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parisperdu

Un certain regard sur Paris

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Parisperdu aurait pu s'appeler ParisVolé car si souvent "ce certain regard" sur l'Est de Paris s'est définitivement évanoui, c'est qu'il a été dérobé par les "avancées de la modernité".

Arpenter la ville à la recherche d'espaces promis à la démolition ou de personnes dont le destin va en être bouleversé : ce n'est pas pour regretter le passé. C'est pour montrer, nous montrer, nous rappeler, que la ville n'est pas une entité figée.

La ville vit ... et comme tout être vivant, elle fait parfois des erreurs.

Ainsi va la ville, ainsi va la vie ...

"Ce qui nous incite à revenir en arrière est aussi humain et nécessaire que ce qui nous pousse à aller de l'avant." 

Pier Paolo Pasolini


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" Mieux avant ou ... mieux après ... ? " | 23 septembre 2008

Quartier Masséna, aux confins de la Seine, des voies ferrées d'Austerlitz et du boulevard périphérique Est: dans un no-man land, la dernière maison encore debout.


Dans un 13ème arrondissement autrefois sinistré, et aujourd'hui souvent sinistre, que va devenir le quartier Masséna ?
Espérons que pour une fois, les architectes feront preuve d'humilité et de modestie, au lieu de nous exposer leurs délires qui - à coup sûr - déstructurent le tissu social et maltraitent la vie locale.

En entourant leurs projets d'un écran de fumée verbeux, tels que: "îlot ouvert, bocage urbain, magie architecturale, vision contemporaine" (sic): c'est tout un langage creux et prétentieux qui est souvent mis en avant pour "vendre" le projet !
Ils se prennent pour des démiurges, et toute critique est perçue comme rétrograde et passéiste, selon un discours terroriste maintenant bien rodé. Mais jamais ils n'iront vivre ni travailler là où ils ont créé ...

Les premières esquisses du futur quartier Masséna font, en effet, craindre le pire. En faisant fi de l'esprit du lieu, du caractère spécifique de son tissu urbain, de ses infrastructures, de son rôle charnière avec le vieux 13ème (quartier Chevaleret), il n'est pas du tout sûr que "Ce sera mieux après" !

Quand on voit le désastre de la bibliothèque François Mitterrand - une architecture glaciale, où les livres sont au grenier, les lecteurs à la cave, et le jardin derrière des barreaux ... et avec tout près, la fameuse avenue de France, organisée sans queue ni tête (au propre comme au figuré) et surchargée en bureaux aux dimensions brutales ... on peut redouter que le désastre ne se répète pour le quartier Masséna.

Alors faut-il prôner un retour au modèle haussmannien de Paris ?

Cela  relève sans doute pour certains d'un "obscurantisme grincheux" dénoncé par le fameux: "C'était mieux avant".
Acceptons l'injure et constatons simplement que les tissus urbains qui fonctionnent bien (avec des transports, des services publics, des commerces, etc.) et où l'on se sent bien (Paris, Rome, certains quartiers de Londres, Washington ...) correspondent grosso modo à ce modèle: même aspect des rues avec des immeubles de 6 à 8 étages, un COS de 3 à 4, un "mix" d'habitat et de commerces. Le rejeter, c'est refuser la réalité.

Aussi, faudra-t-il qu'un jour, les urbanistes et les sociologues prennent le pas sur les architectes et leur montrent que le développement urbain doit apporter du sens à notre société ... et qu'on ne dessine pas notre cadre vie comme une robe de haute couture !!!
On va finir par regretter le sordide 13ème d'il y a 20 ans...


>> Le projet de l'architecte Demians pour le quartier Masséna, dans le XIIIe arrondissement. (Photo: ©Mairie de Paris)


 

 

 

Publié par barreteau à 09:11:50 dans 75013 | Commentaires (4) |

Elles tombent, l'une après l'autre … | 17 septembre 2008


Destruction de la rue Vilin - Photo ©Philippe Hiraga


Durant l'été 1971, Philippe apprend que le quartier de Belleville risque de disparaître. Aussitôt, il s'y rend pour prendre quelques photos.

Il faut dire qu'il n'est pas insensible aux transformations que subit alors le quartier ... "En fait, - nous dit Philippe - je suis allé sur les traces de mon père qui était artiste-peintre et avait peint, ici, plusieurs toiles entre les années 20 et les années 50 ... et où durant mon enfance, je l'ai souvent accompagné."

Mais quand Philippe arrive rue Vilin, la destruction de la rue est déjà bien avancée, et ... les maisons tombent les unes après les autres, dans le vacarme des engins mécaniques et sous une poussière qui vous pique les yeux.

Aujourd'hui, il ne reste rien de la rue Vilin ... et pourtant les yeux nous piquent encore. Ce n'est plus la poussière mais, à la vue des  clichés de Philippe, ce sont les souvenirs qui nous mouillent les yeux.



>> Voir aussi sur Parisperdu: Vilin, Couronnes, Pali-Kao.

 

Publié par barreteau à 10:01:03 dans 75020 | Commentaires (9) |

La vie sous le périph ... | 14 septembre 2008



La porte de Bagnolet rassemble des bureaux à faible valeur architecturale, des hôtels sans étoile, peu de programmes de prestige et ... même son centre commercial, "Bel-Est", fait pâle figure, à tel point que certains continuent de qualifier Bagnolet de "Défense du pauvre".
Ce sinistre décor, tous les Parisiens le connaissent, pour y être passés ... à 80 kilomètres/heure. Mais n'ont-ils jamais osé s'aventurer sous le périph ?

Car là se trouve tout ce qu'il y a de plus dégoûtant: des zones entièrement délaissées, souvent sans lumière, pas vraiment sécurisées et avec des allures de décharges ... On y trouve aussi des campements de fortune de "sans-papiers" ... bulgares, afghans ou même de SDF ... bien français, qui tous survivent ici dans un environnement dominé, de nuit comme de jour, par le vacarme assourdissant des voitures, des poids lourds et par leurs émissions de gaz nocifs ...

Pendant des années, personne ne s'est posé de questions sur l'avenir de cet anneau infernal de 35 kilomètres de circonférence, sur ce non-espace dans la ville. Dès les années 1980, architectes, urbanistes et élus réfléchissent pourtant déjà aux moyens de le réhabiliter. Mais le débat tourne en rond...
En 2003 toutefois, la publication du livre des membres du cabinet "Tomato Architectes", intitulé La Ville du périphérique, va agir comme un détonateur.

A présent, au-delà des débats sur la vitesse autorisée, sur le passage des poids lourds, sur une éventuelle file pour les taxis, autant de débats qui ont animé - faiblement - la dernière campagne des municipales, la question du périphérique devrait s'articuler autour de la relation entre Paris et sa banlieue.
Car sans réaménagement du périph, sans réflexion sur la manière de le traverser, comment ouvrir et transformer les quartiers de la couronne parisienne?

Vous avez dit "Grand Paris" ? Oui, grand pari ...


>> "La Ville du périphérique" par le cabinet Tomato Architectes.

>> "Périphpolis", un film de Joachim Lepastier.


 

 

Publié par barreteau à 10:53:44 dans Hommes et Métiers | Commentaires (8) |

Des tours à Paris : pour quoi faire ? (2/2) | 10 septembre 2008


Le quartier Olympiades, Paris 13ème.


Alors que Paris manque cruellement d'espaces verts, qui pourtant seraient si nécessaires au bien-être et à la santé des Parisiens, on parle de vouloir construire des tours dans les rares lieux non encore bâtis de Paris.
Ne marche-t-on pas sur la tête ?

Les problèmes de nos banlieues - nées des barres et des tours - ne suffisent-ils pas ? Pourquoi donc vouloir encore plus de monde à Paris alors que, déjà chaque jour, plus d'un million de personnes passent par le métro Châtelet, lequel est plus que saturé ... et qu'en plein après-midi, la rue de Rivoli atteint des pics de pollution insensés ...

Si New York doit rester New York, avec ses tours, Paris doit rester Paris, avec ses immeubles Haussmanniens, qui jamais ne dépassent 6 étages.

Dans les nouveaux quartiers de la Grande Bibliothèque ou de Bercy, où l'on a gommé les petites rues, les maisons, les jardins et la vie tout autour, allez maintenant vous y promener le soir ... Bonjour l'ambiance coupe-gorge : boutiques vides ou fermées dès 19 heures, zones désertes, façades d'immeubles glaciales ...
Ces nouveaux quartiers sont franchement invivables.

C'est "l'architecture du moi" qui prime, à la place de "l'architecture pour les autres". Les architectes qui conçoivent ces tours, les politiques qui décident de les construire ont-ils l'intention d'y habiter ?

Des tours à Paris, mais pour quoi faire ... ?


>> Voir aussi : Des tours à Paris : pour quoi faire ? (1/2)

>> De nouvelles tours à Paris, les propositions de 11 architectes.


Publié par barreteau à 09:49:18 dans Hommes et Métiers | Commentaires (7) |

Mai 68 : 40 ans après. | 06 septembre 2008

Photo © Göksin Sipahioglu

Avant d'avoir été le grand patron-fondateur de l'agence Sipa Press, Göksin Sipahioglu était photographe, un grand photographe.

Quand Mai 68 éclate, Göksin Sipahioglu est depuis un an seulement à Paris en tant que correspondant de plusieurs grands journaux turcs.
C'est un " étranger à Paris ", qui photographie autrement cet évènement, s'attachant souvent à ce que les Français ne voient plus. Car l'intérêt particulier de ses images sur "mai 68" réside dans la fraîcheur de son regard, le regard d'un journaliste étranger face au microcosme parisien.

40 ans plus tard, pour la première fois, à 81 ans, il dévoile l'ensemble de son travail sur ces jours et ces nuits historiques qui ont changé notre époque, et les photos de Göksin font désormais partie de l'Histoire. Aujourd'hui, "Visa pour l'image", avec l'accrochage de l'expo "GS 68" rend hommage à la vie et à la carrière de l'un des derniers grands personnages romantiques de la photo en France.


>> A voir, jusqu'au 14 septembre 2008, à Perpignan: le Festival international de Photojournalisme "20ème Visa pour l'image".

>> En savoir plus sur Göksin Sipahioglu et sur Sipa Press.

>> Déjà dans Parisperdu : Visa 2007.



Publié par barreteau à 09:35:04 dans Hommes et Métiers | Commentaires (3) |

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