Je ne l' ai pas cherchée...
elle est venue à moi toute seule.
Comme le refuge qu' on n' attendait guère, comme le bouleversement qu' on n' imaginait pas, comme l' audace dont on ne rêvait plus.
Elle s' est imposée en série d' images, en touches subtiles, en musique étrangère, en odeurs safranées, en simple ravissement, au cours d' un voyage. Et deux semaines ont suffi pour parfaire sa séduction.
Liquider le superflu fut une mince affaire, se séparer de l' essentiel, un peu plus dur...
Mais j' y suis arrivée, remplissant les sacs les yeux fermés, pour ne m' arrêter sur rien, aucune photo, aucun livre, aucune étoffe encombrante.
La surabondance siégeant dans mon cœur. Surabondance de relents-douleurs, déroulé d' une épopée en noir et blanc, calquée sur des êtres éphémères.
Ils m' habitent à leur manière et ils m' accaparent tous odieusement dans les heures sombres. Certains me glacent encore...Leurs stratagèmes douteux, leurs subterfuges skizophréniques, leur incapacité à me rendre heureuse...
Et puis, il y a toi.
Mon espérance inavouée, ma faiblesse latente, mon désir éclairé, mon illusion vivace, mon spleen langoureux...
Le présent et ses intrigues politiques gouvernent ta plume professionnelle, alors que notre affection nous cheville au passé de notre adolescence. Drôle de valse à deux temps, qui peine à entamer sa troisième dimension, celle du futur...
Dans ton tourbillon de vie, je me demande souvent quelle place je pourrais bien tenir, et même, quel visage de l' amour nous conviendrait le mieux. Amour-amitié ou amour-phénix renaissant de ses cendres ?
Un signe de toi, un seul, et je sais que je bondirai, que le voile de mes tourments se déchirera sur un ciel opalescent.
Voilà ce qui m' anime sur cette terre d' exil.
Donner du temps au temps, purifier mes atomes mémoriels, te laisser venir pour nous accorder enfin...aux flots de l' océan.
Publié par little stella à 00:20:38 dans Etat d'âme | Commentaires (6) | Permaliens

En ce moment, j' aime sortir dès la tombée de la nuit.
Le col remonté, les mains dans les poches , j' arpente les rues de lumières, sous l'odeur croustillante de quelques marrons chauds qui craquellent dans le feu.
Sapins blancs, sapins verts, ils clignotent tous, de leurs milliers de petits yeux, ébahis de voir tant de monde les admirer .
Plantons de décembre, dans le vent ou sous la pluie, jusqu' au dernier passant, jusqu'à la première lueur du jour.
Ils ne quittent pas leurs trottoirs et, sous des rideaux de lampes, jamais ils n' ont vu le ciel aussi scintillant.
Les hommes sont étranges, doivent-ils penser...
Créateurs de rêve, de poésie, d' enchantement, mais en même temps...semeurs de détresse, fabricants de misère, seigneurs de guerre...
Pourquoi tant de contraires dans une seule espèce ? Pourquoi faire germer le bien et le mal dans un seul corps ? Epouser l' ange et le démon dans une même conscience ? Nature mystérieuse que celle de ce bipède savant.
Dans quelques semaines, sans le moindre égard, ces sapins se verront déshabillés, déçus, déchus. Les sortilèges seront lancés, les chocolats dégustés, les cadeaux ouverts...plus de liesse.
Les venelles reprendront leur masque sombre, gris, froid.
C' est alors seulement, que je chercherai, comme une potion indispensable à ma vie, ce qui me faisait avancer dans les ténèbres profondes...
...l' esprit de fête.
Publié par little stella à 00:31:59 dans Etat d'âme | Commentaires (11) | Permaliens
La nuit, tous les hommes sont gris,
La lune, elle, l' a bien compris...
Ils sont petits, ils sont fourmis...
amis ou ennemis, défleuris, punis, bannis, endurcis, raidis, finis,
momies enfouies, endormies dans leurs brumes crépies de...
rêves éblouis...
Publié par little stella à 19:07:12 dans Etat d'âme | Commentaires (9) | Permaliens

( pastel de Sabine Germanier )
Pourquoi pas en jaune
Ou bien en mauve ?...
Jaune comme la citrine
Mauve comme l' améthyste
Rose...pourquoi rose ?
Comme l' osmose ?
La sinistrose ?...
Publié par little stella à 22:50:14 dans Etat d'âme | Commentaires (6) | Permaliens

Ce soir, la lune était au rendez-vous sur le lac...
Silence et rêverie...L' astre des phantasmes m' invitait dans son opalescence...
Plus de tensions, d' attentions. Fermer les yeux, ne pas parler, ne plus penser, se laisser aller, respirer, repousser les contours de son corps, recommencer encore et encore, jusqu' à l' oubli de soi... flotter, se fondre dans les éléments...
Devenir les vaguelettes rieuses, les roseaux bercés, les parfums aquatiques...Sentir, ressentir...voir, entendre, goûter, toucher autrement, être dans l' ensemble, faire partie du Tout, se dissoudre comme un morceau de sucre.
Par moments, j' étais onde-lumière et points, tous ces points multicolores qui tremblaient à la surface de l' eau. Une et multiple encore une fois, centrée, divisée, reconstituée...quel enchantement !
La déesse de la nuit m' accaparait. Quoi de plus voluptueux qu' une lune blanche, ronde, laiteuse comme le sein maternel...
Elle me nourrissait et tel l' enfant repu, à la dernière gorgée, je m' étais endormie.
Le temps n' avait pas suspendu son vol et l' heure propice coulait avec délice. Je courais avec elle sur les monts, les rives, les plages désertes, les boulevards tranquilles, la ville engourdie.
Qu' ils étaient précieux ces instants de repos passés avec moi-même. Verts pâturages, sources limpides, allégeance de l' âme...
Plus de désirs, rien que de la plénitude. Le "moi" avait fait place au "nous"...Je ne faisais qu' Un avec la Création...
" Ô lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure !
Vous que le temps épargne ou qu' il peut rajeunir
Gardez de cette nuit, gardez belle nature,
Au moins le souvenir ! "
Publié par little stella à 23:48:46 dans Etat d'âme | Commentaires (6) | Permaliens
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