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Lettres de coeur

depuis Mogador

Toujours bon de le lire | 10 décembre 2007

       

            "   Et quand un homme et une femme...

        se réunissent, unis dans l' amour, ils créent. Ils offrent une semence

        de lumière issue de leurs coeurs.

        Ils la donnent à l' Univers, qui la prend pour générer une nouvelle

        forme de Vie . "

                                                 SORIA ( Paroles et Semences de Vie )

 

Publié par little stella à 17:07:28 dans Se-xy | Commentaires (6) |

Ramdam dans l' atelier de couture | 07 décembre 2007

             

        Rien que des têtes cachées sous des foulards colorés...

des regards attentifs. L' entrée dans l' atelier nous intimida toutes les quatre.
Elles étaient là, les quarante élèves du cours de français ouvert bénévolement par Jacqueline, Brigitte et Josiane, dans la nouvelle ville d' Essaouira.
Embrassades, remerciements, gratitude mille fois exprimés, renouvelés. La gêne devenait palpable...
Tout avait été préparé avec tellement de minutie : les nappes brodées, les verres dorés, les beignets, les crêpes, les cakes et le magnifique gâteau-souvenir qui trônait dans sa crème pâtissière et sous ses copeaux de chocolat.
Je dois avouer que nous appréhendions un peu ce débordement de sucreries. Et pourtant, il a fallu faire honneur à tout ! Gavage inévitable mais... place à la fête !
Le thé fumant coulait à flots et les plateaux circulaient entre les tables. La température ambiante montait au rythme régulier d' une tarbouka. Les pieds frappaient la cadence, des femmes lançaient leur you-you à s' étrangler. Puis, les corps se lâchèrent...
Des hanches se balançaient, des fesses tressaillaient sous les djellabas, des mains dessinaient en l' air de savantes arabesques.
La danse enfiévrait ces musulmanes, la danse oeuvrait à la libération de ces femmes-enfants mariées très jeunes pour la plupart et déjà mères au foyer.
Analphabètes, bachelières, étudiantes, modélistes, brodeuses, couturières, employées de maison...avaient-elles assez ri, s' étaient-elles assez amusées avant de porter l' alliance ? Elles faisaient peine et en même temps plaisir à voir.
Quatre heures durant, c' est à dire tout un après-midi, elles avaient oublié le joug de leur famille, de leur mari, pour n' exister que par elles et pour elles, le temps d' un hommage, le temps d' un au revoir à leurs enseignantes.
Jacqueline, Brigitte et Josiane croulaient sous les cadeaux de reconnaissance : bijoux, babouches, écharpes, tableaux, petits coffrets de bois...L' émotion perlait aux yeux de tous.
Un avion pour la France devait les emporter quelques heures plus tard mais en attendant elles donnaient encore d' elles-mêmes et de leur tendresse.
Elles laisseraient un album-photos rempli d' instants précieux, de visages heureux et souriants.
Les dédicaces qu' elles signaient dans les cahiers en disaient long sur les liens d' affection qui s' étaient tissés au sein de cet atelier, en deux mois de travail. Un atelier qui avait d' ailleurs obtenu onze ans plus tôt, le premier micro-crédit du monde arabo-africain, mille dhirams ou cent euros !
Moi j' étais la quatrième relève...Un bref moment de doute m' envahit mais l' enthousiasme reprit le dessus.
La fête s' égrena dans la rue, avec des « bon voyage » qui n' en finissaient plus. La nuit tombait.
                          Je venais de vivre une communion d' âmes.

                                  Solange Arcamone

 

 

Publié par little stella à 01:58:57 dans Radio médina | Commentaires (2) |

Makayene mouchkil... | 05 décembre 2007

             

   ...une expression qui clôture toutes les conversations...

   ici à Essaouira et dans tout le Maroc d' ailleurs.
Pour preuve, je viens de la retrouver dans ce livre remarquable...

« Quand on lui demandait de définir son pays, il partait dans des considérations générales agrémentées de quelques petites vérités : au Maroc, il faut faire comme tout le monde, égorger de ses propres mains le mouton de l' Aïd-el-Kébir, épouser une vierge, passer des heures au café à dire du mal des gens, ou dans le meilleur des cas comparer les prix des dernières voitures allemandes, parler de la télé, arrêter de boire de l' alcool trois jours avant et après le ramadan, cracher par terre, essayer de passer avant les autres, intervenir sur tout, dire oui quand on pense non, et ne pas oublier de ponctuer ses phrases par un « y a pas de problème », makayene mouchkil, et puis rentrer le soir après avoir bu quelques bières avec les copains, s' installer devant la table et s' empiffrer comme un cochon.
Pour bien finir la journée, ce cochon se mettra au lit et attendra que sa femme termine de ranger pour la pénétrer, mais elle tardera un peu, il finira par s'endormir en ronflant. »

                                                        TAHAR BEN JELLOUN : "Partir" (2006)

(Une expression qui traduirait un tempérament flegmatique ou une pensée résolument positive ?
Je cherche encore...)


 

Publié par little stella à 21:34:56 dans Radio médina | Commentaires (4) |

Scoop ! | 03 décembre 2007

          

« Le doyen de l' Humanité est un marocain...
                                                      SIDI KADDOUR MAKSOURI âgé de 123 ans !


Fauconnier et excellent cavalier participant à des fantasias à chaque occasion, il vit toujours dans sa commune natale Kouassem à Ouled Fraj, qui relève du cercle Sidi Smaïl dans la province d' El Jadida.


Il se nourrit essentiellement de pain d' orge, d' huile d' olive, de miel, de dattes et de légumes, de fruits de saison et dormait à même le sol sur du foin.
Sa dernière visite chez le médecin remonte à 32 ans !
Maksouri, qui s' est marié trois fois, n' a pas eu d' enfants mais a adopté un garçon âgé actuellement de 45 ans. »


Source : « 3M Blog » http://www.moukarram.com


Billet de Septembre 2007 intitulé : Tbarkallah !!

                                                                                               ( Amis végétariens, vous allez adorer ce billet ! )




 

Publié par little stella à 00:09:28 dans Radio médina | Commentaires (2) |

Qu' est-ce que la poésie ? | 02 décembre 2007

          

   « Poésie c' est vérité » disait Goethe !

Il voulait parler de cette nécessité de ne pas tricher avec soi-même, d' écrire « vrai » sur des ressentis réellement vécus.
Mais la poésie c' est tellement d' autres choses aussi...

La poésie c' est d' abord du boulot ! Eh oui, l' art de faire des vers, ça se travaille, et parfois pendant des heures, pour ne pas dire des journées !

La poésie devient donc très souvent la compagne des solitaires. Vous vous voyez écrire au milieu d' une fête foraine ? Je ne crois pas. On écrit dans une totale tranquillité.

La poésie c' est le Verbe Créateur (rassurez-vous, je ne vais pas parler de Jésus...quoique ...il donnait pas mal en la matière avec ses paraboles, bref, je ferme cette parenthèse) créateur d' images-mots dans un rythme, une musique bien appropriée.

La poésie, c' est une volonté consciente ou inconsciente de charmer ( et le mot n' est pas trop fort ) par des syllabes, des rimes, mais c' est aussi savoir mettre en œuvre des émotions puissantes qui vont atteindre le lecteur...oui, mais ne l' oublions pas, d' abord soi-même ! Quel poète n' a pas relu son texte au moins dix fois ? Pour se l' approprier, pour se projeter en lui, l' aimer, en faire son miroir...Délire narcissique ? Peut-être...

Faire de la poésie revient alors à faire de la magie...On voit sans voir, on entend sans entendre, on touche sans toucher, on goûte sans goûter.
C' est une peinture qui se sent comme disait Léonard de Vinci, un art de synthèse au service du Beau, du Bien et du Vrai.

Mais la véritable valeur de la poésie, ne s' apparente-t-elle pas à la qualité de son chant intérieur, autrement dit à sa liberté ?
Celle qui nous rend la vie plus supportable, celle qui permet l' exercice de notre libre-arbitre, qui nous donne l' occasion de fuir les conditionnements, d' affirmer nos choix, notre vision du monde.
Celle enfin qui ouvre des champs vibratoires insoupçonnés pour nous relier à toute chose, au Grand Tout, à vous...qui nous maintient dans un certain rapport avec l' Invisible.

Oui, nous le savons tous. Avant de chanter comme rossignols, les poètes restent avant tout des hommes libres.
On naît poète plus qu' on ne le devient. Mystère inexpliquable, au fond.
C' est pourquoi Jean Cocteau rétorquait à François Mauriac...
« Il est aussi difficile à un poète de parler poésie qu' à une plante de parler horticulture ! »

                                                          Bon dimanche !

                                           Un conseil...Ne vous cassez pas trop la tête sur mon texte, ça ne rimera à rien !!

 


Publié par little stella à 10:40:35 dans Discernement | Commentaires (4) |

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