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Lettres de coeur

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Arnaque aux sentiments ? | 20 novembre 2009

                                  Jeux d’ombres mais pas de mystères.

Au royaume de l’amour africain, il n’y a d’aveugles que les femmes en mal de vivre.
Veuves ou divorcées, au seuil de leur vieillesse, elles soignent leur vie affective naguère difficile. Et pour échapper à une solitude dégradante, elles sont prêtes à tout céder : leur corps, leur toit et leur compte en banque.

 

Viviane, 55 ans...

              

Elle n’a d’yeux que pour lui. Lui, le rasta-boy qu’elle a rencontré sur un tchat internet et qu’ elle est venue rejoindre à Agadir, voilà 2 ans maintenant.
Le grand enfant n’a jamais caché ses exigences. Bon train de vie et 4x4 à disposition !

Prodiguant à son européenne attentions et épanouissement sexuel, il a tout obtenu d’elle au fil des mois.
Elle, feint de ne rien voir, pas même les 25 ans d’âge qui les séparent. Elle sait pourtant, elle doute parfois, mais préfère encore le mirage de l’amour à la réalité de l’ arnaque aux sentiments. La nouvelle page blanche de sa vie aura les reflets de l’écume joyeuse au soleil, jour après jour.
Dans les locks sautillantes de son dieu d’ébène, elle imprime ses derniers choix de femme libre.

 

Nadine, 62 ans…

                      

Son excursion à Ouarzazate l’a hissée au sommet de la passion.
Abdou, le jeune vendeur de bijoux touaregs a conquis le cœur de cette franco-belge au passé douloureux. En peu de temps, elle va le suivre jusqu’ à Essaouira où il a décidé de s’ implanter et de tenter sa chance. C’est elle qui a choisi l’appartement, qui paie le loyer chaque mois et qui, au bout de 4 ans d’une liaison sans histoires, a même acheté le fond de commerce. Son bonheur n’a pas de prix…

 

Marie-Jo, 57 ans…
Epuisée par 30 ans d’éducation spécialisée, elle prend une année sabbatique pour se refaire une santé dans la plus envoûtante des villes impériales :


    

Fès ! Là-bas, elle craque pour un riad, en fait l’acquisition et le rénove à grands renforts d’euros.
Très vite, son maître d’œuvre local, son homme de confiance, devient l’homme de sa vie.
Cette idylle marocaine lui ouvrira les portes d’une reconversion touristique inattendue. Mais elle doit cependant rentrer en France pour terminer sa carrière mise entre parenthèses pendant 12 mois. Et c’est Rachid, tout naturellement, qui se retrouve gérant de la maison d’hôtes !

 

Fabienne, 60 ans élégamment portés…
Le temps n’a eu que peu d’emprise sur son corps resté encore svelte.
Mariée, elle vit à Marrakech dans une superbe villa construite avec son époux pour abriter leurs années de retraite.


                 

Sous l’ombre des palmiers, sa nouvelle vie indolente manque d’agitation, de piment. Est-ce pour cela qu’elle a cédé au charme de son jardinier ?
Egarement de vie qui l’a expulsée de sa prison dorée…Son divorce précipité a détruit 40 années de parcimonie à deux, a pulvérisé l’affection de ses enfants. Famille explosée !
Fabienne s’entête. Elle choisit l‘ aventure à la tranquillité monotone. Le partage des biens de la communauté lui a permis d’acquérir une autre maison, certes plus modeste mais tout de même confortable. Elle y coule des jours heureux avec Ali, plus jeune qu’elle de 18 ans.

 

Ces femmes-là, comme toutes celles qui ont choisi de reprendre un jour le chemin de l’ émancipation, ne sont pas des héroïnes de romans, des "Madame Bovary" .
Je les ai croisées, bien vivantes, bien réelles. Elles ont définitivement banni de leur langage le mot « sécurité » pour le remplacer par un autre, « découverte », ce mot porteur de fraîcheur, d’invention, de confiance. Dans leur troisième cycle de vie, elles ont toutes opté pour la marginalité. Quelle folie pensez-vous ? Peut-être, mais quelle énergie aussi !
La sagesse revenue, elles assumeront de toute façon leurs décisions, leurs illusions ou leurs erreurs jusqu’ au bout. En attendant, elles auront pris du présent le nec plus ultra. Et c’ est ainsi que dans une étourdissante cure de jouvence, elles verront s’ éloigner le spectre de la grande vieillesse.

 

Publié par little stella à 09:25:34 dans Bonheur | Commentaires (4) |

21-11-2009  17:03  21-11-2009 17:03
Désolée  De  Little stella  Sujet:  Désolée Url: [Liens]
pour le choc que je t' ai provoqué Elisabetha ! Le choc des "vieux cons " est pas mal non plus...mais c' est bien vu !! A bientôt, peut-être sur une autre calèche.
21-11-2009  16:59  21-11-2009 16:59
Frissons...  De  Little stella  Sujet:  Frissons... Url: [Liens]
...tu as trouvé le mot juste Elisanne. Tu connais si bien les femmes !... Clin d' oeil et sourire
21-11-2009  08:27  21-11-2009 08:27
ces femmes  De  elisabetha  Sujet:  ces femmes Url: [Liens]
que tu nous dépeins avec grande sobriété, elles soufflent un vent marin sur ma propre révolte: il y a que les "vieux" cons qui peuvent avoir des jeunes femmes, et toi on te traite de vieille, dés que tu as cinquante ans. en plus, j'ai eu un choc en revoyant la photo des calèches à Marrakech! çà fait bizarre de plonger dans cette enfance au quelle je ne pense jamais. bises l'artiste! tu sais comment venir sur mon blog, en ignorant mon url qui est faux.
20-11-2009  16:22  20-11-2009 16:22
Femmes  De  Elisanne  Sujet:  Femmes
j'aime ces portraits de femmes, fragilité, force, éblouissement, peur devant le temps qui passe, dernier souffle avant le grand saut... frissons, Femmes... Bon week-end dans ce pays de lumière...

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