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Lettres de coeur

depuis Mogador

L' unité dans la diversité | 12 septembre 2006

 


Il n' y a qu' à l' " Etranger" que je prends réellement conscience de l' Unité de la vie humaine.
J' ai un peu voyagé...Europe, Afrique du nord, Grèce, Turquie, Egypte, Polynésie...et à chaque fois, des différences, c' est vrai : faciès, langages, nourritures, traditions, croyances, modes de vie, architectures, costumes, danses, musiques, peintures, libertés d' expression, codes moraux, conventions émotionnelles, tabous sociaux.


Et pourtant...même horloge biologique, même dépendance au corps et à ses besoins, même souci de se vêtir, de se protéger, même ouverture à l' Art, à la créativité, même soumission au terrain, au temps, même ingéniosité pour s' adapter à l' environnement naturel, même volonté d' améliorer son revenu, même recherche de volupté, même désespoir dans la souffrance, la mort, la maladie, même euphorie devant le mystère de la naissance, même nécessité d' avoir une descendance, même désir de paix.
Voilà des constantes universelles. Ce monde de "formes" fonctionne sur des lois identiques, sous le même soleil, les mêmes étoiles,dans la même galaxie.
Desmond Tutu nous disait déjà : "Je suis humain parce que je fais partie, je participe, je partage" et encore..." Nous appartenons au même faisceau de vies".


Neale Donald Walsch, lui, a reçu d' autres lumières, dans ses "Conversations avec Dieu"...


"Crois-tu vraiment, qu' il n' y ait un mot que Je n' aie jamais entendu? Un spectacle que Je n' aie jamais vu ? Un son que Je ne connaisse pas ? Penses-tu que je méprise certains tandis que J' en aime d' autres ? Je te le dis, je ne méprise rien. Rien ne Me repousse. C' est la vie, et la vie, c' est le cadeau; le trésor indescriptible; le saint des saints."



A tous les hommes donc, de l' honorer, cette Vie, coûte que coûte...dans sa diversité comme dans son unité.





                                                                                     Solange Arcamone


 

Publié par little stella à 11:50:46 dans Interdépendance | Commentaires (3) |

Vous roulez à tombeau ouvert Mr Sarkosy ! | 09 septembre 2006




"La carte scolaire"...un pis-aller certes, mais seul rempart aujourd' hui de la réussite scolaire pour une meilleure égalité des chances...et IL veut y toucher !!
Restaurer la liberté totale quant au choix des établissements, Mr Sarkosy, c' est nous préparer des ghettos invivables, irrespirables, nauséabonds, des ghettos qui ne deviendront que des bombes à retardement, des pépinières de terroristes !



Lui qui se dit "leader pragmatique et réaliste", c' est sur le fumier de la xénophobie qu' il va jeter les principes de la République. Car, ne nous y trompons pas, ses coudoiements familiers, comme dirait Maupassant, ne seront seulement que l' illusion de la fraternité humaine.


                                                                   Solange Arcamone


 

Publié par little stella à 10:48:25 dans Démocratie | Commentaires (13) |

Blue note | 08 septembre 2006

 



                                      (Ah!...comme j' ai pensé à vous...)



J' ai poussé la porte bleue et cuivre...J' ai trouvé un havre de quiétude et de clarté. Mosaïques, voiles, coussins...Bouillonnement lascif de la fontaine, fraîcheur du patio qui allait me concocter un pressant rendez-vous avec le bien-être. Alchimie des sens, ma montre avait perdu ses aiguilles...



IL me servait tous les jours, affable, attendri, respectueux. Le café sentait bon et les mini-tajines de miel, de beurre, de confiture et d' huile d' argane, s' exposaient gentiment sur son plateau. Coquin kaléidoscope du matin...
Il cachait ses ardeurs sous des expansions de compliments...Ses lèvres me baisaient la main tandis que ses yeux de feu me déshabillaient discrètement, caressaient ma peau, mes cheveux, cherchaient mon regard et s' y plongeaient pour me faire comprendre que j' avais encore l' âge de...satan ! L' enfer est pavé de bonnes intentions, dit-on, lui, en avait fait une transe curative.



Ce "souiri" de la cité des alizés se faisait appeler "Rajal le nomade". Il avait mis sur mon temps une enjolivure de turquoise. Il m' avait...colonisée.



A l' heure de se quitter, il arborait un tee-shirt noir sur lequel je pouvais lire..."Tu pars ou tu restes?" Et, je suis partie.



Une pensée de Georges Bernanos pour finir ou pour tout commencer, qui sait ?...



"Si je recommençais ma vie, je tâcherais de faire mes rêves encore plus grands; parce que la vie est infiniment plus belle et plus grande que je n' avais cru, même en rêve."



 



                                         Little stella

Publié par little stella à 11:58:08 dans Etat d'âme | Commentaires (9) |

La pause... | 24 août 2006

          


               Ma monture est toujours prête...génial !



Bon, je vois que vous avez tout compris...Et bien oui, j' ai décidé de reprendre une tranche de bon temps et de faire cette année, un pied de nez à la rentrée scolaire !!!



Ne m' en voulez pas... Vous m' attendrez j' espère ! Retour prévu dans deux semaines...



                          Gros bisous à tous !



( Ah oui ! J' allais oublier...Je vous laisse les clefs de ma galaxie. Entrez, installez-vous...Vous trouverez bien quelques bricoles à déguster, et puis, si vous vous embêtez trop, vous pouvez toujours me laisser un p'tit mot...ça m' ferait tellement plaisir ! A tout bientôt...)



 

Publié par little stella à 07:44:40 dans Instants donnés | Commentaires (7) |

Mauvaise rencontre (III) | 23 août 2006

 

L' arrivée en France après deux mille kilomètres de route, allait être catastrophique.

Giorgio conduisait bien mais, un rien pouvait le mettre hors de lui. L' Audi avalait goulûment le macadam. Les limitations de vitesse n' étaient pas toujours respectées, ni la "dépose-toilettes", d' ailleurs. Je ne bronchais pas mais mon oeil ne quittait plus le compteur de vitesse...A l' arrière, les jeunes dormirent beaucoup.
Quinze heures après, les premiers contreforts alpins apparurent. La Savoie exposait à nouveau ses sommets et Aix-les-Bains, pimpante et guillerette avec ses balcons de fleurs, nous ouvrit les bras.
Fourbus, enkylosés, l' estomac dans les talons, nous nous étions vite mis à la recherche d' une pizzéria. Il était à peu près dix- neuf heures trente...Il y avait encore de la place dans les gargottes..

Assis enfin à une bonne table, les premiers coups de fourchette en disaient long sur notre famine. Gladys s' agitait, riait...Le sommeil du voyage l' avait un peu requinquée. Elle retrouvait son tempérament vif, plutôt extraverti. L' envie lui prit de nous parler de ses concours de danse et la malheureuse osa dire qu' elle n' était pas émotive, elle !...Giorgio se sentit directement visé. En pleine salle de restaurant, il voulut gifler cette "jeunette", cette "merdeuse" qui s' affirmait trop. Je pris la défense de ma fille, bien sûr, mais quel esclandre, quelle honte ! Tous les clients nous regardaient... J' entraînai la pauvrette à l' extérieur. Elle était pâle et n' avait pas très bien compris la situation. Tant d' exagération pour si peu de choses!

Nous fîmes quelques pas dans la rue du Temple, histoire de nous calmer. Nous pressentions le pire...Giorgio et Titi avaient eux-aussi quitté le resto, derrière nous, et maintenant ils étaient à notre recherche. Ils nous traquaient comme des fous. On entendait l' Audi rouler à tout' berzingue dans les ruelles étroites. Fallait-il nous montrer, affronter l' hystérie de ce type excédé ? On n' osait plus...Et puis, le malaise de Titi nous ressaisit. Il devait être bien meurtri après ces excès...  Courageusement, nous nous sommes décidées à arpenter le grand boulevard de la ville. Giorgio nous vit aussitôt, s' arrêta à notre hauteur. Son fils nous fit signe de monter. Je lisais dans ses yeux une telle supplique...L' Audi repartit avec ses quatre occupants.

Il nous restait  une vingtaine de kilomètres à parcourir jusqu' à Cognin, là où nous habitions. Les premières gênes passées, Gladys reprit son bavardage, ses mots couverts, ses gloussements de gamine, quoi ! Elle se trouvait derrière moi.Tout à coup, la voiture fit une embardée et pila net. Je ne sais par quelle gymnastique, Giorgio se jeta sur elle...Titi enserra son père de toute la force de ses jeunes bras. Lui seul savait ce qu' il pouvait faire...et il le fit ! La tête de Gladys heurta violemment la vitre de la portière. Elle hurla de peur, de douleur...Mon sang ne fit qu' un tour. Je lui criai..." Sors, Glad, sauve-toi !..." Du même coup, j' arrachai la clef de contact...Après tout, c' était MA voiture !!

Je rejoignis ma fille à toutes jambes, le long de la nationale. Elle avait réussi à s' échapper des mains de ce "macho", de cette brute,  mais dans quel état elle se trouvait...Elle sanglotait et bégayait sans cesse..." Ma-man...ap-pelle papa, ap-pelle papa..." J' ai craqué. Je me suis écroulée sur le bord du trottoir. Des tremblements sporadiques m' empêchaient d' avoir une pensée claire. Nous sommes restées toutes les deux, assises par terre, dans la nuit noire, je ne sais combien de temps. Exhalaison de tristesse, d' écoeurement... Joli retour de vacances ! J' enlaçais ma puce, l' embrassai, la  réconfortai . Elle et moi contre le monde entier, c' était un peu ça.

Il fallait pourtant récupérer l' Audi, coûte que coûte. Nous l' avions bien retrouvée à l' endroit où nous l' avions abandonnée. Mais, personne... Je pris le volant, la tête lourde. Le long du lac, dans le halo des phares...un garçon...Titi !! Il marchait, ébêté. Où allait-il ? Que voulait-il faire ? Il avait laissé son père vociférer aux quatre vents...Il accepta de nous rejoindre. Il n' avait rien vu venir, lui non plus...Le retour fut silencieux.

Quand j' ouvris plus tard la porte de mon appartement, Giorgio était là, calme, "repris", complètement repenti. Je n' ai jamais su comment il avait réussi à rentrer avant nous. Il n' en menait pas large...Il s' excusa. C' était la faute à la fatigue, au voyage trop long...La prochaine fois, il s' arrêterait davantage...

(Il n' y eut plus jamais de "prochaine fois"...Cet homme m' a harcelée longtemps mais je réussis à le quitter et à l' oublier. Aujourd' hui, Gladys a trente et un ans. C' est une mère attentive, dynamique, sensible, et nos connivences de femmes ne cessent de grandir. Il lui arrive de croiser Titi dans les rues d' Aix. Elle prend encore beaucoup de plaisir à parler avec ce grand et beau gaillard...Quant à moi, je n' ai jamais hésité à faire apparaître sur le panneau d' affichage de mon école, le numéro vert de ...S.O.S femmes battues. Je leur devais bien ça, à ces pauvres infortunées !)


                                                                   Solange Arcamone




                                                                                                                                                                                 

Publié par little stella à 07:26:14 dans rencontre | Commentaires (13) |

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