Paris ... à dimension humaine. | 15 juin 2008
Passage des Deux portes - Paris 20ème.
Paris peut paraître écrasant ... mais il existe tout un pan de la capitale plus léger, moins solennel ...
Il s'agit de toute la partie Est, un territoire qui courre de la place de la Bastille jusqu'à la Villette. Ici, d'anciens quartiers populaires sont devenus des quartiers jeunes, conviviaux ... où maintenant, gens branchés et néo-bourgeois résident ...
Il faut s'essayer à se perdre dans ses rues, dans ses ruelles ... et ne pas craindre de tenter cette expérience toujours enrichissante : prendre le métro, en sortir au hasard et retrouver son chemin parmi les zones piétonnes, les petits cafés, les jardins collectifs où poussent tomates et patates... ici, effet, on est bien loin des quartiers de prestige, on est souvent loin de tout ...
Vous allez alors parcourir un Paris à dimension humaine, et vous serez un peu comme dans une ville tranquille de province. Vous pourrez aussi découvrir le plus grand espace vert de Paris, un "site touristique" original : le cimetière du Père Lachaise .... Puis, près du canal St Martin ou près du bassin de la Villette, vous pourrez vous asseoir, un verre à la main, et même y pique-niquer aux beaux jours ...
C'est là un Paris très vivant, beaucoup plus accessible que celui des "beaux quartiers" des bords de Seine; plus romantique aussi, et trop souvent ignoré des touristes ... et là, tout le monde peut trouver sa place.
>> La dimension humaine : Humanité, conscience, et complexité de la société. Deux journées avec Edgar Morin.
Publié par barreteau à 09:14:11 dans 75020
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Permaliens
Avant-Seine. | 11 juin 2008
Deux jeunes femmes assises, ... sur l'avant-scène du fleuve qui traverse Paris. L'on pourrait aussi presqu'écrire ... sur l'avant-Seine.
Nous sommes loin, ici, des jours d'été et de la fureur de l'opération "Paris Plage"...
Et de l'attitude de contemplation de ces deux personnes, il se dégage plutôt ... une impression d'automne.
Oui, en cette fin d'après-midi, nous découvrons un bord de Seine semblable à ceux qu'aimait peindre Sisley: des lieux calmes, paisibles ... lumineux et tout en nuances.
Bien sûr notre palette est moins colorée que celle du peintre impressionniste.
Et si le ciel est, ici, totalement absent, les nuances elles, sont bien présentes : quelques 256 gris ... tous différents !
>> Alfred Sisley: Bord de Seine, 1872
Publié par barreteau à 09:19:02 dans Hommes et Métiers
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Permaliens
Paris a-t-il perdu son âme ? | 07 juin 2008
Paris est la plus belle ville du monde... J'ai fait le tour du monde et je n'ai vu aucune ville plus belle.
C'est la ville lumière, une ville envoûtante, fascinante, magique, imprégnée d'histoire, riche de monuments prodigieux et d'immeubles magnifiques ... Paris est la première destination touristique mondiale et l'on y afflue, chaque jour un peu plus, du monde entier pour l'admirer.
Tout cela sera-t-il encore vrai demain ?
Paris n'est-il pas en train de changer et sa situation n'est-elle pas en cours de se détériorer ?
L'uniformisation de la mondialisation passera-t-elle par Paris ? Paris va-t-il devenir une ville musée dont les parisiens seront peu à peu dépossédés au profit des touristes ?
Bien sûr, le changement est un phénomène incontournable, mais doit-on pour autant subir une transformation anarchique, dégradant la vie quotidienne de ses habitants ?
Les parisiens qui aiment Paris ne sont pas en admiration devant ce qu'on fait de leur ville et ils ont peur qu'elle ne devienne une métropole aussi laide que bien d'autres.
Pour beaucoup, Paris était la capitale mondiale du 19ème siècle. Aujourd'hui, personne ne songerait à dire qu'elle est la capitale du 21ème siècle. Bien au contraire, vu de l'étranger, Paris est une capitale en panne et la vie a déménagé à Londres, à Berlin, à New-York, à Los Angeles ...
Et pourtant, à la belle époque, l'on se précipitait de Vienne, de St Petersburg, de Rio, du monde entier, ... pour profiter de la vie parisienne.
Aujourd'hui, c'est si peu vrai que certains touristes viennent visiter Euro Disneyland sans avoir la curiosité de faire les quelques 40 kilomètres qui les séparent de Paris !
Où est passé l'âme de Paris, où est sa folle attraction ?
>> Des centaines d'avis (positifs/négatifs) sur Paris.
>> Donnez le vôtre !
Publié par barreteau à 09:33:13 dans Hommes et Métiers
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Permaliens
Une petite ville pinardière. | 03 juin 2008
Léo Malet, dans "Casse-pipe à la Nation" trace un portrait haut en couleur de la petite ville de Bercy:
"Je m'engage - écrit-il - dans le dédale de la petite ville pinardière, défendue par des grilles contre les assauts possibles des assoiffés."
Eh oui, car à l'époque, les Entrepôts de Bercy ne sont pas un lieu public. Pour y accéder, il faut être viticulteur ou négociant. Et ce sont ces derniers qui, derrière des grilles, dans le secret des chais, pratiquent les assemblages de vins de différentes provenances.
Jusque dans les années 60, les consommateurs se satisfont de ces produits à la qualité souvent douteuse.
Puis le monde vinicole va faire sa révolution. Le bordelais invente la "mise en bouteilles au château", garantie de qualité, elle se généralise rapidement. Le produit qui arrive chez le consommateur est le même que celui qui est parti du vignoble. Les consommateurs deviennent aussi plus exigeants quant à la qualité : plus question de "gonfler" du Bourgogne avec des "Côtes du Rhône", voire avec du vin d'Algérie.
Aussi, dès 1964, dans le cadre du rééquilibrage de l'Est parisien, la Ville de Paris décide de ne plus renouveler les contrats de location aux négociants de Bercy. Ces derniers quittent progressivement ce lieu mythique pour aller s'installer en banlieue.
Peu à peu, les Entrepôts ferment, laissant à l'Est de Paris un vaste domaine aménageable. Il s'agit alors d'y créer un nouveau quartier mêlant logements, bureaux et commerces, dans un parc de 13 hectares.
En 1979, l'ouverture du Palais Omnisports de Paris Bercy marque le début du renouveau du quartier. Suivra bientôt l'implantation du ministère de l'Economie et des Finances.
Et la greffe a réussi : dans l'imaginaire, Bercy est maintenant plus synonyme d'impôts que... d'un pot !
Aujourd'hui, plus de 15.000 personnes travaillent ici. L'aménagement du Parc, l'ouverture prochaine de la Maison du Cinéma assurent la vie d'un quartier qui a toujours eu un fort caractère.
Non, décidément, même sans les pinardiers, Bercy n'est pas mort !
>> Léo Malet, Tardi et Nestor Burma hantent toujours les lieux.
>> Voir aussi sur Parisperdu :" Dans les chais de Bercy"
>> Voir aussi sur Parisperdu : " Cour St Emilion"
>> Les entrepôts de Bercy, en images, au siècle dernier.
Publié par barreteau à 09:02:06 dans 75012
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Permaliens
Paris dans l'oeil des maîtres. (3/3) | 30 mai 2008
Rue Visconti, Photo: ©Marcel Bovis, 1938
La production des maîtres-photographes qui ont photographié Paris a largement alimenté la très riche iconographie de la capitale et a diffusé le sentiment d'une vision esthétiquement idéale de Paris.
Ils ont su utiliser différentes variations et scénarios de cette photogénie urbaine: la ville et ses métamorphoses atmosphériques (neige, brume, pluie), la ville nocturne, les reflets ou miroirs de la ville.
Ainsi, la pluie - par exemple - va agir sur le motif photographié en ajoutant des effets de miroitements et de brillance. Avec la neige, le temps se trouve ralenti, voire figé, la démarche des passants devient plus lourde, plus incertaine et les valeurs de noir et de blanc vont s'inverser.
La vision nocturne, là aussi, par son inversion des valeurs formelles et morales, est le parfait contrepoint du quotidien photographié au grand jour.
Apparaît alors, sous l'œil de Marcel Bovis, une ville silencieuse faite de recoins cachés, de portes cochères discrètement entrouvertes ou, bien au contraire, une ville grouillante, celle des néons, des sorties, des bars et des night-clubs. Les images parfois prises entre 2 h et 4 h du matin, proposent une déambulation dans une ville endormie et désertée de ses habitants.
Mais "La nuit n'est pas le négatif du jour" écrira Paul Morand dans sa préface du célèbre "Paris la nuit" de Brassaï.
Paris peut aussi être une ville irréelle et immatérielle qui se reflète dans les vitrines des magasins, dans les miroirs ou les flaques d'eau - flaques utilisées pour renvoyer une image fugace et parcellaire de la ville et de ses signes identitaires (des édicules de métro, par exemple).
Enfin, notion subjective et mouvante, qui varie selon les angles d'approche et les époques, la limite du territoire parisien se découvre avec les terrains vagues de la porte de Clignancourt, les zones quasi-industrielles de La Villette...
Aux frontières de la ville, apparaissent alors peu à peu les preuves perceptibles d'un changement d'urbanisme qui se manifeste par d'autres signes, d'autres scénarios que ceux qui, propres à Paris, et qui contribuent à la poétique si particulière de la ville-capitale.
Tout cela est encore très vrai dans le Paris d'aujourd'hui ...
>> En savoir plus sur Marcel Bovis.
>> "Paris la nuit" de Brassaï, 1932 - Préface de Paul Morand: "La nuit n'est pas le négatif du jour".
Publié par barreteau à 10:46:18 dans Hommes et Métiers
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Permaliens
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