Parisperdu aurait pu s'appeler ParisVolé car si souvent "ce certain regard" sur l'Est de Paris s'est définitivement évanoui, c'est qu'il a été dérobé par les "avancées de la modernité".
Arpenter la ville à la recherche d'espaces promis à la démolition ou de personnes dont le destin va en être bouleversé : ce n'est pas pour regretter le passé. C'est pour montrer, nous montrer, nous rappeler, que la ville n'est pas une entité figée.
La ville vit ... et comme tout être vivant, elle fait parfois des erreurs.
Ainsi va la ville, ainsi va la vie ...
"Ce qui nous incite à revenir en arrière est aussi humain et nécessaire que ce qui nous pousse à aller de l'avant."
Pier Paolo Pasolini
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Boulevard Ney Paris 18ème
A Paris, les boulevards des Maréchaux Nord, peuvent être vus comme des espaces urbains … transitoires, à vocations indéfinies. De la porte de Champerret à celle de la Villette, on note que la densité de trafics en tous genres est proportionnelle à la dégradation du paysage. Les parties la plus cossues sont moins marquées par ces trafics que d’autres portions plus disqualifiées des Maréchaux.
L’itinéraire nord des boulevards des Maréchaux rend compte, en effet, de contrastes inhérents à la géographie de cet espace peu ordinaire. Cette bande de territoire, parfois appelée "la zone" joue de ses ambiguïtés: routes et habitations, Paris et banlieues, circulations et stations, …
Cette "zone" présente un profil sociologique particulièrement marqué car sa population est constituée d'un métissage de classes et de cultures, découlant souvent d'un prolongement naturel des habitats des arrondissements ou de la proche banlieue.
Au regard s’offre alors une marge interlope à l'activité plus ou moins développée, à la fois séduisante et dangereuse, calme et violente, sublime et immonde …
>> Déjà sur Parisperdu : "Exterieurs nuit".
Publié par barreteau à 09:24:58 dans 75018 | Commentaires (3) | Permaliens
Gérard Zlotykamien, les "éphémères".
Parmi les lieux prestigieux de Paris, il y a le superbe bâtiment conçu par Jean Nouvel pour la Fondation Cartier, et c'est là que vous pourrez découvrir jusqu'au 29 novembre 2009, l'exposition sur le Graffiti, judicieusement intitulée : "Né dans la rue".
Le "Street art" est à la mode ces temps-ci !!! Plusieurs expositions parisiennes en ont fait la preuve dernièrement ... Ce nouvel accrochage met en lumière l’extraordinaire vitalité d’un mouvement artistique qui a pris son essor dans les rues de New York au début des années 1970 et qui est rapidement devenu un phénomène mondial.
Naturellement, vous y verrez les œuvres des "stars" new-yorkaises que sont Keith Haring et Jean-Michel Basquiat, deux artistes incontournables, très "demandés" par les collectionneurs. Mais mon choix, ira vers un artiste français, un parisien à mon sens trop méconnu : Gérard Zlotykamien, un confère de Jérome Mesnager, de Mosko et de Némo.
Gérard Zlotykamien est né en 1940. Il commence son œuvre en 1963 mais se fait surtout remarquer au cours des années 1970 en dessinant à la bombe de peinture des silhouettes fantomatiques dans l'immense chantier dit du "trou des Halles" à Paris. Ses dessins, qu'il appelle "éphémères" évoquent les ombres humaines qui se sont imprimées sur les murs lors de l'explosion d'Hiroshima.
Vendeur au rayon bricolage du BHV le jour et graffitiste la nuit, très en marge du milieu de l'Art, Zlotykamien a peint ses "éphémères" dans de nombreuses villes du monde.
Si vous ne connaissez pas encore son œuvre, courrez vite à la Fondation Cartier …
>> Le site de la Fondation Cartier pour l'art contemporain.
>> Voir aussi sur Parisperdu : " art-urbain+street-art."
Publié par barreteau à 09:18:44 dans Hommes et Métiers | Commentaires (2) | Permaliens
© Sylvain Margaine
L'église Saint-Sulpice, située dans le 6ème arrondissement de Paris, est la plus grande église de Paris après Notre-Dame. Deux tours, dont l'une inachevée, constituent l'une des singularités d'un bâtiment truffé d'œuvres d'art. Six architectes et près de 134 ans ont été nécessaires à l'achèvement de sa construction, après que la première pierre eue été posée par Anne d’Autriche en 1646.
La récente renommée de l'église provient du retentissement de la fiction "Da Vinci Code", qui attribue à Saint-Sulpice quelques uns des concepts occultes auxquels sont confrontés les héros du film.
L'Eglise Saint-Sulpice a donc suscité, dès 2005, l'attention d'un large public grâce au roman de Dan Brown et à son adaptation cinématographique par Ron Howard. Cette année-là, l'église a attiré quelques 200 000 visiteurs supplémentaires. Pourtant l'autorisation de tournage, à l'intérieur de l'église, n'a jamais été accordée par la paroisse, qui a cherché à préserver le caractère sacré du lieu. Malgré tout, des "Da Vinci Tour" font toujours un passage obligé par Saint-Sulpice et figurent parmi les best-sellers des programmes des tour-opérateurs parisiens.
La partie cachée, non-accessible au public, de l'édifice est un véritable labyrinthe de colimaçons et de passages étroits reliant ses 21 chapelles. Avec son vaste péristyle, ses appartements abandonnés cachés sous les toits, ses grands combles tout en bois surplombant les voûtes de la nef … tout ici est démesuré et entretien une atmosphère étrange et envoutante.
Vous voyez ici la coupole de la chapelle de la Vierge. Elle n'est pas surmontée d'une croix mais d'une étoile comme pour nous indiquer que Saint-Sulpice n'est définitivement pas une église comme les autres … Le mystère et l'étrange se mêlent ici au sacré et au divin.
>> En savoir plus sur l'Eglise Saint-Sulpice.
>> En voir plus sur les coulisses de Saint-Sulpice.
Publié par barreteau à 07:49:31 dans Sur les pas de ... | Commentaires (1) | Permaliens
Square Jean Leclaire, Paris 17ème
"J'aime le Paris dépeuplé des jours d'Août.
Au matin, s'assoient sur les bancs perlés de rosée, … ces gens … que le seul hasard fait vivre dans les capitales. On les découvre souvent par hasard, ils font leur apparition derrière les frondaisons des impasses et des squares."
Extrait du "Paris" de Jean Follain.
>> Le "Paris" de Jean Follain éveille la mémoire, il en perpétue le désir ...
>> Voir aussi sur Parisperdu: "La traversée de Paris".
Publié par barreteau à 08:36:06 dans 75017 | Commentaires (2) | Permaliens
"Passatges" - Port-Bou, Juillet 2009
En 1935, le philosophe allemand Walter Benjamin entreprend un ouvrage qu'il intitule: "Le Livre des passages" et où il tente d'analyser l'entrée dans la modernité à travers les vestiges du Paris du 19e siècle. Resté inachevé, l'ouvrage constitue la matrice intellectuelle des derniers écrits du philosophe allemand et inscrit sa pensée aux confluents de l’esthétique, de l’histoire, des études urbaines et de la sociologie de la culture.
Dans cet ouvrage, l’apport principal de Walter Benjamin est sans doute d’avoir conçu la ville comme l’espace d’intelligibilité de la modernité. "Le Livre des passages" représente, en effet, une tentative sans précédent pour déchiffrer dans l’architecture parisienne du 19e siècle la préhistoire de la modernité. Walter Benjamin y développe une conception sémiotique de la ville. Celle-ci se donne à lire, un peu comme un livre. On trouve un héritage direct de cette approche dans l’ouvrage de Karlheinz Stierle, "La Capitale des signes", qui place la question de la lisibilité au cœur de l’expérience moderne de Paris.
Loin de Paris, c'est dans la petite ville catalane de Port-Bou, là où Walter Benjamin, tentant d’échapper au nazisme, s’est donné la mort le 26 septembre 1940, que s’élève, depuis 1994, une œuvre spatiale de Dani Karavan, en mémoire du grand penseur juif allemand. Cet hommage à Walter Benjamin, nommé du nom catalan "Passatges", fait directement référence à son ouvrage inachevé, "Le Livre des passages".
Si vous le visitez, il ne faudra surtout pas vous arrêter au premier aspect, plutôt abrupt, du monument, car ce mémorial est avant tout une formidable machine à émouvoir et à penser.
Tout comme l'est aussi l'œuvre littéraire de Walter Benjamin.
>> Karlheinz Stierle, "La Capitale des signes".
Publié par barreteau à 10:02:30 dans Paris > Extrème Sud | Commentaires (1) | Permaliens
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