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parisperdu

Un certain regard sur Paris

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Parisperdu aurait pu s'appeler ParisVolé car si souvent "ce certain regard" sur l'Est de Paris s'est définitivement évanoui, c'est qu'il a été dérobé par les "avancées de la modernité".

Arpenter la ville à la recherche d'espaces promis à la démolition ou de personnes dont le destin va en être bouleversé : ce n'est pas pour regretter le passé. C'est pour montrer, nous montrer, nous rappeler, que la ville n'est pas une entité figée.

La ville vit ... et comme tout être vivant, elle fait parfois des erreurs.

Ainsi va la ville, ainsi va la vie ...

"Ce qui nous incite à revenir en arrière est aussi humain et nécessaire que ce qui nous pousse à aller de l'avant." 

Pier Paolo Pasolini


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Toutes les photos sont de l'auteur:   
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Christophe, cycliste intermittent ... | 05 novembre 2009


C'est au parc de la Turlure, sur la butte Montmartre, que j'ai fait la connaissance de Christophe.

Une fine silhouette, allongée sur un banc contre lequel un vélo était adossé, m'avait intrigué. Je dû attendre de longues minutes avant qu'il ne se relève. Alors, toute suite, nous avons engagé la conversation. Il faut dire que Christophe est du genre bavard et … il en a des choses à raconter …

J'appris d'abord qu'il venait de grimper, en danseuse, la rue Lepic pour atteindre le sommet de la butte. Je compris mieux l'état de fatigue dans lequel il était. Mais ce n'est pas là son moindre exploit car, le goût du voyage, Christophe l'a depuis qu'il a 5 ans.
Bambin aventureux, il profite de l'inattention de ses parents pour s'enfoncer dans un bois. On ne le retrouvera qu'à la nuit tombée … Vingt ans plus tard, il enfourche son vélo pour une chevauchée intrépide autour de la Méditerranée.

Entre-temps, il se passionne pour les sciences, l'astronomie et l'histoire des religions. A la sortie de l'adolescence, il étudie le commerce international, atterrit dans une start-up parisienne au poste de responsable commercial, puis il décide finalement de tout plaquer pour une petite balade en vélo à travers les seize pays du pourtour méditerranéen.
Il devient alors, comme il le dit lui-même, un "intermittent du cyclisme" … tout comme il y a des intermittents du spectacle !

 

Croyez-vous qu'il va s'arrêter là ? Certainement pas, il recherche actuellement le sponsor qui devrait lui permettre d'attaquer, toujours à vélo, la transaméricaine. Une route qui le conduira d'Anchorage en Alaska à Ushuaia au Chili …

Et précisément, sur ce banc, au chevet du Sacré Cœur, il vient de rêver qu'il avait enfin trouvé son sponsor et qu'il débutait son expédition …
Sûr, il entrera tout à l'heure dans la basilique mettre un cierge pour que son rêve se réalise …



 

Publié par barreteau à 09:07:36 dans Portraits Incertains | Commentaires (1) |

Squat utopique. | 01 novembre 2009

13  rue Robineau Paris 20ème – juin 1997

 

 

L'arrivée a été discrète. Les jeunes squatters, quatre garçons et quatre filles, ont posé leurs bagages sans bruit, dans cet immeuble inoccupé de la rue Robineau.

 

Puis, ils sont "sortis du bois", sans esbroufe ni tapage. Ils ont "toqué" aux portes des voisins pour se présenter. Les riverains absents ont eu droit à un petit mot dans leur boîte à lettres. "Si vous avez des interrogations, n'hésitez pas à venir nous en parler", précise la missive, invitant chacun "à un goûter festif " !

 

Beaucoup de voisins ne se sont pas offusqués de la situation. "Franchement, il n'y a rien eu à redire", note une quadragénaire. Ils étaient hyper gentils et tout doux. Ils nous ont dit qu'ils étaient étudiants et qu'ils n'avaient pas de logement. Et aussi, qu'ils ne trouvaient pas normal qu'un tel immeuble reste vide et fermé". L'idée de ce squat, dit-elle, ne l'a "pas dérangée" car de toute façon, cet immeuble abandonné depuis près de cinq ans, semblait voué à la démolition.

 

Puis les jeunes ont cherché les coordonnées du propriétaire pour discuter avec lui et l'informer de leur présence. L'initiative était originale, quelque peu utopique sans doute. On peut aussi comprendre l'inquiétude du propriétaire...  Alerté par un proche, le "maître des lieux" a effectivement vu rouge. La police a été dépêchée sur place.

 

Entre-temps, les squatters avaient appelé des amis pour faire nombre. "Là, ça a commencé à choquer certains voisins", note-t-on dans la rue. Les policiers sont intervenus tôt le matin, dès potron-minet. Onze jeunes ont été placés en garde à vue, soupçonnés d'avoir causé des dégradations pour entrer dans l'immeuble. Ils ont tous été remis en liberté dans l'après-midi, après qu'un simple rappel à la loi leur ait été notifié; car la police, sans jugement, ne peut les forcer à quitter les lieux. Seul un juge civil peut prononcer une ordonnance d'expulsion, et c'est seulement alors que les policiers peuvent procéder à l'évacuation de l'immeuble.

 

Mais ce séjour au poste n'a pas brisé leur rêve : ces squatters revendiquent le droit d'occuper un immeuble vide. Et, sitôt sortis du commissariat, les squatters ont repris leur quartier au 13 rue Robineau. Ils disent n'être "ni militants du DAL (Droit au logement), ni anarchistes" et ne revendiquent aucune appartenance à aucun parti.
"On a besoin d'un logement, c'est tout. Quand on est jeune, les cautions, l'argent pour le loyer, tout ça … n'est pas toujours possible".
Les voilà sans doute installés là pour quelques temps …

 

Publié par barreteau à 10:16:26 dans Portraits Incertains | Commentaires (1) |

C'était un petit jardin ... | 28 octobre 2009

Jardin, Villa Emile Loubet - Paris 19ème (1996)


Crée en 1972, "Le petit jardin" est une chanson bien dans la tonalité de Parisperdu.
Les deux Jacques: Dutronc et Lanzmann nous délivrent, à leur manière, un peu de tendresse et de poésie.
Pour ceux qui ne connaisse pas cette œuvre finalement assez intimiste, vous pourrez la découvrir, ci-dessous.
Une onde de nostalgie parcourra  sans doute les autres …

C'est aussi beau que Paris, enfin … ce qu'il en reste !

 

" C'était un petit jardin
Qui sentait bon le Métropolitain
Qui sentait bon le bassin parisien
C'était un petit jardin
Avec une table et une chaise de jardin
Avec deux arbres, un pommier et un sapin
Au fond d'une cour à la Chaussée-d'Antin

Mais un jour près du jardin
Passa un homme qui au revers de son veston
Portait une fleur de béton
Dans le jardin une voix chanta

De grâce, de grâce, monsieur le promoteur,
De grâce, de grâce, préservez cette grâce
De grâce, de grâce, monsieur le promoteur
Ne coupez pas mes fleurs

C'était un petit jardin
Qui sentait bon le Métropolitain
A la place du joli petit jardin
Il y a l'entrée d'un souterrain
Où sont rangées comme des parpaings
Les automobiles du centre urbain

C'était un petit jardin
Au fond d'une cour à la Chaussée-d'Antin".



>> "Le petit Jardin", chanté par Jacques Dutronc (Vidéo)

 

 

 

 

 

 

 

Publié par barreteau à 09:42:09 dans Hommes et Métiers | Commentaires (1) |

A la porte de Montemproivre. | 24 octobre 2009



A l'est du 12e arrondissement, la porte de Montempoivre est une minuscule porte parisienne, bordée essentiellement par des immeubles d'habitation de type HBM, des constructions érigées dans les années 1920.

En venant du nord, la ligne de chemin de fer de la petite ceinture, enjambe à cet endroit, à la fois la rue du Sahel et la coulée verte, ou si l'on préfère, la " Promenade plantée", qui arrive de l'avenue Daumesnil.

Perché, là haut, sur ce pont métallique, la double voie ferrée a encore de l'allure, même si - depuis bien longtemps – plus aucun train ne fait trembler ses lourdes tôles rivetées.

La voie semble se perdre dans un horizon lointain qui ressemble à une paisible campagne même si pourtant, en contrebas, la ville de tous côtés l'enserre ….

Dans quelques années, vers 2012 si tout va bien,  le bruit des bogies sur d'autres rails pourrait bien se faire à nouveau entendre dans le secteur avec le  prolongement du tramway T3 de la porte d'Ivry à la porte de la Chapelle.

 

  • Le prolongement de la ligne T3.

>> Plan général.

 

>> Détails du projet.

 

 

 

Publié par barreteau à 10:46:32 dans 75012 | Commentaires (1) |

" Mélancolie d'un chinois à Paris ... " 巴黎的忧郁 | 20 octobre 2009

 

Parisperdu a inspiré un lecteur chinois, … de surcroît poète.
Celui-ci reprend sur son blog ces quatre photos,

1

2

3

4

et nous livre quelques pages de son journal intime, sous une rubrique intitulée "Mélancolie à Paris".

 En voici une version française, avec les approximations linguistiques dues à l'automatisation de la traduction …

" Matin de printemps dans le Paris perdu".

La nuit est passée et le vent d'ouest a défraîchi l'arbre bleu.
Seul un grand bâtiment regarde la route à l'horizon.

Le matin tôt,
Lentement je marche sur cette route près de Paris.
Le cœur semble se réveiller, il doit se réveiller,
Sombre et agile rêveur.

La route se prolonge.
Le jour est comme écrasé par la peine,
Et pour la première fois, la pluie soyeuse se disperse soudainement.
Le ciment des blocs de maisons alignées
Est d'un blanc grisâtre qui brille sur l'émigré.
Un sourire sur mon visage couvre l'Histoire.
Pathétique.

La route se prolonge.
Des étudiants passent par ici,
Leur jeunesse s'exprime gaiement.
Et ma condition d'étranger, disparaît dans
Les coins insouciants de leurs yeux.

La route se prolonge.
Par dessus un mur,
La tache jaune d'une fleur jette un coup d'œil
Pour accueillir
La bruine fraîche qui recouvre le piéton.
Le temps passé a disparu au loin
Mon humeur est comme une maladie d'amour.

Le matin tôt,
Je me promène
sur la route qui sort de Paris.
Le scintillement de mes pensées tient le premier rôle,
Mon humeur va se calmer maintenant.
Le vent a soufflé, la fleur s'est envolée,

La route se prolonge,
Imprévue, perdue .........


>> Version originale …   在迷失的巴黎

Les sinophones ont la possibilité de proposer une traduction plus fidèle … en la postant ici
Merci d'avance.

 

 

 

Publié par barreteau à 12:10:48 dans Hommes et Métiers | Commentaires (1) |

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