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Chers amis, chers électeurs, ayons une pensée chrétienne à l'égard de Walter Jones car trop de Français ont oublié ce député conservateur et fervent pentecôtiste de Caroline du Nord. En 2003, ce missionnaire de choc avait proposé que l'on débaptise « les French Fries » des menus de la cafétéria du Congrès en faveur du terme « Freedoom fries », s'estimant dégoûté par l'égoïste et le pacifisme capitulard de la France. A l'époque, W. Jones orchestra une campagne anti-française inouïe au cours de laquelle la piétaille étasunienne se libéra de son complexe d'infériorité à notre égard, et plus trois cents millions de gâte-sauce se sont nourris, pendant des mois, dans la même mangeoire en se se délectant des tonnes d'ordures proposées à la carte de leur médias de masse. Des quotidiens aussi prestigieux que le New-York Time ou le Wall Street Journal ont vilipendé la France pour sa " lâcheté, son ingratitude et son insolence ", lui reprochant de « défier le pouvoir des Etats-Unis ». La France dont la politique étrangère consistait « à protéger les tyrans ».(1) Sans oublier, Edward Koch, et son cri de vengeance : " Gallia delenda est ! " (" Que la Gaule soit détruite ! ") Ce furent des milliers de caricatures ignobles et infamantes inconnues en France depuis la période noire de la Collaboration qui participèrent à un lynchage médiatique en bonne et due forme effroyable de violence et de mépris.(2) Fort bien...
Figurez-vous que dans une interview donnée à un journal australien, W. Jones estime, à présent, que l'expédition en Irak a été lancée « sans justification », et que sa proposition ridicule de changer l'appellation des French fries est une idée « qu'il aurait préféré de jamais avoir eue ». Il faut préciser que depuis quelques mois, W. Jones a tourné casaque. Aujourd'hui le brave homme fond en larme chaque fois qu'il évoque les jeunes GI's tués en Irak, et, entre deux reniflements, il a présenté à la Chambre des députés une résolution exigeant de l'administration Bush un calendrier de retrait. Fort bien, seuls les imbéciles ne changent pas d'avis.
Nous savons que les Etasuniens vivent dans la peur, au mieux l'angoisse permanente. Cette peur primaire portée à son paroxysme depuis les attentats du 11 septembre est une constante dans l'histoire de ces nouveaux tondus du XXIème siècle.(3) La peur de l'autre, notamment de l'étranger, est tenace comme le confirme encore une récente enquête,(4) mais ils semblent, enfin, disposés à admettre le bilan affligeant de leur croisade. Paul Wolfowitz, Secrétaire d'état adjoint à la Défense jusqu'en juin 2005,(5) a estimé que la " France devra payer les conséquences de son opposition à l'intervention américaine en Irak ». Aujourd'hui, force est de constater que ce sont les USA et leurs victimes qui payent la facture de cette décision funeste. La facture humaine est, pour l'instant, de plus de 3000 militaires étasuniens tués, (6) auxquels il faudrait ajouter les morts militaires de leurs alliés. 655.000 morts selon les sources, chiffre à comparer avec celui des militaires disparus pour mesurer le nombre de civils tués (7), de 12.000 à 25.000 selon les sources avec un record de 3709 civils tués en octobre.(8) La facture économique est évaluée, selon les sources, de 1 à 2 billions de dollars.(9) Des économistes estiment que le coût de la guerre en Irak aurait permis de payer la lutte contre le sida pendant plus de 10 ans, qu'une campagne mondiale de vaccination infantile aurait pu être financée pendant près d'un demi siècle, ou encore, la création de plusieurs millions d'emploi.(10) La facture politique est gargantuesque, non seulement l'Irak est dans le chaos absolu, l'Iran est, à présent, libre d'étendre son influence partout sur cette partie du monde, le terrorisme n'a jamais été si insolent, si déterminé; mais il faut ajouter à cette faillite, l'image déplorable de l'Amérique dans l'opinion internationale au yeux de laquelle, elle est devenue un danger pour l'humanité (11) avec des conséquences néfastes exponentielles. Elle est belle l'Amérique !
1. Une campagne à peine moins scandaleuse fut orchestrée en Grande-Bretagne, le 20 février 2003, le Sun, le plus lu des journaux britanniques, traitera Jacques Chirac de «ver» sous une caricature infamante.
2. Exemple d'humour anglo-saxon : Savez-vous que la poste a dû arrêter de vendre des timbres de Français célèbres ? Les gens ne savaient pas s'il fallait cracher sur l'envers ou sur l'endroit.
3. Demos le blog
4. Cyberpresse
5. Depuis le 1er juin, il dirige la Banque mondiale
6. Rtl info
7. Le prix de la liberté
8. Rapport d'étude britannique (2003-2005) - civils tués en octobre 2006
9. Lexpansion ou Le-cout-de-la-guerre-en-Irak) ou Costofwar
10. Sciencepresse
11. Cyberpresse ou Le Monde
Publié par demos à 11:46:59 dans La décadence étasunienne | Commentaires (2) | Permaliens
16-02-2007 09:53
De demos
Sujet:
Ce n'est pas de notre faute, cher ami... Url: [Liens]
15-02-2007 23:58
De Demo Sujet:
Gallia delenda est !
Commentaire