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parisperdu

Un certain regard sur Paris

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Parisperdu aurait pu s'appeler ParisVolé car si souvent "ce certain regard" sur l'Est de Paris s'est définitivement évanoui, c'est qu'il a été dérobé par les "avancées de la modernité".

Arpenter la ville à la recherche d'espaces promis à la démolition ou de personnes dont le destin va en être bouleversé : ce n'est pas pour regretter le passé. C'est pour montrer, nous montrer, nous rappeler, que la ville n'est pas une entité figée.

La ville vit ... et comme tout être vivant, elle fait parfois des erreurs.

Ainsi va la ville, ainsi va la vie ...

"Ce qui nous incite à revenir en arrière est aussi humain et nécessaire que ce qui nous pousse à aller de l'avant." 

Pier Paolo Pasolini


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Paris, guide à l'usage du touriste averti. | 14 octobre 2008


Villa Monet Paris 19
ème


La capitale française recèle plus d'atouts que les sempiternels clichés dont on l'affabule sans cesse. Il y a bien sûr mille raisons d'aimer Paris. Mille façons d'aborder cette ville qui, par le passé et aujourd'hui encore, a toujours su alimenter bien des fantasmes.

Les quartiers de l'Est parisien, lancés sur un rythme effréné de modernisation à tout-va, auraient perdu une bonne partie de leur âme. Mais bon, la nostalgie a ses limites. Même s'il est vrai que le quartier de Tolbiac évoque de moins en moins les ombres interlopes de Tardi ou de Léo Mallet, même s'il n'est pas faux que Montmartre ressemble plus aujourd'hui à un attrape touriste qu'au joyeux foutoir qu'on aimait y trouver auparavant, la capitale reste hautement attractive.

Pas question bien sûr de zapper les incontournables: tour Eiffel, arc de triomphe de l'Etoile, Palais du Louvre ou musée d'Orsay ... Mais on peut aussi choisir de baguenauder à l'infini dans le tracé fascinant des arrondissements de l'Est parisien, traversés de petites rues aux intitulés intrigants (Mouzaïa,  Pali-Kao ...), à l'abri des zones touristiques ou parfois tout près, comme dans le quartier de la gare de Lyon, où, coincés entre l'avenue Daumesnil et la rue de Reuilly, la "coulée verte" invite à la promenade et où l'on se plait à chiner, sous ses arcades, dans les magnifiques boutiques de l'endroit.

Bref, Paris en a suffisamment sous le pied pour qu'on ne la cantonne pas à ses clichés de ville riche d'Histoire, de musées et de monuments grandioses (ce qu'elle est par ailleurs et tant mieux).

Comme Barcelone avec L'auberge espagnole, Paris souffre parfois un peu du syndrome Amélie Poulain auprès des touristes qui l'abordent. Bien sûr, petits bistrots, vie nocturne et nuits blanches font partie du voyage, mais Paris est aussi une ville où l'on peut somnoler dans l'un de ses nombreux (et souvent très chouettes) parcs et squares, tomber presque par hasard sur de remarquables expositions d'artistes marginaux, et passer la nuit dans un hôtel bon marché, en plein cœur d'un quartier piéton, bizarrement paisible sous le coup de deux heures du matin ...



>> Voir aussi : "Montrer Paris avec des yeux lucides et amoureux" et les autres éditos de Parisperdu.
 



Publié par barreteau à 10:08:59 dans Hommes et Métiers | Commentaires (2) |

La mémoire de la nouveauté. | 10 octobre 2008

Avenue de France, novembre 2003.


Paul Valéry affirmait que "la mémoire est l'avenir du passé".
Pour prolonger la réflexion du poète-écrivain, on pourrait prétendre que lors de l'édification d'un nouveau quartier sur les ruines d'un ancien secteur, il y a, pour nos architectes et urbanistes, un certain "Devoir de mémoire". Ne conviendrait-il pas de conserver des  traces du passé, traces qui seraient comme la "mémoire de la nouveauté"

Dans le 13e arrondissement de Paris, lors de la création de l'avenue de France, il faut bien constater qu'une telle approche a été totalement bafouée.

Avec ses 40 mètres de large, l'avenue de France est la principale artère du nouveau quartier Paris-Rive Gauche. C'est une avenue triste, laide, froide et bordée d'immenses immeubles "verre-béton", des bureaux pour la plupart. Il y manque de la verdure, des commerces, des bars, des restaurants, ... de la vie quoi !
Empruntez l'avenue de France, le soir ou la nuit, ... c'est un désert et, on ne peut pas dire que l'on s'y sente particulièrement en sécurité.

Un grand pôle universitaire termine son implantation, tout près d'ici, espérons que les étudiants sauront lui apporter ce qui lui manque, c'est-à-dire ... à peu près tout.



>> Voir aussi sur Parisperdu: "Des étudiants dans la farine ... ?"
 
  

Publié par barreteau à 10:38:48 dans 75013 | Commentaires (6) |

Notre-Dame ... la médiocre. | 06 octobre 2008

47 rue de la rue de la Roquette - Paris 11ème.

Rue de la Roquette, on créa en 1911, une chapelle. Celle-ci sera agrandie entre 1926 et 1928, et prendra alors le statut d'église paroissiale du quartier Bastille. Cette construction - de piètre qualité et mal entretenue - était, dès les années 60, dans un tel état de délabrement, qu'elle fut alors fermée au public.

Progressivement l'édifice tomba en ruine, mais au lieu de restaurer l'église de la rue de la Roquette, l'archevêché de Paris en ordonne sa destruction en 1992. La disparition d'un édifice religieux est toujours quelque chose de dérangeant ... C'est une partie de notre patrimoine mais aussi une partie de nos souvenirs qui disparaissent alors ...

Sur le même site, sera finalement construite la "médiocre" Notre-Dame d'Espérance. Les architectes ont voulu faire le pari que la nouvelle église donne finalement l'impression d'avoir toujours été là.
Ce pari était risqué et loin d'être gagné d'avance car en réalité, seules ... les deux cloches provenant de l'ancienne église ... ont toujours été là ...

Bernanos ne disait-il pas: "L'espérance est un risque à courir"...


>> Notre-Dame d'Espérance, vue générale.

 >> Paris, d'église en église ...

>> Et ... Notre-Dame des Champs... Elysées.



Publié par barreteau à 10:49:49 dans 75011 | Commentaires (2) |

" On dirait le Sud ... " | 01 octobre 2008


Laverie Teinturerie Pujol - octobre 1995

Nous sommes rue Villiers de l'Isle Adam, dans un environnement urbain sans grand charme, cernés de toute part par des immeubles de standing moyen. Mais lorsque l'on arrive devant le numéro 38, instantanément on se sent plus léger, car là, on peut se croire face à un petit commerce de province. Les jours d'été, avec le soleil dans la vitrine, on se croirait ... dans le Sud. Et cette impression se trouve confortée lorsque l'on découvre le nom du propriétaire sur le fronton de la boutique: PUJOL !

La "Laverie Teinturerie" Pujol travaillait à l'ancienne, avec des techniques aujourd'hui définitivement perdues : marquage des pièces à l'encre de chine, détachage personnalisé, repassage au fer plat, empesage des cols et application d'une touche d'eau de lavande sur "le blanc" ... Ici, on était à mille lieues des pressings automatisés.

Il y a encore peu, dans ce coin du 20ème arrondissement, la maison Pujol  faisait de la résistance face aux nouveaux pressings : les "5 à Sec", les "Clean City" ou les "Euro Pressing". Mais chez ceux-là, aucun conseil de nettoyage, aucune convivialité : vous dialoguez uniquement avec l'automate de manutention de vos vêtements ... sans parler des résultats qui sont bien en deçà de ceux que vous fournissait Madame Pujol.

Pourtant, face au raz de marée des pressings franchisés, les Pujol ont dû fermer boutique, ... on appelle cela la nouvelle économie ou encore ... le nivellement par le bas.


>> Pressing: les réseaux franchisés étendent leur implantation.

 

 

 

 

Publié par barreteau à 09:06:52 dans Hommes et Métiers | Commentaires (3) |

Origines contrôlées ... | 27 septembre 2008


C'est à l'angle de la rue Julien Lacroix et de la rue du Sénégal, que je fais la rencontre de Fari et d'Aduna, sa petite fille.

Fari est arrivée à Paris dans les années 80. Son père Mamadou, qui avait travaillé près de 20 ans à l'usine Renault de Flins, bénéficia alors des lois sur le regroupement familial et pu ainsi faire venir en France sa femme et Fari, leur fille cadette. Leurs deux autres enfants resteront chez un oncle à Dakar. Sa femme ne s'acclimatera jamais à la vie européenne. Rapidement elle tombe malade et meurt moins de 10 mois après son arrivée à Paris.

Aujourd'hui, Fari est mariée à un malien et Aduna est leur fille de 4 ans. Fari et son mari travaillent dans une entreprise de services en "entretien et propreté", tous deux sont des "immigrés réguliers".

Pourtant, souvent Fari s'interroge sur la place réelle des immigrés dans la cité ? Car si au regard du logement, du travail, de la scolarisation des enfants et aussi en matière de santé, les textes applicables sont les mêmes pour tous, ces textes ne suffisent pas toujours à éliminer nombre de pratiques discriminatoires dans l'accès au travail et au logement social.

Et là, à l'angle de la rue Julien Lacroix et de la rue du Sénégal (une rue où pourtant elle pourrait se sentir un peu chez elle !) Fari nous confie les difficultés qu'elle a eu pour trouver un emploi stable ... Mais si, elle et son mari y sont enfin parvenus, ils leur restent aujourd'hui à franchir l'obstacle du logement.
L'appartement de la rue de la Mare où loge la famille est insalubre et le loyer exorbitant. Fari a appris que ce coin de Belleville va être entièrement reconstruit et que des logements sociaux y sont prévus en grande quantité. Alors, accompagnée d'Aduna, elle vient, ici, faire le tour des bureaux de vente, juste pour voir, juste pour rêver un peu devant les cuisines toutes équipées et les salles de bain luxueuses des appartements-témoins ...

Mais, même si Fari signifie "la reine" (en wolof), ces futurs appartements "royaux" ne seront pas pour elle ...
Heureusement, elle a la vie "devant elle", et même plus exactement "avec elle", ... puisqu'en wolof le prénom de sa fille Aduna, signifie "la vie"!


>> Egalement sur Parisperdu: "Passage Goix : une voie sordide" ou la vie à Paris d'une autre famille sénégalaise.

>>  Voir aussi sur Parisperdu : "Apartheid résidentiel"

 


 

Publié par barreteau à 09:35:49 dans Portraits Incertains | Commentaires (6) |

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