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L'activité sexuelle est universellement associée à une idée de culpabilité, la raison principale en étant, me semble-t-il, la dimension reproductive de l'acte sexuel : en l'absence de contraception, baiser était toujours potentiellement faire un enfant, donc engager sa responsabilité. Le « sexe pour le sexe » était alors périlleux. C'est aussi dans le cadre de cette réalité ancienne qu'il faut chercher les raisons d'une tolérance plus faible à l'infidélité d'une femme qu'à celle d'un homme : la conjointe infidèle expose son partenaire au risque d'élever (donc d'investir financièrement sur) un enfant qui n'est pas biologiquement le sien.
Cela a des implications énormes et diverses sur notre imagerie collective de la sexualité, faite de mythes persistants et qui ne sont d'ailleurs pas nécessairement négatifs en soi.
Le principal de ces mythes est que l'amour est seul garant de l'harmonie sexuelle. Je m'inscris en faux : parmi mes meilleurs souvenirs érotiques figurent en bonne place des « coups », des « plans cul » avec des partenaires vraiment passagères, sans qu'aucune espèce d'implication affective n'ait été ressentie ni même envisagée. L'amour est pour moi un joli prétexte qui permet de contourner l'idée de culpabilité que j'évoque plus haut. J'entends déjà certains commentaires : « Normal que tu dises ça, t'es un mec ! » Mouais... C'est enfoncer une porte ouverte de redire qu'en effet, la dissociation entre le sexuel et l'affectif est, dans la pratique, un trait qu'on rencontre beaucoup plus chez l'homme que chez la femme et, paradoxalement, les néo-féministes revendiquent bien souvent cette différence-là, qui pourtant est à mon sens un cliché éminemment sexiste.
Malgré toute la sympathie, la solidarité même, que j'éprouve pour le féminisme, je constate trop souvent que la pensée des néo-féministes a cette fâcheuse tendance à imploser au contact de la sexualité : sous prétexte de déconstruire à juste titre - le délire phallocrate freudien, les féministes lui opposent un autre délire du déni du phallus. Cela n'est guère intellectuellement satisfaisant ni pratiquement raisonnable. L'assimilation insidieuse de la pénétration au viol permet de consolider le mythe d'un affectif qui conditionne, structure l'épanouissement érotique : « Quand j'accepte d'être pénétrée, je consens à un sacrifice. » la contrepartie naturelle de ce sacrifice étant l'exigence d'un engagement affectif. En contribuant ainsi à perpétuer le mythe de l'amour nécessaire, cette doctrine conforte un autre mythe : celui de la salope, celle qui couche par plaisir sans se prendre la tête avec les sentiments. N'est-il pas ironique que cette salope soit ultimement désignée comme la coupable tant par les machos que par les néo-féministes?
Publié par Allez_Gorille à 09:34:23 dans Humour grave | Commentaires (30) | Permaliens
Publié par Allez_Gorille à 11:11:10 dans Humour grave | Commentaires (5) | Permaliens
C. (qui est probablement anglophone) m'adresse cette question qui inaugurera les conseils du « Gourou » Gorille.
Bonjour C.
Je dois avouer que votre problème n'est pas simple à approcher. Vous évoquez déjà les principales sources potentielles de déficit de libido : le stress et les soucis qui prennent le pas sur les désirs (encore que dans bien des cas, comme pour moi, c'est le contraire qui arrive : les tracas ou le stress augmentent l'envie et l'ardeur aux activités sexuelles).
Dans votre cas, cependant, je ne pense pas que ce soit uniquement cela. Si je comprends bien vous éprouvez de l'excitation sexuelle et vous avez des érections normalement, mais c'est sur l'idée d'accomplir l'acte que vous êtes bloqué. Cela signifie que vous n'éprouvez pas suffisamment de désir pour votre partenaire. Me referant à votre email, vous êtes apparemment marié. Il serait souhaitable que vous ayez une franche discussion avec votre femme sur ce problème, vous imaginez bien qu'elle se rend compte de votre désaffection physique et qu'elle doit sans doute en souffrir, ce que vous ne souhaitez pas, je pense.
Comme vous le dites, il y a une part « d'effort » à faire de votre part. Je dirais même que vous devez vous « forcer » sérieusement à aller de l'avant. C'est un peu comme une rééducation de votre corps et de votre esprit pour retrouver une libido suffisante. Une rééducation ne va jamais de soi, c'est parfois même considérablement pénible, c'est par un effort de volonté et de motivation que l'on parvient à surmonter cette pénibilité.
Essayez de convaincre votre femme d'être votre « kiné » dans cette rééducation. Vous pouvez peut-être l'inviter à prendre plus d'initiative, à mener le jeu pendant un temps. Echangez aussi vos fantasmes, vous pourriez alors trouver des idées nouvelles à réaliser qui réveilleront vos ardeurs : Il est fort possible que ce soit à cause d'une certaine monotonie que votre désir s'est enfui. Un peu de nouveauté, d'audace, de perversité même seront sûrement les bienvenues.
C'est une réponse très générale, mais je manque de détails pour aller plus loin.
Portez vous bien
Publié par Allez_Gorille à 12:10:55 dans Les reponses du Gourou | Commentaires (7) | Permaliens
Je dois l'avouer : je suis un peu en
panne d'inspiration. Ca reviendra mais en attendant, n'hésitez pas pour me
poser des questions, me proposer des thèmes, pas message privé ou en utilisant
l'adresse email a gauche.
L'ambition initiale du blog était d'être participatif ;-) !
Publié par Allez_Gorille à 09:12:18 dans Pratique | Commentaires (3) | Permaliens
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