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Demos, le blog...

Le modèle Français en danger

Histoire de mains | 15 décembre 2005

Il était une fois, un vieux machin, ridicule et médiocre, que l'on appelait Main de Fer parce qu'il s'était ruiné à la force de son poignet.
Il dirigeait un atelier de contrefaçons dans lequel une équipe de bras-cassés fabriquait de fausses mains; des mains artificielles grossièrement imitées qu'une association de malfaiteurs
utilisait pour leurs carambouillages, et dont les
touristes étaient les principales victimes.
Le produit de ces
rapines était fourgué, en sous-main, aux honnêtes gens démagogues
qui, bénéficiaires du délit de la main à la main, fermaient les yeux sur ce trafic.
On le voit parfaitement, des activités très louches sur lesquelles Main de Fer gardait un oeil bien ouvert; particulièrement sur la comptabilité de son principal receleur, un bourrin sans envergure répondant au sobriquet Trentenerfs, que Main de Fer avait dans le nez à cause de ses infirmités de cul-de-jatte et de cyclope cumulées.
En réalité, ce pauvre Trentenerfs aussi déloyal dans sa besogne délictueuse que bête comme les pieds qu'il n'avait pas, ne foutait rien de ses cinq doigts étant manchot de naissance et se déplaçait en
cageot
à légumes ce qui n'était pas une bonne couverture selon son complice.
Or, une nuit, pendant que trentenerfs dormait sur ses deux oreilles dans son sac de couchage, le lutin DEmos qui n'en ratait pas une, dit à ses compagnons
:
- Si on allait embêter ce pauvre trentenerfs rien que pour rigoler,
- Excellente idée! Youpee! Faisons chier Trentenerfs !

En deux ou trois tours de mains, les lutins emportèrent toutes les prothèses qui traînaient dans la planque du receleur trentenerfs, y compris la fausse main du terrible parrain, puis ils s'enfuirent à pied, les mains dans les poches.
Ce pauvre Trentenerfs eut beau crier: "Aux voleurs ! Mettez les mains en l'air !". 
Hélas les lutins disparurent à toutes jambes en faisant main basse sur les pognes du voleur volé. Ce pauvre Trentenerfs n'eut alors pas d'autre choix que de prendre ses prothèses de bois à son cou dans l'espoir d'échapper à la vengeance de l'horrible Main de Fer.

Le lendemain matin, quand le chef maffieux apprit de la bouche d'une oreille indiscrète le barbotage de la main à laquelle il tenait comme à ses yeux, il eut une dent contre ce pauvre trentenerfs et décida de lui faire casser le nez.
Il recruta immédiatement un homme de main lorsqu'un pied bot arrivant en courant proposa de lui prêter main-forte et lui dit :
« Ne vous cassez pas la tête, Main de Fer !
On a surpris votre bras-cassés la main dans le sac, à deux doigts de fourguer votre main avant qu'on lui coupe l'herbe sous les pieds et lui fasse une grosse tête. »

- J'en aurais mis ma tête à couper ! L'avez-vous traité par dessus la jambe ?
- Tout à fait, on a réussi à lui mettre la main au panier mais c'était vide...
- Qu'on lui fasse une tête-à-queue et qu'on lui mette un doigt dans l'oeil, ça lui fera de belles jambes !
Ce pauvre Trentenerfs, pleurant la tête plonger dans son unique main, dit à son tortionnaire avec son langage:
"Que je suis malheureux, j'ai la tête dans le cul maintenant qu'on m'a mis à l'index, je m'en mords les doigts, je n'ai plus qu'une main, ce n'est pas le pied !"
Conclusion de cette lamentable histoire, dans la vie, pourvu qu'on ne soit pas trop tête en l'air, une main lave l'autre ...

Publié par demos à 16:05:08 dans Récréation. | Commentaires (23) |