Samedi, dans le Tgv.
Je suis tout à fait plongé dans American Gods, de Neil Gaiman, lorsque j'aperçois, dans le rang de fauteuils séparé de nous par le couloir dur wagon, un type endormi. J'hausse les sourcils, les yeux grands ouverts : je me retrouve perplexe. J'entends soudain un "pouf", puis deux hallucinations bizarres apparaissent à mes côtés : des petits moi. L'un, tout nu et tout rouge, porte un trident et deux cornes, tandis que l'autre, tout bleu, porte une robe et un aura autour de la tête. Les deux personnages issus de mon imagination ont des petites corps et une grosse tête, MA tête. Le diablotin met en évidence :
" D'accord, tu es côté couloir, et, en plus, tu as un voisin à côté de toi... Mais regarde ta chance : il ne te bouche pas la vue pour dessiner ce jeune homme !"
Le petit ange déclare quant à lui, d'un air fayot :
"Tu ne devrais pas faire ça !! Tu dois lire American Gods le plus vite possible, si tu veux pouvoir passer au recueil de nouvelles de Lampedusa ! Sans compter les cinq leçons de Freud... Je te rappelle que tu es sensé les lire le plus vite possible pour tes cours !!"
" Ah, oui, c'est vrai..." remarqué-je en fronçant les sourcils.
" D'ailleurs, je persiste et signe," continue l'angelot, "car tu as promis toi-même que tu consacrerais ce voyage à la lecture d'American Gods, en profitant de ta place couloir, qui n'est jamais une bonne place pour dessiner autour de soi..."
" Mais, justement !!" reprend le diablotin : "tu as promis que tu lirais, car tu pensais que ton champ de vision ne te permettrait pas de dessiner, et encore moins discrètement ! Or, regarde-moi cette aubaine !! Non seulement, de ta place couloir, tu peux dessiner quelqu'un, mais en plus, rarement tu as eu de si bons modèles !! Ce type dort, bon sang, il dort ! Bon, tu as déjà dessiné des modèles endormis, mais justement, remarque que ce sont les meilleurs modèles ! Et, vois la distance que tu as, de ce modèle potentiel : il est tout de même relativement près, de sorte qu'il n'est pas difficile à observer pour tes yeux ! Enfin, mince ! Regarde-moi ce visage, ces plis du tee-shirt, ces mains croisées sur le ventre... Et vise-moi l'éclairage ! Comment, mais comment peux-tu seulement songer, à ne pas saisir cette occasion ?! Faut-il être fou, je vois le demande !!"
" Mais, enfin, il n'est pas question qu'il lâche American Gods !" objecte l'angelot, dont le teint prend un méchant tour vermeil. Il est en plein dedans, il doit le lire, et il s'était promis de ne pas le quitter !
" Mais il n'avait pas en tête qu'il pourrait avoir un si bon modèle, endormi !!" s'égosille le diablotin : il semble vouloir étrangler l'angelot.
" Rhâh, mais il a pris une décision, qu'il s'y tienne !!" rugit ce dernier.
" MAIS JUSTEMENT, ENFIN, IL N'Y A QUE LES CONS QUI NE CHANGENT PAS D'AVIS !!!" vocifère le diablotin, hors-de-lui.
" Mais... C'est pour sa scolarité... Il faut qu'il ait le temps de lire Lampedusa, après... Il faut qu'il gagne du temps..."
" Et alors ?! Il ne doit pas apprendre à dessiner, aussi ?! Tu crois que je suis vraiment un diablotin ?! Tu crois que je ne suis pas de bon conseil, moi non plus ?!" Puis, me prenant à parti, il me dit avec moins de violence : "Chaque croquis n'est-il pas essentiel ?... Est-ce que apprendre à dessiner correctement, ce n'est pas faire du dessin d'observation dès qu'on peut ? Est-ce que les grands dessinateurs ne sont pas tout le temps et partout avec un crayon et un carnet, et d'ailleurs, ne le prônent-ils pas ?! Ou bien, te sens-tu assez doué pour outre-passer ces conseils ? Tu penses que tu peux tout dessiner, et que tu n'as rien à faire de l'art du croquis ?!"
" Mais j'ai jamais pensé une chose pareille !!" m'exclamé-je, choqué qu'on puisse penser une telle chose sur mon compte, car, non, l'art du croquis est définitivement un de mes centres d'intérêt, et c'est ce que je lui dis.
Et, à ce moment-là, dans deux "pof" simultanés, l'angelot devient diablotin, alors que le diablotin devient angelot. Chacun regarde son nouveau corps : tandis que l'ancien angelot blémit, l'ancien diablotin, lui, sourit jusqu'aux oreilles.
" Bon, alors, tu le dessines, oui ou non ?!" me demande le nouvel ange.
Je soupire. Tout en regardant mon modèle potentiel, le livre toujours entre les mains, j'essaie de leur expliquer, à l'un comme à l'autre :
" Le problème, c'est que je suis en face d'un authentique dilemme. Mon alternative contient deux solutions, à la fois bonnes et mauvaises. Si je fais l'un, je sacrifie l'autre; mais si je fais l'autre, je sacrifie l'un... Or, l'un comme l'autre m'est bénéfique, presque nécessaire !! En choisissant, je me passe forcément de quelque-chose qui m'est pourtant vraiment important... Et pourtant, je n'ai pas le choix : il faut choisir !!"
Mes deux petits moi, à mes côtés, se regardent l'un l'autre, perplexes. Ils semblent reconnaître leurs importances respectives. Soudain, ils deviennent, dans un "pof" chacun mi-diablotin, mi-angelot, se retrouvant avec un corps bleu du côté gauche, rouge du côté droit. C'est à ce moment-là que j'entends, devant, un "tchak" que je reconnais : le contrôleur composte les billets. Alors que les "tchak !" du poinçon et les "merccccci !" du contrôleur s'alternent, je contemple, turlupiné, le jeune endormi non loin.
Les deux mi-ange mi-démon continuent de débattre :
" Tu vois ! Même s'il commence à le dessiner, il n'aura jamais le temps de le faire en entier !"
" Meuuuh non, n'importe quoi ! Mon petit flo il est fortiche, il va le faire vite fait avant l'arrivée du contrôleur !"
Là, c'est moi qui riposte :
" Hey ! Tu me crois si capable ? J'apprends, moi, jsuis pas un as !! "
" Mais ! Qu'est-ce que tu racontes ! Tu vois pas qu'il est lent, ce contrôleur ? Regarde, cette personne qui l'a arrêté dans son élan : je sais pas ce qu'on lui a demandé, mais il discute... Et il est encore loin ! Et puis attend, un modèle endormi, au visage de trois-quart... C'est pas ça qui va être dur ! T'en as pourquoi, cinq minutes ?!"
" Quoi ?!" m'exclamé-je. "J'en ai bien pour dix minutes, voire un bon quart d'heure ! Qui c'est, peut-être même plus d'ailleurs, le temps s'accélère tellement quand on fait du dessin d'après nature..."
"Attends, t'es vraiment si lent ?!"
Je fais comme si la bestiole double-face qui vient de parler ne m'avait rien dit, et prends mon billet Tgv, tout comme mon voisin.
" Tu as le temps de le faire... Tu as le temps..." murmure le même trublion, regardant tristement le potentiel modèle.
Le contrôleur, bientôt, s'arrête dans son parcours juste au feuteuil devant le mien : apparement, il y a Un problème, voire une amende.
Le billet à la main, j'attends.
"T'as pas le temps..." murmure celui qui n'a pas parlé depuis tout-à-l'heure.
" T'as le temps..." murmure le premier à avoir été diablotin. "Je dirais même plus : une fois réveillé, il ne se rendormira pas forcément !!"
Je fais mine de ne pas entendre. Le contrôleur poinçonne mon billet, celui de mon voisin, temps pendant lequel le jeune endormi se réveille, prend son billet : rapidement, il l'a poinçonné, le rengaine, ne se rendort pas. Ne se rendort pas. Bouge, même.
Je l'observe encore un peu. Il n'a pas l'air de compter refermer les yeux. Je reprends American Gods avec un petit soupir. L'une de mes deux créatures prend alors un air de triomphe, l'autre est dépitée.
Publié par boiseime à 23:19:24 dans textes | Commentaires (0) | Permaliens
À ce qui parait, c'est l'intention qui compte, alors voici une note de blog { edit : au début de l'article, je comptais ne plus rien écrire après la parenthèse qui suit, c'est pourquoi je soulignais que c'était quand même une note} (à vrai dire, j'ai vraiment, vraiment envie d'écrire, mais aucun sujet ne vient à moi. J'ai pas envie de raconter ma vie ou de philosopher en plus, je voudrais faire un truc poétique. Je pourrais écrire un truc qui serait la métaphore de celui qui n'a pas de sujet alors qu'il veut écrire, mais même pour ça je manque d'inspiration).
Il y a partout des sujets. Des sujets d'actualité, des sujets philosophiques, politiques, métaphysiques, futiles. Ils flottent tout autour de nous. Et pourtant, parfois, on est juste incapable d'en attraper, serait-ce le moindre. On ne peut pas parler d'un sujet comme ça : il faut avoir ENVIE de traiter d'un sujet, ce sujet-là et pas un autre, ou alors si, un ou deux autres avec. Seulement, parfois, on a pas envie de traiter d'un sujet, juste envie d'écrire. Il y a envie d'écrire, et envie d'écrire : il y a envie de traiter de ça, et il y a l'envie de laisser une trace de belle facture. Cette trace de belle facture DEMANDE un sujet, mais ce sujet, alors, est juste ce qui permet la trace, et passe donc au second plan; quand d'habitude, c'est la trace qui est de second plan, laissant la part belle au sujet. Vous me suivez ?
Il y a le fond, il y a la forme. On fait toujours les deux, mais parfois on fait l'un pour pouvoir faire l'autre. On fait souvent la forme pour faire le fond, mais parfois, on prend un fond pour pouvoir faire la forme. On ne peut, hélàs, faire l'un sans l'autre. Quoique. Ça doit pouvoir se discuter.
Moi, voilà, j'ai envie d'écrire un truc poétique, mais rien ne me vient. Je veux faire de la forme, mais ne détient pas de fond qui me permettra d'accéder à cette forme.
Écrire, c'est tout d'abord écrire à partir d'un sujet, et lorsqu'on en a pas, ça fout vraiment tout en l'air.
En plus, l'écriture sans sujet, comme celle que je suis en train de produire, a rarement de saveur. Enfin, si, j'ai un sujet puisque je me retrouve à parler de l'interdépendance entre sujet et processus d'écriture, mais je ne sais pas si c'est très intéressant. Je devrais donc arrêter, avec ma soupe au lait incolore.
Écrire pour écrire, c'est bien, mais la qualité du sujet joue vachement sur la qualité de la trace de belle facture de tout à l'heure. Ce serait cool si je parlais d'un truc supercool.
Mais j'ai la flemme de m'éloigner. De vous inventer, par exemple, un poète devant vous, qui appelle toutes les muses qu'il a dans son répertoire téléphonique, mais n'arrivant à en joindre aucune. Alors, du coup, il essaie d'écrire quand même, et se retrouve comme un débile perdu dans le désert à parler du lien entre sujet, fond, et processus d'écriture.
Le poète cherche à faire son poète, et d'ailleurs, mon poète à moi se fiche complètement de sur quoi il écrit.
Même Quenaud (comme ça s'écrit déjà ? Vous savez, Raymond ?), quand il veut s'éclater à écrire n'importe quoi, à jouer sur la forme, doit utiliser un sujet : il se retrouve avec une querelle de bus. Vous me direz, il y a l'Oulipo, qui est si absurde qu'elle doit bien se passer de sujet.
Eh bien, voilà : l'écriture sans sujet, ça existe, c'est l'écriture absurde.
Donc, on peut écrire sans sujet.
Donc, nous en déduisons que j'avais tort : écriture et sujet ne sont pas intrinsèques.
Seulement, un peu quand même, par rapport à une notion en particulier : l'intérêt.
En effet, un texte sans sujet me paraît peu intéressant. Voilà la donne, c'est comme la matière et l'esprit : un esprit vit dans une matière; une matière, sans esprit, n'est qu'un vulgaire objet.
De la même manière, un sujet, pour vivre, doit se trouver traité, et un texte, pour avoir un tant soit peu de consistance, doit traiter d'un sujet. Et ce qui fait qu'un texte est intéressant ou non, ce n'est pas le concept en soi de texte, c'est ce que ce texte nous dit. C'est le traitement d'un sujet. Donc, l'intérêt, lui, est intrinsèque au traitement d'un sujet : il en découle. Le traitement d'un sujet est l'essence de l'intérêt. Et une absence de sujet, une absence de son traitement, c'est une absence d'intérêt.
Un texte sans intérêt, c'est un texte qui ne discute rien du tout, qui ne raconte rien du tout, qui ne parle de rien du tout, c'est un texte qui, justement, se contente de parler, de parler pour ne rien dire.
J'écrivais tout-à-l'heure : "la qualité du sujet joue vachement sur la qualité de la trace de belle facture". Eh bien, voilà : la qualité du traitement du sujet, c'est le degré d'intérêt, et le degré d'intérêt, c'est d'abord celui du texte.
Mince. Moi qui voulait écrire un truc poétique, je me retrouve à faire de la philosophie de bas étage. N'empêche, ça faisait une éternité que j'avais pas fait de vraies notes philosophique sur ce blog...
Mais je trouve que le sujet de cette note-ci n'est pas très intéressant. Enfin, c'est subjectif, parce que nous avons déduit qu'à partir du moment où nous traitons d'un sujet, nous sommes potentiellement intéressants : bah oui, parce que ça dépend quand même de l'interlocuteur. Voilà, voilà le truc, en fait : le traitement de tel sujet n'est pas forcément intéressant, mais il peut l'être, quand le traitement de rien du tout, un sujet non pas traité mais évoqué, mentionné, ne peut pas être digne d'intérêt. Peut être intelligent ce qui dit quelquechose, et bien ce qui dit quelquechose, non pas ce qui dit tout court.
On peut cela dit encore déclarer que la forme, à elle seule, peut présenter de l'intérêt. Justement chez Quenaud, dont le sujet de sa variation est bien trop dérisoire pour valoir de l'intérêt. Mais, justement, un travail de forme, c'est d'abord un travail de traitement, de traitement d'au moins un sujet : le texte. Ce qui est important, c'est pas le sujet, c'est le traitement qu'on en fait. Le sujet, c'est la chose, le traitement, c'est la manière qu'on adopte pour voir, pour comprendre, pour toucher cette chose.
Hum. Voilà. Je crois que là, j'ai atteint le bout du fil. En tout cas, j'arrive pas à dérouler davantage. Il me semble avoir fait le tour de la question.
(et moi qui espérais écrire un truc un peu poétique... J'ai failli y aller, avec mon poète et ses muses à joindre au téléphone, mais, bon, la philo m'avait déjà embarqué, c'était trop tard...)
Publié par boiseime à 01:45:17 dans textes | Commentaires (0) | Permaliens
Nous sommes avant-hier. Je sors du train, arrivé à Rennes, et trouve un train desservant Dol en voie 2. Je descends les escaliers, remonte un AUTRE escalier, traînant une lourde valise, un bon sac à dos et la sacoche d'un appareil photo; et arrive sur le quai. À moins qu'à ce moment-là, j'ai déjà rangé mon appareil photo (et sa sacoche) dans mon sac à dos... C'est bien possible. Le train ne tarde pas à arriver : je le monte. Il partira dans un petit quart d'heure. Mon wagon est pratiquement vide. Dans un effort considérable, je rentre ma valise noire à roulettes dans le porte-bagages. Je pose mon sac à dos à côté de moi, me défait également de mon manteau et de mon chapeau, et ouvre American Gods. D'autres personnes arrivent progressivement dans mon wagon, mais extrêmement peu. Une fille discute sur son portable, mais j'arrive tout de même à me concentrer sur ma lecture. Le train finit par partir. À un moment, le train freine, et il garde une lente vitesse pendant un bon moment, puis il finit par accélérer. Il dessert Pont-Chaillou, et d'autres gares comme ça. Après une demi-heure de trajet, il dessert Dol-de-bretagne. Je mets mon chapeau, prends mon sac à dos, enfile mon manteau, et sors ainsi du train avec mes affaires, sauf que voilà : je ne trouve pas mon père sur le quai, qui, pourtant, arrive toujours à l'heure. J'allume mon téléphone, l'appelle : je n'y arrive pas tout de suite. Ça décroche, mais j'entends la météo... C'est la radio ? Je suis dehors, sur le parking. Je raccroche, l'appelle à la maison : ça ne répond pas. Je réessaie sur son portable : il répond enfin. Il m'explique qu'il est venu, mais qu'il ne m'a pas trouvé à dix-neuf heures à la sortie du train : je vois sur mon portable qu'il est seulement dix-neuf dix... J'ai dix minutes de retard. Mon père me dit qu'il arrive; et dix minutes-un quart d'heure plus tard, passé à guetter les voitures; mon père m'explique, alors que je lance mon sac à dos sur le siège à côté de moi, à l'arrière, qu'un autre train en provenance de Rennes était arrivé à 19 heures, ce qui m'étonne, car si je devais effectivement arriver à cette heure-là, je n'avais pas vu d'autre train pour Dol à Rennes, du moins j'ai pris celui que j'ai vu.
Bref. On rentre à Plerguer. Après quelques minutes de décompression où je pose notamment mon sac à dos dans ma chambre, mon père me montre les photos de fleurs qu'il a prises avec ses différents appareils photo. Puis il me montre des photos de la baie du mont-saint-michel. Tout cela dure très longtemps. Les photos sont belles, parfois très belles, mais elles sont surtout extrêmement nombreuses...
Beaucoup de temps plus tard, je vais enfin moi-même sur l'ordi, et surfe sur la toile.
Le soir, pas grand-chose à la télévision : je feuillette psychologies magazine. Puis je retourne sur l'ordinateur.
On finit par se coucher. Je n'arrive pas à m'endormir. Je n'ouvre pas American Gods, mais par contre, je feuillette mon beaux-arts magazine hors-série sur la bande dessinée.
Le lendemain matin. Entre dix et onze heures. Je me lève doucement. Je regarde autour de moi, cherchant des yeux ma valise où choisir mes habits du jour. Je ne vois pas de valise. J'ai oublié ma valise... Putain, j'ai oublié ma valise !
Publié par boiseime à 13:32:47 dans textes | Commentaires (0) | Permaliens
Je suis en anglais, la sonnerie retentit. Il est trois heures. Je sais qu'il est temps. Charlotte me souhaite bonne chance.
Je défile dans le couloir. Je salue des personnes, qui ne savent absolument pas ce qui va m'arriver. Par contre, je croise Carla, qui me souhaite aussi bonne chance.
Je descends les escaliers, je vais d'abord aux toilettes avant de partir. Des personnes bloquent le passage. Je leur indique mon souhait d'aller aux toilettes : ils font semblant qu'ils vont m'en empêcher, puis me laissent passer.
Ensuite, je me rends à l'administration : sur le chemin, je croise des camarades à qui je dis à demain. Elles sont interloquées : je leur indique où je vais, et alors elles m'expliquent qu'elles avaient cru un instant que nous n'avions pas philo, puis elles me souhaitent bonne chance. À l'administration, je me rends à la loge, pour prendre mon carton à dessin. Je marche en dehors du lycée, puis réalise que la gare d'Ablon, d'ici, est plus proche.
Mon sac est incroyablement lourd. Le vendredi, c'est mon jour le plus lourd. Et je vais devoir me le coltiner jusqu'à Fontenay-sous-bois... Tout comme ce gros carton à dessin.
Dans le train, je lis American Gods.
Bibliothèque François Mitterrand : je sors, prends la ligne 14; jusqu'à Gare de Lyon. Là-bas, je me dirige vers le RER A. Il est bientôt quatre heures, et lorsque j'arrive sur le quai, je rate un train qui vient juste de partir : apparemment, il desservait la gare où je me rends. Je vais devoir attendre. Je me poste dans un coin, posant mon carton et mon sac par terre, et reprends American Gods. Et puis je lis sur un moniteur de la gare que mon train est retardé. Cela se propage bientôt aux suivants, minute après minute. Une voix grésillante, parlant au nom de la ratp, annonce qu'un malaise cardiaque est survenu à Chatelet, que le samu arrive, que les trains sont retardés. J'attends. J'attends. Mon téléphone portable sonne : une voix, qui s'annonce en provenance de Fontenay-sous-bois, m'indique que le candidat me précédant est en retard, ce qui fait qu'ils me font passer dès que j'arrive : malheureusement, je suis encore à Gare de Lyon à cause de ces fichus retards. Un train finit par arriver, qui se contente de stationner, sans bouger : on ne sait même pas où il va. Je rentre à l'intérieur, mais il ne part pas. Comme la voix de la sncf nous recommande de changer de chemin par la ligne 1 pour aller à Nation, c'est ce que je fais : à Nation, il y a un train qui stationne : on nous dit qu'il va dans la direction que je veux, et je rentre à l'intérieur. Je rappelle le lycée Pablo Picasso pour expliquer que je serai en retard, puis le train part. Mon sac est toujours aussi lourd, mon carton est toujours aussi encombrant; et comme il y a un paquet de monde, je me vois mal aller m'asseoir avec mon gros carton.
Il est bien quatre heures trentes cinq quand j'arrive, alors que j'avais rendez-vous à seize heures trente. Je me rends au lycée. Là-bas, une hôtesse d'accueil m'indique le chemin à prendre pour me rendre à l'entretien. Je fais comme elle dit : je monte l'escalier, je prends à droite, je trouve le secrétariat élèves, et à côté, je vois cette pièce avec différents élèves, un peu plus loin, la pièce où va se dérouler l'entretien : je rentre, avec angoisse et soulagement. Je pose mon sac, je pose mon carton, j'explique qu'il y avait eu un malaise cardiaque à Chatêlet, que j'étais moi-même à Gare de lyon lorsqu'il était quatre heures. Parmi le "jury", je reconnais deux élèves de la classe, le prof d'arts plastiques, mais ne retrouve pas le visage de la femme à côté du prof : sûrement, elle-même, une prof de quelque-chose.
Rapidement, après m'avoir notamment fait confirmé que j'étais l'élève de madame Dufour, on me demande comment j'ai entendu parler, pour la première fois, de cette classe à Fontenay-sous-bois. Je dis que je ne m'en rappelle plus, que ç'avait sûrement été par madame Dufour, mais que j'étais déjà allé à leurs portes ouvertes durant mon année de première et que j'avais depuis gardé l'idée fixe que je voulais absolument aller là-bas deux ans plus tard.
On me demande quel est mon projet professionnel. J'exprime timidement, après avoir un peu bafouillé, que je voudrais devenir auteur de bande dessinée. Le prof d'arts a un sourire que je sens ironique, mais déclare que c'est bien d'avoir des rêves. Moi, je me nuance en disant que je suis conscient de la difficulté de percer là-dedans, et que je compte me trouver un plan B professionnel au cours de mes études : en attendant de percer.
On me demande de choisir UN travail dans mon carton, un travail qui me tient à coeur et dont je voudrais parler. Je regarde à l'intérieur de mon carton. Je vois mes différents travaux aboutis, mon masque de transformation bof, celui qui est bien mais que j'ai seulement commencé, mes planches de bandes dessinées, et puis ma guirlande. J'hésite, notamment avec les planche de bédés. En me rappelant peut-être tous ceux qui m'ont félicité pour ce travail-là, je choisis ma guirlande de marionnettes. Plus tard, je me dirai que j'aurai peut-être dû présenter une de mes planches de bédé. Je prends mon travail par chaque bout du lacet, et constate, à voix haute d'ailleurs, que la tête de mon Florian-tecktonic se sépare du corps. On me demande comment on est censé le voir, et mes bras en l'air, je tire chaque bout du lacet, dans un sens permettant une vue claire de chaque personnage, troués dans les cheveux pour laisser le lacet relier chaque marionnette : ils portent chacun mon visage photographié et cartonné, mais portent tous un look différent. L'un est rapper, l'autre skater, le suivant gothique... Je leur explique ma fascination pour le vêtement comme objet d'identité, comme uniformisation de l'individu, qui grâce à son look, s'intègre dans une bande en gommant ce qu'il a de singulier en lui (en fait, j'ai dit ça autrement, et je trouve que comme je vous le dit là, c'est mieux), et je leur explique le ton d'humour que j'y ai mis, par exemple lorsque mon visage barbu et stoïque s'associe au look de "pouffe" (en fait, je n'ai pas non plus présenté cet exemple). Puis on discute. La femme à côté du prof, sérieuse, me demande si mon travail est de l'ordre du constat sociologique, quelque-chose comme ça. Je dis que c'est effectivement le fruit d'un constat fascinant (encore une fois, je ne l'ai pas formulé comme ça) Ils me demandent les autres fonctions du vêtement, à part comme outil d'identité, et j'y vais, j'en cite pas mal. Ils me poussent vers pas mal de directions, je réponds, je réponds. Puis le prof d'art me demande quelque-chose de bizarre que je n'ai pas assimilé, il reformule, je comprends : si je devais refaire mon travail, comment opérerai-je pour l'approfondir, le rendre moins superficiel (car il n'y a pas à proprement parler de réflexion : c'est ni plus ni moins qu'un constat, un pointage du doigt (il ne l'a pas dit, mais c'est moi qui le dis : un enfonçage de porte...))
Je suis absolument incapable de répondre à sa question. Je répète en marmonnant, pou moi-même, sa question, et sans le penser, je constate que je nage un peu dans la merde. Il finit par dire quelque-chose : après un échange d'idées, après, en fait, qu'il m'ait quelque peu guidé, je finis par formuler que j'aurais relié ma guirlande de bonhommes à un contexte, à un cadre, car nous avons déduit qu'on s'habillait toujours d'une certaine manière par rapport à un certain contexte, alors que mes bonhommes flottaient dans rien, accrochés ensemble par un lacet.
Régulièrement, tout le long de l'entretien, je m'éponge le front avec la main et me constate en sueur.
Ils ouvrent un classeur, et me désignent une oeuvre d'art de Spoerri : ils me demandent si je le connais. D'abord, je crois que non, puis si, je m'en rappelle : c'est celui qui accroche les trucs au tableau, tout ça, bref, je ne sais plus comment je l'ai formulé, mais le prof d'art hoche la tête, peut-être avec un peu d'indifférence, et me dit que cela s'appelle des "tableaux-pièges". Il me demande à quel mouvement artistique il appartient : je propose le pop-art. On me dit que c'est un nouveau-réaliste, je demande alors, car étonné, et un peu pour me disculper : "Ah, il est français ?..." On me dit que oui, et on me demande de citer d'autres artistes du Nouveau Réalisme : je cite César, Arman, après une seconde, je pense aussi à Yves Klein, et puis... et puis plus rien. Je constate avec effarement que, si l'on me demande de citer des nouveaux-réalistes, je ne suis capable que d'en donner trois. Le prof d'art, voyant que je n'ai plus de noms, m'en cite un paquet, don Nikki de Saint-Phalle, (que je connais mais dont je ne me souvenais plus comme membre du Nouveau Réalisme) puis dit qu'il y en a un paquet, d'artistes nouveaux-réalistes.
Il me demande deux choses : de présenter le travail de l'artiste ici, et d'expliquer l'intention artistique.
L'analyse d'oeuvre est très fastidieuse, je ne me débrouille pas avec excellence, et encore une fois, le prof m'aide, par des échanges de paroles, à avancer.
Après cela, la femme à côté du prof me demande si je lis : est-ce qu'on me demande si je lis, ou si je lis beaucoup ? Je ne sais plus, peut-être beaucoup, toujours est-il que je déclare avoir toujours envie de lire un tas de bouquins, sans en avoir réellemenet le temps faute de réorganisation de mon planning. Plus tard, je me dirai que j'aurais dû nuancer mon propos, qu'elle avait peut-être compris que je ne lisais quasiment pas, alors que je me retrouve simplement à lire très lentement les livres que j'entreprends, excepté l'été où je les enchaîne davantage.
Elle me demande si je visite des expos : j'explique que cela fait un morceau de temps que je ne suis pas allé dans des musées, mais qu'après avoir lu un article sur elle dans Beaux-arts magazine, l'expo sur Louise Bourgeois m'attire, ainsi que l'expo sur Vlaminck, et celle sur Daumier, à la Bnf. Elle dit sur un air de constat que c'est donc de l'ordre de l'hypothétique, comme les livres. Sans avoir vraiment compris, je confirme, et plus tard, je me dirai qu'encore une fois, j'aurais pas dû : il y avait certainement un malentendu, j'ai dit que c'était hypothétique car tout est hypothétique, mais elle a peut-être compris que je n'étais pas vraiment sûr d'y aller, alors que je pense vraiment aller les voir, ces expos...
Elle me demande la dernière expo que j'ai vu, je dis Courbet.
Elle me demande si j'ai d'autres activités, je me bute, elle demande : est-ce que je fais de la musique, est-ce que je danse ?...
Je dis que je fais du théâtre, que je prends beaucoup de photo, que j'écris, elle me demande ce que j'écris : je dis que j'écris sur mon blog, que je travaille sur le schéma narratif d'une future nouvelle, ou bien d'un futur roman, et que j'ai récemment fini de travailler (est-ce que j'ai dit travailler, ou de retravailler ?) un premier roman. Je crois qu'elle hausse les yeux, et je crois même que cela l'impressionne un petit peu, mais je n'en sais rien.
Je crois que c'est à ce moment-là que l'on m'invite à sortir : mon dossier artistique, qui a circulé, se retrouve posé à côté de moi, avec la photo de ma grand-mère me sautant aux yeux. Je prends le dossier, le mettant dans mon carton, que je referme après y avoir rangé mes marionnettes. Le prof me demande ce que je compte faire si je ne suis pas accepté, je dis que je ferai une fac d'arts plats, il me demande si je vais à Paris I, je confirme immédiatement alors que je n'en sais rien du tout, car j'en ai mis plusieurs dans mes voeux Ravel et qu'ils m'intéressaient tous moins que Fontenay-sous-bois.
On me demande si j'ai des questions, je demande quand est-ce que je saurai si je suis pris ou pas : on me dit dans à peu près trois semaines, vu qu'il y a beaucoup de candidats.
Je sors, une fille qui attend me demande si c'était dur. Je lui présente un peu ce qu'on lui fera faire (ou en tout cas, ce qu'on m'a fait faire), elle me dit que son copain était sorti dégoûté par leur rigidité, leur froideur. Je souhaite à la fille bon courage, et pars.
J'ai la gorge aride comme si j'avais traversé le désert : je demande, avant de sortir du bâtiment, où sont les toilettes, pour y boire. On me les indique, j'y vais, mais je suis incapable de les trouver. Je pense à Tout sur ma mère à Orly, de Pedro Almodovar, à 18 heures, et me dit que j'ai peut-être encore mes chances d'y aller : j'oublie les chiottes, et rentre à la gare.
Là-bas, j'ai le malheur de constater un train stationnant, plein : la voix grésillante parle toujours du foutu malaise cardiaque. Je me dis que ça va être difficile, pour mon film. Je pense à l'entretien. Après une minute ou deux, ça finit par démarrer. Mais, une fois à Vincennes, le conducteur nous dit qu'à cause de l'incident, il doit continuer sa route sans voyageurs, mais qu'un autre train va bientôt suivre. Tout le monde râle, moi aussi. Après un petit paquet de minutes, un train arrive effectivement. Mais à Nation, il ne peut pas non plus continuer plus loin : le trafic est tout interrompu. Toujours armé de mon carton à dessin et de mon fardeau qui me sert de sac à dos, je m'en vais prendre la ligne 1, luttant non pas contre vents et marées, mais contre escaliers et escalators, pleins à craquer de gens pressés. À la sortie de la ligne 1, à Gare de Lyon, je m'en vais enfin prendre la ligne quatorze, mais un mur d'individus aussi largués que moi m'arrêtent : il y a foule, et personne ne peut avancer. J'ai toujours ce putain de sac, ce carton à dessin, je me résigne à l'idée que je vais sûrement rater mon film, et en plus, je sens que mon entretien n'a pas été tout ce qu'il y avait de plus extraordinaire. Au bout d'un moment, ça finit par avancer, puis, devant les escaliers et les escalators, la voie est dégagée : je fonce vers la ligne quatorze, prends le fameux train vers Bibliothèque. À Bibliothèque, j'attends mon train : celui qui dessert ma gare arrive à 18 heures 10. Pour mon film, c'est définitivement foutu. Comme je pense à la fois au film que je vais rater, et à mon entretien, je n'ouvre pas American Gods : je n'arriverai pas à me concentrer. Une fois dans le train pour Villeneuve-le-roi, je repense encore à l'entretien, à ce qui a peut-être été des malentendus, à ce que j'aurais pu mieux exprimer. Je sens que mon admission n'est pas gagnée d'avance et que je vais peut-être aller à la fac. On verra bien d'ici trois semaines. Quand j'arrive, enfin soulagé de la foule, des sous-terrains, des escaliers, des escalators, de mon fardeau, de mon carton à dessin, j'ai mal à la fois aux pieds et aux épaules. J'hésite entre une sieste et une douche, mais je pue trop, sans compter qu'après ce genre d'événements, une bonne douche, c'est toujours le plus agréable.
Publié par boiseime à 22:21:57 dans textes | Commentaires (5) | Permaliens
Celui qui tape au hasard sur son clavier est un individu qui enlève progressivement le bandeau lui recouvrant les yeux, et ainsi, apercevant tous les chemins possibles. Et, progressivement, il s'avance sur l'une de ces voies. Parfois, quand il réalise que l'un de ces chemins ne lui plaît pas, il sort des sentiers battus pour rejoindre un autre chemin qui lui correspond plus.
J'ai envie d'essayer d'emprunter des petits chemins de pas grand-chose. J'ai encore ce bandeau sur les yeux : je sais que je marche, mais si j'avance, c'est à l'aveuglette.
Je suis fasciné par l'amour et l'engagement que cela implique. Le jour venu, je me demande comment est-ce que j'arriverai à partager mon temps entre solitude nécessaire, et partage avec l'autre tout aussi nécessaire. Ce sera surement facile. Après tout, si je l'aime, elle me permettra de respirer comme la solitude me permet de respirer. C'est une question de relation, d'osmose. Mais tout de même. Alors qu'il y avait une époque durant laquelle j'y pensais et le désirais constamment, aujourd'hui, c'est presque le contraire : j'ai même du mal à seulement me concevoir en couple.
Je trouve que le monde est rempli d'images magnifiques. J'aimerai réussir à faire plus que prendre certaines de ces images en photo. Je voudrai m'entrainer à les décrire, par écrit. C'est le travail que j'essaierai de faire avec ma future nouvelle. Je sens que ce sera pendant les vacances. Encore maintenant, je vois derrière moi un éclairage magnifique à la lumière naturelle qu'il y a à sept heures du soir, sur une... merde, comme ça s'appelle? C'est pas une pelote, la pelote est ronde... De toutes façons, la lumière n'est déjà plus la même. Mais voilà, j'adore ça. M'extasier devant ce spectacle permanent de ces éclairages ordinaires mais magnifiques, devant ces cadrages à faire tout à fait superbes, devant ces scènes, cette disposition des personnes, ces expressions des corps et des visages qui mériteraient qu'on arrête le temps... Tiens, j'adorerai pouvoir faire comme dans Cashback.
Je suis contemplatif, et j'aime l'être. Je regarde encore derrière moi. Sous la table, une paire de bottes, debout, mais le haut d'une des deux bottes (comment ça s'appelle, le bout d'une botte ??) est rabattue par terre, comme le serait l'oreille d'un chien; un éclairage découpé par une fenêtre hors champ met en scène les bottes dans le sens des deux chaussures, collées l'une contre l'autre. Je pourrais presque prendre mon appareil photo...
Voilà, je viens de les prendre en photo, mais je ne trouve pas le résultat si extra.
Vous savez, dans ce genre d'images magnifiques, j'ai un souvenir assez incroyable d'une tartine de nutella. On était en été, il y a une lumière magnifique, j'avais la tartine ployée dans ma main, et ainsi recourbée, ainsi éclairée, le nutella avait de ces reflets, mais de ces reflets... Bleu, mordorés, truc, machin... C'était MAGNIFIQUE. Ça fait des années, maintenant, mais cette image, je crois que je ne l'oublierai jamais. Hélàs, je n'avais pas d'appareil photo à l'époque.
Une autre chose que j'aime, c'est le silence. Le silence, et la solitude. Mais l'un AVEC l'autre. Être seul dans le bruit et la fureur du lycée, ce n'est pas cool. Mais arriver chez moi, m'apercevoir que seul Chalomé qui fait miaou miaou est là pour m'accueillir, enlever mes chaussures, monter en vitesse les escaliers, laisser tomber mon sac à dos, gesticuler pour faire tomber aussi mon manteau, entrer à l'intérieur des toilettes, baisser le plus calmement possible ma braguette et, ENFIN, me LAISSER évacuer cette terrible charge, me DÉLIVRER de cette effroyable retenue, durant le temps qu'il faut, déjà, déjà ça se savoure; mais ensuite, alors que ma vessie se tient enfin tranquille, que je m'assoie contre mon bureau, que le chat s'assoie sur mes cuisses; savourer cet instant de rien-faire, de tranquillité, et écouter le silence, après le lycée, c'est véritablement un vrai bonheur. (edit : oui, c'est redondant, n'est-ce pas ? Pourtant, je n'ose ni supprimer "véritablement", ni "vrai"...)
J'aime aussi profiter de la solitude de mon petir logis pour m'accorder une liberté totale : quitter absolument toute retenue, me laisser emplir d'énergie, et la recracher avec une joie et une sensation infinie d'être vivant et dans l'action et dans son corps tout entier, en chantant, criant, beat-boxant, dansant, jouant des percussions sur tout ce que je touche, tout-cela-tout-à-fait-mal-mais-puisque-je-suis-seul... c'est également une certaine idée du bonheur.
J'aime aussi profondément quand je peux profiter de mon C.D.I dans le calme. Mon Dieu, si seulement je pouvais y aller plus souvent... Mais, voilà... Je ne suis en général pas seul, et donc pas libre. Mais, lorsque je vais au C.D.I... Tous ces magazines, je vous le dis, tous ces magazines ! Rien que dans UN numéro de Beaux-arts magazine, je découvre Keith Harring et Louise Bourgeois, j'en apprends un peu plus sur Vlaminck, sur l'art pictural contemporain...
Et tous ces autres numéros d'autres magazines, dont j'aimerai tant trouver le temps pour les lire... Je me demande si ce numéro de Lire, sur la littérature juive, pourrait m'intéresser : je pense que oui, car je m'étais l'année dernière passionner pour leur numéro sur la littérature indienne... Tiens, d'ailleurs, je n'ai toujours pas lu Tagore. Il faudra que je le lise, un jour.
Je suis sûr qu'à quarante ans, je n'aurais toujours pas commencé à véritablement attiser (et satisfaire) ma curiosité pour William Blake.
Il y a tellement de choses. Tellement de choses à écrire, à prendre en photo, à dessiner, à lire, à découvrir, à apprendre... C'est impressionnant.
Bon. Vendredi prochain, soit le 18 Avril, j'ai mon entretien pour la Classe d'Approfondissement en Arts Plastiques à Fontenay-sous-bois. Je devrai amener des travaux originaux. Ça me fait complètement flipper. J'ai terriblement peur de ne pas être admis. J'ai la motivation et tout et tout, mais je ne sais pas si mes travaux seront franchement intéressants... D'ailleurs, vous ne pouvez même pas essayer de me rassurer : la plupart d'entre vous ne les connaissent pas, mes travaux originaux. C'est vraiment horrible, j'ai vraiment peur.
Il faut que j'aille réviser ma philo. Demain, j'ai une explication sur table.
Publié par boiseime à 19:52:30 dans textes | Commentaires (3) | Permaliens
<< |1| 2| 3| 4| 5| 6| 7| 8| 9| 10| 11| 12| 13| 14| 15| 16| 17| 18| 19| 20| 21| 22| 23| 24| 25| 26| 27| 28| 29| 30| 31| 32| 33| 34| 35| 36| >>
J'en sais rien. Je m'en fous. Je vais vous laisser lire mon blog et puis voilà.
Bonne lecture.
Ah non, attendez...
Tant que j'y suis, autant présenter mon blog aussi. "C'est alors qu'une chaise vivante arriva", c'est une ombre dont le soleil est mon esprit fertile, c'est le reflet de ma personnalité et des méandres de ma personne, "c'est alors qu'une chaise vivante arriva", c'est des textes absolument relatifs à TOUT et à RIEN; c'est des notes sans le moindre intérêt, des notes curieuses et expérimentales, des notes profondes et denses (sans prétention aucune...), c'est des dessins, plein de portraits, parfois j'essaie de changer; c'est aussi des choses tout à fait inclassables, dans la catégorie "c'est alors qu'une chaise vivante arriva", où mes notes y mélangent dessin, photographie et textes de deux lignes seulement.
Mon blog, c'est mon point de vue humain, mes réflexions à deux balles, mes vagabondages littéraires qui ne m'amènent nulle part, c'est ma merde et c'est aussi un moyen de diffuser mes travaux, c'est une cabane virtuelle où je peux toujours m'occuper, c'est un abri, c'est un refuge où s'accueille et se recueille mon cerveau fatigué ou hyperactif, selon les moments, c'est un espace de jeux bien à moi, et puis surtout, c'est un énorme bazar.
| Di | Lu | Ma | Me | Je | Ve | Sa |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | ||
| 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 |
| 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 |
| 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 |
| 27 | 28 | 29 | 30 | 31 |
Depuis le 20-12-2005 :
339815 visiteurs
Depuis le début du mois :
16171 visiteurs
Billets :
442 billets
Commentaires