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LA SAGA DES KROS

Les vraies origines de l'humanité

BÂTONS ROMPUS | 30 avril 2008

 

BÂTONS ROMPUS

Pour m'y sentir bienvenu, chez les Ch'tis, j'ai pas attendu le film.
De là à dire qu'ils sont mieux que les autres ... je me garderais bien de toute discrimination, fût elle "positive". Il n'y a pas de discrimination positive. Dès lors qu'on applique à telle ethnie, telle race ou tel groupe humain une différenciation qualitative, dans un sens ou dans l'autre, on justifie le racisme. Et (bien évidemment) il y a partout des personnes pas fréquentables.
On peut à la rigueur expliquer globalement certaines particularités régionales par une culture, des traditions, une vie "à la dure" qui dans le Nord minier aurait favorisé un climat de solidarité, une forme d'empathie. Sans que cela soit vérifié dans les gènes, on peut admettre, oui, que la transmission d'une "éducation par l'exemple" soit à l'origine de ces caractères généraux.
Mais voyez-vous, je ne suis pas spécialiste de ces questions et je ne me risquerai pas à cette analyse.

Je ne dirai des gens du Nord que ce que j'en ai vu, moi.

J'avais fait le tour des imprimeurs de France, de Navarre et d'ailleurs pour trouver celui qui me permettrait de réaliser un rêve : publier mon premier ouvrage, en faire un bel objet, pas un truc d'amateur. Quelque chose de bien. J'avais écrit un peu partout et reçu une cinquantaine de devis (pas moins). Ayant peu de moyens, je commençais à loucher sérieusement sur les propositions de pays voisins (Espagne, Italie, Belgique) et même sur celles des pays de l'Est, jusqu'à 3 ou 4 fois moins chers que la moyenne française.
Là, tout près, à Paris, j'avais eu un bon prix aussi.
Mais renseignements pris ils faisaient imprimer dans les Balkans et n'étaient que l'intermédiaire qui se faisait du lard sur le dos de slaves (prononcer à l'anglaise) en se positionnant juste comme il faut pour se gaver en restant un peu moins cher... je ne pouvais pas travailler avec ces vautours. Et même pas tellement par principe humaniste, vous savez. Mais quel genre de boulot m'auraient fait des gens si pressés de mégoter ? Hmm ?

Mes recherches, m'ont conduit dans le Nord de la France où se trouvait la plus grande concentration d'artisans relativement pas trop chers pour une qualité correcte. Je suis parti vers Lille et suis resté 2 jours en quête de la perle rare.
Après avoir visité quelques boites sans avoir trouvé vraiment mon bonheur et à deux doigts de rentrer à Paris, j'entre dans un cybercafé pour affiner ma recherche. Sans grande conviction, j'échange quelques mots avec le maître des lieux, tout en consultant les pages jaunes en ligne, quand il me lance : "Un imprimeur qui peut vous faire de la BD ? Attendez, j'ai un copain ... faut que je retrouve sa carte ...". Au bout du 4ème tiroir retourné, il me tend un bout de carton.
C'était la carte de Bruno.

Fallait encore la trouver, l'imprimerie dans ces vieux quartiers de Roubaix où rien ne ressemble davantage à une maison en brique rouge sombre qu'une autre maison en brique rouge sombre.
Réflexe de "Parisien", j'entre chez un commerçant pour demander mon chemin.
Mais c'était quelques jours avant Noël, et le commerçant était un charcutier traiteur avec une file d'attente digne d'un bureau de poste à l'heure de pointe. A peine le temps de me raviser et de ressortir, je suis accueilli par un "bonjour" auquel je réponds (un peu embarrassé) que je cherche mon chemin et que ce n'est sûrement pas le bon moment.
Et là, surprise. L'artisan s'interrompt, me demande le nom de la rue. Ne sachant pas me renseigner, il s'essuie les mains et va chercher un plan de la ville, puis prend le temps de m'orienter : "2ème à gauche, 3ème feu à droite ..." sous l'œil patient et bienveillant de la file de clients. J'étais scié ...

Et puis Bruno, mon pote l'imprimeur.
Mon idée, ma démarche, ça lui plaît. Il m'invite à manger, on discute de mon projet, c'est ok : il va me le faire mon bouquin. Et comme je le veux, cousu et sur du beau papier. Et pas trop cher. C'est son coup de pouce, qu'il me dit.
Ben vous savez quoi ? Bruno ... quand il m'a livré tous mes exemplaires du tome 1 des Kros, je n'avais pas signé le moindre bon de commande, le moindre bon à tirer. J'avais juste été invité à regarder les premiers tirages de la couverture, avant un autre repas offert (mais si, mais si laisse-toi faire Patrick, tu as fait 200 bornes d'autoroute pour venir, tu es mon invité) et les premiers tirages des pages intérieures après ce même repas.
Tout s'était fait au feeling, à la confiance, à l'amitié donnée.
Il a pas besoin de boulot Bruno, sa boite tourne même le week-end et depuis ils ont déménagé pour un atelier plus spacieux dans une ville voisine, avec de nouvelles machines. Faut dire que ça bosse, dans le Nord. En plus.

Voilà ... c'était en quelques lignes le récit de ma première incursion chez les Ch'tis.

La prochaine fois, on y retourne puisque je parlerai de la dernière édition du Printemps de Faumont. Je parlerai aussi d'autre chose, en rapport avec le dessin d'aujourd'hui.

Publié par Arawak à 09:07:13 dans EDITORIAL | Commentaires (4) |

AIMÉ CÉSAIRE | 17 avril 2008

 

Aimé Césaire est décédé aujourd'hui. Il avait 94 ans.
Ce dessin - caricature au crayon réalisée il y a près de 20 ans - a déjà été publié sur le blog, en 2006.

Beaucoup de respect pour vous M. Césaire ...

Publié par Arawak à 13:06:08 dans EDITORIAL | Commentaires (18) |

BIENVENUE CHEZ LES CH'TIS | 04 avril 2008



Quelques mots vite écrits pour vous dire que je serai ce week-end au Printemps de la BD de Faumont (Nord). J'y retrouverai quelques camarades pas vus depuis longtemps et les ch'tis qui m'ont accueilli comme ils savent le faire ... en toute simplicité et avec plein de soleil dans le cœur.

Je n'y étais pas au printemps dernier, mais Faumont c'est un peu un pèlerinage puisque c'était mon tout premier festival de BD.

J'y passerai sûrement un très bon week-end.

Je profite de ce billet pour un petit clin d'œil à une petite entreprise et à son patron très sympa.
Comme beaucoup de dessinateurs je consomme pas mal de crayons et bien sûr on ne peut jamais aller jusqu'au bout d'un crayon. La plupart du temps on le jette quand il en reste quelques centimètres et qu'on ne peut plus le tenir de façon confortable. Pas moi.
Je me suis toujours dit que je trouverais une façon de les fixer, et de les utiliser jusqu'au bout.
Mais notre petit monde hyperconsumériste qui ne parle d'écologie que pour flatter l'électeur ou le chaland et satisfaire des intérêts immédiats, est trop heureux qu'on repasse à la caisse le plus souvent possible.

Et ça y est : j'ai trouvé un site web qui – en plus d'avoir la bonne idée de proposer toute une gamme d'articles pour gauchers (et je le suis moi-même) – compte à son catalogue un petit objet très pratique : celui que je cherchais en vain dans les magasins d'art. Un porte crayon. Je pourrai désormais aller jusqu'au bout de mes crayons, et les dizaines de petits bouts que j'ai conservés pourront enfin avoir une deuxième vie.

Je vous invite à découvrir ce site, plein de surprises et plein d'humour : http://www.lamaingauche.com/fr/ où vous pouvez commander des ciseaux, un économe, des couverts à poisson, un stylo plume et plein d'autres articles pour gaucher.

A très bientôt ...
Arawak

Publié par Arawak à 07:02:23 dans EDITORIAL | Commentaires (14) |

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