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La difficulté pour le féminisme contemporain à structurer une pensée cohérente du fait sexuel réside dans cette vérité toute bête : les femmes et les hommes ne sont pas égaux au regard de l'érotisme. C'est une inégalité qui intervient à tous les niveaux, aux trois pointes du triangle érotique : charnel, émotionnel et spirituel. Je vous propose de faire la revue de ces éléments de divergence, en précisant toutefois qu'il ne s'agit pas de règles absolues. Les généralisations sont toujours à manier avec précaution et, dans un sujet comme celui-ci, elles sont particulièrement délicates. Il s'agit juste de schémas dominants, mais il est bien connu que chaque personne recèle les deux pôles masculin et féminin. Les combinaisons sont infinies.
Sur le plan charnel, alors que la sensitivité érotique d'un homme est fortement concentrée, localisée au niveau de son appareil génital, celle de la femme est beaucoup plus riche, l'ensemble de ses zones érogènes ayant des réponses sensorielles nettement plus fortes aux stimulations tactiles : une femme réagit beaucoup plus intensément qu'un homme aux caresses exercées sur d'autre parties de son corps que son sexe. D'une manière générale, sa sensitivité est largement mieux repartie sur son corps que pour l'homme. De plus, la femme a aussi une perception, donc une réponse plus forte aux stimulations olfactives naturelles occasionnées par les émissions de phéromones.
Cela nous conduit à une première conclusion, quelque peu contre - intuitive que la dimension physiologique de l'érotisme est plus prépondérante, puisque riche chez la femme que chez l'homme.
Ajoutons enfin un élément bien connu qui est la question hormonale et le caractère cyclique du fonctionnement sexuel de la femme par opposition à la permanence masculine.
Sur le plan émotionnel, comme je le disais dans la partie précédente, il est acquis et confirmé par toutes les enquêtes sérieuses à ce sujet que la femme a bien plus de difficultés que l'homme à opérer une dissociation entre l'érotique et l'affectif. La question de savoir si cela est inné ou acquis, n'a, somme toute, qu'une importance réduite.
La causalité est inversée entre attirance érotique et attirance émotionnelle : Alors que l'homme convoite d'abord une femme sexuellement avant de développer, le cas échéant, une connexion émotionnelle, chez la femme le désir charnel est l'aboutissement de son attraction affective qui doit donc être préalablement activée.
Sur le plan spirituel enfin (je rappelle ici que spirituel s'entend au sens littéral), alors que la femme conçoit l'interaction érotique de manière fusionnelle, horizontale, l'homme bien souvent privilégie des interactions verticales où il a notamment l'initiative, voire le contrôle. Par ailleurs, si l'homme désire directement, la femme voit son propre désir naître du fait qu'elle soit désirée, sous réserve toutefois qu'elle soit déjà affectivement attirée.
Ainsi, toutes ces divergences de genre dans la relation à l'érotisme sont difficilement compatibles avec une perspective féministe égalitariste, par opposition à la perspective différentialiste, qui, elle s'en accommode assez largement. Il faut pourtant noter que la perspective égalitariste semble être la mieux adaptée aux enjeux sociétaux contemporains des luttes féministes : ces enjeux se résument en fait à l'accès au pouvoir, ou plutôt, aux pouvoirs, pour les femmes. Or, l'obtention du pouvoir passe essentiellement par des processus conflictuels, prédateurs associés à la masculinité pour des raisons, semble-t-il hormonales. Ainsi le féminisme égalitariste induit-il que la femme entre dans cette logique de conflictualité dans la sphère sociétale pour se faire sa place dans les positions de pouvoir.
Mais le féminisme égalitariste bute sur la sphère sexuelle, en ce sens qu'il considère que l'égalisation passe aussi par une mise en convergence forcée de la relation à la sexualité, or les différences décrites précédemment qui sont sources de « tension » sont à mon sens ce qui nourrit l'érotisme (on parle souvent de « tension érotique »). Forcer l'égalisation en matière de sexualité revient à neutraliser la tension, donc à orienter vers une sexualité « désérotisée ».
Publié par Allez_Gorille à 12:45:08 dans Humour grave | Commentaires (12) | Permaliens
06-06-2007 11:44
De je suis Dieu Sujet:
ducon
06-06-2007 04:04
De Immonde_entier
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05-06-2007 17:07
De matendreamante
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05-06-2007 13:43
De moui Sujet:
je suis immonde
05-06-2007 13:24
De Allez_Gorille
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05-06-2007 13:10
De moui Sujet:
t'es un peu schizo toi
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