Parisperdu aurait pu s'appeler ParisVolé car si souvent "ce certain regard" sur l'Est de Paris s'est définitivement évanoui, c'est qu'il a été dérobé par les "avancées de la modernité".
Arpenter la ville à la recherche d'espaces promis à la démolition ou de personnes dont le destin va en être bouleversé : ce n'est pas pour regretter le passé. C'est pour montrer, nous montrer, nous rappeler, que la ville n'est pas une entité figée.
La ville vit ... et comme tout être vivant, elle fait parfois des erreurs.
Ainsi va la ville, ainsi va la vie ...
"Ce qui nous incite à revenir en arrière est aussi humain et nécessaire que ce qui nous pousse à aller de l'avant."
Pier Paolo Pasolini
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Mais l'ampleur du marché potentiel a attisé la concurrence car, plus de 10 millions de personnes visitent Montmartre chaque année et beaucoup d'entre elles y achètent des peintures en guise de souvenirs, ...
Aussi aujourd'hui, les peintres officiels de la place du Tertre se sentent menacés par les boutiques de souvenirs de Montmartre qui vendent des peintures importées d'Asie et d'Europe de l'Est, des peintures à bas prix, de bien piètre qualité et produites à la chaîne ... Ces toiles portent des signatures "bidon" comme Georges, Claude, Paul, ... pour faire couleur locale et être vendues comme authentiquement Montmartroises.
Ces tableaux n'ont pas d'âme, mais leur coût est dérisoire comparé aux prix pratiqués sur la Place du Tertre. Certaines de ces toiles importées sont mêmes constituées d'un dessin imprimé sur lequel les vendeurs passent quelques coups de peinture pour donner une touche d'authenticité. Ce n'est pas de l'art, c'est ... au mieux ... pour ne pas dire au pire ... de la décoration. C'est sûr, à ces prix-là, on ne peut pas en attendre plus !
Les peintres de l'historique carré des artistes, parlent de concurrence déloyale de la part de ces toiles de Paris "made in China" et pour moraliser le marché, l'association Paris-Montmartre réclame, en vain, aux élus parisiens une "traçabilité" des tableaux.
"On pourrait écrire Made in... au dos des toiles. Au moins les clients sauraient ce qu'ils achètent" entend-t-on sur la Place. Une appellation d'origine contrôlée ? L'idée fait sourire. Car ce qui compte, c'est la beauté du tableau, pas la nationalité de son auteur.
Après tout Picasso était espagnol, non ?
>> L'association Paris-Montmartre
>> Le collectif des Artistes Montmartrois
>> Voir aussi sur Parisperdu : "Léon, gribouilleur place du Tertre".
Publié par barreteau à 11:36:52 dans 75018 | Commentaires (2) | Permaliens
2 bis Cité de La Chapelle, juin 1997.
Le Bois Dormoy est le nom donné par les riverains du quartier de La Chapelle, au terrain sauvage situé entre le 2 bis Cité de La Chapelle et le 41-43, rue Marx Dormoy, dans le 18ème arrondissement.
Ce terrain est en friche depuis presque 20 ans. Aujourd'hui encore, une longue palissade en empêche l'accès. Mais derrière celle-ci, une riche végétation de diverses espèces végétales s'est développée, des sureaux surtout, mais aussi des arbres à papillons, ... tout une flore.
Après de multiples démêlés et rebondissements juridiques, cette parcelle serait aujourd'hui rachetée par la Mairie de Paris, qui souhaite y installer une maison de retraite et une crèche. Mais, c'est sans compter avec les riverains, les amoureux de la nature et les amateurs d'oxygène qui ont créé l'association "Le Bois Dormoy" pour préserver ce poumon végétal situé à proximité de voies ferrées, dans un quartier extrêmement pollué ...
L'association du Bois Dormoy a ouvert un dialogue avec la mairie pour que le futur projet se fasse en concertation avec les habitants du quartier de La Chapelle.Si vous aussi, vous pensez que dans ce quartier, il y a trop de voitures, trop de béton, trop de pollution ... et pas assez de verdure, alors rejoignez le Bois Dormoy !
>> En savoir plus sur le Bois Dormoy, ...
Publié par barreteau à 12:54:57 dans 75018 | Commentaires (1) | Permaliens
Nous sommes tout près des abattoirs de La Villette, là où "on tranche le lard" comme le chante Jacques Dutronc ...
Ici, sur le quai de la Gironde, subsistent encore aujourd'hui quelques activités connexes, telle l'usine de "Cuirs et Peaux" Joseph Fischer ou les Etablissements Félix Gaucher, un marchand de charcuterie et de salaisons, en gros et demi-gros ...
A La Villette, sur l'un des murs de l'abattoir, on pouvait lire, sur une enseigne, cette dramatique sentence: "Ici l'on tue ...". Une évidence qui toutefois ne manquait pas de surprendre le promeneur, et l'incitait surtout à passer son chemin au plus vite.
Sur le site de La Villette, le mois de mars 1974 marque la fin d'une époque car on y tue le dernier bœuf.
En 1979, naît alors l'Etablissement Public du Parc de La Villette qui lance le grand projet de réhabilitation et d'aménagement des 55 hectares de friches industrielles, avec la mission de créer le premier parc culturel urbain.
Ce sera une réussite !
>> Des abattoirs ... au premier parc culturel urbain.
>> Démolition des abattoirs de La Villette, septembre 1977 -Photo© Jean-Luc Charuel
Publié par barreteau à 09:34:56 dans 75019 | Commentaires (5) | Permaliens
Rue Galande, 1899 - 1998
Un ami américain vient de m'offrir cet ouvrage en pensant qu'il devrait m'intéresser car il est incontestablement dans ma sphère d'intérêt et d'une proximité certaine avec Parisperdu.
Bel ouvrage en effet et beau reportage parisien de Christopher Rauschenberg, le photographe, mais surtout, excellent travail de la maison d'édition qui a su recréer - pour les photos modernes - les tonalités douces, les nuances, les gris pâles des plaques d'Atget ...
Le choix des sujets, est en revanche plus discutable, car si certains lieux s'imposent d'eux-mêmes ( la Rue Saint-Bon, la Rue de Fourcy, la Cour de Rohan, ...) dans bien d'autres cas, on sent que le photographe s'est laissé allé à une certaine facilité (Versailles, le parc de St Cloud où bien sûr les statues n'ont pas bougé depuis des siècles !..., c'est moins vrai pour le parc de Sceaux, tant il était en friche à l'époque d'Atget).
Le regard du photographe américain s'étonne parfois de choses assez banales pour nous les parisiens (un bénitier à l'Eglise Saint-Sulpice, un candélabre à la galerie Colbert, ...) ou ne s'encombre pas de critères esthétiques comme, par exemple, lorsqu'il découvre un immeuble bâché et qu'il le retient toutefois dans sa sélection des lieux d'Atget (2 rue de l'Abbaye).
Vu l'énorme travail d'Eugène Atget, éternel flâneur du Paris post-haussmannien, les démarches comparatives du Paris d'aujourd'hui avec l'œuvre de ce "photographe archéologue", ont encore de beaux jours devant elles.
Sans marcher sur les pas d'Atget, le photoblog "Parisavant" adopte la même méthode de mise en perspective des rues parisiennes, à différentes époques: une réussite.
>> Christopher Rauschenberg
>> Atget, déjà sur Parisperdu (1)
>> Atget, déjà sur Parisperdu (2)
>> Atget, déjà sur Parisperdu (3)
>> Le photoblog "Parisavant"
Publié par barreteau à 09:23:29 dans Hommes et Métiers | Commentaires (3) | Permaliens
47 et 49 rue Vilin 75020 Paris - Photo ©Philippe Hiraga - 1971
Il y a quelque temps, nous avions posé la question:
"De quelle couleur est Belleville ?"
Et, lorsque sur ce sujet, j'ai récemment interrogé Willy Ronis - lui qui, dans les années 50 a beaucoup photographié le quartier- le grandissime photographe m'a répondu très directement :" La couleur ? Je ne m'en souviens pas, car à l'époque où je faisais ces images, ma vision était exclusivement en noir et blanc".
Puis, lorsque j'insiste pour savoir si toutefois, il "revoit" la couleur du mur du bistrot qui sert de toile de fond à sa photo "Au repos de la Montagne", Willy me rétorque :
"Ce n'est pas la couleur qui avait fait que je m'étais arrêté-là, mais le type en marcel qui prenait un verre à l'intérieur " !
Finalement, nous n'en saurons pas plus auprès de Willy Ronis ...
Mais aujourd'hui, ce sont les photos prises par Philippe lors de la démolition de la rue Vilin, au cours de l'été 1971, qui nous donnent la réponse.
Belleville était donc dans des camaïeux de rouge, de bordeaux, d'orange, de rose, ... c'est dire si les couleurs étaient gaies, et surtout contrastaient fortement avec un état du bâti ... plutôt triste, tant il était dégradé.
Mais pourquoi ces immeubles à la dérive, suintant de pauvreté, sont-ils restés aussi longtemps dans cet état ? Parce qu'ils ont une histoire bien à eux ...
Beaucoup de ces immeubles sont des bâtiments qui ont servi à abriter des gens venus ici pour construire la ville, pour travailler dans ses ateliers et ses usines... Autrement dit, ce sont les HLM d'une autre époque, des édifices construits à la va-vite, avec des murs constitués de matériaux de piètre qualité et, pour leur donner un peu de "standing", ... on les peignait de couleurs chatoyantes.
Au fil du temps, avec la politique de blocage des loyers de l'après guerre, on assista à l'appauvrissement des propriétaires et le quartier s'est rapidement "ghettoïsé". Tout cela a souvent empêché de faire les indispensables travaux d'entretien et, années après années, ces immeubles sont devenus de véritables ruines ...
Et lorsque ces bâtiments ont trop coûté en entretien, lorsque la rentabilité des loyers a trop diminuée, on les a démolit !
Oui, finalement Belleville en a vu ... de toutes les couleurs.
>> Voir aussi :"Elles tombent l'une après l'autre"- Photo © Philippe Hiraga
>> "Au repos de la Montagne" - Photo ©Willy Ronis
>> Voir aussi : "Mélanges de couleurs"
Publié par barreteau à 11:27:10 dans 75020 | Commentaires (3) | Permaliens
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