
Ce mois de mai...
Les barricades se dressaient un peu partout en France et il était interdit d' interdire.
La Gauche contre la Droite évidemment et le grand Charles qui cherchait du renfort du côté de Baden-Baden...
Ambiance historique, révolutionnaire, sortie tout droit des rideaux de fer, nouveaux pétards de liberté.
Une envie de détrousser et de se détrousser. Evasions juvéniles sur mobylettes, sur nos vieilles « mob » comme on disait à l' époque.
Ce dimanche-là, le printemps nous invitait à son vernissage.
Nous avions quitté le groupe de copains pour nous retrouver tous les deux.
Le « rouquin » sur sa Yamaha violine avait embrasé mon cœur.
Quand il m' étendit sur l' herbe, j' étais faite. Prisonnière de ses bras, de son souffle.
Il sentait le « propre », le linge bien lavé, et sa mèche flamboyante lui mangeait la moitié du visage.
Il cherchait mes lèvres, je détournai la tête. Presque fâchée de ne plus pouvoir m' enfuir, presqu' heureuse de ne pas m' être trompée sur mon intuition : il m' aimait !
Je fermais les yeux par timidité. Impossible de soutenir son regard brûlant.
Puis...nos bouches...puis...nos langues...étonnement, premier abandon, si doux, si chaud, si profond, dans cette intimité improvisée. Le ciel et la terre tournaient avec nous...
Pourtant, je me dégageai avec force et je me mis à dévaler la pente à toute vitesse.
Pourquoi ? Mais pourquoi donc ?
Il me suivit avec peine, hagard. Il ne comprenait rien. Qu' avait-il fait de trop ? de pas assez ?
La colère m' apporta un semblant de réponse...
Sur les ailes de mes dix-sept ans, je venais de dire adieu à mon adolescence.
Absurde, totalement absurde, oui, je sais.
( Quatre ans plus tard, dans la hardiesse de ses vingt-deux ans, Jean-Paul se tuait au volant de sa R 12. Et mes yeux qui pleuraient, qui pleuraient...
Ils revoyaient toujours le beau rouquin sur sa moto violine, mais sans aigle sur le dos... )
Solange Arcamone
(Publié aussi sur "La Passion des Poèmes" ici dans mon blogroll,
dans la catégorie "Lettres ouvertes"...)
Publié par little stella à 20:06:12 dans Intimité | Commentaires (2) | Permaliens

C' est très bien d' avoir régulièrement une pensée profonde mais je pense que ça ne suffit pas.
Enfin, je veux dire : je vais me suicider et mettre le feu à la maison dans quelques mois, alors, évidemment, je ne peux pas considérer que j' ai le temps, il faut que je fasse quelque chose de consistant dans le peu qui me reste.
Et puis surtout, je me suis lancé un petit défi : si on se suicide, il faut être sûr de ce qu' on fait et on ne peut pas brûler l' appartement « pour des prunes ». Alors, s' il y a quelque chose dans ce monde qui vaut la peine de vivre, je ne dois pas le louper parce qu' une fois qu' on est mort, il est trop tard pour avoir des regrets et parce que mourir parce qu' on s' est trompé, c' est vraiment trop bête.
Alors évidemment, j' ai mes pensées profondes. Mais dans mes pensées profondes, je joue à ce que je suis, hein, finalement, une intello ( qui se moque des autres intellos ).
Pas toujours très glorieux mais très récréatif.
Aussi j' ai pensé qu' il fallait compenser ce côté « gloire de l' esprit » par un autre journal qui parlerait du corps ou des choses.
Non, pas les pensées profondes de l' esprit mais les chefs-d' œuvre de la matière.
Quelque chose d' incarné, de tangible. Mais de beau ou d' esthétique aussi.
A part l' amour, l' amitié et la beauté de l' Art, je ne vois pas grand-chose d' autre qui puisse nourrir la vie humaine.
L' amour et l' amitié, je suis trop jeune encore pour y prétendre vraiment. Mais l' Art...si j' avais dû vivre, ç' aurait été toute ma vie.
Enfin, quand je dis l' Art, il faut me comprendre : je ne parle pas que des chefs-d' œuvre de maîtres. Même pour Vermeer, je ne tiens pas à la vie. C' est sublime mais c' est mort.
Non, moi je pense à la beauté dans le monde, à ce qui peut nous élever dans le mouvement de la vie.
Le journal du mouvement du monde sera donc consacré au mouvement des gens, des corps, voire, si vraiment il n' y a rien à dire, des choses, et à y trouver quelque chose qui soit suffisamment esthétique pour donner un prix à la vie.
De la grâce, de la beauté, de l' harmonie, de l' intensité.
Si j' en trouve, alors je reconsidèrerai peut-être les options : si je trouve un beau mouvement des corps, à défaut d' une belle idée pour l' esprit, peut-être alors que je penserai que la vie vaut la peine d' être vécue.
(Une plume que je découvre, philosophe, alerte...une déferlante drôle, paradoxale, surprenante, touchante, qui, sous des apparences rudes, nous dévoile une belle aristocratie de cœur.)
« Femme de peu » mais « femme de bien »...Muriel BARBERY : L' élégance du Hérisson
Prix Médicis 2006

Publié par little stella à 10:08:29 dans Cadeau | Commentaires (2) | Permaliens
Des français ballottés entre la vie amoureuse de notre cher Président, le sauvetage des banlieues, le marasme de la Société Générale, et le yo-yo de leur pouvoir d' achat.
Du jamais vu, du jamais pressenti, et tout ça, sur un fond d' élections municipales qui annonceraient d' après une récente enquête, 46% d' intentions de votes en faveur des listes soutenues par le PS, le PC, les divers gauche et les Verts, contre 4O% pour celles soutenues par l' UMP et les divers droite...Quel cirque !
Mais revenons au souffle de Wiaz, nettement plus intéressant, saisi aujourd' hui sur la page internet du Nouvelobs...
Les chaussons de Carla me font mourir de rire ! Symbole éhonté de son nouveau pouvoir.
Lui, entre les deux, son cœur balance...C' est un mec ordinaire finalement...
Publié par little stella à 13:40:57 dans Démocratie | Commentaires (2) | Permaliens

Je me demande d' où vient son amour
Pour les roses blanches...
Elle...jolie femme aux yeux papillons
De turquoise et de jade saupoudrés,
Elle...souffle accompli en mon giron
Un matin de juin, au printemps vouée.
Elle n' aimait encor les roses blanches
Mais ses tout premiers pas trotte-menu
La portaient, en semaine ou en dimanche,
Toujours au jardin, frêle et têtue.
Attrait spontané, attrait innocent,
La princesse en botillons s' égarait
Parmi les corolles au charme indécent,
Et souvent sur son doigt le sang perlait...
A t'elle parlé à la fée des roses ?
Roses de printemps ou roses d' automne,
Ses fragiles lèvres en métamorphose
Les ont goûtées, avant qu' elle ne moissonne
Ces grains de lune, ces joyaux vivants
Comme disait Lorca, dans les bouquets
Pimpants et parfumés de son amant
Où roses et larmes jouent de leurs secrets.
Je vois maintenant d' où vient son amour
Pour les roses blanches...
Solange Arcamone
(Un poème pour Gladys, ma fille...)
Publié par little stella à 01:07:35 dans Confidences | Commentaires (6) | Permaliens

On se demande de quel côté ça va exploser...non ? 
Et si son geste était prémonitoire ?
Publié par little stella à 19:01:54 dans Démocratie | Commentaires (9) | Permaliens
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