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Votre gourou érotisme et sexualité

Pour que les choses soient claires, je ne suis ni psychologue ni sexologue diplômé, mais la sexualité et l’érotisme sont des sujets que je prends plutôt au sérieux. M’autoproclamer « gourou » est TRES prétentieux mais il faut le voir comme de l’autodérision. Tout ce que je souhaite c’est mettre mes modestes connaissances et expérience à votre disposition pour tenter de répondre à vos questions, aider à résoudre vos problèmes et contribuer à soulager des souffrances... si souffrance il y a. Gratuitement, bien sur ;-) !

'Add libido' | 18 mars 2008

Malgré le fait que ce blog ait été en sommeil pendant de longs mois (je n'étais pas sûr d'y revenir un jour...), je continue a recevoir des mails de temps en temps, demandant un avis.

La question qui revient souvent est celle liée à un manque d'appétit sexuel. Comment revitaliser une libido défaillante ?

C'est une question extrêmement complexe car les sources d'un manque de désir sexuel sont variées, parfois elles remontent à un passé plus ou moins douloureux, parfois elles sont plutôt en relation avec un présent insatisfaisant.

Chaque cas est particulier et la résolution de ce type de problème peut nécessiter une thérapie individuelle qu'un blog ne saurait en aucun cas avoir la prétention de fournir, d'autant moins que, pour ma part, je ne suis pas qualifié pour ce genre de prestation.

Il est néanmoins certaines idées que je puis livrer ici, des idées peut-être contre-intuitives d'où l'intérêt de les présenter.

 

1) Oublier l'orgasme

La littérature spécialisée, à mon sens, opère sur nous un lavage de cerveau néfaste en nous suggérant qu'une sexualité épanouie passe par l'obtention systématique d'orgasmes toujours de plus en plus puissants et durables voire répétitifs. Cela nous conduit à deux travers tout autant négatifs :

- La frustration lorsque nous n'arrivons pas à jouir,

- L'inquiétude lorsque nous n'arrivons pas à faire jouir notre partenaire.

Laissez-moi vous dire une chose : que l'on soit homme ou femme, un rapport sexuel peut être merveilleux même en l'absence d'orgasme. En vérité, l'orgasme est souvent bien plus facile a obtenir en se masturbant qu'en ayant une relation sexuel avec un(e) partenaire. Si l'on aborde un rapport sexuel avec pour seule finalité de jouir ou de faire jouir, il y a de fortes chances que l'on passe à coté des aspects les plus gratifiants de la relation charnelle et ce, indépendamment du fait que l'on soit amoureux ou non du/de la partenaire.

Un rapport sexuel réussi est avant tout une interaction qui comporte d'autres dimensions au delà des sensations physiques agréables : il y a du jeu, il y a de la communication verbale ou non-verbale, il y a un processus fusionnel qui nous rend heureux de nous trouver tellement intime, en harmonie avec l'autre.

Mon conseil est donc celui-ci : ne pensez pas d'emblée à la ‘conclusion'. Donnez-vous le temps du jeu, celui de savourer un moment ensemble et d'apprendre à lever les barrières qui vous séparent de l'autre. Recherchez avant tout la proximité. Vous verrez comme la jouissance s'ensuivra d'elle-même, sans effort.

 

2) Maintenir la forme

On appelle parfois le sexe du 'sport en chambre'. Cette expression humoristique recèle une vérité de base : la relation sexuelle est une activité physique de A à Z, depuis la phase d'excitation qui se manifeste par l'érection du pénis et la lubrification du vagin jusqu'au paroxysme final de l'éjaculation et autres contractions musculaires accompagnées de frissons qu'on appelle la jouissance, en passant bien sûr par les diverses actions et positions plus ou moins athlétiques qu'il y a entre les deux.

Sans aller jusqu'à en faire une discipline de compétition, tout le processus physique que je viens d'évoquer gagne à être entretenu par une pratique régulière. Plus on fait l'amour, plus on a envie de le faire encore et encore. Il est parfois nécessaire de se forcer quelque peu, d'apprendre à faire abstraction de tous les soucis qui refrènent notre désir : A l'inverse de ce je disais tantôt, moins vous vous donnez la peine d'être sexuellement actif, plus votre libido va en se dégradant ; votre énergie mentale pour 'aller chercher le sexe' ainsi que la mécanique physiologique de votre désir s'enrayent jusqu'à s'évanouir totalement.

Pour ceux qui sont en couple, au delà de cette idée de faire l'amour aussi régulièrement que possible, il faut surtout garder le contact érotique, par exemple au travers de petits jeux tactiles : toucher le sexe de son/sa conjoint(e) sans nécessairement l'intention d'aller jusqu'au bout, parler d'érotisme, etc.

Enfin, pensez masturbation. Il faut se départir de ce cliché que se masturber est un truc pour les 'perdants'. La masturbation est au contraire une composante essentielle de la sexualité, elle la consolide et ne la détruit certainement pas.

 

3) Etre en paix avec ses fantasmes

Vos fantasmes font partie intégrante de l'être sexuel que vous êtes. Ils sont une énigme que vous devez résoudre d'une manière ou d'une autre, faute de quoi vous ne parviendrez pas à apprivoiser ce que vous êtes dans la sphère érotique. Il y a plusieurs façons d'y arriver, j'en citerai principalement trois :

- Le passage à l'acte : lorsque vous jugez pratiquement et raisonnablement possible de réaliser un fantasme, n'hésitez pas. Il vous faut évidemment apprécier dans quelle mesure ce passage à l'acte ne serait pas susceptible de porter préjudice à vous-même ou à autrui mais, une fois cela décidé, allez de l'avant.

- La communication : raconter ses fantasmes et en discuter permet de mieux les conceptualiser et de les re-situer, telles les pièces d'un puzzle, dans la complexité de votre personnalité. Avec qui en parler ? Si possible avec votre partenaire, si vous pensez qu'il ou elle est capable de les accepter et de les respecter. Mais cela peut aussi être avec un(e) ami(e) à qui vous faites confiance, ou a votre psy si vous en consultez un.

- La thérapie : si votre fantasme prend une tournure obsessive, vous en rêvez la nuit ou il vient intempestivement perturber vos pensées lorsque vous avez besoin de vous concentrer sur quelque chose d'important, etc., il vous faut considérer l'option d'aller consulter un psychothérapeute : il y a de fortes chances qu'une telle obsession recèle des problèmes névrotiques voire psychotiques qu'il vous faut traiter sérieusement.

Un fantasme non résolu peut, dans la durée, induire des dysfonctionnements de votre vie sexuelle, chacun réagit à sa manière : certains vont le faire par l'hyperactivité, d'autres par un blocage généralisé de leur sexualité et/ou de leur vie émotionnelle... Résoudre un fantasme est un pas gigantesque vers une harmonie intérieure.

 

4) Délimiter son 'champ érotique'

La sphère érotique est la part de notre vie où nous sommes, en quelque sorte, essentiellement invités à être ‘déviants', c'est-à-dire à adopter des attitudes et avoir des comportements qui vont à l'encontre de ce que nous sommes et de ce que nous croyons par ailleurs. L'activité sexuelle est souvent caractérisée comme une soupape de sécurité sur la cocotte-minute de notre vie intérieure, remplie d'interdits, de frustrations et de couleuvres avalées. Par conséquent, le risque est grand que nous échouions à donner à notre sexualité la juste importance : on peut en faire trop ou pas assez, et dans les deux cas, ce n'est pas une bonne chose. C'est pourquoi il est nécessaire de se fixer ses limites en pleine conscience, tout en sachant que ces limites sont appelées à évoluer dans le temps.

Pour illustrer ce point, je vais recourir à un exemple très banal mais qui touche presque tout le monde : celui de la fidélité, ou en d'autre termes le degré d'intrication que nous décidons d'instaurer entre l'amour et le sexe.

D'emblée, il me faut mentionner que l'idée de lier le sexe à l'amour est un choix moral qui ne correspond certainement pas à une rationalité sous-jacente. Ce que je veux dire par là c'est que tout l'amour du monde ne garantira en aucun cas la qualité intrinsèque d'une interaction sexuelle. Il est très commun que des couples mariés s'éloignent sexuellement l'un de l'autre, dans la durée, tout en conservant un lien émotionnel fort ; l'inverse est aussi fréquent : deux personnes peuvent avoir une intense connexion sexuelle mais ne pas parvenir à se rencontrer sentimentalement.

La vérité est que l'amour et le désir sexuel procèdent de deux logiques antagonistes. Le besoin d'amour est alimenté par notre vie intérieure tandis que le désir sexuel est principalement provoqué par des stimulations externes. L'érotisme est mu par la curiosité, la soif d'expérimenter (l'amour en revanche est dans une certaine mesure un renoncement à la curiosité, nous figeons l'image de l'être aimé à celle qui nous convient et il n'est donc pas dans l'intérêt de notre amour de creuser plus avant au risque de découvrir des facettes déplaisantes de sa personnalité). Ainsi le fait d'éprouver du désir sexuel pour quelqu'un d'autre que l'être aimé, pour culpabilisant qu'il soit, est un phénomène tout à fait normal et qui ne signifie absolument pas que notre amour faiblit.

La question cruciale, en revanche est de décider d'assouvir ou non ce désir, et c'est ici que joue la thématique de la délimitation. Je n'ai aucunement l'intention de faire l'apologie de la fidélité ni de l'adultère ; cela relève d'un choix éminemment personnel, au même titre qu'une opinion politique ou une religion (ou son absence). Mon propos en revanche est de mettre ce choix en perspective : il ne s'agit pas de choisir pour choisir par conformisme, par confort ou sur une impulsion ; le choix doit être mûrement raisonné. Lorsque la tentation nous vient d'expérimenter l'adultère et qu'une occasion propice se présente, il y a autant d'arguments pour et contre chacune des options de céder ou bien de s'en tenir à la fidélité. La force de ces arguments varie chez chaque personne et c'est en ce sens qu'il faut réfléchir et ensuite se prononcer.

Chez certaines personnes, le fait de céder va avoir une conséquence irrémédiablement destructive pour leur couple. Le fait d'avoir essayé l'infidélité va tout simplement mettre fin à leur sentiment amoureux (qui peut éventuellement se réorienter vers le nouveau partenaire sexuel). Mais il peut aussi y avoir le phénomène inverse où l'aventure extraconjugale vient re-vivifier le lien avec le conjoint ou le partenaire régulier et renouveler le désir sexuel pour ce dernier.

La découverte que le conjoint est infidèle est aussi une épreuve qui peut conduire à des résultats contradictoires. Cette situation est souvent dépeinte comme une crise aux conséquences irrémédiables et destructrices, et c'est souvent le cas. La réalité est pourtant beaucoup plus nuancée, à l'exemple d'une de mes amies qui avait découvert que son époux multipliait les aventures et qui, évidemment, en était mortifiée ; néanmoins, en ruminant son amertume et en étant hantée par l'image de son époux couchant avec d'autre femmes, ses pensées ont fini par prendre une tournure érotique et lui donner un désir inhabituel et irrépressible de faire l'amour avec lui. Ce phénomène qui peut paraître absurde procède en fait de la même logique que le fantasme assez répandu de regarder son/sa conjoint(e) avoir des relations sexuelles avec un(e) autre. Au bout du compte, cette crise a paradoxalement solidifié le couple et cette amie me confie qu'elle s'est accommodée tant bien que mal de l'infidélité de son mari, les avantages en ayant équilibré les inconvénients. Elle continue d'être jalouse et de bouillonner de colère en songeant à ses frasques mais ces émotions négatives se transforment immuablement en un puissant aphrodisiaque.

Tout ceci pour en revenir à l'idée que le choix entre fidélité ou infidélité a une dimension qui va bien au-delà de la seule posture morale. Cela vaut aussi pour toute autre forme de fantasme ou de pulsion érotique. Je le répète : l'expérimentation est un des fondamentaux de l'érotisme. C'est à chacun de nous d'évaluer dans quelle mesure chaque expérience va contribuer à nous construire ou au contraire à nous détruire et, dans ce dernier cas dans quelle mesure cette destruction peut s'avérer nécessaire pour un nouveau départ.

Certains optent pour une vie érotique réduite en compensant par d'autres sources d'énergie intérieure, d'autres décident au contraire de pousser la transgression autant qu'il leur est permis en conférant à la sexualité un rôle central dans leur vie. Ce sont des choix personnels qui sont respectables au même titre.

Ce qui pose problème c'est lorsque nous nous trouvons en situation de malaise en termes de sexualité. La résolution du malaise passe par la volonté d'exploration et, donc, par l'expérimentation et la nouveauté. Délimiter le champ érotique, c'est établir clairement 'jusqu'où on peut aller trop loin' dans l'expérimentation et de l'établir sur la base de la raison et non de la passion.

Publié par Allez_Gorille à 09:46:01 dans Les reponses du Gourou | Commentaires (0) |

Le cul des feministes est aussi bandant (2) | 05 juin 2007

La difficulté pour le féminisme contemporain à structurer une pensée cohérente du fait sexuel réside dans cette vérité toute bête : les femmes et les hommes ne sont pas égaux au regard de l'érotisme. C'est une inégalité qui intervient à tous les niveaux, aux trois pointes du triangle érotique : charnel, émotionnel et spirituel. Je vous propose de faire la revue de ces éléments de divergence, en précisant toutefois qu'il ne s'agit pas de règles absolues. Les généralisations sont toujours à manier avec précaution et, dans un sujet comme celui-ci, elles sont particulièrement délicates. Il s'agit juste de schémas dominants, mais il est bien connu que chaque personne recèle les deux pôles masculin et féminin. Les combinaisons sont infinies.

 

Sur le plan charnel, alors que la sensitivité érotique d'un homme est fortement concentrée, localisée au niveau de son appareil génital, celle de la femme est beaucoup plus riche, l'ensemble de ses zones érogènes ayant des réponses sensorielles nettement plus fortes aux stimulations tactiles : une femme réagit beaucoup plus intensément qu'un homme aux caresses exercées sur d'autre parties de son corps que son sexe. D'une manière générale, sa sensitivité est largement mieux repartie sur son corps que pour l'homme. De plus, la femme a aussi une perception, donc une réponse plus forte aux stimulations olfactives naturelles occasionnées par les émissions de phéromones.

Cela nous conduit à une première conclusion, quelque peu contre - intuitive que la dimension physiologique de l'érotisme est plus prépondérante, puisque riche chez la femme que chez l'homme.

Ajoutons enfin un élément bien connu qui est la question hormonale et le caractère cyclique du fonctionnement sexuel de la femme par opposition à la permanence masculine.

 

Sur le plan émotionnel, comme je le disais dans la partie précédente, il est acquis et confirmé par toutes les enquêtes sérieuses à ce sujet que la femme a bien plus de difficultés que l'homme à opérer une dissociation entre l'érotique et l'affectif. La question de savoir si cela est inné ou acquis, n'a, somme toute, qu'une importance réduite.

La causalité est inversée entre attirance érotique et attirance émotionnelle : Alors que l'homme convoite d'abord une femme sexuellement avant de développer, le cas échéant, une connexion émotionnelle, chez la femme le désir charnel est l'aboutissement de son attraction affective qui doit donc être préalablement activée.

 

Sur le plan spirituel enfin (je rappelle ici que spirituel s'entend au sens littéral), alors que la femme conçoit l'interaction érotique de manière fusionnelle, horizontale, l'homme bien souvent privilégie des interactions verticales où il a notamment l'initiative, voire le contrôle. Par ailleurs, si l'homme désire directement, la femme voit son propre désir naître du fait qu'elle soit désirée, sous réserve toutefois qu'elle soit déjà affectivement attirée.

 

Ainsi, toutes ces divergences de genre dans la relation à l'érotisme sont difficilement compatibles avec une perspective féministe égalitariste, par opposition à la perspective différentialiste, qui, elle s'en accommode assez largement. Il faut pourtant noter que la perspective égalitariste semble être la mieux adaptée aux enjeux sociétaux contemporains des luttes féministes : ces enjeux se résument en fait à l'accès au pouvoir, ou plutôt, aux pouvoirs, pour les femmes. Or, l'obtention du pouvoir passe essentiellement par des processus conflictuels, prédateurs associés à la masculinité pour des raisons, semble-t-il hormonales. Ainsi le féminisme égalitariste induit-il que la femme entre dans cette logique de conflictualité dans la sphère sociétale pour se faire sa place dans les positions de pouvoir.

Mais le féminisme égalitariste bute sur la sphère sexuelle, en ce sens qu'il considère que l'égalisation passe aussi par une mise en convergence forcée de la relation à la sexualité, or les différences décrites précédemment qui sont sources de « tension » sont à mon sens ce qui nourrit l'érotisme (on parle souvent de « tension érotique »). Forcer l'égalisation en matière de sexualité revient à neutraliser la tension, donc à orienter vers une sexualité « désérotisée ».

Publié par Allez_Gorille à 12:45:08 dans Humour grave | Commentaires (12) |

Se soumettre | 16 mars 2007

La logique domination/soumission est, à mon sens inhérente à toute relation sexuelle, la raison en est que toute activité sexuelle est, par essence, la soumission de l'être à ses propres désirs. Le désir est transcendant, hors de notre contrôle : nul ne peut empêcher le désir d'apparaître, en revanche lorsqu'il apparaît le « choix », pas toujours évident, et de s'y soumettre ou de l'oublier en pensant à autre chose, autrement dit, de s'en cacher. Bien malin qui pourra dire laquelle des deux réactions est la plus courageuse, cette question appelle, de toute façon, un jugement de valeur qui ne m'intéresse pas le moins du monde.

C'est donc de la frustration que l'on éprouve à se soumettre à son propre désir que naît la réaction de vouloir, d'une manière ou d'une autre, dominer la situation dans la phase d'assouvissement, domination qui n'est pas nécessairement explicite et dont la manifestation concrète peut prendre des formes diverses, parfois opposées.

La qualité d'une séance sexe dépend essentiellement de l'équilibre que les partenaires parviennent à établir dans le « jeu dominant vs. dominé », il ne peut y avoir deux dominants ni deux soumis. Cet équilibre peut être « statique », c'est-à-dire que les rôles sont immuables, l'un des partenaires domine en permanence et l'autre se soumet de même ; il peut aussi être dynamique/statique, s'inversant au gré des séances ; il peut enfin être totalement dynamique en une sorte de ping-pong dans le feu de l'action.

Il appartient donc à chacun de trouver sa voie et, par conséquent, le partenaire qui équilibre le jeu. L'erreur souvent commise est de craindre ce jeu-là, de se cacher ses propres pulsions de domination et/ou de soumission, donc de se mentir par rapport à ses propres désirs.

 

Publié par Allez_Gorille à 10:00:17 dans Textes generaux | Commentaires (16) |

Le cul des feministes est aussi bandant (1) | 28 février 2007

L'activité sexuelle est universellement associée à une idée de culpabilité, la raison principale en étant, me semble-t-il, la dimension reproductive de l'acte sexuel : en l'absence de contraception, baiser était toujours potentiellement faire un enfant, donc engager sa responsabilité. Le « sexe pour le sexe » était alors périlleux. C'est aussi dans le cadre de cette réalité ancienne qu'il faut chercher les raisons d'une tolérance plus faible à l'infidélité d'une femme qu'à celle d'un homme : la conjointe infidèle expose son partenaire au risque d'élever (donc d'investir financièrement sur) un enfant qui n'est pas biologiquement le sien.

Cela a des implications énormes et diverses sur notre imagerie collective de la sexualité, faite de mythes persistants et qui ne sont d'ailleurs pas nécessairement négatifs en soi.

Le principal de ces mythes est que l'amour est seul garant de l'harmonie sexuelle. Je m'inscris en faux : parmi mes meilleurs souvenirs érotiques figurent en bonne place des « coups », des « plans cul » avec des partenaires vraiment passagères, sans qu'aucune espèce d'implication affective n'ait été ressentie ni même envisagée. L'amour est pour moi un joli prétexte qui permet de contourner l'idée de culpabilité que j'évoque plus haut. J'entends déjà certains commentaires : « Normal que tu dises ça, t'es un mec ! » Mouais... C'est enfoncer une porte ouverte de redire qu'en effet, la dissociation entre le sexuel et l'affectif est, dans la pratique, un trait qu'on rencontre beaucoup plus chez l'homme que chez la femme et, paradoxalement, les néo-féministes revendiquent bien souvent cette différence-là, qui pourtant est à mon sens un cliché éminemment sexiste.

Malgré toute la sympathie, la solidarité même, que j'éprouve pour le féminisme, je constate trop souvent que la pensée des néo-féministes a cette fâcheuse tendance à imploser au contact de la sexualité : sous prétexte de déconstruire – à juste titre - le délire phallocrate freudien, les féministes lui opposent un autre délire du déni du phallus. Cela n'est guère intellectuellement satisfaisant ni pratiquement raisonnable. L'assimilation insidieuse de la pénétration au viol permet de consolider le mythe d'un affectif qui conditionne, structure l'épanouissement érotique : « Quand j'accepte d'être pénétrée, je consens à un sacrifice. » la contrepartie naturelle de ce sacrifice étant l'exigence d'un engagement affectif. En contribuant ainsi à perpétuer le mythe de l'amour nécessaire, cette doctrine conforte un autre mythe : celui de la salope, celle qui couche par plaisir sans se prendre la tête avec les sentiments. N'est-il pas ironique que cette salope soit ultimement désignée comme la coupable tant par les machos que par les néo-féministes?

Publié par Allez_Gorille à 09:34:23 dans Humour grave | Commentaires (30) |

Femme a l'horizontale... | 27 février 2007

C'est juste un gag que m'inspire le blog-commentaire du jour sur la page d'accueil de bloggland.

Publié par Allez_Gorille à 11:11:10 dans Humour grave | Commentaires (5) |

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