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un certain regard sur Paris

A Belleville, La Forge n'est plus ce qu'elle était ... | 13 juin 2014

La Forge, 23 rue Ramponeau Paris 20ème

Cette ancienne usine de clefs, de plus de 1000 m2, était désaffectée depuis longtemps, quand, un matin d'octobre 91, en l'absence de permis de démolir, des ouvriers ont commencé à démonter la toiture... En moins d'une heure, une dizaine d'artistes ont occupé le lieu et ont ainsi stoppé sa démolition.

Très vite, le squat de la Forge s'y est installé.

Les artistes, groupés en une association: "La Forge de Belleville" - soutenus par la Bellevilleuse (sans qui 70 % du Bas-Belleville serait aujourd'hui démoli) - ont obtenu en 1997 que la Ville de Paris officialise et contractualise cette occupation par une convention temporaire de mise à disposition.
C'est bien la première fois qu'un squat d'artistes obtient un bail!

En contrepartie de loyers aux conditions très avantageuses, l'association s'engageait à développer un projet artistique et culturel cohérent, totalement ouvert sur le quartier, et à assurer une rotation régulière des artistes accueillis dans l'usine.

Mais au printemps 2005, la Ville décide de résilier la convention concernant l'occupation de l'usine, et lance un appel à projets pour désigner le nouvel occupant du site.
Il s'en suivra une longue bataille juridique entre l'association "la Forge de Belleville" et la Mairie de Paris. 

Régulièrement de nouveaux appels d'offre sont lancés mais n'aboutissent pas suite aux contestations et recours des diverses parties, si bien qu'en 2008,  la "Forge de Belleville" occupe toujours les lieux.

Une énième bataille juridique va finir par chasser le collectif d'artistes pour confier le site à l'association "Traces" qui ne restera en place que peu de temps.
Et, en 2012, la Ville intronise une nouvelle association gestionnaire: "Caserne Ephémère".

"Caserne Éphémère" émane du "Point éphémère", le gestionnaire du lieu du même nom sur le Canal Saint-Martin, dans le 19e arrondissement. C'est un acteur historique de la culture underground parisienne des années 1980-90, élevé depuis au rang d’acteur quasi-institutionnel, de professionnel de la Culture et d'opérateur privé du marché de l’art.

Et c'est bien là où le bât blesse car l'ambition de "Caserne Ephémère" pour la Forge est bel et bien d’en faire une résidence d’artistes exclusivement tournée vers la professionnalisation et le marché de l'art dans le nouveau monde de Belleville … celui des galeries d’arts et des concept-stores … à la mode.
Finie donc  l’ouverture du lieu au public et finie l’animation culturelle entre les habitants de Belleville, les associations et les artistes du quartier.

Depuis 1997, La Ville de Paris n’aura finalement jamais réussi mettre en valeur ce lieu, sauvé de la destruction par l’action collective des artistes et des habitants du quartier. Elle se sera montrée incapable de maintenir en vie le souffle créatif de cet espace unique et hautement emblématique de Belleville.

Car une question de fond reste sans réponse : que veut-on finalement faire de ces lieux symboles, arrachés par des batailles d’habitants et d’artistes contre les promoteurs, une fois que la Mairie les rachète, consacrant ainsi leur valeur d’intérêt général ?
Si le but est d’attirer par une programmation choisie une population plus aisée, ils deviennent alors le premier outil, avant même le logement, pour embourgeoiser le quartier.

Et c'est ainsi que Belleville est progressivement mis aux normes de l’embourgeoisement parisien. Reste à voir si les Bellevillois qui se sont battus dans les années 90 pour sauver la vieille Forge ouvrière contre un promoteur et son projet de supermarché-parking, adhèreront au projet de la Ville qui va à l'encontre d'une certaine idée de la fraternité qui permet encore ce "vivre ensemble typiquement Bellevillois".


>> Le site web du Collectif de "La Forge de Belleville" est encore en ligne … pour combien de temps ?

>> Atelier résidence, Le Passage à Belleville, (anciennement La Forge) par Point éphémère/ Caserne éphémère.


Publié par barreteau à 09:03:03 dans 75020 | Commentaires (1) |

La plus petite maison de Paris. | 06 juin 2014

39 rue du Château-d'Eau _ Paris 10ème.

Dans le 10ème arrondissement, à proximité de la mairie, exactement au n°39 de la rue du Château-d'Eau, se trouve la plus petite maison de Paris.

Un peu plus d'un mètre de large pour 5 mètres de haut, une boutique au rez-de-chaussée et une pièce pour vivre à l'étage, … voilà une bien étrange résidence !

Autrefois, à cet emplacement, il y aurait eu un passage entre la rue du Château-d'Eau et la rue du Faubourg-Saint-Martin. Des querelles d'héritage au sujet de ce passage auraient conduit les propriétaires à le boucher par cette maison miniature …

On ne sait pas si ces faits sont exacts, mais quoiqu'il en soit, le 39 de la rue du Château-d'Eau est désormais répertorié comme "la plus petite maison de Paris".

A ce titre, elle est en compétition avec le 88 de la rue René Boulanger, également dans le 10ème arrondissement et aussi avec le 13 quai Voltaire où l’on signale "la plus étroite façade d’immeuble de Paris".

Toutefois, en comparaison du 39 de la rue du Château-d'Eau, ces deux autres adresses semblent avoir d'immenses façades car chacune d'elles atteignent allègrement … les 2,50 m de large !

 

>>  Le 88 de la rue René Boulanger _ Paris 10ème.

>> Le 13 quai Voltaire _ Paris 7ème


Publié par barreteau à 08:45:01 dans 75010 | Commentaires (2) |

Les étranges dalles de la rue de la Croix Faubin. | 01 juin 2014

L'une des cinq dalles, face au n°16 de la rue de la Croix-Faubin – Paris 11ème (juin 2010)

Dans le 11ème arrondissement, à l'angle de la rue de la Croix-Faubin et de la rue de la Roquette, vous pourrez découvrir - en étant quelque peu perspicace - cinq dalles de granit, incrustées à même le sol.
Ces pierres marquent l'endroit exact où la guillotine était dressée, à l'entrée même de la prison de la Grande-Roquette qui jadis se tenait ici.
En sortant de la prison, les condamnés à mort n’avaient donc que quelques pas à faire pour aller se faire couper la tête …

Ces blocs avaient une fonction essentielle, ils permettaient de caler précisément l'échafaud, de façon à ce que la lame effectue avec la plus grande précision son macabre ouvrage.
On comprend mieux ainsi, pourquoi cette prison fut longtemps surnommée "l'Abbaye des Cinq-Pierres".

Ces dalles, aujourd'hui oubliées, furent un temps si célèbres qu'elles ont été chantées par Aristide Bruant ou mieux encore par l'assassin et poète Pierre François Lacenaire :
"Oh, je vous connais bien, Dalles qui faites place,
Aux quatre pieds de l'échafaud"
.


>> Les 5 dalles, face au N° 16 de la rue de la Croix Faubin.

>> Et c’est deux rues plus loin, au 60 rue de la Folie Regnault, que la guillotine était entreposée. (Voir "En marge d'Atget" sur Parisperdu …)

 

Publié par barreteau à 08:31:10 dans 75011 | Commentaires (1) |

Cirque Électrique. | 26 mai 2014

Place du Maquis du Vercors - 75020 Paris

A Paris, les cirques ont toujours dû s'installer dans des endroits pour le moins … spéciaux.
On a vu "Les Romanès", baladés de terrain vague en terrain vague, se produirent dans des lieux insolites, au fil de terrains laissés en friches : passage Lathuile dans le 18ème, rue Paul-Bert dans le 11ème

Il en va de même pour le "Cirque électrique", un cirque pas comme les autres, qui finalement s'est installé Place du Maquis du Vercors, dans le 20e arrondissement, un coin perdu, près de la Porte des Lilas.

Dans ce lieu qui ne fait pas vraiment rêver, à proximité d’un dépôt de bus, entre le périph' et les ventilateurs d'une piscine, la mairie de Paris a créé "La Dalle des Cirques". Un terrain d'expérience pour un cirque à la programmation éclatée, folle et ambitieuse.
Plusieurs chapiteaux proposent divers programmes: nouvelles créations, traditions du cirque, bals du dimanche, spectacles pour les enfants, concerts, débats, rencontres et vernissage …

Le Cirque Electrique est un havre créatif duquel émane immédiatement une impression de cordialité et, depuis maintenant près de vingt ans, incontestablement, le Cirque Electrique donne dans l'éclectique …
A découvrir.


>> Le Cirque électrique : Site officiel.

 

Publié par barreteau à 10:37:20 dans Hommes et Métiers | Commentaires (1) |

Des rues de Paris en bois ! | 21 mai 2014

Pavés de bois du passage Saint-Maur (Paris 11ème)

En 1912, Paris est considéré comme la ville ayant la circulation automobile la plus dense du monde : plus de 30 000 voitures passent en effet, chaque jour, dans la rue de Rivoli ou la place de l’Opéra. Berlin suit, loin derrière avec 14 000 véhicules/jour sur la Postdamer Platz et en Amérique, la 5ème avenue de New York ne fait alors pas mieux que 8 000 voitures par jour !

Mais ces rues, pavées en pierres, répercutent le bruit des voitures de manière insupportable pour les riverains. Des essais de pavage avec des pavés en bois sont entrepris et l'on constate que dans ces rues, le tumulte sonore est bien moindre : le revêtement en bois est alors considéré comme le mieux adapté à une circulation intense de l'automobile.

Et, à la veille de la première guerre mondiale, le quart des chaussées parisiennes est pavé de bois …

En 1925, près d'un million et demi de mètres carrés de rues de la capitale sont ainsi couverts en sapin du Nord, pin des Landes et bois exotiques. Mais à la longue, ces pavés en bois se révèlent coûteux, glissants et difficiles à entretenir. Ils sont progressivement remplacés et au final définitivement abandonnés peu après 1930. 

Pourtant aujourd'hui encore, en cherchant bien, on en trouve quelques rares exemplaires sur le sol parisien. Pour aller à leur rencontre, il faudra vous rendre Passage Saint-Maur, dans le 11ème, exactement au 81 de la rue Saint-Maur, ou dans le 3ème, au 38 de la rue Notre-Dame de Nazareth …

Sur place, n'espérez pas revivre les souvenirs de mai 68 et le fameux slogan "sous les pavés, la plage !" car le pavé en bois - lui - est posé directement à même le sol originel !


>> Le  passage Saint Maur - Paris 11ème (juin 2006)

 


Publié par barreteau à 10:59:57 dans Hommes et Métiers | Commentaires (1) |

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Pourquoi Parisperdu ... ?

ParisPerdu aurait pu s'appeler ParisVolé car s'il est désormais souvent impossible de porter "ce certain regard" sur l'Est de Paris , c'est que ce Paris a été dérobé par toutes les "avancées de la modernité".

Arpenter la ville à la recherche d'espaces promis à la démolition ou de personnes dont le destin va en être bouleversé : ce n'est pas pour regretter le passé. C'est pour montrer, nous montrer, nous rappeler, que la ville n'est pas une entité figée. La ville vit ... et comme tout être vivant, elle fait parfois des erreurs.


Ainsi va la ville, ainsi va la vie ...

"Ce qui nous incite à revenir en arrière est aussi humain et nécessaire que ce qui nous pousse à aller de l'avant."
Pier Paolo Pasolini


  
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