Du moins les extérieurs...surpris par l' objectif magique de
Francine Bernaert...
Son autre blog: http://a-a.aminus3.com
Un feu qui ne consume pas, une palmeraie de délicieuses lumières...
Une gare où on n' a plus envie de partir.
Merci Francine pour ce choc artistique !
Publié par little stella à 17:23:11 dans Découverte | Commentaires (0) | Permaliens
Jeux d’ombres mais pas de mystères.
Au royaume de l’amour africain, il n’y a d’aveugles que les femmes en mal de vivre.
Veuves ou divorcées, au seuil de leur vieillesse, elles soignent leur vie affective naguère difficile. Et pour échapper à une solitude dégradante, elles sont prêtes à tout céder : leur corps, leur toit et leur compte en banque.
Viviane, 55 ans... 
Elle n’a d’yeux que pour lui. Lui, le rasta-boy qu’elle a rencontré sur un tchat internet et qu’ elle est venue rejoindre à Agadir, voilà 2 ans maintenant.
Le grand enfant n’a jamais caché ses exigences. Bon train de vie et 4x4 à disposition !
Prodiguant à son européenne attentions et épanouissement sexuel, il a tout obtenu d’elle au fil des mois.
Elle, feint de ne rien voir, pas même les 25 ans d’âge qui les séparent. Elle sait pourtant, elle doute parfois, mais préfère encore le mirage de l’amour à la réalité de l’ arnaque aux sentiments. La nouvelle page blanche de sa vie aura les reflets de l’écume joyeuse au soleil, jour après jour.
Dans les locks sautillantes de son dieu d’ébène, elle imprime ses derniers choix de femme libre.
Nadine, 62 ans…

Son excursion à Ouarzazate l’a hissée au sommet de la passion.
Abdou, le jeune vendeur de bijoux touaregs a conquis le cœur de cette franco-belge au passé douloureux. En peu de temps, elle va le suivre jusqu’ à Essaouira où il a décidé de s’ implanter et de tenter sa chance. C’est elle qui a choisi l’appartement, qui paie le loyer chaque mois et qui, au bout de 4 ans d’une liaison sans histoires, a même acheté le fond de commerce. Son bonheur n’a pas de prix…
Marie-Jo, 57 ans…
Epuisée par 30 ans d’éducation spécialisée, elle prend une année sabbatique pour se refaire une santé dans la plus envoûtante des villes impériales :

Fès ! Là-bas, elle craque pour un riad, en fait l’acquisition et le rénove à grands renforts d’euros.
Très vite, son maître d’œuvre local, son homme de confiance, devient l’homme de sa vie.
Cette idylle marocaine lui ouvrira les portes d’une reconversion touristique inattendue. Mais elle doit cependant rentrer en France pour terminer sa carrière mise entre parenthèses pendant 12 mois. Et c’est Rachid, tout naturellement, qui se retrouve gérant de la maison d’hôtes !
Fabienne, 60 ans élégamment portés…
Le temps n’a eu que peu d’emprise sur son corps resté encore svelte.
Mariée, elle vit à Marrakech dans une superbe villa construite avec son époux pour abriter leurs années de retraite.

Sous l’ombre des palmiers, sa nouvelle vie indolente manque d’agitation, de piment. Est-ce pour cela qu’elle a cédé au charme de son jardinier ?
Egarement de vie qui l’a expulsée de sa prison dorée…Son divorce précipité a détruit 40 années de parcimonie à deux, a pulvérisé l’affection de ses enfants. Famille explosée !
Fabienne s’entête. Elle choisit l‘ aventure à la tranquillité monotone. Le partage des biens de la communauté lui a permis d’acquérir une autre maison, certes plus modeste mais tout de même confortable. Elle y coule des jours heureux avec Ali, plus jeune qu’elle de 18 ans.
Ces femmes-là, comme toutes celles qui ont choisi de reprendre un jour le chemin de l’ émancipation, ne sont pas des héroïnes de romans, des "Madame Bovary" .
Je les ai croisées, bien vivantes, bien réelles. Elles ont définitivement banni de leur langage le mot « sécurité » pour le remplacer par un autre, « découverte », ce mot porteur de fraîcheur, d’invention, de confiance. Dans leur troisième cycle de vie, elles ont toutes opté pour la marginalité. Quelle folie pensez-vous ? Peut-être, mais quelle énergie aussi !
La sagesse revenue, elles assumeront de toute façon leurs décisions, leurs illusions ou leurs erreurs jusqu’ au bout. En attendant, elles auront pris du présent le nec plus ultra. Et c’ est ainsi que dans une étourdissante cure de jouvence, elles verront s’ éloigner le spectre de la grande vieillesse.
Publié par little stella à 09:25:34 dans Bonheur | Commentaires (4) | Permaliens
…au clash récent provoqué par Marie Ndiaye –Prix Goncourt 2009 pour ses « Trois femmes puissantes » je vous le rappelle- après son outrecuidante déclaration à la barbe de notre Belle République…
" Je trouve cette France-là monstrueuse. Le fait que nous (avec son compagnon, l’écrivain Jean-Yves Cendrey, et leurs trois enfants) ayons choisi de vivre à Berlin depuis deux ans est loin d’être étranger à ça. Nous sommes partis juste après les élections, en grande partie à cause de Sarkozy, même si j’ai bien conscience que dire ça peut paraître snob. Je trouve détestable cette atmosphère de flicage, de vulgarité… Besson, Hortefeux, tous ces gens-là, je les trouve monstrueux. Je me souviens d’une phrase de Marguerite Duras, qui est au fond un peu bête, mais que j’aime même si je ne la reprendrais pas à mon compte, elle avait dit : "La droite, c’est la mort." Pour moi, ces gens-là, ils représentent une forme de mort, d’abêtissement de la réflexion, un refus d’une différence possible. Et même si Angela Merkel est une femme de droite, elle n’a rien à voir avec la droite de Sarkozy : elle a une morale que la droite française n’a plus. "
Cet écho, c’est celui de Wiaz aujourd’hui dans Nouvelobs.com…

Et après Camus, je vous livre avec délice les mots d’André Gide tirés de son journal…
« Le monde ne sera sauvé s’il peut l’être que par des insoumis. Sans eux, c’en est fait de notre civilisation, de notre culture, de ce que nous aimions et qui donnait à notre présence sur terre une justification secrète. Ils sont ces insoumis, « le sel de la terre » et les responsables de Dieu. »
Raoult, t’as bien compris ou faut te faire un nouveau dessin ?
Publié par little stella à 12:49:29 dans Démocratie | Commentaires (2) | Permaliens

De belles gambettes pour me remonter le moral, et pour me souvenir aussi des talons que j’ aimais tant porter !
Désormais flanquée de deux béquilles d’un rescapé de la guerre de 14, je m’entraînais dans les couloirs de la clinique à cette nouvelle acrobatie d’unijambiste. Pas facile, pas facile…
J’avais hâte de retrouver mes pénates.
Le retour ou plutôt « ma livraison » se fit en fin d’après-midi le lendemain de mon hospitalisation, avec un SAMU de circonstance bien entendu.
Deux heures avaient suffi pour rentrer sur Essaouira, alors qu’habituellement il fallait un peu plus de 3 heures pour parcourir les 174 km depuis Marrakech.
Autant dire que le véhicule (in)hospitalier n’avait pas traîné sur la route !
Pris d’une frénésie insoupçonnée, le chauffeur oublia très vite ma cheville fracturée. Il lança la sirène d’alarme, stridente, énervante, hérissante, insupportable et finalement ridicule.
Le break fou défiait la circulation, à la limite de l’embardée. A l’intérieur, je me cramponnais comme je pouvais au bastingage du brancard, la jambe résinée hoquetant dangereusement. Puis nausées, crampes, sueurs…j’étais à deux doigts du malaise. Et cette sirène...ah cette sirène...quelle plaie !
Près de moi, sur son siège rabattable, mon infirmière somnolait.
Un dernier virage enfin sur une voie défoncée et je compris que j’étais rendue à domicile.
La nuit venait de laisser tomber son voile sur Essaouira et sur ma fatigue.
Les jours qui suivirent m’apportèrent mille sollicitudes. Celles de mes amis français tout d’ abord.
Faut vous dire que les expatriés entretiennent entre eux des liens très forts. La famille étant loin, c’est l’amitié qui prend le dessus.
Mes plus proches voisins marocains eux, se chargèrent des repas : légumes frais, poisson et tajines continuaient à me rendre le sourire. Toutes les compétences se rassemblèrent autour de l’éclopée et toutes les gentillesses aussi.
Qui me faisait chaque jour ma piqûre d’anticoagulant, qui m’apportait du réconfort, des fleurs, des livres, du jus d’orange, qui m’invitait, qui me faisait des courses, qui venait me chercher en voiture pour ne pas manquer le couscous du vendredi au restaurant !
A la porte de la cyberboutique, on venait même me présenter le fauteuil roulant qui allait me conduire devant l’ordinateur libéré pour moi et qui allait me reconnecter à mes enfants.
Et lorsque je pus enfin me rendre seule en médina, en taxi d’ abord puis toujours portée par mes béquilles de poilu, il n’était pas rare d’entendre les commerçants me dire…
…fais attention…va doucement…mange beaucoup d’amandes…bois de l’huile d’argan…repose-toi, assieds-toi un moment sur ce tabouret…que Dieu te bénisse !
Une telle bienveillance voyez-vous, ne se trouve que dans les pays pauvres.
La misère, les maladies, les estropiés, les mauvais coups du destin, la grande nécessité, l’entraide indispensable pour survivre, ils connaissent cela par cœur.
Dans la même situation, j’imagine mal en effet les lyonnais de mon quartier ou de mon immeuble me renvoyer autant de familiarité et de chaleur.
Voilà pourquoi sans doute, je resterai à Essaouira encore longtemps, touchée par tant de simplicité et de générosité.
Mon pied blessé avait été soigné par un cardiologue, eh bien oui, c’était ça aussi la réactivité et la perspicacité marocaines.
Choukrane Bezef à tous !!
(Aujourd’hui et grâce encore à quelques soins de physiothérapie poursuivis en France, je marche normalement. Je retrouverai sous peu le soleil d’Essaouira…)
Publié par little stella à 00:05:09 dans Radio médina | Commentaires (4) | Permaliens
(Un fétichisme de plus pour ceux qui s' ennuieraient à lire la suite...tiré de www.blogtdgas.com)
C’était pas le fauteuil de Bokassa mais bon, il roulait sûr dans le long corridor de la clinique, poussé par une jeune infirmière au foulard bleu clair. Même ici, les femmes marocaines et quelle que soit leur fonction, respectaient scrupuleusement leur religion.
C’est la jambe en l’air et en accent circonflexe que je pénétrai dans le bureau d’un médecin-chef. Première fois de ma vie que je me trouvais en situation si peu respectueuse d’une haute compétence médicale !
Il m’aida à me relever, me coucha précautionneusement sur un lit (ça c’était bien agréable…) et d’un doigté irremplaçable, me palpa la zone douloureuse.
Ses mains fines et blanches attouchaient, pressaient, recherchaient avec minutie l’impact de choc sur toute la surface de mon pied. Elles s’arrêtèrent infailliblement là où mes cris leur rappelèrent qu’elles étaient arrivées à l’ endroit le plus sensible.
« On va vous faire des radios…me dit-il… pour moi c’est une méchante entorse avec arrachement de ligaments…mais bon, on va vérifier. »
Retour sur le fauteuil et promenade à travers les étages de la clinique pour atteindre la pièce technique.
Dans l’obscurité ambiante, un long bras robotique prit deux clichés de mon pied.
Le diagnostic était imminent. J’allais enfin savoir.
Un bon croquis valant mieux qu’un long discours (ce n’est pas de moi mais de Napoléon Bonaparte…) j’essayais péniblement de lire sur l’écran lumineux ces masses grisâtres et fantomatiques…Je ne décelais rien, qu’un faible dégoût de mon squelette dans la tombe !!!
Le médecin m’aida à y voir plus clair : « c’est bien ça, vous avez une entorse mais attendons l’avis du traumatologue. »
Traumatologue ou cardiologue ? J’ savais plus.
Au bout de quelques minutes, le grand spécialiste arriva avec tout son aréopage.
On recommença à m’articuler le pied, à me le désarticuler, à le basculer à droite, à gauche, et à me faire hurler.
Puis, cinglant comme une gifle bien envoyée, le verdict tomba :
« C’est une fracture ! En principe cet os situé sur le côté du tarse ne se brise jamais…(c’était bien ma veine !)
On va résiner pour 6 semaines et on vous hospitalise 48 H. Des questions ?
- Heu… non… Enfin si…c’est grave docteur ? »
Je me souvenais d’un proverbe chinois qui disait que celui qui ne posait aucune question, resterait bête toute sa vie.
Mais mon grand spécialiste avait déjà tourné les talons et moi je restais bien dans ma bêtise. Et il me fallait croire ce thaumaturge sur paroles car il n’avait même pas pris la peine d’ examiner mes radiographies !
A partir de ce moment, une logistique implacable s’abattit sur moi.
Installation en chambre, déshabillage, piqûre d’anticoagulant, mise sous perfusion dare-dare et prises de tension régulières.
Puis un paquet de bandelettes bleues arriva (décidément tous les accessoires étaient bleus ici !) et se vida sur mon pied. La résine mouillée et habilement entourée autour de ma jambe m’immobilisa d’une manière irréversible.
La bouteille d’anti-inflammatoires fit suite au sac de glucose et vice-versa. Mais le goutte à goutte marchait mal, ma jambe chauffait et… ma tête aussi.
« On doit être une œuvre d’art ou porter une œuvre d’art » écrivait Oscar Wilde dans ses Phrases et Philosophies.
Mon œuvre d’art à moi mesurait 51 cm de long, tirait sur le bleu des mers du sud mais restait rigide, lourde, inodore et insipide…beeerk …drôle de nuit orientale !
(à suivre...)
Publié par little stella à 11:01:40 dans Radio médina | Commentaires (8) | Permaliens
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