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"c'est alors qu'une chaise vivante arriva" :

bazar intérieur extériorisé ici-même, récréation intellectuelle, cabane virtuelle, laboratoire à tout, espace de jeux bien personnel

À mes lecteurs invisibles | 25 septembre 2008

Imaginez-vous un type. Homme, femme, peu importe. Par androcentrisme (ouais jme la pète en faisant des néologismes cohérents !), je me l'imagine plutôt en homme.

Il est seul et il fait des choses. Devant une caméra. Il danse. Il clame des poèmes. Il dessine, peint. Et montre ses productions à la caméra. Puis il diffuse l'enregistrement sur internet, sans plus jamais les voir.

Dès lors qu'il lance ses enregistrements sur internet, il ne peut plus y avoir accès et perd le contact avec. Il n'a internet que pour envoyer ses vidéos. Il n'a aucun moyen de faire quoique ce soit d'autre avec.

Cet homme vit dans la maison détruite de l'artiste Raynaud.  Le carrelage blanc tout partout, sur tous les murs. Un espace vide, blanc, carrelé, seul dans une maison qui est à l'abri du monde.

Vivant dans cette maison marginale et extrême, il ne voit personne. Il est en contact avec le monde par ses enregistrements, et c'est tout.

Il passe son temps à recueillir les sensations que lui procurent ce blanc, ce carrelage, ce rien-d'autre-que-ça. Et en partant de cela, de l'énergie que cela peut lui procurer, il peint, dessine, pense, dit, déclame, devant sa caméra.

Reste en contact avec le monde.

Mais ses enregistrements partent sans s'en retourner. Ayant perdu contact avec le monde, il ne peut savoir comment sont reçus ses enregistrements. Il pense, il dit, il écrit, il peint, il dessine, il envoie tout cela au monde, puis est destiné à se demander, piteux, de quelle manière ses productions sont reçues. Y a-t-il seulement qui que ce soit qui regarde son travail ? Et si oui, qu'en pense-t-on ? Au fond, ce qu'il veut savoir, c'est qu'est-ce qu'il produit. Il écrit ceci. Pour lui, ce n'est qu'un "ceci". Mais pour le lecteur, qu'est-ce ?

Sans réponse de quiconque, il a l'inmpression d'envoyer des cris aux montagnes qui lui refuseraient même le moindre écho. Il a l'impression de voir disparaître une part de lui-même dans un gouffre. Sans conscience du public, il n'envoie pas ce qu'il fait sur internet, mais jette dans une poubelle à l'abris des regard.

Publié par boiseime à 21:39:52 dans textes | Commentaires (7) |

Je viens de danser sur Mustapha danse des clash dans la rue en rentrant chez moi parce que la rue était déserte et que cette musique est trop bonne et du coup ça me donne ça | 04 septembre 2008

"Je suis un loup solitaire"

dit le loup solitaire 

Il se renfrogne et se renferme

Grogne

Fronce les yeux

Parle peu.  

Le poil hérissé, la gueule fermée

le queue droite le long du corps

Le loup solitaire se tient à distance

des autres

puis les autres disparaissent

se cachent derrière les arbres et les pierres

s'en vont

filent

Il n'y a plus personne 

Personne

Sonne ensuite la voix du loup

du loup solitaire qui se retrouve seul

Son poil hérissé

s'aplatit

Sa queue droite

Se recourbe

Ses yeux s'ouvrent

et regardent autour sans plus froncer

Il se redresse

Oui, il est seul !

Face à personne, le loup danse

Ses poils deviennent plumes 

Le loup solitaire devient perroquet de toutes les couleurs

Le perroquet devient rossignol chantant

Le rossignol chantant se fait lion rugissant

le lion se fait fleur dévoilant toutes ses pétales 

Le loup se transforme entièrement 

De tous ses poils, se métamorphose

il est libre

fait ce qu'il veut 

Publié par boiseime à 23:09:43 dans textes | Commentaires (0) |

Ce n'est que chair | 03 septembre 2008

Ce n'est que chair

Ce n'est que chair 

Narcisse était fasciné par son visage, oui

Mais était-il amoureux de son visage ? 

Je ne sais pas

Ce n'est que chair 

Ce n'est que chair

Regarde-toi dans un miroir

Contemple ton reflet 

Rapproche-toi

Rapproche-toi

Si ton propre visage est assez près de tes yeux

Tu penseras :

"ce n'est que chair"

C'est ce que s'est dit Narcisse en se rapprochant d'assez près

tout près de l'eau

où il tombât de désespoir 

"Ce n'est que chair" 

Ta jeunesse est sur ton visage. Ta vieillesse y sera. Tes émotions y résident.

Quand tu pleures, quand tu cries, quand tu souries, dans tes mimiques, quand tu t'exprimes

Quand on te voit

Ce n'est pas toi que l'on voit

Ce n'est que chair

que chair que l'on voit

Porte de chair voilant l'âme

L'âme se lit sur la chair

Ou la chair se camoufle en âme

L'âme se fait-elle chair,

ou la chair se fait-elle âme ?

Écries-toi devant ton miroir que ce n'est que chair

Tu liras ta surprise, ton effroi, tes mots sur la bouche, tes yeux écarquillés,

tu te verras toi,

mais tu n'es que chair. 

Le désespéré de Courbet est une énième version de Narcisse, qui s'exclame : ce n'est que chair !

 

Publié par boiseime à 18:18:10 dans textes | Commentaires (0) |

Tant que demain reste à demain | 19 août 2008

"Demain" est un coffret magique.

"Demain" ne s'ouvre pas, n'arrive pas, mais se rêve.

"Demain" est exactement comme tu veux.

"Demain" change selon ton humeur.

"Demain" est une nappe de brouillard adorable, te voilant la face, t'autorisant à fermer les yeux, à t"endormir, rêver.

"Demain" est exactement comme tu veux.

"Demain" est un coffret démoniaque.

"Demain" te terrifie.

"Demain", tout peut arriver, surtout le pire.

"Demain" va peut-être te manger, te dévorer tout cru, t'annihiler.

"Demain" te terrifie.

"Demain" est le spectacle inconnu, caché derrière le rideau rouge.

Un spectacle que tu attends, que tu fantasmes, que tu espères, qui te fait peur, qui t'effraie, qui te terrifie.

Ou qui te fait trépigner d'envie.

"Demain" est un bel inconnu dont tu perçois au loin la silhouette.

Tu attends demain.

Tant qu'il est demain, il est caché.

Tant qu'il est caché, il porte tous les visage du monde.

Derrière son masque, "demain" t'échappe.

Mais un visage bien déterminé est parfois préférable.

Vivement "aujourd'hui".

 

 

Publié par boiseime à 21:24:27 dans textes | Commentaires (0) |

Défier la mort en rendant un instant éternel | 13 août 2008

 (note déclenchée par "The secrets of the night" par Tok tok tok, introuvable sur deezer)

Une chanson à la mélodie prenante, captivante, les mots s'enroulent autour de toi et tu t'en enchantes. Tu écoutes cette chanson et tu as l'impression qu'elle défie la mort.

Prince tourne un film du nom de Purple Rain, tu regardes la fin du film, tu vois Prince chanter et danser et se transformer en dieu vivant, tu te dis : cette scène restera gravée dans mon esprit et défie la mort.

 Tu vois James Brown danser, faire des trucs que personnes ne peut faire, et tu te dis que cet homme mort a défié la mort de son vivant.

Tu t'entends chanter, t'emporter toi-même dans ta mélodie, tu sens tes mains frapper partout comme sur des percussions, tu sens ton corps qui danse et tombe en transe et sue et bouge sans s'arrêter, et tu te sens défier la mort.

Tu joues la scène du balcon de Cyrano de Bergerac en lisant le texte que tu n'as pas appris, et, pris dans la peau de l'amoureux transi, tu te sens défier la mort.

 Tu vois ce comédien jouer ce quasi-monologue qui dure tout un acte d'une petite pièce de Tchekov, qui change sans cesse de ton, d'attitude, se déplace sur scène, change d'émotion, change de rythme dans ses phrases; qui ne récite pas son texte mais se laisse emporter par la puissante déferlante qui sort de sa bouche. Non seulement tu l'envies terriblement, mais tu as l'impression que cet homme défie la mort.

Tu vois Billy Elliot danser et exprimer sa rage avec ses pieds et son corps, tu l'entends dire que c'est "comme de l'éléctricité", tu revoies l'image finale du film où il reste figé dans les airs et rend le monde beau, tu te dis qu'il défie la mort.

Sentir son corps en vie, se sentir comme une boule d'énergie pure, figer un instant pour le rendre éternel, et défier la mort.

Publié par boiseime à 18:43:55 dans textes | Commentaires (0) |

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Présentation



Adolescent de sexe masculin, j'ai eu 18 ans le 6 Juin. Le reste est dit dans mon blog, qui peut peut-être être considéré comme une grande rubrique "moi"...

J'en sais rien. Je m'en fous. Je vais vous laisser lire mon blog et puis voilà.

Bonne lecture.

Ah non, attendez...
Tant que j'y suis, autant présenter mon blog aussi. "C'est alors qu'une chaise vivante arriva", c'est une ombre dont le soleil est mon esprit fertile, c'est le reflet de ma personnalité et des méandres de ma personne, "c'est alors qu'une chaise vivante arriva", c'est des textes absolument relatifs à TOUT et à RIEN; c'est des notes sans le moindre intérêt, des notes curieuses et expérimentales, des notes profondes et denses (sans prétention aucune...), c'est des dessins, plein de portraits, parfois j'essaie de changer; c'est aussi des choses tout à fait inclassables, dans la catégorie "c'est alors qu'une chaise vivante arriva", où mes notes y mélangent dessin, photographie et textes de deux lignes seulement.

Mon blog, c'est mon point de vue humain, mes réflexions à deux balles, mes vagabondages littéraires qui ne m'amènent nulle part, c'est ma merde et c'est aussi un moyen de diffuser mes travaux, c'est une cabane virtuelle où je peux toujours m'occuper, c'est un abri, c'est un refuge où s'accueille et se recueille mon cerveau fatigué ou hyperactif, selon les moments, c'est un espace de jeux bien à moi, et puis surtout, c'est un énorme bazar.

 

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