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Parole de pendu:
"Je ne déraisonne pas la mort, je la lessive, je la mine avec mes expositions de chairs et les oiseaux noirs qui me bougent. Je demeure à la croisée de ce chemin, privé de dignité et voué à un certain culte des voyageurs à pied qui, loin de s'éloigner par le champs attenant pour reprendre l'Ambert plus bas dans la vallée, se livrent à des attouchements, des acrobaties manuelles, des curiosités de bâton et de pointes de couteau (un morceau de pendu est prétendu votif voire miraculeux mélangé à de la bardane et décoction faite, bu d'un trait après complies et cloches lugubres).
Que disais je , je perds l'esprit, le vent me saoûle, je voudrais dépendre et aller d'un bon pas vers la ville mais de guerre lasse et crocheté ainsi, je demeure immortelle carcasse aérienne et creux comme mangeoire offerte aux corbeaux et aux fantassins de Compostelle qui me dépiautent lambeau par lambeau.
Viendra l'usure des cavités et des peaux parcheminées, je partirais par la terre au pied de ma potence mais que vienne l'instant d'une femme miséricordieuse qui, loin de s'approcher de ma répugnante silhouette dévorée, m'enverrait un signe de mère à son enfant meurtri. Par les pleurs du pendu, entre les larmes du paria, j'ouvrirais alors le verrou des immortalités."
Publié par lorca à 04:10:28 dans montestaure | Commentaires (0) | Permaliens
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