Mes chers amis, cet article se situe dans la logique néolibérale dont j'ai dénoncée l'incompatibilité d'avec nos valeurs démocratiques dans plusieurs articles de ce blog. (2)
Je propose de démontrer dans cette analyse à quel point les thèses défendues par A. Reyes sont dans la droite ligne du Malthusianisme, de l'Hooverisme et du Le Bonisme; c'est à dire parfaitement incompatibles avec la démocratie. Je démontrerai aussi que mademoiselle Reyes prêche, j'ose l'espérer par ignorance politique, non seulement pour le déclin de la société occidentale mais aussi, pour un courant proche voire assimilable au nazisme à travers le darwinisme social qu'elle défend, ce que de nombreux philosophes nomment " le bio-politique".
Je rappelle aux lecteurs que le précaire est, selon les dictionnaires communs, ce qui est incertain, aléatoire, passager; ce qui est par suite d'une autorisation toujours révocable, dont on ne peut garantir la durée, la solidité, la stabilité; susceptible de changer à chaque instant. La précarité est le contraire de la sécurité. La précarité est l'ordre naturel des choses dans un système de société néolibéral.
Mademoiselle Reyes débute son article par un postulat : La précarité devrait être la règle commune de nos sociétés. Elle ne me dit pas comme cela, elle dit « il y a un point où la précarité et la pérennité se rejoignent »
Dans son article, elle estime que nous sommes des « homo consommator » avides , égoïstes et « sans foi », incapables de la force nécessaire pour vivre simplement, encore moins pour vivre librement comme jadis G. le Bon estimait que le Peuple était incapable de Liberté parce que impulsif, sans esprit critique, prisonnier de ses désirs et emprisonné dans l'exagération des sentiments. Les mots ont changé, mais le discours est le même; c'est le discours d'un courant pessimiste à l'égard du Peuple que l'on cherche constamment à culpabiliser quand il vit dans un système d'injustices que l'éthique devrait condamner mais que l'on sanctifie en travestissant le mot liberté..
Alina Reyes nous dit : « Ne te laisse pas posséder par ce que tu possèdes ou désires posséder ... pour cela tu dois combattre chaque jour contre toi-même », apprendre ainsi démuni à vivre pleinement sa vie. Et notre auteur de prendre en exemple les migrants des pays pauvres qui peuvent prétendre jouir de la liberté en tant qu'aventuriers de la vie parce qu'ils n'ont pas peur de perdre leur biens du jour au lendemain... Fort bien ... Mais peur de perdre quoi ...? Puisqu'ils n'ont rien pas même le droit au respect de la dignité! Sont-ils plus libres pour autant ..?
Hier mes chers amis, pour être pur et mériter la richesse spirituelle au Paradis, il fallait être pauvre, aujourd'hui, pour être libre, il faut être démuni ... les mots changent mais là encore le fond du discours reste le même.
Ne rien demander, se débarrasser de notre propension à exiger étant prisonniers de l'assistanat quand de son côté la vertu de précarité nécessite l'abandon de l'exigence de garanties; « La précarité est porteuse de grandes angoisses, jusqu'au moment où l'on s'est assez combattu soi-même pour l'accepter pleinement »
Il ne s'agit donc plus de tenter d'éradiquer la précarité , mes chers amis, ni de combattre ceux qui la génèrent ou en profitent; il s'agit de se battre contre soi-même pour l'accepter pleinement ... affligeant d'audace et de cynisme ! Ne rien demander, mais prendre; non pas des garanties mais de petites libertés dans l'espoir de plus grandes un jour ou l'autre. Se comporter en opportuniste, non pour changer la réalité qui nous entoure, mais pour s'y adapter en y perdant le moins possible ...
Ne rien attendre de la société car elle est notre « pire ennemi ». Comme l'hooverisme qui prônait les dangers de tout aide publique aux citoyens en difficulté parce qu'elle ferait obstacle au fonctionnement efficace de l'économie, qu'elle décourageait l'effort et entraînerait le désoeuvrement du paresseux en favorisant l'assistanat; Reyes estime que la société providence est notre pire ennemi ! Elle dit la société, mes chers amis, elle ne dit pas l'Etat, et cela est encore bien pire en réalité. Non pas l'Etat, disais-je, mais la société, c'est à dire vous, moi, les autres. Comprenez, mes chers amis, que dans un monde dans lequel la précarité devient la norme commune, notre camarade de travail, notre voisin, nos amis, voire nos parents sont potentiellement nos ennemis car susceptibles de profiter de ce qui fait défaut et que seuls les plus opportunistes, les plus forts peuvent espérer obtenir. La société devient ainsi notre ennemi comme le plombier polonais est notre ennemi, comme l'immigrant est notre ennemi, société sans fraternité, société déshumanisée, société décadente mais société libre, libre mais sans la fraternité, libre mais sans la solidarité, libre mais impitoyable ...
Pour mademoiselle Reyes, il faut donc admettre la précarité comme le modèle de vie des individus et d'organisation de nos sociétés jusqu'au moment où « la condition primitive de l'homme devient tout simplement le mode idéal de l'existence, le seul mode d'existence et de vie possible, la seule révolution permanente »
Mes chers amis, les néolibéraux se sentent forts et n'hésitent plus à tomber le masque. La société néolibérale est un retour aux lois de la jungle, c'est une récession jusqu'aux cavernes, infâme société du soupçon, où les individus s'épient les uns les autres, où la loi du plus fort triomphe. Darwinisme social, mes chers amis, les plus faibles, les moins armés sont exclus de la communauté. Ce que d'aucun nomment la Bio-politique. Après le « laissez faire, laissez aller » survient un discret « laisser mourir » fatalement, un jour, un « faire mourir » tout aussi discret comme la société étasunienne a fait mourir ses pauvres de Louisiane laissant se produire sans prévention un désastre annoncé depuis des années, comme elle a laissé mourir ses pauvres le désastre accompli, comme les Africains meurent de maladies moyenâgeuses quand nous mettons ce génocide exclusivement sur le compte du Sida. Le même qui atteint le riche occidental, et cela nous rends moins coupable, moins responsables de laisser faire tous ces crimes. Faire disparaître les faibles comme la libre concurrence fait disparaître les entreprises les moins performantes. Alors la précarité devient un mode de domination d’un type nouveau, fondé sur l’institution d’un état généralisé et permanent d’insécurité visant à contraindre les individus à la soumission, à l’acceptation de l’exploitation, et ceux qui refuseraient de suivre ou, pire encore, ceux qui ne pourraient pas suivre, seraient alors laisser pour compte dans l'indifférence et la non-culpabilité générale.
Mes chers amis, « La Shoa a eu lieu. Comment cela a-t-il été possible? Et qu’est-ce qui fit qu'elle fut possible, que cette horreur devint la réalité ? Pouvons-nous discerner dans notre réel quelques prémices qui feraient que, d’une manière ou d’une autre, une horreur de même type en vienne à se réaliser une seconde fois ? Car le nazisme, mes chers amis, se distingue du fascisme par le recours organisé à la sélection, par la mise en place de fait et de droit de manière systématique à un plan d'extermination. Peut importe qui est la victime de cette sélection et de cette extermination, dès l'instant où ce plan existe. Nous devons reconnaître la singularité du nazisme, et pour donner un sens à cette reconnaissance, nous devons fonder une dialectique entre la mémoire du passé et la critique du présent, dans le but de mettre en lumière les fils multiples qui relient notre monde à celui, bien récent, dans lequel est né ce crime et y voir les dangers que le néolibéralisme fait courir à tous les individus.
Un danger immense, inconmensurable...
1) http://amainsnues.hautetfort.com/archive/2006/03/20/vertu-de-la-precarite.html
2) http://www.blogg.org/blog-31810-date-2005-12-29-billet-266866.html ou
http://www.blogg.org/blog-31810-date-2006-01-02-billet-268611.html
Publié par demos à 17:39:41 dans Le fatalisme. | Commentaires (19) | Permaliens
De son côté, le Premier ministre est à présent isolé, abandonné par son mentor; il porte seul dans les bras la dépouille de son protégé non sans l'espoir d'un miracle. Le voilà croyant maintenant ce triste matérialiste, dans l'espérance lui aussi, forcément envahi d'exigences chimériques tandis que le spectacle de son deuil justifie pour l'assembleur de nuées qu'il est devenu, le jugement de sa déperdition politique en même temps que le salaire mérité d'un échec personnel causé par une politique suicidaire. Pour de Villepin, tout espoir de s'élever à la fonction suprême semble anéanti. Et dans cette généalogie degénéréscente et trisomique, le patriarche CNE, le fameux contrat nouvelle embauche issu, lui aussi, d'un germe politique humainement modifié par la cupidité néolibérale, devrait à son tour suivre le funeste destin de son clone CPE.
Chute des grands et petits venins qui faisaient fi de la précarité de nos enfants, des petites gentes aussi, et dont le destin tragique vit le fils trépassé avant le père. Comble de l'injustice, n'est-ce pas, quand l'enfant meurt avant celui qui l'a enfanté et quand le vieux plutôt que de s'éteindre paisiblement expire dans une lente agonie ...?Cette agonie, je ne l'invente pas; c'est celle que s'apprête à faire subir l'autorité judiciaire au CNE. La Justice de ce pays à une griffe de chatte aiguisée par 100 ans de jurisprudence sociale, et de la lecture des premières décisions rendues dans le cadre des conflits nés du CNE se profile un diagnostic très sombre pour le perclu ... Il y a quelques jours, un patron voyou à été condamné à 17 500 euros de dommages et intérêts pour rupture abusive de la fameuse période de consolidation. Comme une menace, les juges n'ont pas manqué de préciser dans leur attendu que « le CNE était destiné à favoriser de « nouvelles embauches » et non à être utilisé dans le seul but de précariser la situation d'un salarié et d'éluder le droit du licenciement ... Violente morsure qui ne manquera pas d'infecter la famille des faux-contrats CPE et CNE car c'est une chose de dispenser l'employeur de motiver un licenciement, c'en est une autre de croire qu'il peut licencier sans motivation ... Cela le gouvernement n'y avait pas pensé, ou plutôt, il a une nouvelle fois menti non seulement aux Français mais aussi aux entreprises ...
Mes chers amis, on ne tire pas un trait sur cent de jurisprudence sociale et d'acquis chèrement gagnés dans la lutte, toujours avec sacrifice, souvent à l'issue de négociations menées intelligemment ... Tout cela le gouvernement l'avait oublié mais la doctrine pas, les juges pas, la Justice pas, le Peuple non plus; tout est écris d'avance dans cette lamentable offensive néolibérale qui n'en finira pas de se casser les dents sur un modèle allergique à la précarité ...
Maintenant, non seulement nos juges exigent un motif de licenciement, mais ils n'accepteront pas n'importe lequel ... conformément soit dit en passant, à l'avis rendu par le Conseil d'état lors des travaux préparatoires à l'élaboration du CNE ... Licencier sans fournir de cause au « titulaire » certes c'est légal depuis le CNE, mais seulement pour deux raisons : l'insuffisance professionnelle, ou la cause économique. Par conséquent, sauf à respecter ces deux conditions, la procédure expéditive du CNE est insuffisante et l'employeur devra se conformer au droit commun des licenciements. Certes, c'est au salarié de supporter le poids de la preuve - belle mentalité que celle de faire supporter à la partie économiquement la plus faible le poids de la preuve - mais dans ce parcours du combattant, le titulaire remercié aura le juge comme allié. Et comme il ne pourra obtenir le motif de son licenciement qu'en saisissant les tribunaux, il faut s'attendre d'ici quelques mois à une escalade des actions en justice à l'encontre des employeurs. Vous devez vous convaincre, mes chers amis, que les gens, et c'est bien naturel, voudront savoir pourquoi ils ont été remercié quitte à devoir ester en justice pour le savoir et par là même en contester les motifs ... Les patrons-voyous se croyaient protégés par un contrat scélérat, ils vont goutter eux aussi aux vertus de la précarité juridique. Demain, si le CNE et le CPE se maintiennent, les Conseils de prud'hommes seront à la porte de leur entreprise; l'horreur absolue des petits patrons plantée juste devant le paillasson du bureau d'entretien préalable au licenciement ... Quelle leçon magistrale les juges viennent de donner à notre gouvernement de pendards ....!
Hier, les employeurs devaient justifier leur motivation aux salariés licenciés, sans contrôle du juge à priori, aujourd'hui c'est au juge qu'ils devront fournir la cause du licenciement. ... nous les plaignons les bons autant que les mauvais ...
Raisons économiques ... fort bien ... mais alors quand la situation s'améliorera il faudra songer à réembaucher le salarié licencié ou lui proposer le poste à pourvoir ... je n'invente rien, c'est la jurisprudence ...
Insuffisance professionnelle ... fort bien ... mais comme seulement 10% des salariés embauchés en CNE ont un Deug et 3% seulement bac +3, autant dire que la plupart des postes pourvus grâce au CNE sont sans aucune qualification, on voit mal comment les employeurs pourront convaincre des juges méfiants qu'ils auront du attendre trois mois, quatre ou plus pour s'apercevoir de l'insuffisance professionnelle d'un salarié affecté à un poste subalternes ... alors deux ans, mes chers amis, vu comment la jurisprudence réagit, il y a fort à parier que ce sera mission impossible et pour cause ...
Publié par demos à 17:03:18 dans DOSSIER ARCHIVES CPE | Commentaires (2) | Permaliens
Mes chers amis, Jean Lassalle n'est pas comme les gestionnaires de Blogg.org, quand on lui adresse un courrier, il y répond, et même si la réponse n'est pas individualisée, et pour cause, il a au moins l'avantage de prendre la peine d'un minimum de considération pour les gens qui le soutiennent comme blogg.org devrait avoir de la considération pour les bloggeurs qui participent à la réussite de son site ...
J'ai donc le plaisir de vous communiquer au dessus le mail que nous avons reçu ce matin de Jean Lassalle, j'espère que ce courrier incitera ceux qui ne l'ont pas encore fait de soutenir la démarche courageuse de ce représentant du Peuple en signant sa pétition en ligne ...
Merci pour lui ...
Signez la Pétition et soutenez Jean Lassalle
http://www.jean-lassalle.fr/Soutien.asp
"Cher ami,
Tous les jours je reçois des centaines de messages et d'appels téléphoniques de soutien qui me vont droit au cœur, m'encouragent, me donnent la force de poursuivre mon action...
Je ne peux hélas vous répondre à tous individuellement, mais sachez que je vous lis tous.
Je n'avais jamais imaginé, même si je me suis préparé à cette épreuve, que vous seriez si nombreux à mes côtés...à comprendre ce qui pourtant apparaît incompréhensible.
Vous êtes formidables...
Merci d'être au rendez-vous.
Ensemble nous pouvons peut être allumer une petite lueur d'espoir, pour que d'autres s'allument à leur tour.
Je vous assure de mes sentiments les plus chaleureux.
Jean LASSALLE"
Publié par demos à 16:30:45 dans Le fatalisme. | Commentaires (82) | Permaliens
LA MORT DES GOINFRES
L'expression "creuser sa tombe avec ses dents" peut s'appliquer à l'empereur Adrien (déc. 138), mort d'indigestion; l'empereur Antonin (déc.161), mort d'une indigestion de fromage; le roi Henri Ier d'Angleterre (déc. 1135), mort d'une indigestion de lamproies; l'empereur d'Allemagne Frédéric III (déc. 1493) et son fils, mort d'une indigestion de melon; l'écrivain Robert Green (déc.1592) mort d'une indigestion de harengs saurs et de vin de Rhin; le duc de Vendôme (déc.1712), mort d'une indigestion de poisson; le poète La Fare (déc.1712), Bourriquet Mac, mort d'une indigestion de carottes rapées; le philosophe La Mettie (déc.1751), mort d'une indigestion de pâtés de faisans; et enfin, le compositeur Glinka (déc. 1857), mort d'une hypertrophie monstrueuse du foie due à des excès gastronomique...
Publié par demos à 17:22:32 dans Récréation. | Commentaires (50) | Permaliens
Aujourd'hui, mes chers amis, quand un Député à le courage d'entamer une grève de la faim unique dans les annales de l'Assemblée nationale, on rit de son action. Et quand le visage de la conviction avec lequel ce pays devrait résister comme il le peut au néolibéralisme; quand ce visage prend les traits d'un illustre inconnu, on pouffe; on considère son combat avec une désinvolture criminelle. Plus que jamais, nous sommes devenus les artisans de notre propre malheur, celui du déshonneur que le ridicule de Jean Lassalle parvient à honorer malgré lui et que nous élevons malgré nous. Jean Lassalle, un comique, un loufoque, réduit à des pitreries pour sauver 150 malheureux emplois dans sa vallée natale, sous la risée des Français qui se régalent de son impuissance, des européens - nos partenaires, nos amis selon toute logique - qui se délectent de nos malheurs, cocus et contents d'être désinformés et manipulés par des médias à la botte des multinationales.
Jean Lassalle; on a envi de l'appeler Général Lassalle, le fameux Lassalle, héros des guerres napoléoniennes, moulte fois blessé qui finit déchiqueté par un boulet; le même qui cria un jour à Napoléon apercevant le 11è des chasseurs : "VOILA LES BONS!" Voilà un bon, mes chers amis, Jean Lassalle ...
Signez la Pétition et soutenez Jean Lassalle
http://www.jean-lassalle.fr/Soutien.asp
Publié par demos à 16:44:16 dans Le fatalisme. | Commentaires (79) | Permaliens
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