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"c'est alors qu'une chaise vivante arriva" :

bazar intérieur extériorisé ici-même, récréation intellectuelle, cabane virtuelle, laboratoire à tout, espace de jeux bien personnel

De la vie, et de la manière avec laquelle on la régit en partage avec les contraintes extérieures | 03 septembre 2007

Se laisser vivre. Vivre en société. Vivre avec les autres. Avoir des amis.

Tout à l'heure, j'allais pour me faire une note titanesque, et j'ai été coupé en plein élan par l'arrivée du gars qui devait réparer la chaudière de chez moi. Ça a pris énormément de temps et moi je les regardais faire. Quand ils sont partis, je crevais de faim à mort, il fallait que je déjeune. À quatre heures de l'après-midi. J'ai voulu reprendre ma note après, mais c'était pas facile, j'avais trop été coupé dans mon élan. Maintenant, il est dans un traitement de texte, prêt à être repris. Parce que, vous comprenez, je devais aller chez ma grand-mère. Elle était pas là, et pas mal de temps plus tard, j'étais rentré, elle a téléphoné et on a parlé pendant des heures, jusqu'à ce que ma mère arrive. Et moi, aujourd'hui, je devais ranger ma chambre et lire Jacques le fataliste. Il est 20:05 et j'ai fait ni l'un ni l'autre.

J'ai envie de traiter de deux choses, même si je sais pas si je vais le faire. Non, de trois choses: enfin, je sais pas... Mais on va dire que. Donc : L'inspiration et ce qui la provoque. La création. Et le fait qu'on se laisse vivre. Je crois que c'est surtout de ça que je veux parler.

Je vois les gens, et je me vois moi, et je me dis des tas de choses... Par exemple, je me dis que, malheureusement, des fois, on aimerait pouvoir accélérer le temps. C'est-à-dire que, parfois, même si on a des trucs bien à faire, on a la flemme.
Et le truc c'est qu'on s'ennuie. Parce qu'on peut ne pas s'ennuyer en ne faisant rien. Il faut que j'en parle aussi. Merde, je vais avoir tellement de choses à dire... Bref, donc des fois, la vie est chiante. Des fois on s'emmerde et ya des moments qui ne valent pas le coup d'être vécus, parce que voilà, sans saveur. Et puis parfois, c'est l'inverse. Comme aujourd'hui, par exemple. j'avais des tas de choses à faire, mais les choses se sont plus au moins imposées à moi et la journée est passée incroyablement vite. Et la rentrée c'est après-demain, putain de merde. C'est pas un malheur. C'est cool. Mais la rentrée, ça veut dire des tas de choses. Et c'est lié à ça, ce que je vais essayer de traiter ici. Donc, parfois, on a l'impression d'avoir TROP de temps. Et parfois, on en manque. Logique. Bref. Et puis ya ces moments aussi, différents de l'envie de rien décrite plus haut. C'est aussi une envie de rien, mais différente. Je l'ai ressentie encore hier. J'étais dans le salon, avec ma mère et ma soeur. Et j'avais pas envie de monter lire Jacques la Fataliste, ni quoi que ce soit d'autre. Pourtant, il fallait que je me bouge. J'ai pas bougé. J'ai rien fait, vraiment rien, je suis juste resté là, tout mou sur ma chaise avec mes proches, et ça m'a fait du bien. Parce qu'il y a deux sortes d'"instant de rien": Ces moments où on s'ennuie alors qu'on a des choses à faire, et ces moments, complètement différents, on on ne s'ennuie pas, mais que voilà, on a des choses à faire et on peut pas se permettre de rester planté là. Et on se le permet. Parfois... Parfois, juste se laisser vivre, se laisser exister un instant sans bouger,sans parler, tranquille, assoupi, c'est bien. Se contenter, quelques instants, du point de vue qu'on incarne, et contempler le monde autour de soi.

Mais les choses à faire sont là. Les choses à faire... C'est aussi là que je veux en venir. Il y a des gens, comme moi, qui ont une vocation mais qui ont peur de ne pas l'atteindre à cause des choses à faire (quoique je dis n'importe quoi mais je détaillerai après), et il y a ceux qui n'en ont pas, qui ne savent pas vraiment à quoi se destiner, et dont la vie est régie par ces choses à faire. Il vont à l'école parce qu'il le faut, il font des études parce qu'il le faut, ils cherchent un job parce qu'il le faut bien, et comme ça, la vie coule, et ils se laissent vivre comme ça. Il se laissent vivre à la manière avec laquelle il faut bien vivre puisqu'on est en société. Parce qu'il y a deux types de choses à faire : les choses qu'on se donne à faire, et les choses que nous sommes contraintes de faire. Aller à l'école, faire des études, chercher un job. Bien sûr, c'est bien, mais là où je veux en venir, c'est que vivre en société, c'est vivre avec des contraintes. C'est faire des conpromis. Ce que je pense, c'est que l'anarchie, c'est la non-société. Être anarchiste, c'est, à mon avis, être prêt à vivre dans son petit coin, et voir bien peu d'amis. Enfin, jveux dire... Si, quelques-uns, mais... Je pense vraiment que pour vivre en société, il faut plein de règles. Toutes sortes de règles. Des règles d'interdiction et des règles d'obligation. Disons que... Si je sors à Paris avec un ou une ami(e), je suis bien, je suis en bonne compagnie et on passe du bon temps, mais je ne fais pas tout à fait ce que je veux, parce que je dois prendre en compte ce qu'elle veut elle. Je ne suis pas tout à fait libre. Si je sors tout seul à Paris, libre à moi d'aller au centre Pompidou, alors que je sors d'une salle de ciné du mk2Beaubourg, mais voilà, j'avais pas prévu, ça me vient comme ça, et avec quelqu'un j'aurais peut-être pas osé bouleverser le programme. Sortir tout seul à Paris, c'est être libre de faire des croquis de Paris, posé sur un banc, avant d'aller voir Naissance des pieuvres. Ou Half-Nelson, je sais plus c'était lequel... Oui parce que je prends des vrais exemples. Sortir à Paris tout seul, c'est renoncer à attendre une heure pour voir tel film, et me laisser vagabonder jusqu'à Bastille, en étant parti de Beaubourg (oui, j'aime bien ce coin-là). Pour moi, la solitude, c'est la liberté totale. Pour moi, pour être absolument libre, il ne faut pas vivre en société. Un marginal, il est seul, il est dans la marge, en dehors de la société, mais il est libre. Bref. Ce que je veux dire... Aussi... C'est que vivre parmi les autres, c'est accepter l'idée de ne pas maîtriser entièrement sa propre vie. C'est-à-dire que... J'aime l'école, bien sûr. On y apprend plein de choses. C'est hyper instructif, tout ça. Et puis ya les amis. Bref, on perd pas son temps. Mais aller au lycée, c'est pas un choix personnel. Enfin... Si, j'aurais pu aller en Bep aussi, enfin certainement pas... Bref, le lycée, c'est presque obligatoire. Tout le monde va au lycée. Et c'est comme ça, on passe tous par la case lycée... Et ce qui me fascine, c'est qu'une chose qu'on a pas véritablement choisie puisse nous bouffer autant de temps. Est-ce que vous voyez ce que je veux dire? Et voilà! La vie, c'est ça, c'est une suite de choix impersonnels qui nous bouffent tout notre temps!! Ce n'est pas un problème si on sait pas vraiment quoi faire de sa vie et qu'on a même pas un objectif de vie particulier, c'est pas un problème si on est perdu... Enfin peut-être. Bref. Mais je pense au dix-neuvième siècle, où les ouvriers mouraient à l'âge où ils atteignaient enfin la retraite, c'est-à-dire qu'il ne vivaient pas leur retraite. Je repense à cette époque où un ouvrier n'avait pas de temps libre, pas de vacances, qu'une fois rentré il buvait, tapait sa femme et se pieutait parce que son boulot lui bousillait la cervelle, je repense à cette autre époque, au moyen-âge ou à la renaissance, où d'un côté il y avait tous ces gens qui ne travaillaient même pas, et d'un autre des paysans presque esclaves qui consacraient toute leur vie aux champs. je repense à tout ça, et je me dis : merde, tous ces victimes de la société. Tous ces gens victimes de la vie. Tous ces gens dont la vie n'a été que contraintes et concessions leur bouffant toute leur vie entière...

Ce que je veux dire, c'est que je suis effrayé par la quantité de gens qui ont dû crever sans savoir s'ils avaient des rêves à réaliser, ou sans les avoir atteint, à cause de la société et ses contraintes.

Voilà, c'est tout ça que je veux dire. Ce que je veux dire, c'est que vivre en société, c'est s'instruire, s'intéresser à des choses, et c'est aussi rencontrer des gens et se faire des amis. Je parle de ma société qu'est le lycée. Mais d'un autre côté, c'est une chose que je n'ai pas choisi et qui me bouffe tout mon temps et fait passer les semaines à la vitesse de l'éclair. Voilà où je veux en venir : le lycée, c'est ma journée d'aujourd'hui. J'ai voulu faire des choses, j'en ai fait d'autres qui étaient dûes à des contraintes extérieures, et après j'avais déjà atteint le soir.

Voilà. Voilà, c'es tout ça que je veux dire.

Mais ensuite?

Ensuite, je pense que tout est, par ailleurs, possible. Vous allez d'abord croire que ça n'a aucun rapport, mais je vais essayer de doucement joindre les deux bouts. À douze ans, dessiner mal, c'est normal, pas jouer d'instruments, c'est normal, et pas savoir écrire plus de trois pages d'une fiction, c'est normal aussi. Cela n'empêche que cinq ans plus tard on peut devenir un super dessineux, un super musico ou un super écrivaillon. (Mais j'ai dix-sept ans et je joue d'aucun instrument... Bref.) Et cependant, l'avenir reste flou. Parce que seul le passé ne peut être changé. Cette dernière phrase n'est pas de moi, elle vient de la bande-annonce d'un film extraordinaire, Tu marcheras sur l'eau, d'Eytan Fox (oui, celui qu'a fait The Bubble, pas mal non plus). Mais l'avenir reste à écrire. Et c'est ça qu'est beau. L'avenir est tenu par quatre mains : les tiennes, et celles des contraintes extérieures. Je pense qu'à un certain degré, quand on veut, on peut. Et je pense que quand on veut pas on peut pas, mais bref. Il faut trouver un juste équilibre. Accepter d'être emporté un tant soit peu par le courant, et cependant maîtriser un peu sa direction. Et, ce qui est beau, c'est qu'il n'est jamais trop tard pour rattraper le temps perdu. Je suis un passionné de bandes dessinées, et un des mes auteurs préféré s'appelle Edmond Baudoin. Quel lien? Attendez. Depuis tout petit, il avait un talent fou pour le dessin. Avec son frère, ils étaient nés un crayon dans la main. Le dessin, c'était sa plus grande passion. Mais voilà, leurs parents n'étaient pas très riches, et n'ont pu payer une école de dessin que pour l'aîné, qui s'appelait Pierrot. Edmond Baudoin a quant à lui fait je sais plus quelles études supérieures et s'est retrouvé dans un boulot à la noix, je ne sais plus quoi. Ah si : il était comptable. Il a fini par avoir une femme et des gosses. Et puis, un jour, il a décidé qu'il ne pouvait plus continuer comme ça. Il voulait gagner sa vie en dessinant : son rêve. Beaucoup de gens pensent que la vie c'est comme les chemins de fer : Quand on est encore dans la gare, toutes les destinées sont possibles. Mais, plus le train s'éloigne, plus il se décide dans une certaine voie, et moins on peut changer sa destination. La pensée de Baudoin, c'est qu'on peut changer le train de rails dès qu'on veut. Il a quitté son job et a dessiné, dessiné et dessiné. Il gagnait pratiquement plus rien, et il en était résolu, avec ses enfants, à bouffer des pâtes tous les soirs. Il racontera un jours que ses enfants lui ont dit une fois qu'il préféraient bouffer des pâtes tous les soirs que voir leur père malheureux, et là il aurait chialé. Il avait des enfants, une responsabilité vis-à-vis d'eux, mais il a osé se permettre d'essayer de réaliser ses rêves. Aujourd'hui, c'est un auteur de bandes dessinées peu connu mais extrêmement reconnu, et d'autre part, c'est aussi devenu un prof de dessin dans une école d'art au Québec.

Il a fait une bande dessinée magnifique que je conseille absolument à la planète entière. Ça s'appelle Le Voyage. C'est certainement ma bande dessinée préférée de tous les temps dans la catégorie one-shot. Sincèrement. Bref, cette bande dessinée raconte l'histoire d'un gars qui, au début de l'histoire, est malheureux. Il n'a pas l'air d'aimer beaucoup sa femme, ni son job, mais il a un fils. Et il se laisse porter. Il laisse les mains des contraintes extérieurs manipuler les fils de la marionette qu'il incarne, des têtes de mort plein la tête. Sauf qu'un jour, alors qu'il est au boulot, il s'en va, il fuit jusqu'à la gare et part en voyage, pour vivre.

Et cette bédé, mon dieu, c'est magnifique. On apporte aussi cette thématique dans Quartier Lointain, de Taniguchi. Je ne veux pas raconter l'histoire, simplement, le héros va découvrir que son père n'a pas choisi la vie dans laquelle il est. Après une guerre, il a tenu compagnie à la veuve d'un ami qui lui avait sauvé la vie. Mais il veut aller à Tottori. La mère de la veuve tombe malade. Le père du héros reste avec elle pour l'aider à s'en occuper. Mais il souhaite toujours partir vivre à Tottori. Mais la femme tombe enceinte, et ils se marient. Il travaille dans la couture, devient mari, et père de deux enfants. Quatorze ans plus tard, il se réveille. Je ne vous expliquerai pas comment, lisez la bédé. Toujours est-il qu'il va décider de fuguer, il décide, des mois à l'avance, de quitter femme, travail et enfants, sans prévenir, pour vivre une autre vie, et son fils ne pourra pas le lui empêcher.

Merde, cette note commence à être drôlement longue. Dire que j'avais compté parler d'encore autres choses après... De toutes façons, il faut que j'aille dîner. Si vous avez lu tout cet article, en entier, sans lire en diagonale, je vous donne une médaille virtuelle du meilleur lecteur de ce blog! lol jdis n'importe quoi...

Bref, bonsoir à tous.

Publié par boiseime à 21:24:59 dans textes | Commentaires (4) |

De mon jean-emmental | 01 septembre 2007

Je conçois la création comme un processus de recyclage.
 
Ce chaton sur mes cuisses. Je m'apprête à commencer une nouvelle note, Fip passe sing sing sing, et un chaton se repose sur moi. C'est un bel instant.
Mon jean troué. Mon jean troué, troué, troué et troué. Mon jean-gruyère. Non. Ce n'est pas gruyère. Les gens confondent. C'est emmental, c'est ça ? Mon jean-emmental. C'est comme gribouiller dans mon agenda avant de faire mes devoirs. Détruire mes vetêments, c'est machinal. Tout ce qui m'appartient donne l'impression d'avoir fait la guerre 14-18. Ça doit être parce que j'aime signer le temps qui passe. Tracer le temps. Je me rappelle, en primaire, ces chaussures ou les semelles intérieures étaient complètement parties. Ça me faisait des trous sous le pied, c'était très inconfortable. J'use mes vetêments jusqu'à ce qu'ils soient vraiment en lambeaux. Mon genou et les fils blancs qui le signent comme une auréole. Le bleu-jean qui l'habille autour. Mon genou nu comme une tête sans visage au milieu de ma jambe. Déchirer le tissu. Par plaisir. Machinalement. Comme ça nous vient. Et si je passais quelques épingles à nourrice là-dedans, au lieu de faire recoudre?
 C'est rigolo. J'étais parti pour faire une réflexion sur la création, et finalement, je me suis mis à écrire sur mon jean. Une idée qu'on essaie de construire avec des mots qui se suivent, comme un crayon et une gomme qui cherchent la bonne forme. J'aime écrire des images.
Ne pas me répéter. Ai-je encore des choses à dire sur tout ça? Une seule solution. Me poser un instant, regarder derrière moi. Le peuple de l'herbe remixant Winston mcAnuff, je crois, toujours sur fip. Pas mal. J'aime écrire en musique. Ça me pousse en avant, je crois.
Les trous de mon jean sont comme des champignons se répandant progressivement sur un arbre. Mon jean comme un arbre à champignons. Un premier trou, un deuxième en dessous, le premier que j'agrandis, sans vraiment faire exprès, machinalement, je déchire juste un tout petit peu plus, les fils blancs que j'arrache, les uns après les autres.
Je m'arrête. Je me gratte les sourcils, mes pellicules tombent comme neige. Hi hi hi. Ça vous dégoûte, non? Oui, j'ai des pellicules cachées sous mes sourcils noirs.
Mon jean comme une oeuvre d'art. "C'estmoiquilaifait!".  Comme une esquisse et puis on détaille, petit à petit. Sauf que plus l'oeuvre se remplit, se noircit, puis se colore, mon jean, lui, s'évide, chaque fois plus léger.
Mon jean aéré. Mon jean de la guerre.
C'est bizarre, une note sur un jean. Mais je crois que mon blog est bizarre. Je suis parti dessus comme ça.
J'adore ça. Me mettre, un peu au hasard, à écrire sur un truc, et développer. Je pense que c'est là le plaisir que j'ai à écrire sur mon jean : c'est une mise en abyme. Je commence à écrire et développe mon idée comme j'ai pu faire un trou dans mon jean sans faire exprès, avant de persister à le torturer.
Ce qui fait que j'écris sur mon jean, c'est cette idée de lente progression que j'adore traiter. Mes trous comme une ville qui s'agrandit. Mon jean comme une forêt qui s'évide.  Mes trous comme la population mondiale qui se multiplie. Mes trous comme les guerres dans les pays pauvres. Il y a des facteurs qui amènent à. Mes trous comme des chauds lapins, qui se multiplient, se multiplient... Mon jean comme un arbre mort attaqué par les insectes.
Je traiterai de la création plus tard. J'aime multiplier les sujets dans une seule note. J'aime faire grandir et grandir une note comme des trous dans un jean. J'aurais aimé continué de parler de trous en parlant du recyclage dans la création. Hélàs, j'ai des obligations, je dois quitter l'ordi.

Publié par boiseime à 15:14:34 dans textes | Commentaires (7) |

La vie est un jeu d'échecs pérpétuel. Tu crois t'apprêter à bouffer une dame et on te surprends avec un échec au roi. Et puis parfois c'est quand tu crois être foutu que tu te surprend à produire un échec et mat en deux coups. | 29 août 2007

Publié par boiseime à 18:48:42 dans c'est alors qu'une chaise vivante arriva | Commentaires (9) |

Je viens d'hésiter à le publier. Je ne sais pas. J'ai plus écrit ça parce que j'avais envie d'écrire que parce que ça me tenait à coeur. Et ça change tout. Je le publie quand même. Qui sait si je ne vais pas l'effacer. | 24 août 2007

Je devrais lire mes contes de Perrault, mais je me suis retrouvé à farfouiller de vieux souvenir sur ma clé usb. Ça m'a fait tout bizarre, et je me suis demandé qu'est-ce que ça me ferait, à quarante piges, de retrouver tous mes souvenirs d'adolescence.

Je n'ai pas quarante piges. J'ai dix-sept ans (j'ai mis seize ans avant de corriger...), j'ai envie de faire une note de blog intéressante, je ne sais pas ce que me réserve l'avenir, même si je sais ce qu'elle me réserverait si l'avenir c'était moi.

J'ai dix-sept ans, dans un an je serai majeur, dans un an j'essaierai de voler de mes propres ailes, et puis ensuite, je ne sais pas, je serai peut-être le petit poucet qui aura perdu son chemin en miettes de pain bouffées par les oiseaux, des miettes de rêves d'avenir, je ne les trouverai plus et je serai confronté à la réalité de l'anciennement futur, je serai dans la noire forêt avec mes six frères et je me dirai : "ce n'est pas ce que j'avais prévu". Je le sais, parce que ça se passe jamais tout à fait comme on voulait. Je n'ai pas peur de devenir un adulte, j'ai peur de ne pas réussir à publier mon roman, de ne pas réussir à convaincre un producteur de m'aider à l'adapter au cinéma, j'ai peur de ne pas savoir aller dans une école de cinéma parce que j'aurais déjà fait une école d'art et que je pourrais en avoir marre des écoles... J'écris tout ça alors qu'en vérité je m'en tape, je pourrais aussi bien parler de la mort, je m'en tape, c'est des choses auquelles je songe de temps en temps, mais ça ne nous obsède pas vraiment, en vérité, ce serait mentir.

Je me sens, par rapport à l'avenir, comme un aveugle, les projets comme ma canne blanche, l'incertitude de ce qui va m'arriver comme les objets tâtés par ma canne, à confronter, situations à résolver. Je suis le petit poucet aveugle qui a sa canne, qui sème ses miettes de pains, mais où seront-elles dans cinq ans?

Le petit poucet est une histoire qui finit bien. À la vérité, je n'ai vraiment pas peur de devenir adulte, j'ai simplement peur de ne pas réussir à réaliser mes rêves. Mais c'est stupide, parce qu'en fait, j'y crois vraiment. Je ne vois pas mes différents talents rester des loisirs. Je ne peux pas me voir faire des boulots de merde. Je ne sais pas si j'adapterai l'Hydromelade à l'écran, mais je sais que j'arriverai à aller là où je dois aller.

Et un jour, j'aurais quarante ans. Et ce sera pire que tout à l'heure, lorsque je fouillais ma clé usb et retrouvais de vieux souvenirs. J'aurais quarante ans et je reverrais tous ces souvenirs, et je me sentirais tout bizarre, si bizarre. Le temps passe, passe, passe. On se retrouvera confronté à ses rêves qui deviendront ou ne deviendront pas réels. Et puis la vie passe. Mais on peut toujours réaliser ses rêves. Je crois.


 

Publié par boiseime à 19:40:35 dans textes | Commentaires (2) |

Allongé devant la télé, un biscuit qui s'émiette sur mon tee-shirt à la bouche. Et ce tee-shirt bleu marine parsemé de miettes m'évoque un ciel noir étoilé. | 24 août 2007

Publié par boiseime à 18:46:52 dans c'est alors qu'une chaise vivante arriva | Commentaires (4) |

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Présentation



Adolescent de sexe masculin, j'ai eu 18 ans le 6 Juin. Le reste est dit dans mon blog, qui peut peut-être être considéré comme une grande rubrique "moi"...

J'en sais rien. Je m'en fous. Je vais vous laisser lire mon blog et puis voilà.

Bonne lecture.

Ah non, attendez...
Tant que j'y suis, autant présenter mon blog aussi. "C'est alors qu'une chaise vivante arriva", c'est une ombre dont le soleil est mon esprit fertile, c'est le reflet de ma personnalité et des méandres de ma personne, "c'est alors qu'une chaise vivante arriva", c'est des textes absolument relatifs à TOUT et à RIEN; c'est des notes sans le moindre intérêt, des notes curieuses et expérimentales, des notes profondes et denses (sans prétention aucune...), c'est des dessins, plein de portraits, parfois j'essaie de changer; c'est aussi des choses tout à fait inclassables, dans la catégorie "c'est alors qu'une chaise vivante arriva", où mes notes y mélangent dessin, photographie et textes de deux lignes seulement.

Mon blog, c'est mon point de vue humain, mes réflexions à deux balles, mes vagabondages littéraires qui ne m'amènent nulle part, c'est ma merde et c'est aussi un moyen de diffuser mes travaux, c'est une cabane virtuelle où je peux toujours m'occuper, c'est un abri, c'est un refuge où s'accueille et se recueille mon cerveau fatigué ou hyperactif, selon les moments, c'est un espace de jeux bien à moi, et puis surtout, c'est un énorme bazar.

 

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