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"c'est alors qu'une chaise vivante arriva" :

bazar intérieur extériorisé ici-même, récréation intellectuelle, cabane virtuelle, laboratoire à tout, espace de jeux bien personnel

Éviter ça | 17 juin 2009

La chose est complexe.

 

Je suis né, je vis, et un jour je meurs.

Naître, c'est naître dans un lieu donné et à un moment donné.

La vie se remplit tellement d'événements et d'habitudes que l'on oublie d'avoir peur de la mort.

Mais il y a toujours un moment où tu y penses et où, en te projetant dans cette situation d'avoir à ne plus exister (au moins en tant que corps humain, après ça dépend des croyances), tu te dis que merde, c'est quand même drôlement chiant et viscéralement effrayant. Même si ton cerveau t'ordonne de ne pas avoir peur étant donné que tant que tu es vivant tu n'es pas mort et que lorsque tu es mort tu n'es plus vivant. C'est très très simple, extraordinairement simple, voire correct, pourtant rien à faire, quand on y pense ça rend quand même un peu dingue.

Et c'est à ce moment-là que je me dis : les enfants que j'aurai peut-être un jour n'existent pas. D'une certaine manière, ils sont morts. Ils ne sont nulle part, ils ne sont même pas des embryons, même pas des spermatozoïdes. Ils ne font juste pas partie du monde.

J'ai dix-neuf ans. Mon père, au cours de sa vie, au lui-même, durant une année, eu dix-neuf ans. Oui, je sais, je viens d'annoncer quelque-chose de profondément étonnant. Eh bien, lorsque mon père avait l'âge que j'ai actuellement, je n'existais pas. Je n'étais même pas un embryon, même pas un spermatozoïde. J'étais comme mort.

Je n'introduirais pas les histoires d' "âmes" dans mon discours car ça compliquerait les choses et j'ai aussi beaucoup de mal à y voir un phénomène plausible.

Donc j'étais mort et j'ai été fait et j'ai été un petit enfant sans mémoire pleurnichard et aussi sage comme une image et puis un jour j'ai eu une voix grave, plein de barbe, un visage plus affiné, bref j'étais un jeune homme et maintenant j'en suis là. Puis un jour j'aurai l'âge de mon père et encore plus tard je serai mort comme au bon vieux temps, comme lorsque mon père avait dix-neuf ans.

Donc je suis dans la vie, et comme je suis dans la vie, je suis dans un temps et un lieu donné.

J'ai un temps extrêmement limité pour vivre. Je n'ai pas un millénaire, je n'ai même pas un siècle. Qu'est-ce que je dois en faire ?…

Puisque je vis, j'appartiens à un monde.

Je pourrais prendre la décision de passer ma vie à étudier dans quel monde je suis né. Je pourrais parcourir le monde en faisant du couchsurfing.

C'est un fantasme assez cool, de passer plusieurs années de sa vie à traverser le monde dans tout un tas de pays. 

Non parce que l'idée, c'est que je suis né en 1990. Mettons que je meurs en 2070, par là. Je serai donc un homme du XXIème siècle, de toutes évidences. Ce qui signifie que le monde de la guerre froide ne m'appartient pas. Que la Première guerre mondiale ne m'appartient pas. Que la révolution française ne m'appartient pas. Ou plutôt si, tout cela m'appartient. Mais en tant qu'héritage, et non en tant que situation contemporaine intégrant, temporellement, le monde dans lequel je vis. 

Mais si l'on peut dire que je ne traverserai et vivrai jamais la révolution française, ni même les années 60 qui peut-être m'auraient plû (?), au moins pouvons-nous dire que ce XXIème siècle m'appartient. Ce XXIème siècle, c'est mon monde, c'est mon temps, c'est que je vis, traverse. Et quel siècle !… 

Ce siècle où la civilisation humaine oublie de s'accorder à la nature, quitte à risquer une quasi-fin du monde… Ce siècle de télécommunications, de mondialisation, de consommation, de services, soit la domination du secteur tertiaire. Cette société dominée par l'IMAGE, la publicité, le marketing, ce siècle où je n'ai aucune connaissance des objets qui m'entourent. Je ne me rends pas bien compte de ce que la languette de mon yaourt devient lorsque je la jette à la poubelle, je ne sais pas bien comme a été fabriquée la tarte au chèvre "Marie" que j'achète à Leclerc, et je ne me rends pas compte non plus du parcours des boeufs qui ont produit les steak-hachés conservés dans mon congélateur. Je ne me rends même pas compte du parcours interplanétaire qu'a nécessité la fabrication de mes jeans, et je ne sais jamais vraiment dans quelles conditions ont été fabriquées les chaussures que j'achète. JE NE CONTRÔLE RIEN.

C'est terriblement effrayant, embarrassant. On se presse pour me servir, pour rendre mon existence aisée et facile, et j'ignore à quel prix.

Toujours est-il que c'est à cette époque-là, à la fois si terrible, si embarrassante, mais aussi si technologique et aisée, que j'appartiens.

Heureusement, il existe une chose qui s'appelle le lycée, dans lequel sont dispensés des cours d'histoire-géographique. Si vous avez la chance d'avoir une professeure aussi passionnante et passionnée que madame Skakalski, alors vous aurez la chance de pouvoir mieux analyser et comprendre ce monde dans lequel nous sommes, et de mieux comprendre aussi COMMENT NOUS EN SOMMES ARRIVÉS LÀ. 

Nous pouvons vivre en nous soumettant à cette société sans chercher à la comprendre.

Quand je regarde autour de moi, je vois des gens avec les écouteurs dans les oreilles, je vois des gens au téléphone. Vous vous rendez compte ?… Des gens qui écoutent de la musique que nous n'entendons pas (quoique…). Des gens qui discutent avec d'autres personnes qui ne sont pas auprès d'eux. On écrit des messages instantanés à des gens qui peuvent être à l'autre bout du monde. C'est formidable. C'est une révolution. Mais c'est aussi un peu effrayant dans les transports en commun. C'est un moment qui peut être perçu d'une façon ennuyeuse, barbante. D'où peut-être les téléphones et la musique. Mais je suis trs impressionné de voir tous ces gens qui se déconnectent de leur environnement. Qui ne font pas acte de présence, d'une certaine façon, là où ils se trouvent.

Mais voilà. On est dans une société de consommation.

Par ailleurs. On est donc dans une société complexe, sophistiquée, où le profit de l'économie et des entreprises se conjuguent avec notre aisance, notre facilité de vie.

Et parfois quand je regarde autour de moi, voir tous ces gens, non seulement accrochés à leur téléphones, mais aussi simplement tous ces gugusses en costars cravates, tous ces banlieusards en survêts, mais aussi toutes ces femmes et ces hommes parfois un peu laids et avec des gros bidons, je sais pas, ça me façonne pas une bonne image.

Je vais à Leclerc. Tout m'est servi directement. Je n'ai pas besoin de produire ce qui me nourrit. Pas besoin de cultiver des terres. Car je suis un privilégié sur la planète Terre. Moi, je peux aller à Leclerc. Donc je vais à Leclerc où tout m'est servi, et je vois des familles avec leurs caddies qui achètent de la charcuterie, qui achètent du pain industriel avec des tranches de mies moelleuses et sans croûtes, qui achètent tout un tas de bouteilles de coca-cola, et qui paraissent laids, gros, et sans le moindre rayonnement intérieur. C'est le monde qui m'environne. C'est les gens qui m'environnent.

Mais ce sont des gens adaptés à notre monde, qui n'ont pas forcément trop suivis leurs cours d'Histoire, qui ne sont pas forcément remplis d'esprit critique et qui n'ont pas forcément eu l'occasion de prendre de la distance.

Mais je vois ces gens, et je me dis que voilà, il y a vraiment des gens MOULÉS pour vivre dans ce monde, ce monde aisé où l'on ignore ce que deviennent les choses passant entre nos mains.

Je ne veux pas être ça. Je ne veux pas faire partie de cet espèce de bétail. Je suis né, je vais mourir un de ces quatre, et je suis un enfant du XXIème siècle. Puisque je suis du XXIème siècle, j'aimerai mieux ne pas trop entrer dans le moule de ces gens bizarres, un peu laids, gros et pas trop pourvus d'intérêt.

Je ne pense pas vraiment que je ferai un jour le tour du monde. Mais ce serait bien si j'évitais de subir le monde où je suis et si j'essayai de l'étudier un peu plus en profondeur, de me rendre un peu plus compte de là où je suis. 

J'habite dans une ville qui s'appelle Villeneuve-le-roi. Je pense qu'il y a des gens dans cette ville dont les parents et les grands-parents étaient déjà à villeneuve-le-roi. Qui vivront leur vie à villeneuve-le-roi. Et qui iront simplement en Tunisie et en Grèce durant des vacances.

Eh bien, voilà, je voudrais juste éviter ça. C'est tout.

 

(Je vais sûrement pas mourir en me disant : je suis un homme du XXIème siècle, et le monde dans lequel j'ai vécu, c'était ça et ça. Mais si à ce moment-là je pouvais au moins dire que j'ai tenté de jeter un coup d'oeil en dehors de ma grotte, ce serait pas trop mal.)

Publié par boiseime à 23:47:17 dans textes | Commentaires (1) |

la courte réflexion du jour | 31 mai 2009

J'ai vraiment envie de continuer à me raconter des histoires. Je veux vraiment écrire l'histoire de Bastien et de Vampire. Je veux vraiment dessiner l'aventure de Philibert.

Je veux vraiment écrire (et dessiner ?…) l'histoire d'Amour et de ses congénères, aux trois grandes époques de sa vie. Je voudrais vraiment un de ces quatre établir un peu cette histoire de fous avec une sorte de Cristophe Colomb/Archimède qui croit pouvoir construire un vaisseau volant… et qui rencontrera un véritable far-west de l'autre côté de la mer, avec un cow-boy qui ne parle jamais poursuivi par un tueur à gages. Et j'aimerai bien mélanger encore plus les genres et y foutre des dizaines de personnages qui viendraient complexifier et faire rebondir l'action. 

 

Il faut simplement que je me donne du temps. Peut-être cet été (pour les projets les plus pressés).

Qu'est-ce que je vais faire de ma vie si j'arrête de me raconter des histoires ?…

Publié par boiseime à 17:56:29 dans c'est alors qu'une chaise vivante arriva | Commentaires (0) |

Deux choses l'une | 25 mai 2009

Peut-être pas ce soir, au fond.

 

Il y a plusieurs choses. 

Il y a la beauté éphémère et discrète.

Et il y a l'immuable solitude.

Croiser d'autres existences, c'est une aventure.

J'aime beaucoup l'aventure.

J'aime croiser des existences.

Si bien que la solitude me paraît anti-aventurière.

Elle ne l'est pourtant pas nécessairement (anti-aventurière). Mais il est difficile de la percevoir comme une aventure pour moi et pour l'instant. 

Alors, sans nouvelles des gens qui me sont des aventures, je m'ennuie.

Ou pas. Car en ce moment je n'ai plus trop de boulot et je relis tous les Thorgal qu'on a à la maison. Alors ce serait faux de dire que je m'ennuie, parce que se retaper les Thorgal c'est assez chouette en fait.

Mais voilà, l'idée est là : échanger avec des gens, c'est cool. Écrire des mails à des gens, c'est cool. Planifier des trucs avec des gens, c'est cool. Recevoir des nouvelles des gens et devoir répondre, c'est cool. Mais comme tu n'as pas non plus trente millions d'amis, ce n'est pas cool à chaque fois que tu ouvres tes mails (trente fois par jour, en hyperbolant un peu…)

Je voulais aussi parler de la beauté.

Je suis dans le rer et il fait très beau. Alors, si je regarde le plafond du rer, j'y vois le reflet d'une vitre : différentes couleurs, vertes,  bleues ou ce que vous voulez, défilent à toutes vitesse dans le rectangle exposé au plafond. Et puis il y a la lumière qui traverse le wagon.

Il y a les reflets des gens contre les vitres qui se superposent sur les paysages qui défilent. Ça aussi, c'est beau.

Leur reflets à tous sur le plafond (oui, encore le plafond).

Dans la ligne 14 , au démarrage et à l'arrivée du train, à chaque station, les vitres du métro s'additionnent à celles des portes. J'ai deux reflets qui se superposent et dont les tailles varient à toute allure, de façons saccadée. Ça aussi ça me plaît.

Les reflets, où qu'ils soient, me passionnent.

Cette beauté de l'infime, d'éléments ordinaires et quotidiens qui se trouvent alors transfigurés, me fascinent, et je les remarque, les relève, y suis attentif et les contemple.

Ces transfigurations font partie de ce qui m'intéresse, à ce titre, je ne me vois pas les laisser m'échapper de ce que je pourrais faire.

Prenons une fiction.

Il est très facile de se satisfaire, dans une fiction, de faire avancer la narration.

Et il est évident que la narration doit avancer.

Mais une intrigue est pauvre si elle n'est qu'une intrigue.

Elle doit contenir ce qui vous intéresse. Ce qui vous fascine, ce qui vous fait réfléchir. Ce que vous admirez. Elle doit contenir une forme de vérité, de réalité, d'authenticité. Que cela fasse "avancer l'intrigue", ou non.

Mais, voilà : encore une fois, il est difficile d'être attentif à ces détails essentiels.

Mais j'aimerai véritablement écrire ou dessiner, un de ces quatres, ces reflets, ces faits devant mes yeux, qui me fascinent tant.

Mais comment voulez-vous dessiner ça ?… Je ne m'appelle pas "meilleur dessinateur du monde"… 

 

Publié par boiseime à 18:58:01 dans textes | Commentaires (4) |

C'est bon. | 19 mai 2009

Je dois bien avouer que c'est assez merveilleux. Oui, c'est assez merveilleux.

C'est assez fou. Au début de l'année, je voyais tout un tas de gens dans cette classe qui m'impressionnaient beaucoup. Des gens très sérieux avec un travail respecté. Un truc dans ce genre. Assez vite, en me documentant sur les écoles, je me suis aperçu que c'était Strasbourg que je voulais.

Ce que j'éprouve en cet instant est une sensation très particulière. Un soulagement et un contentement que je ressens même physiquement, car je tremble quasiment. Je tremble presque. Ce n'était pas gagné d'avance. Ce n'était vraiment pas gagné d'avance.

J'ai voulu aller à Picasso. Du fond du coeur. J'y suis allé. J'ai voulu aller à Strasbourg du fond du coeur. Et je vais y aller. Je pense que je suis sur la bonne route.

C'est tout à fait merveilleux. J'ai aussi été admis à Dijon, à Rennes, à Nantes, à Quimper et à Lorient. Mais, à toutes ces écoles, je dis adieu. Adieu.

C'est vraiment très bon. Chaque année dans cette prépa, il n'y a qu'une ou deux personnes qui sont admises à Strasbourg. On y est pris au compte-goutte. Et, durant l'année, j'ai pensé : il y a untel. Il y a untel. Il y a untel. Qui ont certainement plus de chances que moi d'être pris. Je ne serais pas pris. Je ne me vois pas parmi les deux personnes par an qui réussissent là-bas. Je me suis trompé. Je me suis sous-estimé. Au cours de l'année, mon travail a incroyablement mûri, et j'ai sû construire un dossier digne d'intérêt. Qui a convaincu toutes les écoles auquelles je me suis présenté. Je n'ai pas tenté les beaux-arts de Paris, je n'ai pas tenté les arts-décoratifs de Paris, je n'ai pas tenté Cergy, mais cela fait que je n'ai été recalé à aucune école. J'en suis plutôt fier.

Je suis tellement heureux. J'aurais été tellement déçu de ne pas être admis.

Tout a commencé à se jouer à l'étape de la pré-admission. Avec Camille et Léa, j'étais pré-admissible. Claire ne l'a pas été. Ulysse ne l'a pas été. Ils ont été sept dans la classe, à ne pas l'avoir été. J'étais donc parmi les deux ou trois de la classe, qui pouvaient sans doute entrer à Strasbourg. D'un seul coup, je faisais partie des deux ou trois dont je ne croyais pas pouvoir faire partie. J'étais à deux doigts des arts-déco de Strasbourg. J'en étais à deux doigts ! C'était possible ! C'était possible !

Et, là, en cet instant : "je suis pris à Strasbourg. Je suis pris à Strasbourg !"

D'abord, l'épreuve écrite. Henri Michaux m'explique que, lorsque je m'assoupis, que j'arrête d'écouter parler les gens autour de moi, lorsque je deviens le doux rêveur que je suis, c'est mon âme qui s'en va nager, sans trop s'éloigner, relié avec moi par un fil sortant du ventre. Je prolonge ce texte à ma façon, sur le ton de la réflexion.

L'après-midi, je fais du crayon, de la plume, du feutre-pinceau, de l'aquarelle, je dessine les gens devant moi attablés devant leurs propres dessins, et j'en relie quelques-uns à des créatures plus au moins aquatiques nageant dans l'oxygène ambiant. J'écris des mots extraits du texte. "L'âme adore nager. Elle nage comme les anguilles et les serpents de mer".

Le lendemain. Deuxième oral. Je parle de ce dessin format raison. Puis : "qu'est-ce qu vous voulez faire, quand vous serez grand ?" Dixit. J'évoque timidement la bande dessinée. On me demande qui est-ce que j'admire. J'évoque Baudoin, Sfar, Trondheim, Guibert, Frederik Peeters. J'oublie Christophe Blain, Dumontheuil, Craig Thompson...

On me demande si je vois des expos, j'en dis quelques-unes. Y-a-t-il des artistes auquels je sois réellement sensible, qui me touchent particulièrement ? Cette question m'est très difficile. Je peux facilement être touché par une oeuvre plastique, mais il est rare qu'un certain travail me touche réellement davantage que tous les autres. J'essaie de penser à des peintres, car je suis plus facilement touché par le domaine de la peinture. Je parle de ceux à qui j'arrive à penser, sans convoquer tous ceux que j'aurais pu. Je replonge dans le passé, je parle de Van Dyck dont j'ai vu l'expo, de Fragonard lorsqu'il fait le portrait de Diderot, j'explique ce qui me fait aimer. On me demande alors si je connais Franz Haltz et heureusement je l'ai découvert dans l'Histoire de l'art de Gombrich, ce que je dis aussitôt, évoquant la touche affirmée de sa peinture.

On me demande ce que je veux faire à Strasbourg. Je dis que je suis conscient que la section illustration est ultra-demandée pour peu de places, mais je dis que c'est ce que je veux. Je dis que des auteurs de bande dessinée que j'admire tels que Blutch, Boulet, Lucie Durbiano, Lisa Mandel, sont passé aux arts-déco de Strasbourg. Que des illustrateurs dont j'admire également beaucoup le travail tels que Erwann Surcouf, Natacha Sicault ou Lucie Albon sont également passés par là. J'explique que cela suscite nécessairement en moi le désir de suivre leurs pas, de suivre le même chemin. Deux femmes du jury semblent me comprendre parfaitement, lisent ma motivation, elles me sourient et me semblent même assez émues. Par conséquent, en sortant de la pièce, je suis vraiment très content de mon oral, je pense avoir assuré.

 

Alors, j'attends les résultats. Tout peut encore arriver. Pas d'illusions. Je peux être pris, je peux aussi ne pas l'être. C'est tout à fait possible. Alors j'attends. C'est horrible d'attendre, mais j'attends, comme l'année d'avant j'avais attendu les résultats pour fontenay-sous-bois avec impatience.

Finalement, ils donnent leurs résultats avec une semaine d'avance.

 

 

L'année prochaine, je vais à

 Strasbourg !

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié par boiseime à 11:55:29 dans c'est alors qu'une chaise vivante arriva | Commentaires (5) |

De la promiscuité ou de son manque | 17 mai 2009

J'aime partir d'aliments.

Alors il y a une banane, un baba-au-rhum, un milk-shake, une tomate farcie, un poulet rôti, un canard laqué, une glace à la fraise, une tablette de chocolat, une tarte au chèvre et aux épinards.

Si je m'étais arrêté après "une banane", il n'y aurait eu qu'une banane. Mais j'ai continué. Ce qui fait que banane se confond avec les autres. Banane est sur un pied d'égalité avec les autres aliments, et son importance en est sans doute minimisée. Disons que banane se retrouve fondue dans la masse.

Mais le fait que j'ai continué ma liste ne fait pas que rendre banane plus anonyme. Cela la relie à d'autres.

Banane peut être seule, elle est cependant en contact avec d'autres. Banane peut entrer en contact avec le baba-au-rhum, avec la tablette de chocolat, avec la tomate farcie, avec le poulet rôti. Elle a la possibilité de le faire.

Créer des contacts a des incidences. Ces contacts portent leur poids, leur importance. Ils peuvent être plus au moins lourds.

Il y a les contacts qui se tissent au quotidien. Ils sont légers à porter car se tissent jour après jour. On apprend à connaître l'autre très progressivement, et peut-être même que ce n'est qu'après un certain temps qu'on se sentira à l'aise avec une personne, que l'on se mettra à apprécier particulièrement.

Il n'y a pas que ces contacts-là. Si la banane est rangée au même endroit que la tomate (pas encore farcie), elle peut par contre être davantage éloignée du baba-au-rhum, du milk-shake, du canard laqué… La rencontre est alors plus fortuite, amenée par la chance, le destin. Elle n'en est que plus précieuse. Si banane n'apprécie pas le canard laqué, alors elle aura peut-être simplement la chance de ne pas le revoir. Peut-être la banane appréciera davantage baba-au-rhum. Et, malgré la distance, peut-être la banane et le baba-au-rhum essaieront-ils de se revoir. S'ils se revoient, c'est alors dans l'appréciation de leurs concordances. Ils sentent qu'ils sont en accord sur certaines choses, qu'ils sont prêts à s'apprécier. Qu'ils veulent se connaître. La différence est immense par rapport à une relation se tissant de façon obligée. Il y a des amitiés qui se créent entre des personnes qui se côtoient jour après jour parce que le hasard les réunit ensemble dans leurs vies. Il y a des amitiés qui se créent entre des personnes qui se côtoient une fois, qui auraient pu ne jamais se revoir de leur vie, mais qui décident de traîner ensemble. Il y a alors une véritable décision. Un vrai effort, à influer sur le cours des événements. C'est quelque-chose qui est absent dans un rapport se tissant au quotidien, où l'on n'a pas le choix, où l'on ne décide pas (de revoir ou non une personne).

Si la banane a donc véritablement la volonté de tisser une amitié avec le baba-au-rhum, ce n'est pourtant pas pour ça que son amitié avec la tomate (qui doit devenir farcie) en a moins d'importance.

Car il est assez difficile de créer une relation profonde avec une personne que l'on ne peut côtoyer au quotidien. La tomate partage les joies et les peines de la banane, supporte l'ensemble de ses humeurs. Elle est là quand banane est bizarre, excentrique, lorsqu'elle est triste, lorsqu'elle est heureuse… Ils se connaissent, éventuellement par coeur. 

Mais la banane ne connaîtra jamais le baba-au-rhum, ou le canard laqué, ou le milk-shake, par coeur. Leur relation pourra rester superficielle, car ne se voyant qu'occasionnellement, ils ne pourront se connaître véritablement l'un l'autre.

Il existe donc des relations sans rapprochements. 

Des relations entre individus intéressés pour connaître leurs existences respectives, mais qui ne sauront les partager ensemble. 

Baba-au-rhum ne connaîtra jamais banane comme tomate la connaît.

 

{À part ça, je n'ai pas travaillé mon projet pour Saint-Denis ce week-end, et donc demain je vais mourir (mais pas seul)}

Publié par boiseime à 23:34:21 dans textes | Commentaires (0) |

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Présentation



Adolescent de sexe masculin, j'ai eu 18 ans le 6 Juin. Le reste est dit dans mon blog, qui peut peut-être être considéré comme une grande rubrique "moi"...

J'en sais rien. Je m'en fous. Je vais vous laisser lire mon blog et puis voilà.

Bonne lecture.

Ah non, attendez...
Tant que j'y suis, autant présenter mon blog aussi. "C'est alors qu'une chaise vivante arriva", c'est une ombre dont le soleil est mon esprit fertile, c'est le reflet de ma personnalité et des méandres de ma personne, "c'est alors qu'une chaise vivante arriva", c'est des textes absolument relatifs à TOUT et à RIEN; c'est des notes sans le moindre intérêt, des notes curieuses et expérimentales, des notes profondes et denses (sans prétention aucune...), c'est des dessins, plein de portraits, parfois j'essaie de changer; c'est aussi des choses tout à fait inclassables, dans la catégorie "c'est alors qu'une chaise vivante arriva", où mes notes y mélangent dessin, photographie et textes de deux lignes seulement.

Mon blog, c'est mon point de vue humain, mes réflexions à deux balles, mes vagabondages littéraires qui ne m'amènent nulle part, c'est ma merde et c'est aussi un moyen de diffuser mes travaux, c'est une cabane virtuelle où je peux toujours m'occuper, c'est un abri, c'est un refuge où s'accueille et se recueille mon cerveau fatigué ou hyperactif, selon les moments, c'est un espace de jeux bien à moi, et puis surtout, c'est un énorme bazar.

 

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