Parisperdu aurait pu s'appeler ParisVolé car si souvent "ce certain regard" sur l'Est de Paris s'est définitivement évanoui, c'est qu'il a été dérobé par les "avancées de la modernité".
Arpenter la ville à la recherche d'espaces promis à la démolition ou de personnes dont le destin va en être bouleversé : ce n'est pas pour regretter le passé. C'est pour montrer, nous montrer, nous rappeler, que la ville n'est pas une entité figée.
La ville vit ... et comme tout être vivant, elle fait parfois des erreurs.
Ainsi va la ville, ainsi va la vie ...
"Ce qui nous incite à revenir en arrière est aussi humain et nécessaire que ce qui nous pousse à aller de l'avant."
Pier Paolo Pasolini
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Jardin, Villa Emile Loubet - Paris 19ème (1996)
Crée en 1972, "Le petit jardin" est une chanson bien dans la tonalité de Parisperdu.
Les deux Jacques: Dutronc et Lanzmann nous délivrent, à leur manière, un peu de tendresse et de poésie.
Pour ceux qui ne connaisse pas cette œuvre finalement assez intimiste, vous pourrez la découvrir, ci-dessous.
Une onde de nostalgie parcourra sans doute les autres …
C'est aussi beau que Paris, enfin … ce qu'il en reste !
" C'était un petit jardin
Qui sentait bon le Métropolitain
Qui sentait bon le bassin parisien
C'était un petit jardin
Avec une table et une chaise de jardin
Avec deux arbres, un pommier et un sapin
Au fond d'une cour à la Chaussée-d'Antin
Mais un jour près du jardin
Passa un homme qui au revers de son veston
Portait une fleur de béton
Dans le jardin une voix chanta
De grâce, de grâce, monsieur le promoteur,
De grâce, de grâce, préservez cette grâce
De grâce, de grâce, monsieur le promoteur
Ne coupez pas mes fleurs
C'était un petit jardin
Qui sentait bon le Métropolitain
A la place du joli petit jardin
Il y a l'entrée d'un souterrain
Où sont rangées comme des parpaings
Les automobiles du centre urbain
C'était un petit jardin
Au fond d'une cour à la Chaussée-d'Antin".
>> "Le petit Jardin", chanté par Jacques Dutronc (Vidéo)
Publié par barreteau à 09:42:09 dans Hommes et Métiers | Commentaires (1) | Permaliens
Parisperdu a inspiré un lecteur chinois, … de surcroît poète.
Celui-ci reprend sur son blog ces quatre photos,
et nous livre quelques pages de son journal intime, sous une rubrique intitulée "Mélancolie à Paris".
En voici une version française, avec les approximations linguistiques dues à l'automatisation de la traduction …
" Matin de printemps dans le Paris perdu".
La nuit est passée et le vent d'ouest a défraîchi l'arbre bleu.
Seul un grand bâtiment regarde la route à l'horizon.
Le matin tôt,
Lentement je marche sur cette route près de Paris.
Le cœur semble se réveiller, il doit se réveiller,
Sombre et agile rêveur.
La route se prolonge.
Le jour est comme écrasé par la peine,
Et pour la première fois, la pluie soyeuse se disperse soudainement.
Le ciment des blocs de maisons alignées
Est d'un blanc grisâtre qui brille sur l'émigré.
Un sourire sur mon visage couvre l'Histoire.
Pathétique.
La route se prolonge.
Des étudiants passent par ici,
Leur jeunesse s'exprime gaiement.
Et ma condition d'étranger, disparaît dans
Les coins insouciants de leurs yeux.
La route se prolonge.
Par dessus un mur,
La tache jaune d'une fleur jette un coup d'œil
Pour accueillir
La bruine fraîche qui recouvre le piéton.
Le temps passé a disparu au loin
Mon humeur est comme une maladie d'amour.
Le matin tôt,
Je me promène sur la route qui sort de Paris.
Le scintillement de mes pensées tient le premier rôle,
Mon humeur va se calmer maintenant.
Le vent a soufflé, la fleur s'est envolée,
La route se prolonge,
Imprévue, perdue .........
>> Version originale … 在迷失的巴黎
Les sinophones ont la possibilité de proposer une traduction plus fidèle … en la postant ici
Merci d'avance.
Publié par barreteau à 12:10:48 dans Hommes et Métiers | Commentaires (1) | Permaliens
Le terme "gazomètre" fut créé par William Murdoch, l'inventeur de l'éclairage au gaz, dans les années 1800. En dépit des objections de ses associés, qui lui expliquaient que son "gazo-mètre" ne mesurait rien, contrairement à ce que semblait indiquer son suffixe, le terme fut retenu et passa dans l'usage courant.
Pourtant, le terme de "réservoir à gaz" aurait été plus exact car ces immenses structures métalliques sont utilisées pour conserver le gaz sous une cloche, dont la hauteur varie en fonction de la quantité de gaz présente.
La révolution industrielle du 19ème siècle vit fleurir les gazomètres aux abords des villes.
A Paris, la plus forte concentration de ces réservoirs se trouvait à la périphérie Nord: de La Plaine, au Landy, en passant par La Villette et la rue de l'Evangile. On en dénombra jusqu'à 61 en 1907.
Ces "énormes cloches en fer boulonné" dont les plus grosses, hautes de 65 m, mesurent 75 m de diamètre, ont marqué durant plusieurs décennies le paysage industriel urbain. Les pulsations de leurs calottes bombées étaient le signe tangible du fonctionnement de l’usine à gaz. L’alternance levée-abaissement de leurs couvercles signalait le mouvement remplissage-émission et permettait de distinguer les variations diurne et nocturne de la distribution du gaz. A Paris, les gazomètres alimenteront plus de 40 000 réverbères, surtout abondants aux abords des bâtiments publics, des halles, des théâtres et … en y ajoutant les vitrines illuminées, ils vont faire de Paris, la fameuse "ville lumière".
Mais en 1951, on découvre, dans un petit village des Pyrénées du gaz naturel. Le méthane de Lacq arrivera à Paris juste dix ans plus tard, et cette arrivée sonnera le glas des gazomètres car le gaz naturel peut se stocker dans des poches souterraines.
Devenus inutiles, les gazomètres disparaissent peu à peu du paysage urbain, …
A Paris, tous seront démolis, le dernier en 1982.
>> Déjà sur Parisperdu : "Carrefour de l'Evangile".
>> Déjà sur Parisperdu : "Usine à Gaz !"
Publié par barreteau à 09:51:58 dans Hommes et Métiers | Commentaires (1) | Permaliens
Photo: © Bertrand Prévost
Crise internationale, crise du monde financier, crise des entreprises, mondialisation, délocalisation, crise de l'emploi …
Des milliards de pertes, mais pour qui ? : les actionnaires, les patrons, les épargnants …
Des profits, mais pourquoi ? : parachutes dorés, primes pour les traders, stock-options …
Plan de relance sur plan de relance … Des sommets où le monde politique essaie de rattraper un pouvoir économique non maîtrisé …
Au milieu de ce cataclysme international où l'on perd tous nos repères, nos valeurs, nos références, nous qui voulons comprendre les responsabilités, tirer les leçons de ces erreurs; seule une tribune ouverte à tous, plurielle, libre, nous évitera de sombrer dans l'obscurantisme, l'extrémisme et toutes ses conséquences.
Dans un monde médiatique, où tout va trop vite via Internet, la photographie a-t-elle encore une place, un rôle à jouer ? La force de la photographie, devenue numérique, réellement instantanée, est d'être un support majeur qui s'exprime dans notre subconscient.
Au-delà de son message, la photographie est aussi une expression culturelle, un ressenti, une atmosphère et cette qualité reste en ces temps difficiles très prisée par un public toujours plus nombreux sur les photo-blogs, les magazines ou les grandes expositions spécialisés ?
La photographie peut-elle remettre l'homme au centre du débat, le placer au-dessus de la logique économique, financière qui bien souvent l'écrase ou même tout simplement le nie … ?
Quelque soit l'actualité, Parisperdu, poursuit sa recherche d'une vision d'un Paris et de ses habitants faite de libre d'expression et de respect des valeurs essentielles de tolérance et d'humanisme.
Un grand ancien, récemment disparu nous en a clairement indiqué le chemin …
>> Willy Ronis, un grand ancien récemment disparu …
>> Bertrand Prévost, comment être photographe humaniste aujourd'hui ?
>> Bertrand Prévost, "Projet des Parisiens du 19ème."
Publié par barreteau à 09:17:14 dans Hommes et Métiers | Commentaires (5) | Permaliens
"Les amoureux de la Bastille". 1957, sur les murs de l'Hôtel de Ville, Paris 2005.
Portrait WR: AFP/Gérard Julien
Willy Ronis, photographe et amoureux de Paris, nous a quitté samedi 12 septembre. Considéré comme l'un des grands maîtres à penser de la photographie humaniste, il avait 99 ans.
Je suis ému à l'extrême de ce grand départ. Willy, que j'ai eu la chance de pouvoir croiser à plusieurs reprises au cours de ces quinze dernières années, me laisse le souvenir d'une grande sensibilité, d'une gentillesse hors du commun. C'était un être fait de paix tranquille, qui parlait des hommes aussi bien qu'il les photographiait.
J'attendais avec crainte le décès inéluctable de mon très cher "Professeur", car c'est grâce à lui que j'ai "la passion" de l'image, et c'est aussi grâce à lui qu'est né Parisperdu.
Ses photos et la douceur de leurs nuances, la délicatesse de leur lumière, la poésie de leur composition, sont très exactement l'émanation du personnage fait de tendresse et d'imagination que j'ai connu. Avec Ronis, on comprend tout de suite que c'est le photographe qui fait la photo, pas l'appareil...
Un Grand merci, Willy, pour l'œuvre que vous nous laissez, une œuvre à la hauteur du grand homme que vous resterez. Un grand merci aussi pour l'exemple que vous êtes, car pour les nouvelles générations, Willy Ronis, c'est l'école de la photographie par excellence.
La relève ne va pas être facile.
>> Diaporama HOMMAGE au photographe Willy RONIS / TRIBUTE to Willy RONIS.
>> La photo de Willy Ronis fait débat …
>> Willy Ronis fête ses 99 ans aux Rencontres d'Arles.
Publié par barreteau à 09:10:36 dans Hommes et Métiers | Commentaires (12) | Permaliens
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