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parisperdu

Un certain regard sur Paris

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Parisperdu aurait pu s'appeler ParisVolé car si souvent "ce certain regard" sur l'Est de Paris s'est définitivement évanoui, c'est qu'il a été dérobé par les "avancées de la modernité".

Arpenter la ville à la recherche d'espaces promis à la démolition ou de personnes dont le destin va en être bouleversé : ce n'est pas pour regretter le passé. C'est pour montrer, nous montrer, nous rappeler, que la ville n'est pas une entité figée.

La ville vit ... et comme tout être vivant, elle fait parfois des erreurs.

Ainsi va la ville, ainsi va la vie ...

"Ce qui nous incite à revenir en arrière est aussi humain et nécessaire que ce qui nous pousse à aller de l'avant." 

Pier Paolo Pasolini


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Paris Plage ou St Trop-sur-Seine ? | 21 juillet 2008



L'idée de départ est louable : "amener la plage à ceux qui ne peuvent se rendre près de la grande bleue durant l'été". Le résultat est déplorable : Paris Plage est un ersatz de plage sur bitume, coiffé d'ozone et de CO2, le long d'un lit de liquide grisâtre et, par endroit, nauséabond...

Mai 68 avait inventé un slogan : "Sous les pavés, la plage", 40 ans plus tard, on voudrait nous faire croire qu'en mettant du sable sur des pavés, on serait à la plage !
Non décidément, il y a quelque chose qui cloche dans cette opération.

Grisé par le succès du lancement de l'opération (en 2002), le maire de Paris ira même jusqu'à intenter un procès à la ville du Touquet, détentrice de l'appellation "Paris-Plage" depuis 1912 ... !
Ne manque pas de toupet le Bertrand ! Finalement, il sera débouté et pour s'en sortir, Paris sera contrainte d'ajouter un "s" à l'intitulé de sa manifestation qui est donc devenue depuis 2006 :"Paris Plages". Grotesque !

Et puis, voilà que depuis deux étés, le débat du string et du monokini se poursuit ... Un arrêté municipal interdit désormais les strings et seins-nus à Paris-Plages. Ceux (ou plus vraisemblablement "Celles") qui veulent faire prendre le soleil à leurs fesses ou à leurs seins sont passibles de 38 euros d'amende. On se croirait revenu dans les années 60, avec "Le Gendarme de Saint-Tropez" à Paris !

Sans compter qu'on ne peut s'empêcher de rapprocher deux images de Paris : l'enfilade des parasols bleus, en été ... l'enfilade des tentes rouges des SDF, en hiver... A chacun sa saison sur les bords de la Seine ou du Canal St Martin ...

Au final, le concept de Paris Plage(s) me semble tout aussi saugrenu que d'imaginer un Saint-Tropez-sur-Seine, ou de déambuler à Las Vegas, en gondole, sur les simili-canaux du" Venetian Resort Hotel-Casino", ou sur la piste de ski "indoor" du Snow-Park de Dubaï ... !

Soyons réaliste, Paris Plage(s) ne sera une opération réussie que le jour où l'on pourra se baigner dans la Seine, et ... sans prendre le risque d'en ressortir tout sale ou tout couvert de boutons ...


>> Paris-Plages : le site officiel.

>> Le "Toupet Paris-Plage".

>> Toiles bleues, toiles rouges : chaque saison à sa couleur.



Publié par barreteau à 09:20:29 dans Hommes et Métiers | Commentaires (10) |

Boubat, fenêtre à Collioure. | 17 juillet 2008

"Collioure 1954".  © Edouard Boubat


Dans les années 50, Edouard Boubat photographie beaucoup Paris, surtout ses parcs, ses jardins... Puis il se met à voyager à travers le monde et, lorsqu'il traverse le Roussillon, pour lui - comme pour beaucoup - une halte à Collioure lui semble indispensable.

Boubat tient alors absolument à voir les lieux précis où Matisse et Derain ont, quelques 50 ans auparavant, inventé le "fauvisme". Il ira même jusqu'à rechercher, avec minutie, tous les angles de vue choisis par les deux "fauves" pour croquer le petit port catalan.

Il accédera ainsi au premier étage de la maison Soulier. Et c'est de ce balcon où Matisse et Derain peignaient, que Boubat prendra cette image sobrement intitulée : "Collioure 1954".

Aujourd'hui,  la maison Soulier est devenue le Café "Chez Simone", et ses balcons ont été totalement remaniés.
Toutefois, en déambulant dans le village, il est possible de retrouver certaines fenêtres dont les balcons arborent un délicat ouvrage de fer forgé ... le même que celui qui n'avait pas manqué d'attirer l'œil d'Edouard Boubat, tant il dialoguait parfaitement avec l'imprimé de la jolie robe de Sophie, sa compagne ...


>> Détail de "Fenêtre à Collioure" d'Henri Matisse. (1905)

>> Collioure aujourd'hui: "fenêtre et balcon à l'identique".

>> Edouard Boubat, récemment à la Maison Européenne de la Photographie.
 
>> Boubat, la rétrospective ... sur Parisperdu


Publié par barreteau à 09:42:29 dans Paris > Extrème Sud | Commentaires (3) |

Rue de la Cloche. | 13 juillet 2008



Cette rue discrète, juchée sur un petit tertre du secteur Martin Nadeau, dans le
 20ème arrondissement, porte le drôle de nom de "rue de la cloche"; m
ais pourquoi ce nom ?
Tout simplement parce que ce
quartier est construit sur une cloche, aussi appelé fontis: une cavité creusée par l'écoulement sous-terrain de l'eau. D'ailleurs, de nombreuses rues du 20ème témoignent de ce sous-sol gorgé d'eau, et cela a donné leur nom aux rues ... du Ruisseau, des Cascades, des Rigoles, de la Mare...

Mais ici, tout a changé ... ne cherchez pas la rue de la Cloche, elle n'existe plus. Sur le petit tertre, toutes les constructions ont été rasées pour faire place nette à un square ... baptisé du nom du Docteur Joseph Grancher, un ami et collaborateur de Pasteur.

Ce nouveau "square-jardin", situé sur le flanc sud de la colline de Belleville, porte encore quelques traces de son passé : des rues pavées, des moignons de murs en meulière, des escaliers. Le square tente ainsi de conserver l'esprit du lieu, d'en rappeler son histoire.

Car dans ce quartier, où la vie s'organisait autour de trois rues aujourd'hui disparues ... (et dont la large promenade sur le sommet du square, reproduit le tracé des  ... anciennes rues de la Voulzie, Westermann et de la Cloche); il y avait des maisons, des habitants, des artisans, mais aussi ... des résistants, des enfants juifs raflés en 1942, et dont l'école de la Bidassoa - toute proche - nous rappelle le triste destin. 
Nous ne sommes pas ici, en effet, dans un simple square, mais dans un lieu pétri de symboles, de souvenirs, et où chacun peut trouver sa place pour rêver, respirer, se rencontrer, jouer, ou méditer...

De surcroît, la position en éminence du square, fait qu'ici, il nous semble facile de pouvoir nous élever à la fois au dessus des morts du Père Lachaise - tout proche - et aussi de nous détacher de la vie terrestre qui sans cesse, grouille en contrebas.


>> Déjà dans Parisperdu: "Je reviens d'un lieu qui n'existe plus ..."

>> Lieux de tournage : "Paris", un film de Cédric Klapisch. 

 

  

Publié par barreteau à 09:19:03 dans 75020 | Commentaires (7) |

Ronis en voyage ... ? | 09 juillet 2008



A quoi cette photo peut-elle bien vous faire penser ? Vous ne voyez pas ?
Mais si, ... des gamins occupés à jouer près d'une grille de protection, quelque part dans une rue ?
Oui bien sûr, cela évoque la célébrissime photo de Willy Ronis, captée sous les escaliers situés à l'angle de la rue Vilin et de la rue Piat, dans le 20ème arrondissement.

Mais là, nous ne sommes pas à Belleville, ... et nous ne sommes pas non plus dans les années 50, car la photo date ... d'hier.
Elle est le résultat d'une rencontre furtive avec de jeunes catalans, dans une rue de Collioure.

Comme le temps ou le vent qui jamais ne s'arrêtent, les jeux des enfants sont constamment-là devant nos regards ... et il nous suffira d'être attentif ... pour être sous le charme des gamins de Paris, de Collioure ou d'ailleurs ...
Hier, l'esprit de Willy Ronis voyageait dans le sud...


>> La célébrissime photo de Willy Ronis : "Les gamins de l'escalier de la rue Vilin".

Publié par barreteau à 11:51:19 dans Paris > Extrème Sud | Commentaires (1) |

L'Epicerie du coin. | 05 juillet 2008


Dans tous les sens du terme, elle portait bien son nom ...
Bien calé dans son coin, à l'angle de la rue Henri Chevreau et de la rue de la Mare; c'était aussi l'épicerie "du coin", celle que l'on fréquentait naturellement, dans ce quartier du 20ème, entre Belleville et Ménilmontant.

D'aussi loin que l'on se souvienne, elle a toujours été là, ... Même Willy Ronis, dans les années 50, a dû la connaître, lorsque, toujours à l'affût, il arpentait le secteur, son Rolleiflex à la main ...

Longtemps elle a été la seule à approvisionner en produits de base, les résidents du quartier, surtout ceux - et ils étaient nombreux - de condition modeste. C'était bien avant l'arrivée des Franprix et autres Proxi du boulevard de Ménilmontant.

Dès que l'on pénétrait à l'intérieur de l'Epicerie du coin, l'on était surpris qu'une aussi petite surface puisse contenir autant de produits, entassés jusqu'au plafond, couvrant même les fenêtres ... jusqu'à les rendre aveugles. Les produis encombrants, comme les bouteilles de gaz, étaient exposés sur le trottoir, tout comme les chaises pliantes ... c'est dire si l'offre était diverse !

Comme partout, les grandes surfaces ont changé la donne. Les habitants du quartier, attirés par la publicité de la grande distribution et dans l'espoir d'y trouver des prix plus bas, n'ont pas hésité à aller fréquenter les hypermarchés de la Porte de Bagnolet.

Alors, pour survivre, Momo, qui tient désormais l'Epicerie du coin, a dû se diversifier dans le dépôt de pain, les sandwichs et les paninis ... mais ce n'est pas vraiment son métier et il là aussi, il a du mal à lutter contre les Mac Do et les fast-foods chinois de la rue de Belleville.
Pas surprenant, dans ces conditions, si le restaurant voisin de la rue Henri Chevreau garde un œil sur le pas de porte de l'Epicerie du coin, ...

Inéluctablement, une page du vieux Paris va bientôt se tourner, dans ce petit coin du 20ème ....



>> "L'Epicerie du coin", devenue "Chez Momo".

>> Voir aussi "Lieux retrouvés_09: Rue de la Mare".

Publié par barreteau à 10:27:41 dans 75020 | Commentaires (2) |

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