Un navire, un vaisseau vers l'infini ou vers l'Idéal, la Hollande selon Baudelaire. Pourquoi ?
Le navire pour l'Idéale a des amarres trop lourdes qu'on a du mal à détacher.
La voile brûlée par des marins ivres de s'être fait voler la Lune un soir éteint.
Sans voile le monstre des mers dérive, ainsi s'évanouit le songe de l'Idéal. Bientôt la coque frappe des rochers déjà sanguinolents.
Une partie de l'équipage achève sa quête, mais les marins les plus déterminés s'échappent en radeau d'espoir.
Un marin voit son espoir s'éteindre car quelqu'un quelque part a soufflé en même temps que le vent dans la vague.
Il le poursuit un moment, cet espoir, puis s'arrête. Il se retourne, voit tous ses anciens espoirs échoués le long de la grève. Il pleure. Il se replie sur lui-même. Hésite à se jeter dans cette vague qui a emmené son espoir. Mais non. Trop facile.
Lutter, respirer- contre le courant, contre la pesanteur du corps qui toujours appelle vers les profondeurs. Remonter vers la lumière et enfin, oublier le flot. Oublier que l'attraction te prend, élève toi, léger.