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Publié par taufort à 10:44:58 dans LA FILMOTHEQUE IDEALE | Commentaires (0) | Permaliens

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Kenneth Anger (né en 1927)
Theda Bara (1885-1955)
Patrick Bokanowski (né en 1943)
Walerian Borowczyk (1923-2006)
Stan Brakhage (1933-2003)
Lon Chaney (1883-1930)
René Clair (1898-1981)
Roger Corman (né en 1926)David Cronenberg (né en 1943)
Guy Debord (1931-1994)
Segundo De Chomon (1871-1929)
Carl Theo Dreyer (1889-1968)
Germaine Dulac (1882-1942)
Ed Emshwiller (1926-1990)
Jean Epstein (1897-1953)
Jean Eustache (1938-1981)John Hubley (1914-1977)
Joris Ivens (1898-1989)
Stanley Kubrick (1928-1999)
René Laloux (1929-2004)
Bela Lugosi (1882-1956)
David Lynch (né en 1946)
Guy Maddin (né en 1956)
Antonio Margheriti (1930-2002)
Chris Marker (né en 1921)
Norman McLaren (1914-1987)
Jean Rouch (1917-2004 )
Martin Scorsese (né en 1942)
Ladislas Starevitch (1882-1965)
Osamu Tezuka (1928-1989)
Jiri Trnka (1912-1969)
Jean Vigo (1905-1934)
Peter Watkins (né en 1935)
Wong Kar-Wai (né à Shanghai)
Voir aussi : La Filmothèque Idéale : " les meilleurs films "
Publié par taufort à 11:16:43 dans LA FILMOTHEQUE IDEALE 2 | Commentaires (0) | Permaliens
Visionnez "Yukoku, Rite of Love and Death" (1936), film poétique - sans aucun dialogue - avec l'écrivain-acteur Mishima (durée : 29mn) Et découvrez d'autres perles pour cinéphiles dans "La Filmothèque Idéale" et "La Filmothèque Idéale 2" .
Publié par taufort à 17:41:49 dans IMPRESSIONS SUR LES FILMS | Commentaires (0) | Permaliens
Entretien avec la réalisatrice Maria Koleva qui raconte ici la génèse d'un des rares films dans lequel on voit Serge Daney interprétant son propre rôle.
T. A. - Parlez-moi du film que vous avez fait sur Serge Daney ?
Maria Koleva - Serge Daney n'aimait pas être filmé. J'ai eu une amitié de sept ans magnifique avec Serge Daney. Ce film-là est le résultat de notre amitié. Je voulais lui prouver que je pouvais faire un film-livre. « L'état de bonheur permanent » est un film-livre mais je n'osais jamais le dire parce que sinon les gens pouvaient penser qu'il y avait du texte écrit sur l'image. En fait, l'image dans un film-livre prolonge et approfondit le contenu, comme chez Brecht. Ca n'a donc rien à voir avec des lettres écrites sur un écran.
T.A. Vous vouliez lui prouver que vous étiez la seule à pouvoir faire un film-livre ?
M.K. Oui, et Serge Daney voulait me prouver que la vision du monde était, en fait, ce qu'il faisait à Libération. Il avait créé la page « Rebond ». Ce qu'il écrivait était puissant car il avait une vision très juste de la société française. On parlait des heures et des heures et on s'enrichissait mutuellement. Moi, je faisais mes films, et lui écrivait des articles. Un jour, il m'a dit : « Maria, tu vas voir. Quand je ne serais plus là, tu vas voir avec qui tu parleras, tu verras le désert que c'est ». Et moi, je ne m'imaginais pas la chance que j'avais que quelqu'un à qui je pouvais téléphoner quand je veux, me répondrait toujours, en me donnant toutes les réponses dont j'avais besoin, sans consulter des livres, avec une opinion dont je n'étais pas forcément toujours en accord, mais au moins, j'avais une opinion en face.
T.A. Comment est né ce projet de faire un film avec Daney ?
M.K. Serge Daney était un point de repère intellectuel énorme à l'époque. Un jour je lui dis : « Est-ce que tu veux qu'on fasse un film ? » Il me répond qu'il en est incapable. Pour moi, c'était un grand comédien puisque les gens l'écoutaient bouche bée, mais évidemment, il ne se considérait pas comme tel. Donc, on ne le voyait jamais apparaître dans aucun film. Je lui ai quand même proposé de faire un petit sketch où je jouerais le rôle de la réalisatrice envahissante et lui le rôle d'un journaliste hautain et méprisant. Mais comme je ne suis pas envahissante et lui pas méprisant, cela a très vite viré à un film amical et fraternel extrêmement sensible où chacun marchait sur la pointe des pieds pour ne pas gêner l'autre. Et le comble, c'est que nos techniciens, Patrick Vierge, le chef opérateur, et Maxime Fenzi qui faisait le son, étaient totalement tétanisés puisque des articles de Serge Daney dépendaient des milliers d'entrées dans les salles. Non seulement ils étaient tétanisés, mais en plus j'oubliais mon texte parce qu'il fallait que je dirige la mise en scène, plus des petites improvisations, plus le cadrage. De plus, il fallait aussi que je joue. J'oubliais mon texte, alors c'était terrible.
T.A. Il avait déjà vu l'un de vos films ?
M.K. Il avait vu la première partie de « L'état de bonheur permanent », mais pas la deuxième. Il l'avait vu à Cannes, avec Toubiana. Ils étaient venus parce qu'à l'époque ce qui comptait c'était la qualité du film et non pas l'argent qui était mis dans le film. Donc les critiques de cinéma se déplaçaient où ils pouvaient pour trouver le bon film. Il était venu voir la première partie. Dans le film que j'ai fait avec lui, je lui montre donc la deuxième partie. Il disait que peut-être on rentrait difficilement dans le film, mais que c'est un bon film car il dit : « quand on fait un film pour une personne, le film est bon, et c'est parce qu'on le fait pour une personne que tout le monde peut le voir ». Cette personne, c'est justement le tuyau par lequel passe tout le public pour comprendre le film, être touché, bouleversé, bref, comprendre le contenu. Je le fais encore aujourd'hui même pour mes films « tourné/monté » (montage en même temps que la prise de vue).
Après avoir fondé une revue Visages du Cinéma en 1962, Serge Daney (1944-1992) débute sa carrière comme critique aux Cahiers du cinéma en 1964. Après 1968 il effectue une série de voyages. Il devient rédacteur en chef des Cahiers du cinéma en 1973, après une période de grands débats théoriques et d'engagement politique radical. Il quitte Les Cahiers en 1979. En 1981 il rejoint le journal Libération, d'abord comme critique cinéphile, mais avec la volonté d'y créer une rubrique plus large consacrée à l'image. Il s'intéresse tout particulièrement à la télévision et écrit des séries d'articles sur les films télédiffusés et la programmation télévisuelle. De 1985 à 1990 il anime une émission hebdomadaire, Microfilms, sur la radio France-Culture, où il reçoit un invité pour parler de sujets ayant trait au cinéma. En 1991, il revient à la critique cinématographique et fonde la revue trimestrielle Trafic. Serge Daney meurt des suites du sida en 1992.
Publié par taufort à 11:26:57 dans Serge Daney (II) | Commentaires (0) | Permaliens
Extrait de "Cinéastes de notre temps", par André S. Labarthe (2mn), dans lequel le réalisateur John Cassavetes (1929-1989) explique sa manière de filmer. Ce n'est pas l'histoire, l'intrigue ou l'action qui font le film, mais la mise en scène des attitudes. « Il ne met pas le temps dans l'histoire, il met le temps dans le corps » disait Deleuze. Cassavetes, en filmant des comportements met de la pensée dans la vie de ses personnages. On peut donc filmer de la pensée sans avoir recours à la parole. « Le personnage est réduit à ses propres attitudes corporelles. » C'est la dramatisation par les corps, le spectacle et la théâtralisation par les corps. Chez Cassavetes, les corps sont parfois des visages : « les corps grimacent, les corps attendent, ils fatiguent, ils dépriment ». La seule contrainte de ce cinéma est celle des corps, et la seule logique celle des enchaînements d'attitudes. Comolli parle de cinéma de révélation : on révèle la pensée par le corps. « Les personnages se constituent geste à geste et mot à mot. Ils se fabriquent eux-mêmes. » Avec Cassavetes, on est dans le cinéma moderne : on s'éloigne de l'histoire, on invente de nouvelles émotions par le développement et la transformation des attitudes corporelles. « Quand on est un cinéaste comme Cassavetes, il faut faire habiter l'espace par des corps et rechercher le courant qui peut passer d'un corps à l'autre. » Selon Deleuze, c'est l'enchaînement des attitudes qui remplace l'association des images.
Publié par taufort à 13:40:35 dans Entretien filmé : Cassavetes | Commentaires (0) | Permaliens