Parisperdu aurait pu s'appeler ParisVolé car si souvent "ce certain regard" sur l'Est de Paris s'est définitivement évanoui, c'est qu'il a été dérobé par les "avancées de la modernité".
Arpenter la ville à la recherche d'espaces promis à la démolition ou de personnes dont le destin va en être bouleversé : ce n'est pas pour regretter le passé. C'est pour montrer, nous montrer, nous rappeler, que la ville n'est pas une entité figée.
La ville vit ... et comme tout être vivant, elle fait parfois des erreurs.
Ainsi va la ville, ainsi va la vie ...
"Ce qui nous incite à revenir en arrière est aussi humain et nécessaire que ce qui nous pousse à aller de l'avant."
Pier Paolo Pasolini
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4-14, rue Dénoyez - Paris 20ème.
Nous sommes en 1994 et encore tout récemment, se tenait là, rue Dénoyez, une usine ... bien vivante, et toute grouillante d'activité : ces bâtiments étaient alors la fourmilière de dizaine d'employés.
Mais le vacarme a maintenant fait place à un silence assourdissant... L'agitation s'est effacée devant une fébrile tranquillité.
De cette "vielle dame", il n'est longtemps resté qu'une friche industrielle, débarrassée de ses derniers vestiges et dépouillée de ses rouages vitaux.
Des hangars désertés, des salles désaffectées et des verrières brisées donnaient à ce lieu un esprit plutôt sinistre ... mais en même temps, il s'en dégageait un climat particulier, apaisant, presque rassurant.
L'usine de mécanique générale de la rue Dénoyez (dont la raison sociale exacte était : "Société des Petits Appareils Mécaniques pour Toutes Industries"), a donc vécu.
Même si ses machines ne tournaient plus depuis bien longtemps, ... pendant encore de longues années, l'usine a continué à respirer ... la poussière et les traces sur les murs en témoignaient alors.
Certains jours, il parait même qu'elle résonnait encore du bruit de ses machines-outils et que l'odeur de l'huile et de la graisse vous imprégnait jusqu'au dernier pore de la peau.
C'est sans doute ce qu'on appelle l'âme des lieux.
Et voilà qu'aujourd'hui, les lieux ont changé d'âme et tous ces souvenirs sont définitivement tombés à l'eau ...
A l'eau? Oui, car, est-ce dû au nom de la rue ? (prononcez "des noyés") ... je ne sais, mais c'est bel et bien une piscine que l'on vient de construire au 4-14 de la rue Dénoyez ! ...
>> Le 4-14, rue Dénoyez en septembre 2006.
>> La piscine Alfred Nakache, Rue Dénoyez.
Publié par barreteau à 09:33:43 dans 75020 | Commentaires (3) | Permaliens
A la mairie de Paris, on ne parle pas de tours, on parle de "hauteurs". C'est dire si le sujet fait peur.
"L'enjeu c'est de trouver de la place, d'abord pour le logement" et pour cela, a affirmé le maire de la capitale, "nous ne pouvons pas nous interdire de regarder vers le haut". En clair, on envisage de crever le plafond des 37 mètres actuellement imposé par le Plan Local d'Urbanisme.
En tout cas aujourd'hui, la question n'est plus de savoir s'il y aura de nouvelles tours à Paris. Mais où, combien et comment ?
Bien sûr, il n'est pas question de toucher au cœur de Paris. Seuls des sites délaissés, situés à la périphérie, sur des emprises d'échangeurs routiers ou de voies ferrées, sont visés.
Six sites aux portes de la ville sont ainsi envisagés pour accueillir des immeubles de plus de 200 mètres de haut : Bercy-Charenton (12e), Masséna Bruneseau (13e), Porte de Versailles (15e), Batignolles (17e), Porte de la Chapelle (18e) et Porte de Montreuil (20e).
Mais les opposants aux tours se font de plus en plus entendre, critiquant une architecture énergivore ou rappelant l'échec de la politique du logement des grands ensembles et des tours dans les banlieues, là où justement on est en train de les mettre par terre ...
Alors devons nous nécessairement aller toujours plus haut ... et, demain allons nous assister au retour des tours ?
A suivre ...
>> Six sites aux portes de la ville: Portofolio.
Publié par barreteau à 18:28:57 dans Hommes et Métiers | Commentaires (5) | Permaliens
Publié par barreteau à 08:58:02 dans Hommes et Métiers | Commentaires (4) | Permaliens
Mai 68 avait inventé un slogan : "Sous les pavés, la plage", 40 ans plus tard, on voudrait nous faire croire qu'en mettant du sable sur des pavés, on serait à la plage !
L'idée de départ est louable : "amener la plage à ceux qui ne peuvent se rendre près de la grande bleue durant l'été". Le résultat est déplorable : Paris Plage est un ersatz de plage sur bitume, coiffé d'ozone et de CO2, le long d'un lit de liquide grisâtre et, par endroit, nauséabond...
Non décidément, il y a quelque chose qui cloche dans cette opération.
Grisé par le succès du lancement de l'opération (en 2002), le maire de Paris ira même jusqu'à intenter un procès à la ville du Touquet, détentrice de l'appellation "Paris-Plage" depuis 1912 ... !
Ne manque pas de toupet le Bertrand ! Finalement, il sera débouté et pour s'en sortir, Paris sera contrainte d'ajouter un "s" à l'intitulé de sa manifestation qui est donc devenue depuis 2006 :"Paris Plages". Grotesque !
Et puis, voilà que depuis deux étés, le débat du string et du monokini se poursuit ... Un arrêté municipal interdit désormais les strings et seins-nus à Paris-Plages. Ceux (ou plus vraisemblablement "Celles") qui veulent faire prendre le soleil à leurs fesses ou à leurs seins sont passibles de 38 euros d'amende. On se croirait revenu dans les années 60, avec "Le Gendarme de Saint-Tropez" à Paris !
Sans compter qu'on ne peut s'empêcher de rapprocher deux images de Paris : l'enfilade des parasols bleus, en été ... l'enfilade des tentes rouges des SDF, en hiver... A chacun sa saison sur les bords de la Seine ou du Canal St Martin ...
Au final, le concept de Paris Plage(s) me semble tout aussi saugrenu que d'imaginer un Saint-Tropez-sur-Seine, ou de déambuler à Las Vegas, en gondole, sur les simili-canaux du" Venetian Resort Hotel-Casino", ou sur la piste de ski "indoor" du Snow-Park de Dubaï ... !
Soyons réaliste, Paris Plage(s) ne sera une opération réussie que le jour où l'on pourra se baigner dans la Seine, et ... sans prendre le risque d'en ressortir tout sale ou tout couvert de boutons ...
>> Paris-Plages : le site officiel.
>> Le "Toupet Paris-Plage".
>> Toiles bleues, toiles rouges : chaque saison à sa couleur.
Publié par barreteau à 09:20:29 dans Hommes et Métiers | Commentaires (10) | Permaliens
"Collioure 1954". © Edouard Boubat
>> Détail de "Fenêtre à Collioure" d'Henri Matisse. (1905)
>> Collioure aujourd'hui: "fenêtre et balcon à l'identique".
>> Edouard Boubat, récemment à la Maison Européenne de la Photographie.
>> Boubat, la rétrospective ... sur Parisperdu
Publié par barreteau à 09:42:29 dans Paris > Extrème Sud | Commentaires (3) | Permaliens
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