Mes chers amis, Bush a promis de reconstruire la Nouvelle-Orléans « plus
grand et mieux ».
Déjà les entreprises privilégiées du président comme Halliburton, Shaw et
Blackwater Security, spécialisées dans le capitalisme de catastrophe,
commencent à bénéficier de cette reconstruction tout juste repus des profits
colossaux engrangés sur les rives du Tigre en Irak
Elles profitent de ce marché du malheur pour purifier la ville de sa
population noire et pauvre, la reléguant dans les bayous pour ériger
notamment à la Nouvelle-Orléans, un nouveau Disneyland du jazz.
Après avoir échoué à transformer l'Irak en « un laboratoire du
néolibéralise »,
les Étasuniens cherchent a faire jaillir des ruines de Katrina une véritable
utopie capitaliste sur le dos de millions de gens.
« Nous allons faire du littoral un pole d'attraction magnétique pour la
libre entreprise. Pas question de reconstruire une Nouvelle-Orléans dominée
par le secteur public". (J. Wilke 15092005 au Wall Sreet Journal)
« Enfin les cités de la Nouvelle-Orléans ont été nettoyées; ce que nous
n'avons pas su faire, Dieu s'en est chargé. »
Autre déclaration du célèbre républicain louisianais R. Baker qui révèle
l'égoisme de la classe politique néolibérale, quelle soit blanche ou noire
parfaitement insensible au sort de leurs conscitoyens pauvres des cités
délabrées et des zone marginales.
Elle révèle outre sa nature égoiste, une haine du pauvre qui dépasse
l'entendement car même la Bible avait au mieux pris la peine de s'émouvoir
du sort des indigents (selon la Bible les pauvres souffrent sur terre, mais
ils seront récompensés au Paradis de sorte que les riches jouissent de leur
richesse tout en enviant les pauvres pour leur félicité dans l'au-delà).
1) Une utopie de capitalisme
En réalité, il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans la pensée
néolibérale.
Elle n'est pas dans la logique de la philosophie libérale défendue jusqu'ici
par les philosophes materialistes.
D'abord elle trahit les fondements et les valeurs de ses défenseurs les plus
prestigieux.
Je pense à Epicure bien entendu et sa philosophie de la joie;
je pense aussi à Horace avec sa célèbre formule « Carpe Diem » et, surtout,
je pense à Spinoza qui a constamment combattu la Religion à travers nos
illusions en nous libérant, en quelque sorte, de son joug.
La philosophie néolibérale trahit le materialisme qui lui a donné le sein
car elle est devenue une religion, un idéal, une utopie capitaliste.
C'est un modèle économique qui s'impose comme un régime politique (cf feu la
constitution européenne).
Ainsi, l'économie libérale ne serait plus destinée à satisfaire des besoins
fussent-ils privilégiés favorisant au passage le sort de malheureux, elle
est devenue une façon de voir les choses, de penser l'homme, son
environnement et sa destiné.
Elle est devenue la pensée unique.
Elle demeure bien plus dangereuse que le communisme et le fascisme réunis.
C'est un dictature qui s'installe dans une pacification sociale affligeante.
2) La haine et le mépris du pauvre
Mais il y a pire encore car dans cette illusion de liberté, les néolibéraux
n'hésitent pas à employer les moyens les plus vils pour imposer leur idéal
de société, à prôner le révisionnisme historique, à favoriser la tolérance
de l'atroce, à déterrer les Hommes du passé pour leur faire dire n'importe
quoi, à manipuler les consciences pour agir sur les libertés publiques, en
infiltrant tous les secteurs, de snober la volonté du peuple, de monter les
gens les uns contre les autres, de condamner l'idéal en se comportant
finalement en intégriste de la pensée, et mentir devant l'évidence comme le
faisaient les curés sous la IIIèm république, faire exactement le contraire
de ce que l'on dit et surtout, mes cher amis, prôner avec une audace inouïe
la haine et le mépris du pauvre et des faibles.
Ce mépris du pauvre, le lutin contestataire DEmos l'a cherché dans l'histoire de la pensée et des idées car jusqu'à présent la pensée libérale tentait de nous épargner toute mauvaise conscience au sujet du pauvre, mais sans nous inciter à le détester.
Ce qui a changé, c'est cela...
J'écris ce qui a changé, mes cher amis, sans évoquer la nouveauté car cette
révulsion du miséreux est un atavisme du néolibéral (surtout aux USA) qui
tire sa lie pour ne pas dire sa goutte de pisse de funestes philosophies du
milieu du XIXème siècle, époque où le regard posé par la société sur ses
pauvres se durcit considérablement.
Ce sont le financier D. Ricardo et le Pasteur pentecotiste T.R. Malthus qui
vont semer les graines du néolibéralisme.
Selon cette théorie : Les ressources de l'humanité ne permettent pas de
subvenir aux besoins de l'homme.
Ils y en a trop sur terre; si les pauvres sont pauvres, c'est de leur faute
car ils ont une fécondité excessive.
La pauvreté ayant sa cause dans la couche, les riches ne sont pas
responsables de son existence et n'ont donc aucune obligation morale ou
juridique vis à vis des nécessiteux et de leur funeste condition.
Autre source, « le darwinisme social » ne demeure t-il pas le terreau idéal
du néolibéralisme...?
Dans la même lignée que le malthusianisme, le darwinisme social considère
que l'élimination des pauvres serait le moyen utiliser par la nature pour
améliorer la race.
La qualité de la famille humaine sortirait renforcée de la disparition des
faibles et des déshérités.
Ainsi, pour Spencer (non Darwin pour info) dans la vie économique comme dans
la biologie, la règle suprême, c'est la survie des plus aptes.
En somme, la libre concurrence serait à l'économie, ce que la sélection
naturelle est à l'amélioration des espèces.
On voit bien que dans cette théorie, le faible est complètement déshumanisé
et il apparaît parfaitement logique qu'une société qui applique un tel
système ne s'en préoccupe pas.
Enfin, évoquons les thèses de C. Coolidge et surtout H. Hoover pour le XXème siècle.
-Tout aide publique aux pauvres ferait obstacle au fonctionnement efficace
de l'économie.
Il est de l'intéret suprême de préserver la société en n'aidant pas les
pauvres, du reste aussi, dans leur propre intérêt car tout aide décourage
l'effort, entraîne le désoeuvrement du paresseux et favorise l'assistanat.
Par conséquent, un individu tombant dans la pauvreté où ne parvenant pas à
en sortir est un faible qui ne doit sa situation précaire qu'à son manque de
volonté ou sa nature rigide.
En conclusion, la recherche d'évacuer toute mauvaise conscience au sujet des
pauvres par le mépris et la haine est devenue une préoccupation majeure
des néolibéraux pendant que s'affine jour après jour leur idéologie macabre...
« Je veux une France qui bouge ! » clamait le Ministre de la France, Sarkosy...
Une France qui bouge avec Malthus et son cortège de vieilles conserves
cabossées...
Une France ratatinée que les Français refusent ...
Publié par demos à 17:29:32 dans L'autoritarisme néolibéral. | Commentaires (0) | Permaliens
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