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sAïGa

.. plume casablancaise...

Moi

4 années hors du temps, hors de la "Bled-attitude", mon retour n'est plus qu'un songe lointain, une illusion floutée. Ma réalité est ici, le délice gagne enfin mon existence...



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Fiction Valentine.. chapitre 1 | 16 février 2006

Ce matin-là, rien ne me prédisait de le voir. Je m'habillais, comme chaque matin, hâtivement, pour aller au travail. Une journée de plus durant laquelle je serais encore et toujours cloîtrée dans mon bureau, face à cet écran, noyée dans mes papiers, mes notes, mes pense-bête et autres bases de données. Une journée où je n'aurai que pour seul interlocuteur mon coursier, qui viendra me réclamer chèques et autres papiers à livrer en urgence.

J'enfilais un jean, un pull chaud, ma veste, et une écharpe, histoire d'être certaine de ne pas m'amouracher d'un microbe de passage.

Aucune lingerie affriolante, juste un string blanc, pas de soutien gorge, un petit air de liberté intérieure, pas d'étouffe-poitrine.

Il m'appelle. Je reste insensible. Il est devenu insipide. Il veut me voir. Je ne sais plus l'objet de mon vouloir. Il insiste. je m'incline.

Ma journée a été longue, non pas que je m'impatientais de le revoir, mais que le froid des murs et le vide qui occupait l'espace allongeaient le temps et figeaient l'aiguille de l'horloge.

Je n'ai pas le temps de me refaire, ni de me raffraîchir. Je prends le volant et me dirige vers lui, vers le point de nos retrouvailles.

Il est là, droit, les mains croisés, sa veste habillée par une écharpe qui tombe de parts et d'autres de son cou. Il ne l'enroule jamais, elle reste juste là, posée sur ses épaules, chose qui me rappelle toujours un style assez british et qui me laisse afficher un léger sourire. Son jean est parsemé de trous, de déchirures, un paradoxe total avec sa coiffure et son allure chics.

Il est tout sourire, tout miel. Je laisse ma voiture sur le bord de la route, je monte dans la sienne. Il ne m'intimide pas mais pourtant à chaque fois que je me retrouve à moins de deux mètres de lui, un malaise excitant me prend et ma maladresse chronique fait son apparition; ma bouche n'obéit pas à ce que lui dicte mon cerveau, ma répartie habituelle se transforme en un léger bégaiement ponctué de carences de vocabulaire.

Il est vrai que quoi que j'en dise, Il me grise, il m'attire, il m'excite. Il éveille en moi des envies insoupçonnées, celles que je refoule inconsciemment le reste de ma journée.

Il ne peut s'empêcher sur le trajet de faire des allusions, des jeux de mots médiocres, juste pour m'observer, scruter mes réactions, définir mes envies, le fond de mes pensées.

J'ai envie qu'il me touche, qu'il lève sa  main de son volant et qu'il la dépose doucement sur ma jambe, qu'il effleure ma peau, mais il n'en fait rien.

Il s'arrête devant la maison. Nous sommes arrivés. Je n'arrive pas à ouvrir la portière, elle est verrouillée. Je m'obstine. Il sourit, se penche vers moi, plonge son regard dans mes yeux. Je palpite, j'ai envie, je le désire, je vois ses lèvres, je les imagine parcourir ma peau, explorer mon corps. Il ouvre la portière. Je descends.

La maison est spacieuse, éclairée par quelques lampes éparses dans les coins de la pièce. Des plantes vertes, des tableaux, des bougies. Trois beaux canapés bruns trônaient au milieu du salon, ils me tendaient les bras, m'asseoir minimiserait mon taux de maladresses.

Je prends place, il s'approche et me propose un verre de vin. Je fais signe de la tête, peut-être avec un peu trop d'enthousiasme. Il était dans la cuisine pendant que je m'interrogeais : "il me prend pour une alcoolo, dis?"

On trinque, j'avale une gorgée, et toussote lorsqu'il s'assied tout près de moi. Trois canapés ne sont pas suffisants pour deux personnes, il a fallu qu'il se mette là, tout contre moi. Je sens son souffle sur ma nuque, il parle, doucement, me demande si je connais le morceau de musique qui passe.

Je ne l'entends plus, mon coeur bat trop fort, il couvre sa voix. Je sais qu'il sait, nous savons, nous voulons.

Il pose son verre, laisse glisser sa main sur mon dos, puis la laisse remonter sur ma peau, elle se fraie un chemin sous mes vêtements. Il s'arrête un instant lorsqu'il découvre que l'étouffe poitrine est resté chez moi, prend mon visage, me regarde, souriant, signifiant. "j'ai envie de toi", je le lis dans ses yeux, sa main continue à parcourir mon dos, il se délecte, pose ses lèvres sur mon épaule, tire mon pull avec ses dents.

Je me lève, comme si d'un seul coup toute ma pudeur avait disparue. J'ai chaud, il fait chaud dans cette pièce, je ne peux plus supporter la laine qui me couvre. Je l'enlève, doucement, mais sûrement.

Il a toujours ce sourire sur ses lèvres, mais je le découvre avec un regard différent, plus beau, plus séduisant. Je crois qu'il aime ce qu'il voit. Il s'arrête, regarde mes seins, il se lève et les prend dans ses mains. il caresse, doucement, les touche comme des objets fragiles.

Il enlève sa veste et reprend sa place sur son canapé, m'observe, me caresse des yeux.

Je m'approche, m'assieds à califourchon sur ses jambes, et lui tiens fermement ses poignets. J'effleurais ses lèvres avec les miennes, je l'embrassais sur son visage, l'empêchais d'agir. Il était mien, je voulais lui donner des plaisirs tendres mais fous, faire de son corps l'objet de mes fantasmes, sentir son souffle s'accélérer.

Mes têtons effleuraient sa chemise, je sentais le feu envahir mon ventre.

 

 

Publié par saiga à 01:05:17 dans je vous raconte une histoire? | Commentaires (18) |