Parisperdu aurait pu s'appeler ParisVolé car si souvent "ce certain regard" sur l'Est de Paris s'est définitivement évanoui, c'est qu'il a été dérobé par les "avancées de la modernité".
Arpenter la ville à la recherche d'espaces promis à la démolition ou de personnes dont le destin va en être bouleversé : ce n'est pas pour regretter le passé. C'est pour montrer, nous montrer, nous rappeler, que la ville n'est pas une entité figée.
La ville vit ... et comme tout être vivant, elle fait parfois des erreurs.
Ainsi va la ville, ainsi va la vie ...
"Ce qui nous incite à revenir en arrière est aussi humain et nécessaire que ce qui nous pousse à aller de l'avant."
Pier Paolo Pasolini
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<< Perspective à la Chapelle. | "Chinoiseries" à Belleville. | Petit cirque, grande émotion. >>
Les émigrés chinois se comptent par dizaines de milliers à Belleville. Qu’ils viennent de l'ex-Indochine, de Wenzhou, au sud de Shanghai ou de Dongbei, au nord-est de la Chine, ils restent largement méconnus du reste de la population de ce quartier populaire de Paris car, parmi eux, beaucoup sont "sans papiers" et cherchent à rester discrets.
Entre eux, l’entraide fonctionne à plein, comme en témoigne la multitude de petites annonces rédigées en mandarin et qui couvrent les vitrines des commerces. On y vend un peu de tout et on y offre divers services, comme la garde d’enfants ou des heures de ménage. On y trouve aussi des cigarettes de contrebande. Des annonces proposent même une quittance EDF, ou une carte vitale à partager … !
À Belleville, la myriade de restaurants et de magasins d’alimentation laissent entrevoir l’importance du commerce chinois qui s’est mis en place. Mais tout le monde n’a pas aussi bien réussi. Pas loin du boulevard de Belleville, on rencontre fréquemment des prostituées chinoises. Elles marchent très lentement et regardent les hommes "droit dans les yeux". Sur le trottoir d’en face, trois autres femmes attendent en groupe. Ces prostituées sont en général originaires de Dongbei, une province qu'elles ont quittée pour fuir une grande précarité. Les "Dongbei" sont très minoritaires ici, à Belleville, ce qui fait qu'ils ne bénéficient d’aucune entraide, contrairement aux Wenzhou qui représentent 85% de la communauté chinoise de Belleville. Quant aux hommes, ils cherchent à survivre grâce à différents petits boulots. Au coin d’une rue, ils sont deux, accroupis autour d’un sac, à échanger des magazines. Ce sont des revues qu’ils récupèrent dans les poubelles et revendent plus loin sur un marché. Ils font la même chose avec les vêtements …
Avec la crise actuelle qui, en Chine aussi, ferme les usines et l’exode rural qui malgré tout continue, les vagues de migrants ne sont pas prêtes de s’arrêter. En attendant, se poursuit à Belleville la chasse aux "sans papiers", les isolants toujours un peu plus du reste de la population …
>> L’affaire de l’école Rampal (mars 2007).
Publié par barreteau à 10:59:52 dans 75020 | Commentaires (2) | Permaliens
26-05-2009 12:58
De jaen daniel Sujet:
Bien vu ...
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