Parisperdu aurait pu s'appeler ParisVolé car si souvent "ce certain regard" sur l'Est de Paris s'est définitivement évanoui, c'est qu'il a été dérobé par les "avancées de la modernité".
Arpenter la ville à la recherche d'espaces promis à la démolition ou de personnes dont le destin va en être bouleversé : ce n'est pas pour regretter le passé. C'est pour montrer, nous montrer, nous rappeler, que la ville n'est pas une entité figée.
La ville vit ... et comme tout être vivant, elle fait parfois des erreurs.
Ainsi va la ville, ainsi va la vie ...
"Ce qui nous incite à revenir en arrière est aussi humain et nécessaire que ce qui nous pousse à aller de l'avant."
Pier Paolo Pasolini
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Entrée du 18, rue des Partants - Paris 20ème
Nous voilà à nouveau rue des Partants, une rue symbole de Parisperdu, tant elle a vécu, ces dernières années de profonds bouleversements.
Dans la rue, presque toutes les maisons sont murées, leurs habitants ont déserté les lieux.
Seule, au n° 18, une porte reste ouverte, grande ouverte, ... sans doute un locataire récalcitrant qui a refusé de partir !
Au fond de l'entrée, la lumière venue du jardin, irradie l'espace et incite irrésistiblement à pénétrer plus avant. C'est comme un appel vers l'inconnu, vers un souffle de vie dans ce quartier moribond.
Dans la lumière dense de cette fin d'après-midi de juillet, ce couloir désolé apparaissait alors comme un chemin abstrait, comme le départ vers l'infini et même au-delà, comme un passage aboutissant à d'improbables paradis ...
>> Escalier intérieur du 18, rue des Partants: "Vers l'infini et même au-delà ... "
Publié par barreteau à 09:41:10 dans 75020 | Commentaires (2) | Permaliens
Publié par barreteau à 10:21:34 dans Portraits Incertains | Commentaires (6) | Permaliens
Lorsque j'ai montré à Willy Ronis une photo du 32 rue de la Mare, dans le 20ème arrondissement, il me fit la réponse suivante :
"J'ai bien reconnu l'escalier du 32 rue de la Mare. Peut-être s'y trouve-t-il encore (au 2ème palier) une mini-usine de chaussures ..."
Une recherche dans mes photos me fait trouver la mini-usine en question. On peut en effet lire sur la droite de l'image : "Chaussures JL".
Et bien, oui Willy, la mini-usine est encore là ! ... Et en 2008, les "Chaussures JL" ont toujours leur siège social au 32 rue de la Mare. Mais la "mini-usine" a diablement fondu ... Car si, dans les années où Willy Ronis parcourait Belleville et Ménilmontant, les "Chaussures JL" ont employé jusqu'à une quinzaine de personnes, aujourd'hui l'effectif n'est plus que de trois personnes ... la mondialisation et l'invasion du marché par les productions "Made in China" sont passés par là ...
Lorsque je communique la nouvelle à Willy Ronis, sa réponse sera sans détour: "c'est un petit miracle que tout cela n'ait pas disparu ... mais comment font-ils pour en vivre encore ?"
Il faut dire que tout ce qui gravite autour de Willy, y compris lui-même ..., a une bien belle longévité ! ...
>> L'escalier du 32 de la rue de la Mare, dans Parisperdu.
>> L'escalier du 32 rue de la Mare, vu par Willy Ronis - Photo©Willy Ronis
>> La sarl "Chaussures JL"
Publié par barreteau à 10:13:04 dans Sur les pas de ... | Commentaires (2) | Permaliens
A l'âge de 62 ans, Jean Nouvel, l'architecte star déjà bardé de nombreuses distinctions a reçu, cette année, le Pritzker Price, considéré comme le prix Nobel de l'architecture. Depuis quelque temps, il réfléchi sur le Grand Paris, et lorsqu'on l'écoute, on se rend compte qu'il est l'un des rares architectes qui réfute la politique de la table rase.
C'est sûr, si demain, il se voit confier ce grand projet consistant à repenser la capitale, Jean Nouvel conservera l'ancien, beaucoup du bâti ancien ...
C'est sûr, si demain, il se voit confier ce grand projet consistant à repenser la capitale, Jean Nouvel conservera l'ancien, beaucoup du bâti ancien ...
Parisperdu qui dénonce souvent ici, les démolitions aveugles de pans entiers de la capitale, approuve pleinement l'approche de Jean Nouvel ... et rien que pour cela nous lui aurions décerné le Pritzker ..., d'ailleurs Thomas Pritzker, président de la fondation Hyatt, n'a-t-il pas salué en Nouvel "sa quête inlassable d'idées neuves et son acharnement à repousser les limites de la discipline".
Enfin un génial bâtisseur pour Paris, alors que beaucoup d'autres architectes ne sont bien souvent que de dangereux démolisseurs ...
>> Le site des Ateliers Jean Nouvel.
>> Le site du Prix Pritzker.
>> Voir aussi: Jean Nouvel, Interview vidéo.
>> Sur Parisperdu: "Mieux avant ou ... mieux après" ?
>> Sur Parisperdu: "Démolition des murs ... démolition des vies"
>> Le "Grand Paris" ou comment changer ... d'aire ?
Publié par barreteau à 09:15:19 dans Hommes et Métiers | Commentaires (3) | Permaliens
Photo © Philippe Hiraga
Nous sommes en 1971, et désormais, Belleville est désertée par ses habitants, les boutiques ferment les unes après les autres et partout, on mure portes et fenêtres. Belleville tombe peu à peu en déliquescence ...
Au début du siècle précédent, Belleville était une sorte de campagne avec des pavillons aux jardins peuplés de poulets ou de canards et, aujourd'hui encore, il subsiste quelques traces de ce passé.
Pendant plus de 30 ans, les habitations sont restées vétustes, sans chauffage ni électricité, vouées à être détruites, ... mais il existait une forme de solidarité entre les habitants car la misère et les épreuves, supportées en commun, soudaient les habitants entre eux ....
Maintenant que les démolitions débutent, les habitants regrettent, non pas leurs habitations vétustes mais, l'ambiance si particulière de ce quartier.
Désormais, certains quittent Belleville, d'autres sont relogés dans de nouvelles habitations. Mais, pour tous, il n'est pas simple de briser les liens tissés par le temps et de faire que l'histoire de ce quartier ne s'arrête pas là.
Depuis le milieu des années 90, le quartier a changé, beaucoup changé et, si l'habitat a beaucoup gagné en salubrité, on ne peu en dire autant sur la solidarité et la sécurité des Bellevillois.
On va encore me dire que j'idéalise trop le passé, mais il est patent que le climat n'est plus le même à Belleville où un large périmètre a été classé en ZUS (Zone Urbaine Sensible), c'est dire si les pouvoir publics reconnaissent les difficultés que vivent, au quotidien, les habitants de ce territoire. Dans La cité "Piat-Faucheur-Envierges", des ados tiennent les murs, bloqués "dans le rien". Le soir, dans le parc de Belleville, il n'est pas toujours très sûr de se promener seul(e) dans les allées périphériques ou de s'approcher des porches des villas où l'on traficote et où parfois, des bagarres éclatent ...
Il n'y a, bien souvent, qu'un pas de la déliquescence à la délinquance ...
>> Belleville : "C'est déjà ça ..."
>> Voir aussi dans Parisperdu: "Démolition des murs ... démolition des vies ..."
>> Voir aussi sur Parisperdu : "Jours tranquilles à Belleville"
Publié par barreteau à 09:24:19 dans 75020 | Commentaires (3) | Permaliens
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