La Cité du labyrinthe a longtemps été une succession de cours et, cette voie bien nommée, permettait alors - effectivement après de nombreux détours - de passer de la rue de Ménilmontant à la rue des Panoyaux.
Car avant sa restructuration, l'étrangeté du lieu, le calme de ce long dédale ... attirait ici beaucoup d'artistes plasticiens. Des musiciens, des écrivains aussi ... y résidaient. Aujourd'hui, seul "un noyau dur" subsiste encore, au N°19 : Les Ateliers de Ménilmontant, qui tentent de perpétuer l'identité originelle du quartier et restent la cheville ouvrière des journées Portes Ouvertes qui se déroulent ici, chaque année en octobre.
A Paris, le promeneur qui prend parfois plaisir à se perdre dans le labyrinthe de la cité ne pouvait qu'être comblé dans ... la Cité du Labyrinthe.
>> La cité aujourd'hui, en partie reconstruite ...
>> Les Ateliers de Ménilmontant.
>> Némo dans le Labyrinthe ...
>> "Cité du Labyrinthe" par le musicien Laurent Coq (Real Player)
Publié par barreteau à 09:12:36 dans 75020 | Commentaires (6) | Permaliens
Retour sur les installations d'artistes pour la sauvegarde de la rue Gasnier Guy. Publié par barreteau à 11:25:02 dans 75020 | Commentaires (1) | Permaliens
Le 140 rue de Ménilmontant est une cité dans la ville, un bloc d'habitations bâti en 1925, une imposante forteresse avec son portail unique ouvrant sur une cour centrale distribuant les accès aux logements.
Le site a longtemps été qualifié de "zone sensible" ou de "quartier difficile". La délinquance y est alors endémique, fondée sur des trafics locaux de stupéfiants, d'objets ou de véhicules volés ou recelés : toute une économie souterraine. Les trafiquants y agissent en bandes et suscitent - dans tout le quartier - un réel climat de peur. Les gens ne peuvent plus circuler tranquillement dans les cours ouvertes de ces immeubles, car certains caïds se comportent en propriétaires du territoire.
Les passants qui osent s'attarder ici - surtout si de surcroît, ils photographient ou filment les lieux - sont immédiatement suspectés de vouloir nuire au « business » et sont éloignés par intimidation verbale. J'en ai personnellement fait l'expérience.
Dès mon arrivée, des adolescents me demandent de quitter les lieux et de ne pas prendre de photos. J'argumente sur le fait que je souhaite seulement photographier la tour Eiffel qui se dessine au loin dans la longue perspective de la rue de Ménilmontant. On me laisse préparer mon cadrage, mais le réglage de la prise de vue est sans doute un peu trop long au goût de mes interlocuteurs ... car tout à coup retentit un cinglant : "Eh ... toi là-bas, t'arrêtes avec ta tour Eiffel ... ". Instantanément, je prends conscience que la situation peut dégénérer très vite et qu'une violence extrême peut frapper à tout instant. Je quitte rapidement les lieux, après avoir pris un seul cliché.
En octobre 2005, Jean-Claude Irvoas aura eu moins de chance ... Il a été lynché à mort, devant sa femme et sa fille, alors qu'il photographiait du mobilier urbain ... en banlieue parisienne.
Quant au 140 rue de Ménilmontant, il a maintenant fait l'objet d'un vigoureux programme de réhabilitation et de réaménagement. Aujourd'hui, la cité a été désenclavée : l'unique entrée a été complétée par le percement de nouveaux accès et 8 bâtiments, sur les 30 existants, ont été détruits pour créer un jardin et aménager une voie publique coupant, en son centre, la vielle cité.
Après ces transformations radicales, le quartier retrouva un peu de calme. Mais aujourd'hui encore, les photographes n'y sont pas les bienvenus ...
>> La tour Eiffel se dessine au loin dans la longue perspective de la rue de Ménilmontant.
>> Jean-Claude Irvoas : la mort en 24 secondes ...
Publié par barreteau à 19:28:58 dans 75020 | Commentaires (8) | Permaliens
En 1997, rue Gasnier Guy, la ZAC des Amandiers pose de difficiles problèmes de relogement ... aussi, progresse-t-elle avec beaucoup de difficultés. L'emprise de la ZAC est pourtant en mutation incessante - avec des immeubles rasés, d'autres murés et partout des terrains en friche.
Tout cela crée de lourds inconvénients pour le paysage et la vie du quartier. Cette situation suscite aussi de vives critiques contre le projet et favorise l'éclosion de diverses interventions.
Ici, ce sont des artistes-peintres du quartier qui ont reproduit, sur les murs mis à nus, le mobilier présent il y a encore peu de temps dans les appartements maintenant détruits : baignoires, cheminées, tables ... réapparaissent alors comme pour témoigner de leur volonté de ne pas voir le quartier disparaître.
Presqu'en même temps, une action intitulée « La mémoire des habitants, 1997 » réunissant plusieurs intervenants du groupe JLNDRR, a eu lieu ici même. Par l'installation au cœur de "l'îlot insalubre n°11" d'une photographie géante de la façade d'une maison récemment démolie, il s'agissait de signifier, de manière physique, la persistance sensorielle des maisons rasées, dans un quartier où les démolitions n'ont pas cessé depuis 1953.
>> Les actions et installations du groupe JLNDRR
Publié par barreteau à 09:09:43 dans 75020 | Commentaires (2) | Permaliens
La technique de la dent creuse appliquée par la ville de Paris à la rue Gasnier Guy a parfaitement réussie. La rue nous délivre ici une vision de ville sinistrée par la guerre. Attaquée de toute part, elle est "chaos debout" ...
Bientôt vont s'élever ici des immeubles "biens propres sur eux" mais d'une triste banalité. Le programme initial prévoyait de reloger sur place les anciens résidents mais en fait, ils seront poussés hors du quartier par l'inflation du coût des nouveaux appartements ...
En 30 ans, le quartier des Amandiers aura perdu tout son habitat populaire qui en faisait un lieu si particulier, comme à l'écart de la ville, ... un grand village entre Belleville et Ménilmontant.
>> La technique de la dent creuse
>> La rue Gasnier Guy en 1997 ...
Publié par barreteau à 09:59:09 dans 75020 | Commentaires (2) | Permaliens
<< |1| 2| 3| 4| 5| 6| 7| 8| 9| 10| 11| 12| 13| 14| 15| 16| 17| 18| 19| 20| 21| 22| 23| 24| 25| 26| 27| 28| >>
ParisPerdu aurait pu s'appeler ParisVolé car s'il est désormais souvent impossible de porter "ce certain regard" sur l'Est de Paris , c'est que ce Paris a été dérobé par toutes les "avancées de la modernité".
Arpenter la ville à la recherche d'espaces promis à la démolition ou de personnes dont le destin va en être bouleversé : ce n'est pas pour regretter le passé. C'est pour montrer, nous montrer, nous rappeler, que la ville n'est pas une entité figée. La ville vit ... et comme tout être vivant, elle fait parfois des erreurs.
Ainsi va la ville, ainsi va la vie ...
"Ce qui nous incite à revenir en arrière est aussi humain et nécessaire que ce qui nous pousse à aller de l'avant."
Pier Paolo Pasolini
Parisperdu: en savoir +
Toutes les photos sont de l'auteur :
© Pierre Barreteau,
sauf mention particulière.
Vignette d'accueil:
Photo André Kertész © Claude Eveno
Sauf mention contraire,
le contenu de ce blog
est sous contrat:
Creative Commons![]()
Territoires arpentés: ![]()

Les Lieux retrouvés de Parisperdu:
Services partenaires:![]()
Autre Blog:
PertiNantes
Retrouvez Parisperdu sur:
![]()

Parisperdu recommandé par:

blogs à part

![]()
![]()
Une sélection "Photo" de
Sélection: Le top des blogs parisiens
![]()

Coup de coeur de:
NetKulture
"un monde à part... surprenant ... insolite... un autre regard"
Elu
Le Site du Jour
"Un Blog nostalgique, très élégant, et parfois acide qui donne à voir la transformation de Paris"

Classé "TOP" par la rédaction

Depuis le 14-11-2005 :
5268719 visiteurs
Depuis le début du mois :
45433 visiteurs
Billets :
583 billets
Vous avez dit ...