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OussamaBenLiquid

Biroute à Beyrouth

Emeutes | 13 février 2006

Après une semaine de vacances à crapahuter dans Barbuland, je suis de retour sur blogworld. Ca tombe bien, il s'est passé pas mal de choses au pays des Cèdres et des ambassades qui brûlent.

 

Les libanais se supportent plus qu'ils ne se tolèrent, et l'Etat tente d'être le garant d'une cohabitation pacifique entre différentes religions, omniprésentes, qui, conjuguées à différents enjeux politiques, ont été sources d'atrocités sans nombres lors d'une guerre civile de quinze ans, chef d'oeuvre de cruauté et de bêtise.

Les plaies du conflit sont mal refermées, et suppurent de temps à autre, comme lors des émeutes d'Ashrafiyeh où des hordes de barbus ont copieusement saccagé un quartier chrétien de Beyrouth.

Ces braves gens, qui voulaient s'en prendre au consulat d'un pays, le Danemark, dont ils ne soupçonnaient même pas l'existence il y a encore 3 semaines, ont commencé par brûler des drapeaux suisses, ignorance crasse oblige, avant de piller un immeuble, d'y mettre le feu, et de tenter d'immoler une église par le Feu Purificateur d'Allah le Chiant Grand.

Ces émeutes ont été largement couvertes par les medias comme un évènement gravissime.

Bien au contraire, derrière ces évènements brille une lueur d'espoir pour ce pays.

Car derrière la manipulation par Damas et Téhéran d'abrutis fanatisés, en grande majorité palestiniens et syriens, se cache une tentative de déstabilisation du pays: le but de l'opération n'était pas de brûler du Danois, mais bel et bien de déclencher une guerre civile.

Quand la guerre est si proche dans les mémoires, et qu'une bande de zouaves brûlent des bagnoles  et des immeubles, en bas de chez vous, en criant Allahu Akbar, qu'il vous reste quelques kalashs sous le matelas, souvenirs du bon vieux temps au sein des Forces Libanaises, on est tenté d'arroser un peu la foule avec du plomb.

Et pourtant, il ne s'est rien passé. Le seul mort (à déplorer?) est un émeutier qui s'est intoxiqué avec son propre cocktail molotov. Encore un type à qui il faut pas demander de compter jusqu'à dix...

Et le miracle est là: noyer la barbe dans le sang aurait très probablement été le facteur déclenchant d'une nouvelle période de ripailles où l'on attache les prisonniers ennemis encore vivants derrière les voitures pour faire le tour du quartier, où les enfants jouent au foot avec des têtes fraîchement tranchées, où les cris des suppliciés sont couverts par les mortiers.

Ainsi,ni l'armée, ni les chrétiens retranchés dans leurs immeubles,n'ont ouvert le feu, malgré une provocation extrêmement pernicieuse.

Non, les libanais semblent avoir assez festoyé pour se passer d'une nouvelle ère de barbarie.

Et ça, ça fait chaud au coeur.

Car le Liban est le premier cobaye de la tentative de coexistence des confessions. Si ça ne marche pas ici, ça ne marchera nulle part ailleurs.

Les émeutes ratées de dimanche, qui ne sont pas d'origine libanaise et qui ne concernent qu'une infime minorité de branquignoles n'ayant pas grand chose à voir avec l'islam, font mentir la prophétie (autoréalisatrice?) d'un "choc des civilisations" que tentent allègrement de nous vendre les néoconservateurs et les barbus.

Un bon point pour l'Humanité.

Optimistement vôtre,

OussamaBenLiquid

Publié par Oussamabenliquid à 16:19:32 dans OussamaBenLiquid | Commentaires (35) |

Beyrouth sous les Bombes | 03 février 2006

Les affaires reprennent ! Ca faisait presque deux mois qu'on n'avait pas eu de bombe, on commençait à se faire chier sévère.

Pas de député cette fois-ci, juste une caserne, attentat revendiqué par Al Qaëda.

L'ennui, c'est que j'habite aussi à côté d'une caserne, et ça rigole plus du tout vu que le périmètre est bouclé. J'ai donc droit à une bonne palpation testiculaire dès que je veux rentrer chez moi. Alors que s'il fut un temps biblique où l'on m'appelait le Gourdin Vengeur, je ne peux pas prétendre non plus pouvoir me cacher une bouteille de gaz dans le slip. Bref.

A propos de bombes, ça me donne envie de déblatérer un peu sur la libanaise. Maronite, bien sûr, c'est la seule à fréquenter les lieux mécréants comme la rue Monot ou Jemaïzé.

"Les libanaises n'habitent pas leur corps". Cheikh Augustin

La maronite a souvent le string qui remonte jusqu'aux épaules, mais elle se le laisse rarement manger, sauf par d'heureux possesseurs de Porsche Cayenne ou de cartes Visa Gold. Elle est fière d'aller à la fac avec des strips sur le nez, pour bien montrer qu'elle a pu se payer un replâtrage du pif, ou d'afficher une paire de loches dont l'indifférence à la force gravitationnelle laisse suspecter l'injection d'un bon silo de silicone. Le talon haut, la croupe bien relevée, elle se sait princesse d'un monde fait de mâles - moi le premier - subjugués par un ratio sein/cul de plus de 6 sur l'Echelle de Siffredi.

Je suis d'ailleurs la victime récurrente de doubles fractures de la rétine, tellement c'est beau à voir. Mais la maronite n'en est pas pour autant encline à la saillie, et est responsable de facilement 50% de l'homosexualité locale. Car elle suscite plus qu'elle ne susce. (c'est pas français okay mais j'm'en tape)

"Venez à moi les brebis égarées, surtout si vous êtes blondes à forte poitrine! " disait mon ami de Nazareth.

Les rares dont j'ai pu me faire le berger, après moults ruses, subterfuges et malice, m'ont paru d'une bêtise consternante (genre "tu fumes après l'amour? - Je sais pas, j'ai jamais regardé").

Fidèle à ma francité plus qu'aux promesses de lendemain, et bien que d'autres organes aient une fâcheuse tendance à l'y pousser, mon cerveau n'a jamais pu se résoudre à composer leur numéro une fois l'acte consommé.

Que ne donnerais-je pour tomber sur une saine conjugaison de neurones et de formes?

Ah, France, pays de la Touffe qui Pense !

Publié par Oussamabenliquid à 17:30:15 dans Touffes | Commentaires (16) |

La Crise Prolls | 02 février 2006

C'est sur ce mauvais jeu de mot que j'évoque les tensions relatives aux caricatures du Prophète (la guerre, pas l'amour). Rha je viens de récidiver.

A ce sujet, le bigboss du Hezbollah, mon grand ami Hassan Nasrallah, a eu ce bon mot: si les musulmans avaient eu le courage de descendre Salman Rushdie conformément à la fatwa de Khomeiny, l'Occident n'aurait jamais osé s'en prendre à Mahomet.

France Soir ayant eu la bonne idée de publier également les caricatures, les français deviennent, comme les allemands et les danois, persona non grata à Barbuland. Ca va me faciliter mon séjour en Syrie tout ça...

Rappelons quand même que ces dessins sont vieux de trois mois, et qu'il ne s'agit que d'une excuse pour embrigader les masses. Reste plus aux quotidiens occidentaux qu'à sortir deux ou trois vérités historiques dérangeantes (genre "Mahomet était un voleur doublé d' un assassin") pour que les régimes arabes, corrompus et autoritaires, se drapent dans leur dignité blessée pour calmer leurs barbus et masquer leurs propres carences...

Y'a quand même rien de plus con qu'un abruti qui va vous soutenir que le Coran est descendu sur Terre, comme ça, paf, et que c'est la parole de Dieu à laquelle on peut rien retoucher, alors que les mots contradictoires du Prophète ont été mis par écrit par Othman plus de 20 après sa mort, qu'ils étaient récités dans 7 dialectes différents, que les sourates sont taillées dans les préoccupations économiques et politiques du VIe siècle, qu'elles sont classées selon leur taille, tout bêtement, etc. Au temps pour la parole de Dieu.

Non ce n'est pas une diatribe, c'est de l'histoire, et y'a beaucoup aussi à dire sur les conneries de la Bible, dont l'Ancien et le Nouveau Testaments sont aussi opposés que les sourates mécquoises et médinoises. 

Si on peut plus déconner sur les religions, on va finir par interdire les T-Shirts Justin Bridou parce qu'ils offensent les juifs et les musulmans, interdire l'Exorciste sous prétexte que la possédée se branle avec un crucifix, et interdire le Buddha, fromage des Pays-Bas. Fatwa sur le Da Vinci Code !

Faudrait arrêter de déconner, et relire Fahrenheit 451 pour comprendre où tout ça nous mène. Je suis déiste, ça m'empêche pas de me rire des dogmes.

Comme si l'humanité avait rien de mieux à foutre que de s'étriper pour savoir s'il faut appeler la transcendance Allah, Jésus, Yahvé ou Krishna...

Publié par Oussamabenliquid à 18:11:59 dans OussamaBenLiquid | Commentaires (7) |

Le Liban, un pays uni | 01 février 2006

Un Shtroumpf local

Vous avez déjà eu vent de certains clivages existant entre les différentes communautés libanaises. Mais je n'ai évoqué que les groupes les plus radicaux, les Forces Libanaises et le Hezbollah.

Ca ne se résume pas à ça, c'est évidemment bien plus compliqué.

 

D'ailleurs, je sais même pas par où commencer. Dix-sept communautés confessionnelles ont une existence officielle au Liban, chacune relevant d'un droit privé spécifique appliqué par des tribunaux religieux.

 

J'en viens à trouver un certain charme à ce perpétuel imbroglio : le bordel, c'est beau quand c'est bien fait.

 

Ah tiens je vais commencer par la fac. Il y a deux mois, on a eu droit à des élections étudiantes. Pas grand-chose à voir avec la version française, où tout le monde s'en tamponne et où les enjeux électoraux se bornent à savoir quelle bande de joyeux lurons apolitisés va  conquérir la gloire immortelle d'obtenir du conseil d'administration qu'ils changent enfin la machine à café du 3ème parce que l'option « sucre » marche jamais (j'ai fait les CA de Paris V, j'invente rien).

Ici, les étudiants sont au contraire extrêmement politisés, et ça part facilement en eau de boudin. Ce que j'ai commencé à soupçonner fortement en apercevant un nombre inhabituel de militaires dans la fac. D'autant plus que cette fois ils portaient ostensiblement leurs kalashnikovs dans les bâtiments, et que les vigiles ne m'ont pas laissé rentrer malgré ma carte d'identité française (qui fait office de sésame lorsque j'ai oublié ma carte d'étudiant). J'ai donc poireauté quinze minutes en attendant que la directrice du service Sciences Po puisse descendre m'identifier, quinze minutes à nous faire palper, moi et mon ordinateur, par des molosses sur les dents.

Malgré ce dispositif sécuritaire imposant, c'est parti en couille : j'ai eu la joie d'assister à la bestialité d'une cinquantaine de belligérants qui se jetaient des chaises à la gueule et se ratonnaient dans les couloirs faute d'être d'accord sur une définition de la libanité. Débat qui n'opposait pourtant que les partisans de Samir Geagea (FL, droite) aux partisans du Général Aoun (Aounistes,  centre). C'est comme si des mecs de l'UDF se bastonnaient au sang avec des types de l'UMP à propos de la réforme de l'ISF.

Les élections se sont finalement terminées sans incident « grave », y'a seulement eu deux blessés par balles dans une annexe de ma fac, à Tripoli. Ils prennent ça très au sérieux donc.

Moi pas du tout, j'avais marqué « Bachar El Assad » (le Staline de Syrie) sur mon bulletin de vote, c'est un peu l'ennemi public n°1 au Liban. Après le dépouillement, le bruit s'est répandu sur le campus qu'un « ibn sharmut » (fils de pute) avait osé écrire ça. J'ai trouvé plus sage de garder ma pauvre vanne pour ma pomme et celle des français, on est les seuls que ça a fait rire.

 

Je sais que tout ça paraîtra fort décousu, mais une lecture régulière de ce blog devrait vous faire comprendre ce qu'à mon grand regret je découvre au quotidien : derrière les grandes affirmations patriotiques, dont la plupart des libanais se gargarisent, se cachent souvent d'hideuses définitions du pays, des conceptions incompatibles avec l'acceptation de l'existence de l'Autre dont ce pays à tellement besoin.

Souhaitons que le Liban puisse survivre à l'extrémisme de certains de ses habitants, ce dont je doute chaque jour plus fortement.

P.S: Suite aux publications d'un journal danois comprenant des caricatures du Prophète, ça boycotte le Danemark de partout. Normal, c'est un "acte de racisme ignoble" d'après la Ligue Arabe. Perso, je m'en battrais pas autant la nouille si on trouvait encore des Krisprolls dans le coin.

Publié par Oussamabenliquid à 16:51:42 dans OussamaBenLiquid | Commentaires (14) |

Tout - va - bien ! | 30 janvier 2006

Sous mes airs désinvoltes et cyniques, je suis une personne extrêmement sensible à qui il arrive de broyer du noir.

Ce qui est précisément le cas, vu que toute ma famille débarque ici samedi et que je sais pas comment je vais réussir à les occuper pendant une semaine, que les menaces de mort affluent dans ma boîte mail à cause du contenu de ce blog, que je progresse pas en arabe, que mon coloc veut me faire repayer la cuisine sous prétexte que je l'ai faite cramer en tentant de faire des frites, que je me suis fait bouffer ma carte bleue par un distributeur barbu, que j'ai plus un rond et qu'il y a déjà trop d'enfants qui font la manche ici pour espérer en faire une activité assez rémunératrice, que ces bourricots de Palestiniens ont voté majoritairement pour le Hamas, que je suis entouré de femmes superficielles, que Julien et Olivia se sont barrés en Syrie, que la France et ses séductions de l'existence me manquent. Bref. Vous aurez compris que j'en ai un peu ras le cul.

Surtout après avoir vu le dernier blockbuster du Moyen Orient. Une "comédie" égyptienne nommée "L'ambassade dans l'immeuble" (traduction littérale). C'est l'histoire d'un type qui rentre en Egypte après avoir bossé 20 ans dans le Golfe. Qui se rend compte qu'une ambassade israélienne a ouvert dans son immeuble. Au début c'est drôle. Il est pas content le bougre, ses amis lui parlent même plus vu qu'habiter si près de juifs, c'est déjà une petite trahison.  Avec l'accumulation de clichés antisémites, le spectateur occidental reste persuadé, pendant la majeure partie du film, que ça va se terminer en appel bon enfant à la tolérance et à l'amitié entre les peuples.

Ca finit par condamner définitivement les Israéliens comme un peuple de fourbes, en manifestation populaire monstre avec pour fond sonore le dernier tube à la mode dans les boîtes du Moyen Orient: 'Ana bakrahou Israël', "Je hais Israël".

Un beau film sur la tolérance donc, qui fait un carton, et qui m'a été chaudement recommandé par la prof de "Prévention et Règlement des Conflits" de la fac.

Envoyez vos dons pour mon billet d'avion, j'ai besoin d'un bon break là quand même.

Publié par Oussamabenliquid à 21:34:38 dans OussamaBenLiquid | Commentaires (19) |

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