"La carte scolaire"...un pis-aller certes, mais seul rempart aujourd' hui de la réussite scolaire pour une meilleure égalité des chances...et IL veut y toucher !!
Restaurer la liberté totale quant au choix des établissements, Mr Sarkosy, c' est nous préparer des ghettos invivables, irrespirables, nauséabonds, des ghettos qui ne deviendront que des bombes à retardement, des pépinières de terroristes !
Lui qui se dit "leader pragmatique et réaliste", c' est sur le fumier de la xénophobie qu' il va jeter les principes de la République. Car, ne nous y trompons pas, ses coudoiements familiers, comme dirait Maupassant, ne seront seulement que l' illusion de la fraternité humaine.
Solange Arcamone
Publié par little stella à 10:48:25 dans Démocratie | Commentaires (13) | Permaliens
(Ah!...comme j' ai pensé à vous...)
J' ai poussé la porte bleue et cuivre...J' ai trouvé un havre de quiétude et de clarté. Mosaïques, voiles, coussins...Bouillonnement lascif de la fontaine, fraîcheur du patio qui allait me concocter un pressant rendez-vous avec le bien-être. Alchimie des sens, ma montre avait perdu ses aiguilles...
IL me servait tous les jours, affable, attendri, respectueux. Le café sentait bon et les mini-tajines de miel, de beurre, de confiture et d' huile d' argane, s' exposaient gentiment sur son plateau. Coquin kaléidoscope du matin...
Il cachait ses ardeurs sous des expansions de compliments...Ses lèvres me baisaient la main tandis que ses yeux de feu me déshabillaient discrètement, caressaient ma peau, mes cheveux, cherchaient mon regard et s' y plongeaient pour me faire comprendre que j' avais encore l' âge de...satan ! L' enfer est pavé de bonnes intentions, dit-on, lui, en avait fait une transe curative.
Ce "souiri" de la cité des alizés se faisait appeler "Rajal le nomade". Il avait mis sur mon temps une enjolivure de turquoise. Il m' avait...colonisée.
A l' heure de se quitter, il arborait un tee-shirt noir sur lequel je pouvais lire..."Tu pars ou tu restes?" Et, je suis partie.
Une pensée de Georges Bernanos pour finir ou pour tout commencer, qui sait ?...
"Si je recommençais ma vie, je tâcherais de faire mes rêves encore plus grands; parce que la vie est infiniment plus belle et plus grande que je n' avais cru, même en rêve."
Little stella
Publié par little stella à 11:58:08 dans Etat d'âme | Commentaires (9) | Permaliens
Ma monture est toujours prête...génial !
Bon, je vois que vous avez tout compris...Et bien oui, j' ai décidé de reprendre une tranche de bon temps et de faire cette année, un pied de nez à la rentrée scolaire !!!
Ne m' en voulez pas... Vous m' attendrez j' espère ! Retour prévu dans deux semaines...
Gros bisous à tous !
( Ah oui ! J' allais oublier...Je vous laisse les clefs de ma galaxie. Entrez, installez-vous...Vous trouverez bien quelques bricoles à déguster, et puis, si vous vous embêtez trop, vous pouvez toujours me laisser un p'tit mot...ça m' ferait tellement plaisir ! A tout bientôt...)
Publié par little stella à 07:44:40 dans Instants donnés | Commentaires (7) | Permaliens
L' arrivée en France après deux mille kilomètres de route, allait être catastrophique.
Giorgio conduisait bien mais, un rien pouvait le mettre hors de lui. L' Audi avalait goulûment le macadam. Les limitations de vitesse n' étaient pas toujours respectées, ni la "dépose-toilettes", d' ailleurs. Je ne bronchais pas mais mon oeil ne quittait plus le compteur de vitesse...A l' arrière, les jeunes dormirent beaucoup.
Quinze heures après, les premiers contreforts alpins apparurent. La Savoie exposait à nouveau ses sommets et Aix-les-Bains, pimpante et guillerette avec ses balcons de fleurs, nous ouvrit les bras.
Fourbus, enkylosés, l' estomac dans les talons, nous nous étions vite mis à la recherche d' une pizzéria. Il était à peu près dix- neuf heures trente...Il y avait encore de la place dans les gargottes..
Assis enfin à une bonne table, les premiers coups de fourchette en disaient long sur notre famine. Gladys s' agitait, riait...Le sommeil du voyage l' avait un peu requinquée. Elle retrouvait son tempérament vif, plutôt extraverti. L' envie lui prit de nous parler de ses concours de danse et la malheureuse osa dire qu' elle n' était pas émotive, elle !...Giorgio se sentit directement visé. En pleine salle de restaurant, il voulut gifler cette "jeunette", cette "merdeuse" qui s' affirmait trop. Je pris la défense de ma fille, bien sûr, mais quel esclandre, quelle honte ! Tous les clients nous regardaient... J' entraînai la pauvrette à l' extérieur. Elle était pâle et n' avait pas très bien compris la situation. Tant d' exagération pour si peu de choses!
Nous fîmes quelques pas dans la rue du Temple, histoire de nous calmer. Nous pressentions le pire...Giorgio et Titi avaient eux-aussi quitté le resto, derrière nous, et maintenant ils étaient à notre recherche. Ils nous traquaient comme des fous. On entendait l' Audi rouler à tout' berzingue dans les ruelles étroites. Fallait-il nous montrer, affronter l' hystérie de ce type excédé ? On n' osait plus...Et puis, le malaise de Titi nous ressaisit. Il devait être bien meurtri après ces excès... Courageusement, nous nous sommes décidées à arpenter le grand boulevard de la ville. Giorgio nous vit aussitôt, s' arrêta à notre hauteur. Son fils nous fit signe de monter. Je lisais dans ses yeux une telle supplique...L' Audi repartit avec ses quatre occupants.
Il nous restait une vingtaine de kilomètres à parcourir jusqu' à Cognin, là où nous habitions. Les premières gênes passées, Gladys reprit son bavardage, ses mots couverts, ses gloussements de gamine, quoi ! Elle se trouvait derrière moi.Tout à coup, la voiture fit une embardée et pila net. Je ne sais par quelle gymnastique, Giorgio se jeta sur elle...Titi enserra son père de toute la force de ses jeunes bras. Lui seul savait ce qu' il pouvait faire...et il le fit ! La tête de Gladys heurta violemment la vitre de la portière. Elle hurla de peur, de douleur...Mon sang ne fit qu' un tour. Je lui criai..." Sors, Glad, sauve-toi !..." Du même coup, j' arrachai la clef de contact...Après tout, c' était MA voiture !!
Je rejoignis ma fille à toutes jambes, le long de la nationale. Elle avait réussi à s' échapper des mains de ce "macho", de cette brute, mais dans quel état elle se trouvait...Elle sanglotait et bégayait sans cesse..." Ma-man...ap-pelle papa, ap-pelle papa..." J' ai craqué. Je me suis écroulée sur le bord du trottoir. Des tremblements sporadiques m' empêchaient d' avoir une pensée claire. Nous sommes restées toutes les deux, assises par terre, dans la nuit noire, je ne sais combien de temps. Exhalaison de tristesse, d' écoeurement... Joli retour de vacances ! J' enlaçais ma puce, l' embrassai, la réconfortai . Elle et moi contre le monde entier, c' était un peu ça.
Il fallait pourtant récupérer l' Audi, coûte que coûte. Nous l' avions bien retrouvée à l' endroit où nous l' avions abandonnée. Mais, personne... Je pris le volant, la tête lourde. Le long du lac, dans le halo des phares...un garçon...Titi !! Il marchait, ébêté. Où allait-il ? Que voulait-il faire ? Il avait laissé son père vociférer aux quatre vents...Il accepta de nous rejoindre. Il n' avait rien vu venir, lui non plus...Le retour fut silencieux.
Quand j' ouvris plus tard la porte de mon appartement, Giorgio était là, calme, "repris", complètement repenti. Je n' ai jamais su comment il avait réussi à rentrer avant nous. Il n' en menait pas large...Il s' excusa. C' était la faute à la fatigue, au voyage trop long...La prochaine fois, il s' arrêterait davantage...
(Il n' y eut plus jamais de "prochaine fois"...Cet homme m' a harcelée longtemps mais je réussis à le quitter et à l' oublier. Aujourd' hui, Gladys a trente et un ans. C' est une mère attentive, dynamique, sensible, et nos connivences de femmes ne cessent de grandir. Il lui arrive de croiser Titi dans les rues d' Aix. Elle prend encore beaucoup de plaisir à parler avec ce grand et beau gaillard...Quant à moi, je n' ai jamais hésité à faire apparaître sur le panneau d' affichage de mon école, le numéro vert de ...S.O.S femmes battues. Je leur devais bien ça, à ces pauvres infortunées !)
Publié par little stella à 07:26:14 dans rencontre | Commentaires (13) | Permaliens
Giorgio avait deux passions: le rugby et les boules. Le rugby lui avait laissé des muscles, un joli torse et le goût de la stratégie. Les boules, lui donnaient une belle réputation , celle du "meilleur tireur" de la région aixoise.
Je découvris ces obsédés de la petite sphère avec beaucoup d' amusement, me demandant toujours si un bouliste était réellement un sportif...Au printemps, les tournois se succédaient régulièrement, une fois par semaine. Et quand le week-end arrivait, c' est avec plaisir que je mettais de côté mes tracas pédagogiques pour m' ouvrir naturellement aux stades poussiéreux, aux scores conflictuels, aux barbecues improvisés et aux sympathies spontanées qui naissaient rapidement entre les épouses des différents joueurs. L' heure était à la convivialité et à la simplicité. Je recevais avec gratitude ce que la vie me donnait, sans me poser plus de questions. J' avais connu auparavant tellement de remous que mon âme aspirait à une vie plus tranquille.
Durant ce mois d' août 89, en Espagne, près de Valencia, le terrain de pétanque nous avait vus presque tous les jours. Au début, Giorgio avait du mal à remporter les concours. Il se mesurait à de grands amateurs et il doutait de ses compétences. La nervosité déportait ses tirs. Puis, peu à peu, et sur mes encouragements sans cesse renouvelés, sa concentration revenait. Son adresse se peaufinait et son poignet gauche lui redonnait enfin de belles satisfactions. Giorgio retrouva sa complète maîtrise et remporta plusieurs trophées qu' il fêtait à chaque fois très bruyamment avec une joyeuse équipée.
J' avais bien remarqué cette tendance qu' il avait à s' éterniser autour d' une bouteille de pastis...Mais bon, il avait bien, lui aussi, le droit de décompresser un peu, après les affres de son divorce difficile. Et puis, "la boule" avait sa loi...Chaque joueur perdant ou gagnant payait sa tournée et tous devaient y faire honneur. Alors, durant de longues heures, sur le coin d' un comptoir, les verres ne désemplissaient pas. Leur couleur mordorée ne changeait presque pas au rajout d' eau, tant les doses d' alcool versées étaient importantes. Tous les exploits se racontaient indéfiniment, à la manière de ces vieilles bonnes femmes qui n' arrêtent pas de radoter. On buvait encore et encore, sans soif, jusqu' à l' étourdissement, et mon inquiétude n' y aurait rien changé de toute façon.
Nos vacances se déroulaient quand même bien. Nous étions là, tous les quatre, à Sagunto. Gladys et Titi se délectaient à leur nouvelle complicité et on aimait les voir courir ensemble au bord de la plage ou dans la folle effervescence d' une féria. Le temps passait gentiment et, au fur et à mesure que la mer et le soleil nous doraient, les bonnes tables venaient parachever avec délice notre sentiment de plénitude.
Un soir pourtant, la veille de notre départ, alors que les enfants venaient de sortir et que je terminais la vaisselle, Giorgio s' effondra, sans motif apparent, muet dans sa douleur. Couché dans la pénombre de la chambre, il ne bougeait plus. Les rivières de larmes qu' il avait tant retenues coulaient librement à ne plus s' arrêter. Elles emportaient tout...sa peine, ses rancunes, mais aussi son bonheur nouveau. Elles me racontaient en même temps, les frustrations, les défaites de son coeur soumis, ses espoirs stériles, ses chemins d' infortune, ses impasses, ses combats.
Je compris que sa jolie garce lui manquait. Ses yeux devaient continuer à la chercher partout, sur les places comme sur le sable, puisque c' est ici, à Sagunto, qu' il était déjà venu avec elle. Misère de tous les instants quand les souvenirs vous assaillent trop...Les lèvres de Giorgio prirent au bout d' un moment les contours de la souffrance profonde et ses mains ne me cherchaient même plus. Elles s' étaient refermées sur le mal de l' absence et sur l' absurdité de nos vies.
Les enfants rentrèrent plus tard que d' habitude. Ils avaient voulu profiter de leurs dernières heures de liberté. Nous quittions les lieux le lendemain matin, très tôt. Aussi fallut-il tout ranger dans la maison louée, tout nettoyer, boucler les sacs, emballer les provisions qui restaient. Ces actions se firent à trois, sans goût, sans ardeur, Titi s' étonnant de voir son père si fatigué.
Cette dernière nuit passée en Espagne a été bizarrement torride et froide à la fois. Si la chaleur m' empêchait de trouver rapidement le sommeil, mon esprit, lui, ne pouvait oublier le visage de Giorgio et ses rictus de torture... En fait, j' avais entendu les pleurs d' un homme qui n' arrivait pas à tourner la page. Je n' étais pour l' heure que sa bouée de sauvetage...Allait-il avoir la force de s'y agripper solidement? Je ne savais plus rien de lui, ni de mes sentiments. J' étais perdue dans le marasme de mes certitudes pulvérisées.
Solange Arcamone
( à suivre...)
Publié par little stella à 09:38:36 dans rencontre | Commentaires (12) | Permaliens
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