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Publié par josee à 08:59:50 dans SINCERITE | Commentaires (4) | Permaliens
Y a trop de gens qui t'aiment.....Chanson interprétée par H.Ségara.
Je te regarde parler avec les gens
Tu me sembles si léger même transparent
J'regarde passer les jours, la vie en me disant
Je n'cherche pas l'amour, je m'y attends
J'te regarde t'amuser et je fais semblant
Mais je n'peux pas t'empêcher d'être un enfant
Toi tu fais de grands gestes, tu as l'air si content
Tu vois des fois j'déteste ce que je ressens
Il y a trop de gens qui t'aiment
Et tu ne me vois pas
Je ne sortirai pas indemne
De cet amour avec toi
Il y a trop de gens qui t'aiment
Qui tournent autour de toi
Tous les mots d'amour
Que je sème tu ne les entends pas
J'me sens si loin de toi à des moments
Je n'voudrais pas qu'tu crois que je t'attends
J'me force à espérer, mais je me mens
Alors je te regarde t'éloigner tout doucement
Il y a trop de gens qui t'aiment
Et tu ne me vois pas
Je ne sortirai pas indemne
De cet amour avec toi
Il y a trop de gens qui t'aiment
Qui tournent autour de toi
Et moi évidemment,
Je t'aime à mes dépends
Il y a trop de gens qui t'aiment
Et tu ne me vois pas
Je ne sortirai pas indemne
D'cet amour avec toi
Il y a trop de gens qui t'aiment
Et tu ne vois même pas
Qu'c'est à cause de toi
Que je mène chaque jour ce drôle de combat
Il y a trop de gens qui t'aiment
Et tu ne vois même pas
Qu'c'est à cause de toi
que je mène chaque jour ce drôle de combat
Publié par josee à 19:17:35 dans SINCERITE | Commentaires (6) | Permaliens
Je viens d'avoir 17 ans, mes problèmes de dos sont derrière moi, et j'ai encore beaucoup changé physiquement. Je ne suis plus la petite chenille gauche et peu sûre d'elle. J'étais devenu un papillon qui ne demandait qu'à déployer ses ailes pour s'envoler. Je me sentais bien dans mon corps, je me trouvais enfin jolie, et je remarquais que les garçons se retournaient enfin sur mon passage. J'étais enfin comme les autres, une jeune fille qu'on remarquait. Mais le petit papillon que j'étais ne savait pas encore qu'au jeu de l'amour il allait se brûler les ailes...
Publié par josee à 08:47:05 dans SINCERITE | Commentaires (8) | Permaliens
Les années Lycee: Pascal
1976-1977 Coeur insensible
La grande rentrée arrivait. L'orientation de ma vie : une seconde A, B ou C, quel aiguillage pour l'avenir ? Mon esprit vagabond se serait bien vu en A, parmi ces gens qui peignent ou aiment disserter sur tout, et qui n'ont pas à faire tant de maths. Mon frère avait fait A. Et puis il serait instituteur. Il avait toujours l'air d'être l'esprit tranquille, peu d'heures de cours, et beaucoup de rédactions intéressantes à faire. Mais on me disait que les meilleurs étaient en C.
J'étais motivé, certainement trop sérieux déjà. Mon voyage linguistique, que mes parents m'offraient encore une fois avec tant d'encouragements sincères, j'allais cette fois le faire à Londres. Il devrait me donner des forces sur une matière que j'aimais, car je ne me faisais pas d'illusion sur les inéquations qui me donneraient des cauchemars. Les cours étaient intéressants, et on essayait même de nous expliquer les vertus de la monarchie constitutionnelle. Les rencontres que je faisais n'émouvaient pas mes sens. Terre à terre, je développais cette passion pour la minéralogie et les multiples facettes des jolis cristaux colorés. Je commençais aussi à m'intéresser à l'accroche mystérieuse des peintures impressionnistes et surréalistes. Je visitais les galeries et le musée de géologie, avec un même goût pour la diversité. J'allais ratisser la toile complexe du métro, pour découvrir des quartiers inconnus. Je repassais à l'encre bleue mon parcours sur le plan de la ville, éliminant petit à petit toute zone inconnue. C'était la première fois que j'avais ainsi organisé mon temps pour satisfaire ma soif de curiosité.
Mais j'entrais dans un esprit que je n'avais pas auparavant, un cerveau qui se remplissait de savoir, et où le naturel de l'émotion disparaissait. Je devenais plus éloigné de la vie sociale, de plus en plus narcissique.Mes sorties allaient tourner autour de la minéralogie, pioche et massue à l'épaule, pour taper au dessus de mes forces. Mais je me constituais une petite collection, que j'imposais à mes visiteurs, comme un trésor magnifique, qu'ils devaient trouver bien inerte et éloigné de la vie des adolescents qu'ils étaient.Je rejoignais une association de ma ville, dirigé par un passionné de la première heure, Marc, et je prenais un plaisir immense à partager ma découverte avec des gens qui l'aimaient aussi.
Je me sentais petit, mais j'étais dans la bonne roue, et je commençais à me documenter et à me spécialiser. Tout le monde me voyait devenir géologue. Mais je ne comprenais pas pourquoi les géologues devaient souvent travailler pour les sociétés qui sentent l'essence. Je n'avais qu'une envie : découvrir le monde. Le faire pour de jolis cristaux, cela devrait en valoir la peine. Je ne pouvais comprendre le plaisir de travailler sur un forage. Mais j'aimais ces sorties dans la DS du président, qui me parlait comme à un enfant. Sa femme était toujours malade de le voir conduire comme un ressort trop dur. Mais une fois qu'il était engagé à parler du racisme, alors il devait oublier qu'il avait un volant entre les mains, tellement ses mains s'envolaient...La période scolaire était sans relief.
Quelque part, j'enviais ces garçons de seize ans sur leur Twin Honda, qui avaient l'air si libres dans un monde de paysages d'Easy Rider, avec ces jeunes filles s'aimantant à eux, ou bien ces couples d'ados matures enlacés à la sortie du lycée, à essayer de se piquer leur chewing-gum. Je crois que je n'étais qu'un potache solitaire. Je souffrais déjà en mathématiques. J'irais en D, puisque les sciences me plaisaient. Tant mieux. J'étais isolé, à la recherche d'un style, d'une cigarette, pour ressembler au cow boy de la publicité. J'avais même la langue des Rolling Stones en médaille.
La morosité des jours déteignait sur ma joie de partir en vacances. Mes parents s'efforçaient toujours de m'offrir vacances au printemps et en été. Je ne remarquais même pas ces gestes. Retourner à Rosas, au Risech, mais la nostalgie d'une rencontre qui ne se referait pas ajouterait à mon spleen. Retourner chez Hilary et Malcolm, moi l'adolescent déjà boutonneux, pour « m'enfermer à la campagne », et me sentir encore plus solitaire. J'allais faire mon premier journal. Mon mal d'être, je ne le sentais pas, je le vivais. Mes hôtes ont tout essayé, m'emmener dans des carrières du Durham, ou sur les plages de Whitby. Je m'ennuyais ; je me lassais des toasts, des framboises bouillies à la crème. Et de la mousse gélatine fraise... J'allais ramener dix kilos de minéraux dans ma valise, les pesant dans la crainte d'un surpoids de bagages, qui me créerait un souci démesuré pour mon inexpérience du monde adulte.Deux semaines plus tard, mon frère me dit, à dix heures du soir : « demain, on part en douce, à quatre heures du matin, en Ecosse; on en dit rien aux parents, tu viens ? » Une invitation à l'aventure, un voyage dans l'inconnu, j'ai naturellement dit tout de suite oui. Mais je ne pensais pas que le réveil allait vraiment sonner, et que je m'habillerais alors à la hâte. Ce frère, le plus proche de moi, par l'âge, celui à qui, petit, je donnais la main dans les bois qui me faisaient peur à cause du loup, il m'offrait la fugue et le kidnapping en même temps. Mes parents en ont été inquiets, car nous avions dit à nos autres frères et sœur que nous allions en Espagne, ou bien en Normandie, ou bien en Belgique...
Mais mes parents n'ont pas fait trop de reproches, ou bien ils faisaient confiance à mon frère. Nous remontions la côte Est de l'Angleterre, par Norwich, avant de rejoindre l'Ecosse, ses châteaux, ses pluies battantes et ses lacs gris. Nous campions, les pieds souvent bien humides. Et puis, mon frère, il était content de sa voiture. Une GS, celle qui avait le devant qui montait avant de démarrer. La tenue de route exemplaire des Citroën... En Ecosse, pour refaire une route, on dépose les gravillons, et en roulant, les voitures le font rentrer dans le sol. Mon frère, il aimait les virages en quatrième, mais avec le volant à gauche, on a tendance à rouler très à gauche aussi. Alors, lorsque la voiture s'est retrouvée dans le fossé sur le toit, mon frère, le nez en sang, m'a dit : « tu n'as rien petit frère ? » J'étais touché si fort, non pas blessé, juste si heureux de ces mots. Un frère peut être un lien si fort. Et, à sa façon, il est reparti de l'avant, un peu inconscient : la voiture a été redressée, un pare brise en PVC posé, un pot d'échappement de Ford soudé, et nous repartions trois jours plus tard, sous une totale indifférence, dans un bruit de ferraille inquiétant... Seize ans, la « première ». Année d'ennui total, juste une passion toujours aussi forte pour les minéraux, et puis l'intérêt pour les sciences naturelles. Il y avait même des sessions d'éducation sexuelle, avec autorisation écrite des parents. « Alors, tu es éduqué, maintenant ? » me demanda ma maman.Je me faisais un ami, Claude Mellinger, quelqu'un qui était comme moi très intériorisé. Nous nous retrouvions tous les jours, tous les samedis. Il recherchait des fossiles avec moi, et nous étions très confidents.
Il m'enviait quelque part. Pourtant je ne devais pas inspirer un tel besoin d'identification, moi qui étais si complexé, avec un visage ressemblant à un terrain de labour ravagé par l'acné. Tout traitement se révélait sans effet pour ma peau. Mais nous partagions certainement de mêmes rêves d'ados immatures et introvertis. La vie nous prenait de cours. Nous croyions tout contrôler et décider. Mais nous n'étions que de petites barques ballottées au gré des vagues.Je portais un chapeau de la prohibition, je fumais la pipe à l'amphora, mes cheveux longs suintaient de crasse dans mon cou. J'étais passé au jeans avec des hiéroglyphes disant peace and love. Je les entaillais au canif. Mes T-shirts étaient le reflet de mon total manque de goût. Mon corps difforme sortait de partout, comme un tube de dentifrice mal écrasé.Dans la grande cour du lycée, une jeune fille m'arrêtait souvent pour me faire la bise. Chaque semaine, elle perdait un kilo.
Elle était bien seule. J'avais peur qu'on me voit, qu'une jolie personne de mes rêves imbéciles me prenne pour un nul, et je perdrais alors toute chance de conquérir cette star. Ensuite, j'avais l'impression de faire la bise à un os ambulant. Je crois même l'avoir évitée une fois. Puis elle a été absente plusieurs mois. Je m'en inquiétais une fraction de seconde. Près de trente ans après, je pense souvent à elle. Je ne savais ni son nom, ni sa classe. Me voir un peu avaitil pu lui donner un fil d'espoir ? Elle revint, elle reprit bonne mine, puis disparut de mon monde. Comment peut-on être si impoli, irrespectueux, si distant, un cœur insensible pour des gens qui souffrent, et qui n'ont eu qu'une envie : vous donner un sourire, pour en recevoir un qui pourrait emplir leur cœur. Au plus bas de la nullité prétentieuse d'un adolescent qui ignore tout de la beauté de la relation humaine. J'espère que là où tu es, tu puisses être un ange heureux, dans la paix éternelle.
Sache que, trop tard, bien trop tard, j'ai compris que le handicap ou la souffrance n'empêchent pas un être de cœur de mériter le plus grand des bonheurs.Ma professeur de maths était bien pomponné, sentant la poudre, et elle appuyait sur le bouton de sa montre à quartz pour voir les diodes rouges lui indiquer l'heure. Elle aimait bien donner des cours particuliers à 300 francs de l'heure. Je n'avais pas voulu. Mes parents avaient eu le tact et le respect de m'écouter dans mon refus. Il faut dire que tout ce qu'ils pouvaient me dire serait systématiquement faux et malvenu. Je lui avais aussi donné le surnom, que beaucoup lui donnaient déjà : la salope. Il y a toujours un retour de bâton : elle allait conditionner mon passage en terminale à un examen de mathématiques. J'allais y échouer, totalement paralysé par l'enjeu, et sans la moindre capacité à aborder les problèmes posés selon une quelconque méthode.
Ce fut pour moi un arrêt brutal, le retour sur terre, la prise de conscience que l'on peut tenter de faire impression, mais que chacun a des limites qui le rattrapent, et qui le forceront toujours à devoir se donner plus que ceux qui ont des facilités naturelles.En vacances à Leucate, mes parents avaient eu cette intelligence, qui m'était pourtant totalement étrangère à cet instant, de m'installer en haut de leur bungalow, avec ma porte extérieure individuelle. Ils me laissaient donc le loisir de sortir la nuit à ma guise. Je leur reprochais pourtant d'être trop stricts, alors qu'ils me cédaient tout. Alors, j'errais le long se la plage, à la rencontre d'inconnus. Je me joignais à des groupes de jeunes qui jouaient de la guitare dans les rochers. Je partageais les feux sur la plage, y dormais même. Je découvrais Peter Camenzind et Le Loup des Steppes. Je rêvais de pouvoir aussi chanter et d'aller au delà des trois accords en Sol Majeur, La, et Mi Majeur qui resteraient les limites éternelles de mon talent de simple rêveur. J'avais appris à rouler mon Samson. J'étais bien perdu dans cette vie.Mais je venais de m'éveiller au cœur, à la sensibilité. Mon être allait alors rêver d'émotions, et il n'allait plus s'arrêter. Quelque part, je devenais moi-même.
J'allais avoir dix sept ans. J'allais redoubler. Non, la vie commençait. La plus belle année, celle de l'éveil de tout mon être... Alors, la chronologie n'a plus de raison. Ma fin d'un chapitre est maintenant. La vie n'est pas une succession de chiffres du temps qui passe. Pour certains un instant peut être tout. Trois ans qui allaient suivre allaient être comme une leçon de vie. Comme l'empreinte des pas que j'allais suivre à jamais.
Publié par josee à 10:26:32 dans SINCERITE | Commentaires (8) | Permaliens
Publié par josee à 17:53:12 dans SINCERITE | Commentaires (11) | Permaliens
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