

Je me suis marié en mai, un dimanche.
Un peu par défi, pour ne rien faire comme les autres. Une semaine avant, j'avais invité le prêtre, un ami, à mon enterrement de vie de garçon. Au milieu de la nuit, un peu éméchés, nous sommes sortis sur la terrasse du restaurant, face à la mer.
Je lui ai demandé : "alors mon père, un conseil avant le grand saut ?" Il m'a regardé et m'a dit : "oui. Ne pousse pas l'originalité et l'anticonformisme jusqu'à nier les
vieilles recettes qui fonctionnent. Tu veux que ton couple dure ? Alors écoute chaque mot que prononcera ta femme."
Sept années ont passé. Si vite. Nous avons eu un enfant.
Notre lot de joies et de peines. Puis notre amour, sans que j'y prenne garde, s'est émoussé. Je n'avais pas oublié le
conseil de mon ami prêtre, mais il me semblait que je connaissais ma femme presque aussi bien que moi et que
j'aurais pu prévoir chacune de ses paroles avant meme qu'elle n'ait franchi le seuil de sa bouche. C'était décevant.
Un soir, je suis retourné voir celui que, par dérision, j'appelais, Mon Père. Je lui expliquais la situation et lui
demandai son avis. "J'écoute chaque mot qu'elle prononce, mais je ne vois pas ce que ça change."
Mon ami se servit un verre et remplit le mien. En faisant tinter les glaçons il me regarda : "Tu n'as fait
que la moitié du chemin. Maintenant retourne chez toi et écoute chaque mot que ta femme ne prononce pas."
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Les paroles qui comptent, les mots les plus importants, ne sont pas toujours ceux que l'on prononce de vive voix.
Savoir écouter, porter une oreille attentive à l'autre, c'est d'abord apprendre à faire la différence entre ce qu'il
dit et ce qu'il pense ou ressent.
"L'organe de la parole n'est pas la bouche,
c'est le coeur."
M. de Cornouardt
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Ces pensées positives, vous les retrouverez sur...
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A vos stimuli !!
Publié par little stella à 19:27:50 dans Bonheur | Commentaires (0) | Permaliens
Jeux d’ombres mais pas de mystères.
Au royaume de l’amour africain, il n’y a d’aveugles que les femmes en mal de vivre.
Veuves ou divorcées, au seuil de leur vieillesse, elles soignent leur vie affective naguère difficile. Et pour échapper à une solitude dégradante, elles sont prêtes à tout céder : leur corps, leur toit et leur compte en banque.
Viviane, 55 ans... 
Elle n’a d’yeux que pour lui. Lui, le rasta-boy qu’elle a rencontré sur un tchat internet et qu’ elle est venue rejoindre à Agadir, voilà 2 ans maintenant.
Le grand enfant n’a jamais caché ses exigences. Bon train de vie et 4x4 à disposition !
Prodiguant à son européenne attentions et épanouissement sexuel, il a tout obtenu d’elle au fil des mois.
Elle, feint de ne rien voir, pas même les 25 ans d’âge qui les séparent. Elle sait pourtant, elle doute parfois, mais préfère encore le mirage de l’amour à la réalité de l’ arnaque aux sentiments. La nouvelle page blanche de sa vie aura les reflets de l’écume joyeuse au soleil, jour après jour.
Dans les locks sautillantes de son dieu d’ébène, elle imprime ses derniers choix de femme libre.
Nadine, 62 ans…

Son excursion à Ouarzazate l’a hissée au sommet de la passion.
Abdou, le jeune vendeur de bijoux touaregs a conquis le cœur de cette franco-belge au passé douloureux. En peu de temps, elle va le suivre jusqu’ à Essaouira où il a décidé de s’ implanter et de tenter sa chance. C’est elle qui a choisi l’appartement, qui paie le loyer chaque mois et qui, au bout de 4 ans d’une liaison sans histoires, a même acheté le fond de commerce. Son bonheur n’a pas de prix…
Marie-Jo, 57 ans…
Epuisée par 30 ans d’éducation spécialisée, elle prend une année sabbatique pour se refaire une santé dans la plus envoûtante des villes impériales :

Fès ! Là-bas, elle craque pour un riad, en fait l’acquisition et le rénove à grands renforts d’euros.
Très vite, son maître d’œuvre local, son homme de confiance, devient l’homme de sa vie.
Cette idylle marocaine lui ouvrira les portes d’une reconversion touristique inattendue. Mais elle doit cependant rentrer en France pour terminer sa carrière mise entre parenthèses pendant 12 mois. Et c’est Rachid, tout naturellement, qui se retrouve gérant de la maison d’hôtes !
Fabienne, 60 ans élégamment portés…
Le temps n’a eu que peu d’emprise sur son corps resté encore svelte.
Mariée, elle vit à Marrakech dans une superbe villa construite avec son époux pour abriter leurs années de retraite.

Sous l’ombre des palmiers, sa nouvelle vie indolente manque d’agitation, de piment. Est-ce pour cela qu’elle a cédé au charme de son jardinier ?
Egarement de vie qui l’a expulsée de sa prison dorée…Son divorce précipité a détruit 40 années de parcimonie à deux, a pulvérisé l’affection de ses enfants. Famille explosée !
Fabienne s’entête. Elle choisit l‘ aventure à la tranquillité monotone. Le partage des biens de la communauté lui a permis d’acquérir une autre maison, certes plus modeste mais tout de même confortable. Elle y coule des jours heureux avec Ali, plus jeune qu’elle de 18 ans.
Ces femmes-là, comme toutes celles qui ont choisi de reprendre un jour le chemin de l’ émancipation, ne sont pas des héroïnes de romans, des "Madame Bovary" .
Je les ai croisées, bien vivantes, bien réelles. Elles ont définitivement banni de leur langage le mot « sécurité » pour le remplacer par un autre, « découverte », ce mot porteur de fraîcheur, d’invention, de confiance. Dans leur troisième cycle de vie, elles ont toutes opté pour la marginalité. Quelle folie pensez-vous ? Peut-être, mais quelle énergie aussi !
La sagesse revenue, elles assumeront de toute façon leurs décisions, leurs illusions ou leurs erreurs jusqu’ au bout. En attendant, elles auront pris du présent le nec plus ultra. Et c’ est ainsi que dans une étourdissante cure de jouvence, elles verront s’ éloigner le spectre de la grande vieillesse.
Publié par little stella à 09:25:34 dans Bonheur | Commentaires (4) | Permaliens
Christophe goûtait aux joies de la retraite.
Il l' avait prise honorablement à 62 ans, tout comme son père.
Un point important, il ne voulait plus s' engager avec une femme, surtout pas à cet âge.
Très honnête, il en avait parlé assez vite, à Elodie.
Il attendait de la vie seulement un peu de bon temps. Diable ! Il pouvait encore en avoir avant sa grande vieillesse.
Cependant, il laissait planer un doute, juste de quoi la retenir.
Il passait le réveillon de Noël tout seul chez lui, relevait des recettes de cuisine, repassait ses chemises à la perfection et s' occupait amoureusement de ses plantes.
Il guettait aussi « Caruso », le merle qu' il avait apprivoisé, et s' extasiait devant la beauté de sa terrasse.
Il taillait, bouturait, rempotait, nourrissait...le lilas au printemps, le rosier en été et le pyracantha en automne.
A peu de frais, il avait refait toutes ses jardinières. C' était le roi de la récup !
Il comptait toujours. C' est comme ça qu' il pouvait encore « boursicoter » un peu . Ses enfants seraient contents de lui un jour...
Un peu parano, il craignait par-dessus tout le cambriolage.
Il avait donc blindé sa porte et verrouillé ses stores.
Les pilules de viagra ne quittaient pas son tiroir de chevet ; il voulait rester jeune.
Il avait peur cependant qu' Elodie lui fasse un enfant. A la ménopause, fallait se méfier...
Un jour, l' idée lui vint de se mettre aux rollers. Une malheureuse pirouette arrière faillit lui briser les reins.
C' était du Christophe tout craché ! Trop sérieux mais assez inconscient pour s' imaginer réaliser encore des prouesses.
Bien vite, il se réfugia chez lui, fuyant le monde et les vitrines. Puis l' ordinateur l' accapara complètement.
Notre solitaire se mit à scanner les photos de son passé. Un album pour chacun de ses trois rejetons, rien que ça.Tout un hiver à cette tâche...
Elodie ne savait plus s' ils s' aimaient toujours. Elle en doutait fortement.
Oh, ils ne risquaient pas de se disputer ! Chacun chez soi, c' était la nouvelle formule.
Ils alternaient leurs résidences, un coup chez l' un, un coup chez l' autre.
Sacrée Elodie ! Avait-elle baissé les bras ? Oui.
L' amour n' était plus pour elle. Folie d' un autre temps.
Elle se contentait d' avoir quelqu'un, voilà tout.
Plutôt que d' être seule, elle avait choisi d' être mal accompagnée.
( Une page que j' ai écrite en m' inspirant de la vie d' une amie intime.
On en rit encore toutes les deux !
A part ça, Arcimboldo à son époque, devait être bien vert lui aussi...)
Publié par little stella à 00:23:58 dans Bonheur | Commentaires (4) | Permaliens

Elle est là, comme un grand déversoir de peines,
Oiseau diurne, oiseau de nuit, elle plane
Sur nos cimes d' incertitudes, nos haines,
Nos pleurs contenus, nos tristesses malsaines.
Rien ne l' effraie, pas même nos cris qu' elle glane
Au gré des douleurs pures, longues et pleines...
Elle est là, comme un touchant déversoir de joies,
Papillon libre, papillon d' un sceau de roi,
Qui s' en va butinant les fleurs de nos années
Pour qu' au soir de nos vies, le suc bien récolté
Nous maintienne en jouvence jusqu' à trépas,
Loin des rumeurs hostil' que nous n' entendrons pas.
Elle est là, comme un haut déversoir de beautés,
Ephémère de nos âmes en fantaisie
Voguant sur les mots de nos rives lyriques...
Cet art qu' on dit le plus beau, joue de la métrique
Et s' épanouit en toute tranquillité,
Oui, vous l' avez pressenti...c' est La Poésie !
Solange Arcamone
Publié par little stella à 11:46:38 dans Bonheur | Commentaires (10) | Permaliens

( Une gravure de Arai Yoshiko )
Le temps est passé sur mes orages
D' un revers de manch', il a tout fripé
Mes prim'vertus et mes folles idées
Mes ritournelles et mes adages.
On dit souvent qu' il est un grand maître
Un maître qui règle bien des choses...
Vous avez raison Monsieur Corneille
Le temps pour moi est apothéose.
Il a rangé la hâche, ses collets,
De ses morsures il s' est repenti
Pour me céder enfin quelques bouquets.
Ce temps est mort, vive le temps béni...
Celui des rédemptions, des victoires,
Des consolations, des plaisirs sages...
Ceux qui s' attendrissent sur mes besoins
Tels les derniers feux d' un été indien.
Le temps est passé sur mes orages
D' un revers de manch', il a tout fripé
Mes prim'vertus et mes folles idées
Mes ritournelles et mes adages.
Solange Arcamone
Publié par little stella à 10:11:49 dans Bonheur | Commentaires (6) | Permaliens
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