). Nihilisme acéré (l'émergence des débats, des crises et des manifestations encadrées ne sont que le cri de victoire du non sens. Tout s'équivaut dans le meilleur des mondes, on ne va pas s'en sortir et on patauge gaiment les uns sur les autres comme de jeunes canards sales).