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<< Fantaisie torride du vendredi | La marchandisation de l érotique et le facteur triple X | Pour (ne pas) en finir avec une question de taille >>
J'évoquais dans un billet précédent la dérive consumériste dans notre relation à l'érotisme. Un des facteurs favorables à cette dérive est la perception utilitariste de la sexualité. Sous des dehors libérés, notre société semble avoir du mal à assumer cette vérité première que la sexualité se nourrit avant tout de pulsions, ainsi les études sur l'érotisme semblent avoir pour principale préoccupation de rationaliser nos pulsions plutôt que de les accepter telles qu'elles sont (ce qui n'empêcherait pas, par ailleurs, de les maîtriser, exigence incontournable de notre socialité).
Il faut dire que depuis la Bible jusqu'à la psychanalyse, en passant par les philosophes de tout poil, les « théoriciens de l'âme humaine » se sont tous rejoint dans une urgence : celle d'opposer instincts et pulsions à l'idée de civilisation - largement à juste titre d'ailleurs : autrement prévaudrait la logique de prédation, la loi de la jungle.
Ainsi, l'on ne saurait évidemment pas rejeter une civilisation de l'érotique, mais cette dernière devrait, plutôt que de nier, de rejeter les pulsions, viser à les dépasser ; plutôt que de les occulter, les inscrire dans une globalité ontologique. « J'ai des pulsions donc je suis ! »
L'utilitarisme sexuel est donc le résultat de ce déni des pulsions : être actif sexuellement n'est plus compris comme l'accomplissement d'un besoin consubstantiel à la nature de l'être, mais comme l'accession à une forme de statut j'aurais envie de dire « social », dans une démarche étrangement comparable à la consommation au sens économique : n'est-il pas symptomatique que l'on parle de « consommer un mariage » ? Le mariage étant acte de conformisme sociétal par excellence...
Succédané de ce consumérisme, la pornographie est omniprésente. Le sujet déchaîne les passions, ici encore avec de bonnes raisons : la mise en scène du sexe, comme le dénoncent les néo-féministes, recourt essentiellement à une image dégradée de la femme, et plus généralement à cette « violence symbolique » de la domination masculine. Mais il est simpliste, à mon sens d'en appeler à la prohibition pure et simple du porno. Le porno n'est pas seulement dans les films et les ouvrages spécialisés : il est aussi allégrement relayé, dans une version édulcorée, par la sphère médiatique et il alimente tout un secteur d'activité économique : jouets érotiques, lingerie coquine, agences de rencontres sexuelles. La relative prospérité de toute cette industrie « triple X » démontre bien qu'il y a une vraie demande.
Une approche saine et constructive de ce « facteur triple X » passe, j'en suis convaincu, par un effort réel de compréhension de la demande plutôt que par la condamnation péremptoire de l'offre. C'est notre sexualité qui façonne la pornographie et non l'inverse.
Publié par Allez_Gorille à 11:24:55 dans Textes generaux | Commentaires (3) | Permaliens
17-01-2007 19:40
De la gitane Sujet:
les femmes et la pornographie Url: [Liens]
15-01-2007 11:49
De Allez_Gorille
Sujet:
C'est vrai il y a des deux Url: [Liens]
15-01-2007 11:44
De Frenchmat
Sujet:
Bonjour Allez_Gorille, Url: [Liens]
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