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"c'est alors qu'une chaise vivante arriva" :

bazar intérieur extériorisé ici-même, récréation intellectuelle, cabane virtuelle, laboratoire à tout, espace de jeux bien personnel

Le géant noir aux yeux bleus translucides | 23 mai 2006

J'étais dans la rue, le ciel rougissait et le soleil éclairait les nuages de manière magnifique. Les ombres s'allongeaient et le soleil donnait des tons oranges à ce que je voyais. Il y avait des oiseaux qui dansaient dans le ciel en groupe et c'était très beau. Moi je marchais doucement en contemplant tout ça. Là, il y a un homme qui est arrivé dans la rue que je parcourais, il faisait au moins trois mètres et il était habillé en noir, il avait les cheveux rasés et il avait une peau vraiment toute noire, tellement noire que je ne distinguais pas son visage. Je ne voyais même pas ses yeux car eux aussi étaient entièrement noirs. Je marchais lentement et prudemment, lui aussi. On s'est tous les deux arrêtés, alors que nous étions l'un face à l'autre. J'avais la tête vers le ciel car je le regardais, lui il avait la tête penchée vers moi et ne bougeait pas d'un pouce. J'avais toujours des difficultés à voir son visage. J'avais la bouche ouverte mais je ne m'en rendais pas compte. Là, le géant noir a commencé à grandir, comme ça, soudainement. Je reculais par peur et lui ne s'arrêtait plus de grandir. Alors il s'est baissé, s'agenouillant, et m'a pris dans ses deux mains, il était devenu tellement grand qu'il le pouvait bien. J'avais l'impression d'être un bébé chiot qu'on prenait et devant lequel on s'ébahissait. Il se releva et continuait de grandir en même temps, tenant ses mains dans lesquelle j'étais devant sa tête, comme un livre, et me fixait. Je sentais qu'on s'élevait. J'ai regardé en bas et j'ai eu le vertige. Je me suis retourné vers son visage et là je le distinguais un peu. Il avait un visage aux traits forts et bien appuyés, un peu durs, comme s'il avait été sculpté dans un rocher. Il était immobile mais continuait de grandir, mais son visage ne bougeait pas d'un pouce. Là, ses yeux se sont éclaircis, pas le reste du visage, toujours aussi noir, juste ses yeux qui devenaient bleus, d'un bleu très clair, et ses yeux continuaient de s'éclaircir, on aurait dit au bout d'un moment que ses yeux devenaient d'un bleu translucide, c'était extrêmement beau et je fixais ses yeux malgré la peur qui s'installait en moi, mon corps tremblant, mes jambes devenant comme du coton et mon ventre se nouant. Lui, il me regardait, stoïque, absolument immobile. Il me regardait d'un air à la fois curieux et à la fois presque impassible, cachant ses sentiments. Lentement, très lentement, sa bouche s'est ouverte, sa tête s'approchait de moi, j'ai cru qu'il allait me manger et j'ai eu peur, mais j'étais incapable de bouger. Je voyais ses dents blanches,  sa langue toute rose, et j'ai senti du vent sur moi. Il me soufflait dessus. Il soufflait tellement fort que je me suis envolé, ça faisait très drôle et j'avais l'impression de voler, seulement voilà, je suis retombé vers le bas et là j'étais de nouveau habité par la peur, l'air se séparait à mon passage, ça allait très vite et j'avais peur de mourir. Là, une immense main noire m'a pris en plein vol, j'étais sain et sauf mais la main me serrait et j'étouffais, mais tout de suite, la main s'est désserré, lentement, et s'est faite toute plate. La main était devenue tellement grande qu'elle faisait la taille de ma chambre. J'ai vu alors le géant noir, aux yeux bleus translucides, à qui appartenait la main. Il avait arrêté de grandir, mais n'avait pas rapetissé. J'ai soufflé un bon coup et j'ai pleuré. C'était le choc, l'incompréhension de la situation, ce géant terrifiant, ce plongeon dans le vide… Ça m'avait fait tellement d'effet que maintenant je pleurais. Le ciel était tout noir et étoilé. Le géant me regardait, l'air de vouloir comprendre pourquoi je pleurais. Il était entièrement immobile. Il me regardait aussi d'un oeil contemplatif. Tenir dans sa main une vie aussi petite, fragile, faible, et qui maintenant pleurait, avait l'air de le choquer. Ses yeux étaient toujours aussi bleus et beaux. Là, une larme a coulé de son oeil. Ça m'a beaucoup étonné de la part de cet énorme géant à l'air taillé à la va vite dans de la roche, au visage d'habitude impassible et immobile. C'était comme si c'était son coeur qui transperçait sa carapace en incarnant ses yeux translucides et ces larmes. Je crois que c'est parce que je pleurais qu'il s'est mis à pleurer. Il a commencé à sangloter, il tremblait, son visage se tordait, et là il a crié, un cri comme quand on pleure, ça m'a tué les tympans et je me suis immédiatement couvert les oreilles, lui continuait de crier. Il regardait le ciel  en pleurant et criant, moi j'avais mal aux oreilles et je ne pleurais plus. Ses yeux étaient tout mouillés et rougissaient, mais ses pupilles restaient profondément bleues. Je ressentis de la pitié pour lui, de la compassion. Il avait l'air de souffrir. J'avais les yeux de nouveau humides de le voir comme ça. Je n'avais plus peur de lui. Il m'a posé à terre sans me regarder, et je l'ai vu se couvrir sa tête avec ses mains, sanglotant. J'avais de la peine et j'étais incapable de partir. Il m'a vu et avait l'air en colère, maintenant son visage n'était plus impassible du tout, et on aurait dit qu'il voulait me tuer, alors sans réfléchir j'ai fui, courant le plus vite possible. Il ne m'a pas pris en chasse et j'ai pu rentrer chez moi, ébranlé.

Publié par boiseime à 18:19:13 dans textes | Commentaires (0) |

Petit songe lors d'un repas en solitaire | 15 mai 2006

Je suis à la cantine et j'ai fini mon entrée, je vais maintenant  passer au plat principal, une assiette de lentilles avec deux saucisses. Je suis seul à ma table, et autour les gens parlent et gloussent, font bourdonner mes oreilles. Je commence à manger le plat, et je me dis que des lentilles et deux saucisses, ça fait un peu repas de cow-boy, et là je m'en vais, je reste là, à manger avec le bruit autour mais je m'en vais, je suis un cow-boy d'aujourd'hui, dans le désert silencieux et immense, infini, une boîte tuperware avec des lentilles dans une main, une fourchette en plastique dans l'autre. Je mâche une fourchette de lentilles en regardant devant moi. Je vois les dunes jaunes, qui remplissent littéralement l'espace, et le ciel qui rougit, le soleil que l'on ne voit plus, il commence à faire froid. J'écoute le silence, mais j'entends ma bouche qui mastique les lentilles. Je songe à faire un feu pour la nuit et faire fuir les insectes. Là, il y a une chaise dans la cantine qui tombe, mais en mangeant dans mon assiette, je continue mon voyage, je suis seul dans le désert, face au silence, je me sens tout petit tellement c'est grand, puis je pense à ma femme restée à la ferme avec les enfants, qui a eu la gentillesse de me préparer ces quelques lentilles. Elle me manque. J'espère que je lui manque. J'aimerais que là, alors que je pense à elle, elle-même pense à moi, et que l'on se retrouve à travers la distance. Je soupire. Le ciel a des couleurs magnifiques. Réellement, j'essuie mon assiette avec mon pain, je me dis stop, ça suffira, reviens ici, et je me dis "je noterai ça", et je songe à en faire un texte pour mon blog.

Publié par boiseime à 19:07:16 dans textes | Commentaires (0) |

Ouais bon voilà quoi. | 09 mai 2006

En fait le truc c'est qu'on apprend pour désapprendre… On apprend, comme j'en parlais dans mon article précédent, et puis un jour on se dit  "j'en ai marre de faire comme tout le monde", et on apprend à arrêter de copier,  à désobéir, à essayer de réfléchir par nous-mêmes (or je ne pense pas que l'on puisse absolument réfléchir par NOUS-MEMES, car nos réflexions ne dépendent que des données qu'on a de la situation…Et donc il faut trouver le plus de données possibles pour pas avoir une opinion préfabriquée…C'est l'histoire de l'éléphant! (Si vous voyez pas de quoi je parle c'est que vous avez mal lu mon blog…)), c'est à dire que, plus largement, on est jamais content… Quand on est comme tout le monde, on veut être original, quand on est un original, on veut être comme tout le monde…Bien sûr je dis n'importe quoi, il y en a plein qui vivent très bien leur maginalité/banalité. Personnellement, je préfère les marginaux, ceux qui sont originaux, un peu fous un peu bizarres, parce que les gens banals, bah c'est ordinaire. Par contre le truc c'est que les originaux sont souvent comme moi: Difficiles d'accès, réservés, isolés. C'est nul. Par contre, les gens ordinaires sont souvent très sociables. Le truc c'est quand quelqu'un de banal se dit "je suis fou…" et là je me demande si je suis vraiment original, mais bon, je pense que oui quand même… Je dis plein de bêtises. Il y a plein de gens ordinaires qui sont asocials, et de gens bizarres qui sont sociables. En plus, cet article ne me semble pas du tout intéressant. Je n'aurais pas dû l'écrire. Ou au moins le garder pour moi
Bon.
Je vais le publier quand même, tant pis.

Publié par boiseime à 20:45:24 dans textes | Commentaires (1) |

Texte bien spontané et sincère… | 09 mai 2006

Je veux crier je veux gueuler je veux faire crier mon corps et taper les murs, je veux jeter les chaises par terre et casser le carrelage je veux sortir ma peine de mon corps meurtri par la solitude, je voudrais une amoureuse pour me dire "calme-toi, t'es plus tout seul, calme-toi, calme-toi, je suis là maintenant" mais je suis tout seul et n'y peux rien, je m'isole je n'y peux rien, je me fous tout seul à l'écart et tout le monde croit être original et ça me fatigue, ainsi que le fait que ça me fatigue...J'en ai marre de vouloir être un génie quand tout le monde voudrait l'être aussi, j'en ai marre d'avoir l'impression d'être un con parce que je me sens original et que tout le reste de la Terre aussi, et de me sentir con de vouloir être plus "moi" qu'un autre, et qu'au fond je suis aussi original qu'une fourmi, et j'en ai marre de me dire que ma personnalité a été basée sur un réflexe d'apprentissage qui est: "observer, copier", qui m'a fait apprendre à parler, écrire, lire, être normal et savoir vivre avec les autres humains, et je me demande où est la part de "tout le monde est unique" quand on a eu le réflexe d'observer et faire pareil que les autres, je me demande où est ma part d'originalité quand je vois tous mes traits de caractère qui sont les mêmes que ceux de mes parents, et quand je vois que j'utilise des mots que je n'ai pas l'habitude d'utiliser mais que j'ai tellement entendu que je les ais pris sans m'en rendre compte...
Est-ce que "moi" c'est ce que j'ai pris de ce que j'ai pu voir?
Est-ce que moi c'est le reste? Est-ce que moi c'est pas moi?!?
 
Florian, prends un verre d'eau et respire un bon coup, ça fera passer la pilule...

Publié par boiseime à 20:12:20 dans textes | Commentaires (1) |

Quelqu'un qui s'endort… | 08 mai 2006

Après une heure et demie d'attente où il a pensé à tellement de choses, il finit par avoir sa conscience le cul entre deux chaises…Il est dans son lit, tout son corps immobile et lourd comme une maison… À un moment il a l'impression que son corps s'allège…Il a des sensations bizarres…Comme si son corps tournait doucement et s'envolait…Et puis plus rien, tout est normal…Sa tête est lourde, ses paupières son lourdes, son corps est lourd…Sa tête voit des gens qui parlent…Lui, il est encore là, et sent qu'il s'endort doucement…C'est ses rêves qui commencent, mais il a encore conscience de la réalité…Il voit sa mère qui jette un bonbon vert dans la poubelle, et là, il y a une dame qui récupère le bonbon…Sa mère la voit, et elles se disputent…Cela lui fait drôle de ne pas avoir prise sur son imagination…C'est des choses qui s'imposent à lui, et qui vont petit à petit lui faire oublier la réalité, son lit, son corps, et l'emporter ailleurs…Là, il y a un ami à lui qui marche sous les réverbères, mais les réverbères s'éteignent petit à petit, alors il se met à courir… Sa mère et la dame sont sous les réverbères aussi, mais elles ne se rendent pas compte qu'ils s'éteignent…Son ami les alarment, elles s'en foutent…Lui, il voit tout ça, de son lit, il a l'impression de regarder un film…Il pense en même temps, il pense encore… Il a l'impression d'être dans deux mondes en même temps, c'est très particulier…Il est content, il va enfin s'endormir, après une heure et demie d'attente, c'est pas trop tôt… Son ami prend les deux femmes dans ses bras et court pour les sauver…Lui, il ne s'en rend même pas compte, mais il n'a plus conscience de son lit, de son corps…De la réalité…La réalité est maintenant son rêve…Son ami continue de courir, mais les femmes se débattent, il finit par les lâcher, et court tout seul…Il culpabilise de les avoir laissés, mais il ne se retourne pas…

Publié par boiseime à 15:31:27 dans textes | Commentaires (0) |

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Présentation



Adolescent de sexe masculin, j'ai eu 18 ans le 6 Juin. Le reste est dit dans mon blog, qui peut peut-être être considéré comme une grande rubrique "moi"...

J'en sais rien. Je m'en fous. Je vais vous laisser lire mon blog et puis voilà.

Bonne lecture.

Ah non, attendez...
Tant que j'y suis, autant présenter mon blog aussi. "C'est alors qu'une chaise vivante arriva", c'est une ombre dont le soleil est mon esprit fertile, c'est le reflet de ma personnalité et des méandres de ma personne, "c'est alors qu'une chaise vivante arriva", c'est des textes absolument relatifs à TOUT et à RIEN; c'est des notes sans le moindre intérêt, des notes curieuses et expérimentales, des notes profondes et denses (sans prétention aucune...), c'est des dessins, plein de portraits, parfois j'essaie de changer; c'est aussi des choses tout à fait inclassables, dans la catégorie "c'est alors qu'une chaise vivante arriva", où mes notes y mélangent dessin, photographie et textes de deux lignes seulement.

Mon blog, c'est mon point de vue humain, mes réflexions à deux balles, mes vagabondages littéraires qui ne m'amènent nulle part, c'est ma merde et c'est aussi un moyen de diffuser mes travaux, c'est une cabane virtuelle où je peux toujours m'occuper, c'est un abri, c'est un refuge où s'accueille et se recueille mon cerveau fatigué ou hyperactif, selon les moments, c'est un espace de jeux bien à moi, et puis surtout, c'est un énorme bazar.

 

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