Publié par Sybille à 23:55:44 dans Catégoriquement moi(s) | Commentaires (0) | Permaliens
Il y a bien un peu de diable en Vous...
t'as les yeux qui pétillent
Et t'as les mains qui brillent
t'as la gueule d'un ange de comptoir, de bistrot bien aimé
t'as les joues un peu rouge
les genous écorchés
tu te donnes des airs un peu durs pour cacher qu't'es fragile
t'es une fille de rengaine
t'es une fille de dégaine
fais tomber ta casquette
et détache tes cheveux si soyez
tu mets des pantalons
et des vestes de garçon
tu as de ces façons d'faire les choses
d'fumer une cigarette
toi t'aime pas les michtons
qui n'ont rien à t'apprendre
qu'ont pas l'amour dans l'âme à panam
t'as qu'la ville pour pleurer
t'es pas une fille qui montre
t'es pas une fille qui grise
t'attends le petit prince
mais t'es toujours toute seule sur le ch'min
t'es pas du genre fleur bleue
à tomber dans les violons
t'es pas une rose violette
tes baisers sont du poison
c'est pas de gaité d'coeur
qu'tu disparais dans la brume
au matin sans lueur avec tout'la fortune
t'as pas peur des marlous
t'as pas peur des casse-cou
pendant des nuits entières tu leur chantais java, tête en l'air
tu vides les bouteilles
et tu remplis les coeurs
ton amour coule à flots
tu nous laisses pas sombrer au bistrot
tu fais du coeur à l'âme
quand il faut tu déclames
y'a que toi qui comprend qu'y'a encore des ptits hommes à sauver
t'as jeté ta malchance
t'as perdu ta patience
tu veux trouver tout d'suite au cas où qu'on t'verrait plus demain
tu fais pas du chiquier
ta vie c'est pas du v'lour
y'a que les ptits oiseaux pour t'siffler des mélodies d'amour
t'es pas une fille qui râle
t'es pas une fille qui chiale
t'es une fille qui rêvasse à l'amour d'une autre vie dans paris
et tu siffles en marchant ton parfum aux passants
tu te sauves en courant
prend la fuite en avant
t'es la belle de paris
tu nous mènes en bateau
pour trouver des trésors
dans les poches des milords
et tu siffles en marchant ton parfum aux passants
tu te sauves en courant
prend la fuite en avant
t'es la belle de paris
tu nous mènes en bateau
pour trouver des trésors
dans les poches des milords
et quand t'as disparu
un soir pour un bonhomme
t'as laissé ta galbange et ton âme au comptoir du bistrot
c'est vrai tu nous s'couais
nous on y croyais plus
au ptit bonheur la chance
dès l'matin fallait qu'on s'bouge le cul
tout c'que tu nous as dit, reste dans nos esprits
quand on chante la nuit on entend ta voix qui nous réjouis...
Publié par Sybille à 19:08:27 dans Catégoriquement moi(s) | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par Sybille à 22:30:08 dans Catégoriquement moi(s) | Commentaires (0) | Permaliens
J'y réfléchis en fait sans cesse. Mais d'abord quelle est la part de contentement indispensable, est-ce que j'aime va sans je couche, est-ce que je couche va sans j'aime? La question s'interpénètre. Et c'est bien là de quoi il est à débattre. Quand il faut tout ressentir, prendre sans réfléchir, et toi tu me demande justement de dire ce que le coeur veut! Faut-il penser pour décrire cela? L'instrument est fragile et la pensée tellement plus réaliste, trop franche. Je ne sens rien, quand il faudrait que je te dise la douleur, la découverte et l'apprentissage et je le savais. Vois-tu je suis dans une école du corps, et les leçons mal apprises et les débuts à la fin, ou les fins au début, sont autant de moteurs pour ne pas rater quelques jouissances ordinaires ou mieux : rares, et se garder des autres. C'est une très belle rencontre me chuchote les yeux,la barbe, la frange un peu rustre, de côté, et le sillon mal dessiné, mais le contentement n'y est pas. Et le pourquoi, il est indicible, il n'est pas beau.
Le contentement, je l'aime sourdre ma peau, et la sienne, quand ses veines sont à peine chuchotantes, quand il y a des prémices sensibles, fébriles à je couche, quand on pourrait me demander de montrer, de rompre l'intégrité du corps. L'école n'apprend pas cela, et les jouissances rares tordent le cou à l'école. Il n'est donc pas nécessaire d'aimer, pour sentir se resserrer sur le muscle la passion qui anime et sublime la vie, mais il faut être sûr qu'elle puisse animer au moins du plaisir et des désirs, du contentement et des rêves d'ailleurs.
Publié par Sybille à 13:43:15 dans Catégoriquement moi(s) | Commentaires (0) | Permaliens
Ses mots parlent d'amour et ne parlent pas de moi. Il n'y a plus de confusion, de quoi torturer l'esprit et le coeur, il y a désormais la certitude du non-amour. Et ce non-amour grandit à mesure que je conçois envers lui du mépris, seule issue à un amour présent et sensible celui-là, mon amour. Cette confrontation semble insurmontable car elle est silencieuse. Il y a du silence dans mon coeur, du poids sur mes doigts. J'ai la larme derrière l'oeil, affûtée, permanente, tressaillante parfois. Certaines éternités ne sont plus sous contôle, elles n'ont pas de prises sur la larme. Pas même l'éternité que dure une seconde. Mais j'ai le désir de hurler, non de pleurer : je le hais dans son silence, silencieusement.
Mais quelle erreur d'Aimer quand l'indifférence semble mieux valoir. Laissées dans la bouche de Duras les passions, dans les transports d'Artaud. Me voilà réapprenant à vivre, à manger, à chier, quand il faut désapprendre pour ne pas souffrir. Il me baise, mille baisers dont les tendresses sont feintes et renouvelées. Sous la tente, il me cajole. Reine déchue, je renais maîtresse. Je crois qu'il aime mes hésitations d'abord, mes débuts, nos débuts, nos hésitations. Mais déjà sa maturité soulève mon corps comme jamais : son visage est marqué; la cicatrice ne le dévisage pas, c'est la ride.
Publié par Sybille à 22:21:36 dans Catégoriquement moi(s) | Commentaires (0) | Permaliens