C' est ainsi que de nombreuses phrases se terminent...chez un commerçant, entre amis ou en famille.
On peut traduire cette expression par « Si Dieu le veut », à croire que tout musulman s' en remet toujours au Créateur, pour l' impondérable.
« Inch-Allah » pourrait donc se traduire aussi par « s'il n'y a pas d' imprévu »...
Quoi de plus libérateur que de remettre son sort dans les mains du Destin.
On frise l' irresponsabilité, penseraient certains.
Et pourtant, d' après les psychologues modernes, ce fatalisme semblerait avoir bien des avantages : pas de stress, pas d' obésité ni de maladies cardio-vasculaires.
La prédestination fait partie de ces choses que nombre d' occidentaux considèrent comme ridicules. Ils parlent plutôt de Hasard alors que les orientaux, eux, sont convaincus que tout a été écrit à l' avance sur le « Manuscrit des Etoiles », nos joies, nos peines, nos amours, l' heure de notre naissance et de notre mort.
Mektoub ! Mais il s' agit avant tout d' honorer le prophète...
« Le prophète a dit : Dieu a proposé aux matrices un ange qui dira : « Seigneur, une goutte de sperme ; Seigneur un caillot de sang ; Seigneur un morceau de chair. »
Puis quand Dieu voudra terminer la création, l' ange dira : « Seigneur, un garçon ; une fille ; un malheureux ; un heureux. Quelle sera sa subsistance ? Quel sera le terme de sa vie ?
Tout cela sera inscrit tandis qu' il sera dans le ventre de la mère. »
HADITH tiré de : « Le livre des Sagesses d' Orient » de Gilbert Sinoué
Publié par little stella à 15:30:59 dans Radio médina | Commentaires (8) | Permaliens
( Entre ciel et mer...Essaouira ou l' ancienne Mogador ! )
Chaque jour, une ou plusieurs démarches importantes à réaliser pour avoir le confort minimum.
L' attente la plus longue aura été celle de...mon compteur électrique !
Deux semaines à vivre avec l' électricité du voisin, à travers des fils qui descendaient de ses fenêtres jusqu' à mon appartement...
Deux semaines à maudire la lenteur de l' officier qui avait enregistré ma demande et le bakchich que j' avais oublié de lui donner pour faire avancer les choses.
Lors d' une dernière relance à l' Office National de l' Electricité et alors que je traversais la ville, j' aperçus des dizaines de rouleaux de nattes entreposés debout, un peu partout, tout autour et au milieu d' une grande place...
Isham...c' est le marché aux nattes ?
Je fis sourire mon ami, au volant de son 4x4...Mon ignorance l' amusait...
- Non, c' est la prière pour la pluie !
- Et...ça marche ?
Je remarquai une petite vexation dans son regard noir.
Moi, l' européenne, au scepticisme bien ancré, je venais subitement d' être confrontée à une culture différente, à des pratiques religieuses étonnantes...
- Il faut croire que oui, s' ils le font !
Je n' insistai pas. Notre conversation nous entraîna très vite sur d' autres préoccupations, nettement moins spirituelles, mais, tout de même, je ne voulais rien oublier de ce que je venais de comprendre.
Trois jours après, un samedi matin, en ouvrant la porte de mon patio, je remarquai avec surprise que le sol était mouillé...
Oui...il avait plu !
Publié par little stella à 15:09:20 dans Radio médina | Commentaires (4) | Permaliens
Ce 6 janvier 2OO7, mon boeing s' était posé sur l' aéroport de Marrakech avec presque deux heures de retard.
Il était quinze heures trente, heure locale, et je pensais à Ahmed, le chauffeur de l' hôtel, chargé de me récupérer...
Juste après les dernières formalités de police, je m' engageai vers la sortie des voyageurs et je le vis...tout de suite...une grande pancarte portant mon nom sur le devant de sa poitrine.
Brave Ahmed, il m' attendait depuis trois heures, planté là, debout, sans la moindre possibilité d' aller se rafraîchir. J' étais gênée , confondue en excuses, mais sa joie de me voir enfin arrivée suffit à dissiper le malaise.
Il se chargea de mes bagages et m' invita à monter dans son minibus gris métallisé, flambant neuf...Je sentais qu' il en était très fier...
« Ahmed, tu as gagné au loto ? »
Il éclata de rire , bien embêté de poursuivre en français et moi bien incapable de prononcer le moindre mot en marocain.
Marrakech affichait vingt-quatre degrés et ses parterres de roses bien entretenus me ravissaient. Les façades ocres défilaient... La vie se poursuivait normalement, ici aussi, à vélo, à pied, en charrette ou en voiture, dans un désordre parfois cocasse.
Au bout d' une heure, la route devint plus désertique, prit des allures de steppe.
Quelques troupeaux de chèvres allaient au gré d' une herbe maigre, éparse, invisible même...
« Bienvinou...Medam... » Ahmed n' était pas avare de politesse et d' affabilité à mon égard. Il répéta ces deux mots une bonne dizaine de fois. Je répondais toujours de mon plus beau sourire. Puis il poursuivit sur une chaîne sonore incompréhensible qui se termina par « tajine ».
Je compris que mon homme mourait de faim et l' encourageai bien sûr à s' alimenter au plus vite.
Le minibus arrivait sur la commune de Sidi Moktar. Il s' arrêta sur le parking d' un petit restaurant. Je suivis Ahmed jusqu' à une table. A peine assise, il me fit comprendre qu' il fallait aller me laver les mains avant de manger, ce que je fis sans hésiter, dans les toilettes toutes proches.
Lui, prit son temps...Je le vis s' asperger le visage et l' entendis même cracher bruyamment dans le lavabo...Puis il revint s' asseoir près de moi, après avoir commandé.
On nous apporta un seul tajine encore tout fumant. Pommes de terre et petits pois frais entouraient un bon carré d' agneau. Pas de fourchettes ni de coûteaux... Ahmed déchira la galette de pain qu' il trempa dans la sauce et m' invita à en faire autant. Aussi affamée que lui, j' appréciais tout, c' était délicieux.
Ses doigts découpaient la viande et me présentaient les meilleurs morceaux. Je m' interdisais de m' arrêter sur ces détails de convenance, ne voulant retenir que la gentillesse que je recevais. Je n' étais plus en France. Ici on mangeait différemment, avec d' autres règles d' hygiène, point barre.
Ma tolérance allait être mise à rude épreuve...
Sitôt rassasié, Ahmed émit quelques rots. Au début, je fis mine de ne rien entendre puis une forte envie de pouffer me coupa net l' appétit. J' avais à côté de moi, un pétoman du gosier qui renvoyait les gaz de son estomac avec une telle aisance que je n' avais pas d' autre choix que de laisser faire. Je m' imaginais avec quelques unes de mes amies françaises dans la même situation...nous nous aurions fait des bosses de fou- rire !
Le repas se termina par le même rituel : lavage minutieux des mains avec une poudre qui nous était proposée à l' entrée des toilettes collectives, rinçage de la bouche pour Ahmed et crachages répétés.
Finalement, s' il n' avait pas roté aussi longtemps, Ahmed aurait été un homme presque parfait.
Je sentais déjà toutes les difficultés de ma transplantation.
Et le minibus repartit vers Essaouira, avec... un petit moins d' enchantement pour sa passagère.
Elle qui s' était levée aux aurores, la fatigue du voyage allait l' enfermer dans un mutisme très peu philosophique, mais récupérateur.
Elle dit simplement : la prochaine fois Ahmed, c' est moi qui t' inviterai !
Publié par little stella à 15:08:16 dans Radio médina | Commentaires (4) | Permaliens
Une française a été agressée...Quelqu' un l' a suivie dans une ruelle...son sac a cédé: passeport, cartes bleues, argent, carnet de chèques, elle a tout perdu !
Un vol à l' arrachée qui devrait en alerter plus d' une, trop insouciantes ou trop confiantes...
Eh bien non, chers lecteurs, ne vous méprenez pas, cette femme n' était pas moi !
Halte à la psychose, à la propagande de la peur, même si les déboires ne m' ont pas épargnée, ces dernières semaines...
Ordres, contre-ordres, prises sans fil, fils sans prise, canalisation percée, carrelage à casser, robinets inversés, verrou contrarié, téléphone mal configuré, connexion retardée, rendez-vous manqués...des aléas tout à fait normaux, paraît-il, et qui ont bien failli me faire perdre patience. Mais bon, je suis encore debout, la tête en place et...en forme !!
Très heureuse de me retrouver à nouveau parmi vous. Les affres de l' installation commencent à s' estomper. Je redeviens sensible à la lumière, aux cris des goélands, aux chatoiements de l'océan sous les remparts de Mogador.
J' ai passé l' après-midi à courir les boutiques de tissus. Broderies, galons de perles, velours chamarrés, voilages satinés...Je baignais dans une incroyable sensualité, dans un harem surprenant, dans un érotisme mystérieux.
Delacroix me revenait à l' esprit, avec ses « Femmes d' Alger », excitantes de nonchalance, Renoir...
Toucher, caresser les fibres scintillantes, s' étonner de cette grande diversité de couleurs et d' harmonies, abandonner définitivement la neutralité pour adopter le caractère, le cachet de l' Orient.
Mon intérieur sera ouaté, drapé, ourlé d' un rien de préciosité et pourtant si plein de simplicité...
Celle que j' aime préserver au-delà des apparences...
Bonjour à tous ! Comment allez-vous ?
Publié par little stella à 01:46:29 dans Radio médina | Commentaires (10) | Permaliens
Tous vos bons vœux ont rallumé mes lanternes...merci !
L' heure bleue a sonné au cadran de mes jours puisque j' ai joliment viré à bâbord, cap sud-ouest jusqu' à Essaouira.
Plus de deux mille kilomètres nous séparent mais à l' échelle planétaire, ce n' est qu' un petit déplacement sur Gaïa.
Gaïa l' unique, l' intrépide courtisane d' Hélios !
Gaïa, avec qui nous évoluons dans le cosmos sans en avoir réellement conscience. Nous sommes pourtant de la partie, à tout instant, à chaque seconde, malgré nos belles cacophonies et nos désordres ambiants.
Des murs tremblent, des portes claquent et le dialogue de sourds continue. Les possédants contre les possédés, les gouvernants contre les gouvernés.
Ici , on dort sous des tentes, là, dans des palais ostentatoires.
Et la Terre qui roule, qui roule, en vingt-quatre heures et en trois cent soixante cinq jours, imperturbable.
Et la Terre qui s' incline et qui se relève, à chaque saison...Mécanique céleste qui nous passe par-dessus la tête, qui nous dépasse...Ne sommes nous pas plus facilement dans les nuages que dans l' espace ? Vaudrait mieux ne pas perdre la boule, non ? En attendant, c' est Elle qui nous garde...Quel amour et quel exemple !
La banquise pourra fondre...aucune importance ...si la misère du cœur, elle, recule .
Briser les glaces de l' ignorance, de la fatalité, de l' intolérance, en faveur d' un réchauffement entre les peuples...
Accepter que chaque être, chaque forme de vie ait sa place, pour un meilleur « savoir être » ...Choisir la coopération plutôt que la compétition.
Je me souviens des paroles de Patrice Brasseur...
« Ne croyez surtout pas que la Terre ira mieux le jour où tout le monde pensera de la même manière et surtout comme vous ! Combien de personnes sont persuadées que si tout le monde écoutait mes conférences par exemple, le monde irait mieux ; si tout le monde croyait en la réincarnation, ou si tout le monde avait le même Dieu...Non !
Là, nous sommes encore dans la compétition, à croire que notre idée est la meilleure ! Chacun a sa vérité au niveau de conscience où il est.
L' attitude de paix intérieure découle de cette compréhension aimante, qu' il ne faut pas confondre avec la nécessité de mettre hors d' état de nuire toute personne, société, pays, momentanément malfaisant.
Si vous êtes dans cette paix intérieure, cela vous ouvre à une confiance de vie, dans le processus de vie, cela vous donne de l' écoute, de la tolérance, une ouverture d' esprit par rapport à tous et à toute chose, qu' il s' agisse d'humains, de plantes, de pierres, de rats, d' araignées ou de serpents ! »
Sage enseignement que je vous transmets ce soir...A nous de l' appliquer au mieux.
Je vous écris d' un cyber-café. Que croyez-vous qu' il se passe en moi ?
Je vous laisse deviner l' émotion qui m' envahit à l' idée d' être loin de vous et si proche en même temps, chers lecteurs, chère famille, chère Sandra...
Mais je reste sereine car je sais, comme les gens d' ici, qu' un hasard vaut mieux qu' un rendez-vous. C'est le hasard qui m' a menée ici et je crois qu' il a bien fait les choses. Fallait juste lui faire confiance.
Je souhaite donc, à chacun d' entre vous, une multitude de hasards qui feront de vous...
" les fous les plus sages de l' espèce à deux jambes et sans plumes dont vous avez l' honneur d' être..." Bonne et heureuse année 2007 !
( J' suis encore dans les temps...sauf pour Saïd, le maître des lieux, qui vient de rallonger la facture...Business is business ! )
Publié par little stella à 20:03:02 dans Radio médina | Commentaires (9) | Permaliens
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