Ainsi ...avec deux appels téléphoniques bien synchronisés, tout fut décidé sans le moindre accroc, dans une seule volonté commune de se retrouver à trois, de se redécouvrir ailleurs et peut-être autrement...qui sait ?
Le programme s'élabora rapidement entre Sabine et moi, car cette idée venait d'elle, en fait . Elle l'avait finement suggérée à Pierre, qui accepta .
Un p'tit resto sympa et le Jazz Band de la région...ça devrait lui plaire. Ensuite, on verrait .
Je restais pensive une bonne partie de l'après-midi. Aurais-je dû refuser ? ...et refuser quoi ? Le plaisir d'être ensemble ? Ineptie ... Hésiter ? Tout arrivait si vite. Pourquoi Sabine avait-elle pris cette initiative ? Pourquoi avait-elle voulu bousculer le temps, le temps, cet élément impalpable mais intrinsèque à toute relation, le temps qui efface ou remet au jour les remous de l'âme...
Mon âme, elle en était où ?... Bleuie, malmenée, cinglée par un amour violent quoique pudique, lasse d'attendre, prête à tout abandonner ( ainsi j'en avais décidé en ce début d'année...) et soudain, en un quart d'heure, replongée dans une "galère" vieille d'un an, qui allait revivre ce soir-là plus oppressante que jamais .
Des élans d'amour, d'amitié, d'amour-amitié, émaneraient de trois personnes à la fois . Arriverais-je à réguler mes palpitations, faire bonne figure, adopter la juste attitude ?...
Hésiter...aussi peut-être...pour une autre raison. Pour qui Pierre avait-il accepté l'idée de nous inviter toutes les deux ? Qui l'attirait le plus ...ou quoi ?
Tout dans ma tête prenait l'allure d'un jeu dangereux où les partenaires ne connaîtraient peut-être ni les règles, ni les interdictions.
Tricher ?... Non...certainement pas . Ni Sabine, ni moi, ne le supporterions . L'entente demeurait tacite entre nous . Nous sortions pour partager une émotion commune, faite de retrouvailles sereines, dans un bain alimento-culturel, vivifiant (pensions-nous ...) et de plus, nécessaire à éclaircir une situation amoureuse "complexe", la mienne .
Sabine n'en démordait pas. Il fallait en finir avec mes ambiguités sentimentales, poser un regard nouveau sur ce personnage fascinant, certes, tissé de charmes et de subtilités, mais si fuyant, si inaccessible pour moi, idéaliste, qui jurais sur l'Amour Absolu, la Paix bienheureuse .
Publié par little stella à 19:16:38 dans Arsouille ! | Commentaires (0) | Permaliens
( Nenetse de Cendrine Rovini )
C'est l'histoire...
d'une femme de trente cinq ans, partie à la recherche du Pays des Merveilles.
L' Amour la malmena mais l' Amitié la sauva.
De Prince Charmant...point ...de merveilles ...non plus ...
Que la seule certitude d'être à la fois une et multiple, dans la bouleversante découverte d'elle-même .
.....un samedi après-midi de janvier 88
le téléphone sonna.
" Pierre va t'appeler ! ( c'était Sabine...)
- ça va pas ? Il m'appelle jamais !" La communication fut brève mais tonique.
Je reposai le combiné, émue et déjà pleine d'attente... Deuxième sonnerie...C'était ...LUI !
" Tu fais quoi ce soir ?... ( Je reconnus la voix chaude et légère que je n'avais pas entendue depuis trois mois ...)
- Rien ! " répondis-je. Le "pourquoi" s'avérait inutile. Sa question ressemblait trop à une invitation.
Je tenais une intime conviction : on allait se voir, mais cette fois-ci à trois !
"Je passe te prendre vers 21 h...ajouta l' Arsouille...
Nous irons chercher Sabine à la sortie de son travail...Tu sais où c'est ?
- Oui, rue Jean Jaurès... à Chambéry
- ça te fait plaisir ?
- Absolument...mais...dis-moi, seul au milieu de deux nanas, c'est pas un peu gênant ? "
Comme d'habitude, il esquiva la réponse mais l'accord s'était conclu . Je compris très vite qu'aucun problème ne se posait. La situation se présentait d'une manière assez insolite pour le tenter, l'intéresser.
Le contenu de la soirée importait peu. A trois les idées ne manqueraient pas !!
( à suivre...)
Solange Arcamone
Publié par little stella à 12:01:45 dans Arsouille ! | Commentaires (2) | Permaliens
(Nymphéas de Monet)
Solange Arcamone
Publié par little stella à 16:59:31 dans Emotion | Commentaires (2) | Permaliens
Seins déja lourds de désirs et d'orgueil
Vous me rendiez puissante au monde entier
Et mes soins assidus vous calfeutraient
Entre soie et dentelle, rien que pour l' oeil.
Beauté charnelle arrachée au sommeil
Parfois vous succombiez aux caresses
D' une main solitaire et maîtresse
Quel péché, oui bien sûr mais quel éveil !
Pudeur insolente, excessive
Que d' amoureux vous avez repoussés
Quand l' heure était propice aux hyménées
Quand la passion grandissait lascive...
J' étais belle et pleine de bêtise
Ignorant que de mon simple appareil
J' aurais pu déclencher des merveilles
Et goûter au bonheur d' Arthémise,
Vraiment, quel outrage à mon bel âge !
Publié par little stella à 14:53:48 dans Instants donnés | Commentaires (0) | Permaliens
Indécent...au regard de ceux qui n'ont plus rien .
Ils sont là, assis par terre, ramassés sur leurs baskets ou debout en colonnes de désespoir...Ils attendent le camion...comptent les minutes de retard ...
Dès le premier tréteau installé, ils avancent, le pas rempli de lassitude... Glups dans son long manteau blanc, appelé "Blanche-neige", le poète camé qui vole des bagues pour nous les offrir, Jésus qui ne comprend pas pourquoi "je fais ça", Pierre...le philosophe mais ausssi l'éternel looser auprès des femmes, le "Macédonien" aux grands yeux verts...qui ne sait plus si son père ou sa mère existent encore, Odette et ses quatre enfants errants, intenables mais si débrouillards pour débusquer les barres chocolatées...et tous les autres...faciès sans nom...visages sans lueurs...peu à peu complètement éteints par la nuit .
Ils sont là, serrés les uns contre les autres, heureux de nous voir , fidèles au rendez-vous .
Certains languissent la poignée de main...de cette main libérée de son gant de plastique, de cette main qui leur rendra...pour quelques secondes...une once de dignité .
Ces pauvres-là ne sentent ni bon ni mauvais.
Ils sentent tout simplement ...l'abandon .
Beaucoup prennent un chien avec eux car ...voyez-vous...
C'est dans les poils de leur bête qu'ils trouveront, une fois le camion parti, comme dans un dernier abri d'urgence...un peu plus de saveur à leur nécessaire lapée...de ...soupe .
Solange Arcamone
Publié par little stella à 00:17:19 dans Interdépendance | Commentaires (0) | Permaliens
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