Christophe goûtait aux joies de la retraite.
Il l' avait prise honorablement à 62 ans, tout comme son père.
Un point important, il ne voulait plus s' engager avec une femme, surtout pas à cet âge.
Très honnête, il en avait parlé assez vite, à Elodie.
Il attendait de la vie seulement un peu de bon temps. Diable ! Il pouvait encore en avoir avant sa grande vieillesse.
Cependant, il laissait planer un doute, juste de quoi la retenir.
Il passait le réveillon de Noël tout seul chez lui, relevait des recettes de cuisine, repassait ses chemises à la perfection et s' occupait amoureusement de ses plantes.
Il guettait aussi « Caruso », le merle qu' il avait apprivoisé, et s' extasiait devant la beauté de sa terrasse.
Il taillait, bouturait, rempotait, nourrissait...le lilas au printemps, le rosier en été et le pyracantha en automne.
A peu de frais, il avait refait toutes ses jardinières. C' était le roi de la récup !
Il comptait toujours. C' est comme ça qu' il pouvait encore « boursicoter » un peu . Ses enfants seraient contents de lui un jour...
Un peu parano, il craignait par-dessus tout le cambriolage.
Il avait donc blindé sa porte et verrouillé ses stores.
Les pilules de viagra ne quittaient pas son tiroir de chevet ; il voulait rester jeune.
Il avait peur cependant qu' Elodie lui fasse un enfant. A la ménopause, fallait se méfier...
Un jour, l' idée lui vint de se mettre aux rollers. Une malheureuse pirouette arrière faillit lui briser les reins.
C' était du Christophe tout craché ! Trop sérieux mais assez inconscient pour s' imaginer réaliser encore des prouesses.
Bien vite, il se réfugia chez lui, fuyant le monde et les vitrines. Puis l' ordinateur l' accapara complètement.
Notre solitaire se mit à scanner les photos de son passé. Un album pour chacun de ses trois rejetons, rien que ça.Tout un hiver à cette tâche...
Elodie ne savait plus s' ils s' aimaient toujours. Elle en doutait fortement.
Oh, ils ne risquaient pas de se disputer ! Chacun chez soi, c' était la nouvelle formule.
Ils alternaient leurs résidences, un coup chez l' un, un coup chez l' autre.
Sacrée Elodie ! Avait-elle baissé les bras ? Oui.
L' amour n' était plus pour elle. Folie d' un autre temps.
Elle se contentait d' avoir quelqu'un, voilà tout.
Plutôt que d' être seule, elle avait choisi d' être mal accompagnée.
( Une page que j' ai écrite en m' inspirant de la vie d' une amie intime.
On en rit encore toutes les deux !
A part ça, Arcimboldo à son époque, devait être bien vert lui aussi...)
Publié par little stella à 00:23:58 dans Bonheur | Commentaires (4) | Permaliens
Un poète va mourir
Un poète aimé...
La mort l' attire sous ses airs
De terreur et de froidure,
Lui et sa négritude...
Il s' en va, ça nous déchire
N' oublions jamais...
Aimé Césaire !
Publié par little stella à 16:11:20 dans Tableau d'honneur | Commentaires (4) | Permaliens

« Coucou Chanel, Goucchiii !... »
Pas de doute, je suis bien de retour à Essaouira, petit paradis de la contrefaçon.
« Rigarde midame, li montre blanche pour toi, pitite gazelle...rigarde, trrri jouli...
- Oui, mais j' ai tout ce qu' il me faut, merci !
- Non, midame, toi pas di montre, pourquoi toi pas di montre ?
- Pas besoin, je suis en vacances...
- Si ti veux pas li blanche, alors ji li noire, rigarde, trrri jouli... »
Coco Chanel et Gucci, vous commencez sérieusement à m' énerver !
Mais comment faire comprendre à ce passeur ou à cette énième main, comme vous voulez, que j' aimerais si possible, terminer mon « calamars-frites » tranquillement...Et pour achever mon repas...
« Joulie gazelle, toi encore rien acheter à moi...Bon prix, wouaja (d' accord en marocain) pour bien commencer la journée » (il est 14 h... mais bon, passons...)
La dernière rondelle d' encéphalopode a failli m' étouffer. M' en débarrasserai donc pas de celui-là .
J' ai laissé 50 dhirams sur la table et je suis partie me perdre dans la médina.
Dans le reflet d' une vitrine de pâtisseries, je me suis aperçue : blonde, mèche au vent, corsage rouge, lunettes de soleil...résidente marocaine depuis douze mois, c' est vrai, mais... de la pure contrefaçon !!
Photo tirée du blog de Jean-François Deperetti, "Société sans frontière"
http://www.j-fdeperetti.com/
Publié par little stella à 19:28:19 dans Radio médina | Commentaires (2) | Permaliens
Une liquidation nationale pour...l' Education Nationale !
Un retraité sur deux non remplacé, 11 000 postes d' enseignants supprimés, puis 35 000 à moyen terme et combien d' autres encore peut-être, pas de quoi pavaner au Ministère de l' Instruction Publique.
Certes, on a compris que l' heure de la calculette a sonné, pour tenter de réduire nos 50 milliards de déficit.
Alors, on serre les boulons, on tire les ficelles et même le diable par la queue.
Car il s' agit bien de diablerie, quand on voit l' archarnement répété et méthodique qui se fait à chaque fois sur notre école, en période de réforme.
On taille dans ses chairs, on mutile...
On sait pourtant, combien les difficultés s' accroissent de jour en jour: enfants de plus en plus violents et de plus en plus jeunes si l' on s' en remet aux aveux de nos collègues de maternelle, effectifs alourdis bientôt et déjà, autour de 30 élèves par classe, mise en péril du suivi individualisé, découragement des profs.
Moderniser l' école, nos collèges et nos lycées, en passant par des politiques de rabais, est-ce vraiment le remède à appliquer pour réduire le problème de l' illettrisme, des sorties du système éducatif sans diplôme et sans qualification, de l' insécurité ambiante ?
La baisse de la démographie si régulièrement évoquée dans l' hémicycle de nos gouvernants, ne devrait-elle pas au contraire, profiter davantage aux maîtres, aux jeunes et à leurs familles ?
Une meilleure transmission des savoirs dans des classes moins chargées et plus homogènes, voilà l' espoir de tout pédagogue.
Et cet espoir déçu, ne conduirait, on le craint, qu' à des disfonctionnements encore plus inquiétants au sein de tous les établissements.
Pourquoi en prendre le risque ?
Lors du grand débat sur l' Education, mené au printemps 2003 et dans toutes les communes de France, Mr Xavier Darcos affirmait, dans sa "Lettre à tous ceux qui aiment l' école"...
Que le navire soit difficile à manoeuvrer, n' implique pas qu' il faille le démanteler, mais il est nécessaire de définir un cap clair et de s' y tenir.
Les enjeux de l' école sont immenses et nous concernent tous. Le Ministère de l' Education Nationale est celui du destin collectif.
Ensemble, demandons-nous où, pour l' amour de l' école, nous désirons aller.
Eh bien, je vous le dis tout net Mr le Ministre... La jungle de la rentabilité ne sera jamais le sanctuaire de nos missions éducatives. Que ce destin collectif dont vous parlez soit la marque d' une meilleure égalité des chances pour tous.
Or, la tempête libérale que vous nous préparez, n' abonde pas en ce sens, malheureusement.
Vous risquez d' ailleurs fort et sous peu, de voir le corps enseignant tout entier, ânonner gravement sur vos prochains écrits, et les fleurs de l' ignorance, repousser sur le bord de vos bancs publics.
Publié par little stella à 17:11:41 dans De l' Education | Commentaires (1) | Permaliens

L' amour n' a d' autre désir que de s' accomplir
Et d' aussi loin qu' il vienne, par-delà même
Les années, il s' obstinera à éclaircir
Le chemin de ceux qui l' oublient, le coeur blême
De lui avoir fermé la porte, endormis
Dans la torpeur des blessures, mais si frustrés
Que leur âme s' est moulée dans le plomb durci
Des pleurs contenus et des deuils mal acceptés.
Reprends ton vaisseau et brave encor les vagues,
Revêts ta solitude d' un filet d' espoir,
Aime la vie, surtout...Le temps nous largue
Tu le sais bien, refoule tous ces instants noirs
Et puis...dans la ferveur de tes nuits...divague...
Embrase-toi au foyer de notre histoire.
Solange Arcamone
Publié par little stella à 15:30:34 dans Intimité | Commentaires (6) | Permaliens
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