Accueil | Créer un blog | Blog Séries 247 | Blog Cinéma 247

Obraz

Filmothèque Web

Entretien de Woody Allen par Godard (1986) | 16 novembre 2006




"MEETIN W.A." : Jean-Luc Godard rencontre Woody Allen, le réalisateur et acteur de "Manhattan", "Annie Hall", "Hannah et ses soeurs" en 1986. Entretien réalisé en vidéo (Durée : 26mn). L'influence néfaste de la télé sur le cinéma ("la télévision est un appareil, pas un art"), la difficulté de trouver un acteur américain qui soit un homme ordinaire, Stalinavski, Hitchcock, la puissance du cinéma, le moment où l'idée germe, le montage, un film est toujours un combat...

Publié par taufort à 23:20:52 dans Entretien filmé : Allen/JLG | Commentaires (0) |

Entretien avec Marguerite Duras | 16 novembre 2006




Entretien avec Marguerite Duras, romancière, auteur de théâtre, cinéaste (1914-1996) dans "Rencontres du septième art, Clip Radio Canada" (durée : 4mn). Elle aborda le cinéma par le biais du scénario. "Le cinéma n'est qu'un leurre : seule demeure la chose écrite. L'écrit est enlevé à la mort. La mort est mutilée à chaque poème écrit, lu, à chaque livre. Le film est un phénomène secondaire." Avec "India Song" (1974) elle radicalise un parti pris esthétique en systématisant l'usage des voix off. Les personnages représentés à l'image ne parlent jamais, même lorsqu'ils sont censés le faire. Son thème de prédilection : l'impossibilité de rapports humains "transparents". Une des oeuvres les plus fortes du cinéma "moderne". Filmographie sélective : Détruire dit-elle (69), Nathalie Granger (72), India Song (74), Le Camion (77) Agatha ou les lectures illimitées (81). 

Publié par taufort à 23:00:49 dans Entretien filmé : Duras | Commentaires (0) |

Naissance d'une nouvelle avant-garde | 09 novembre 2006

ALEXANDRE ASTRUC


« Naissance d'une nouvelle avant-garde » (1948)


La critique des critiques  


Ce manifeste, plus prophétique que théorique, est publié en 1948 dans L'Ecran Français et voit l'apparition de l'expression "Caméra-Stylo". Il est à l'origine de l'idée qu'un réalisateur est un véritable artiste et qu'un film doit être l'expression adéquate d'une personnalité, préfigurant ainsi la politique des auteurs. Dans son texte, Astruc commence par dénoncer l'incompétence des critiques et dresse un état des lieux alarmant : 1. incapacité pour la critique de voir les transformations que subit le cinéma, 2. la critique ignore les films essentiels, 3. tout ce qui est susceptible de modifier l'avenir du cinéma est invisible aux yeux des critiques, 4. la critique passe son temps à bénir des films qui ne sont pas significatifs.


Théorie et anticipation

Beaucoup de similitudes entre la théorie de cinéma et la littérature d'anticipation lorsqu'un Canudo rêve de foyers d'émotions capables de satisfaire le besoin tout spirituel d'élévation et d'oubli esthétique de millions d'individus, qu'un Eisenstein rêve d'un cinéma symbolique tout en couleur et en son qui réglerait tous les problèmes et les principes de l'image audito-visuelle, qu'un Brecht imagine une société parfaite dans laquelle de nouvelles conditions de vie permettraient à l'homme d'apprécier le cinéma de "qualité" et qu'un Astruc rêve d'un cinéma qui transmettrait aussi facilement la pensée d'un auteur à un spectateur qu'un roman à son lecteur. L'argument scientifique pèse autant dans une démonstration théorique sur le cinéma que les considérations esthétiques. Eisenstein et Canudo passent par des équations ou des schémas pour construire une argumentation, et utilisent une nomenclature digne du monde scientifique. Comment ne pas invoquer la science lorsqu'on sait ce qui génère un film (pellicule, montage, projection, son, lumière) ? Comment ne pas être dans la fiction lorsqu'on s'aperçoit du caractère idéaliste et utopiste de nos théoriciens ? Comment ne pas être dans l'anticipation lorsque le cinéma qui vient de naître nous fait miroiter ses innombrables possibilités : outil magique susceptible de tendre vers un idéal : l'art total, l'oubli esthétique, la transmission parfaite d'une pensée, le sentiment extatique...


Qu'est-ce qu'un bon film ?


D'emblée, Astruc annonce ses préférences et se positionne. Il aime Renoir, Welles et Bresson. Aimer un film selon Astruc, c'est finalement reconnaître en lui son caractère annonciateur. Un bon film, ce serait une œuvre qui dessine les lignes d'un avenir nouveau. Ces critères d'appréciation peuvent s'appliquer à toute l'histoire de l'art. Il y a donc la critique d'un côté, le cinéma de l'autre, et entre les deux : une minorité - « Nous sommes quelques uns », dit Astruc - qui affirme reconnaître un caractère annonciateur dans la production cinématographique du moment. Le terme « avant-garde » est cité puis défini sommairement, avec une sobriété volontaire qui peut surprendre. Avant-garde = renouveau. Renouveau (on le sait maintenant) = qualité, puisqu'un bon film selon Astruc, ce serait « une œuvre qui dessine les lignes d'un avenir nouveau ».


Le cinéma est un art mais aussi un  langage


Pour Astruc, le renouveau du cinéma est synonyme de changement : il devient un moyen d'expression. Ce qui revient à dire que le cinéma est enfin en train de devenir un art, « sous nos yeux ». Toute la subtilité de la démonstration d'Astruc part de cette expression : « moyen d'expression ». Selon lui, le cinéma n'en est qu'à ses balbutiements. Il faut donc attendre la fin des années 40 pour qu'on puisse enfin parler de langage. Les frères Lumière et Georges Méliès sont évoqués en filigrane par Astruc (le premier conserve les images, le deuxième en fait une attraction foraine). Jusqu'ici donc, pas de langage. Ce qui revient à dire que toutes les tentatives de transmissions d'une pensée ont échouées au cinéma (on pense immédiatement à Eisenstein), ou que les réalisateurs n'ont pas su voir les possibilités nombreuses que le cinéma leur offrait. Evidemment, pour beaucoup, le cinéma n'avait pour unique finalité que le simple divertissement (inutile donc à ce moment là de penser à une quelconque retraduction d'une perception). Astruc a découvert que le cinéma avait une puissance de transmission insoupçonnée jusque là. Le langage du cinéma peut ainsi retraduire une pensée, des obsessions, mêmes abstraites. Ce que seule la littérature pouvait faire. Autrement dit, cet art est doué de toutes les possibilités. Le seul problème, c'est qu'on ne sait pas encore vraiment comment ça marche ! Au même titre que la littérature, le cinéma est donc capable de tout exprimer. Dans un deuxième temps, il va jusqu'à dire que ce nouvel art est en phase avec son époque : tous les questionnements de l'homme moderne (spirituel, métaphysique, psychologique) peuvent être traduits par ce nouveau moyen d'expression. - Autre prophétie : l'abolition du film en salle, et la démocratisation du produit « film ». -Astruc l'avoue lui-même : cette idée du cinéma qui exprime la pensée n'est pas nouvelle. Jacques Feyder et Serguei Eisenstein y ont réfléchi. Mais ces deux penseurs et cinéastes restent malgré tout, selon l'auteur, des illustrateurs et des faiseurs d'images. Le projet d'Astruc contredit toutes ces théories : le cinéma doit transmettre des pensées sans passer par des associations d'images ou des juxtapositions. Il l'avoue lui-même : l'expression de la pensée est le problème fondamental du cinéma, et il n'a jamais été réellement résolu. Jusqu'ici, la perception initiale de l'auteur est restée approximative dans sa retranscription. Pour ce qui est du cinéma parlant, la retransmission d'une pensée ne peut opérer puisque le cinéma fonctionne par mimétisme. Les codes du théâtre que se réapproprie le cinéma ne permettent pas cette « alchimie ».  


La transmission d'une perception


Comment transmettre une idée, une pensée, une perception au cinéma ? On a vu avec Eisenstein comment, avec la méthode de subdivision d'un thème et la combinaison de fragments, on pouvait faire jaillir une pensée - finalement approximative pour Astruc.- Mais selon Astruc, c'est en explicitant les rapports entre un être humain et un autre, ou entre un être humain et un objet, qu'on pourra exprimer une pensée. « Il faut donc en dessiner la trace tangible », explique-t-il. Une condition élémentaire : le scénariste doit faire lui-même ses films. Il y a donc abolition de la distinction entre auteur et réalisateur. Celui qui a pensé l'œuvre est celui qui doit la faire ! 3 règles d'or de la caméra stylo : 1. Ne pas traduire visuellement et simplement l'univers d'un auteur : éviter l'image d'Epinal. 2. Ne pas passer par le cinéma expérimental, surréaliste et poétique pour échapper au commercial. 3. Ne pas utiliser la métaphore pour retraduire une idée. Ce qu'il faut faire : faire une transcription visuelle des sensations littéraires. Est-ce que cela veut dire que le temps d'écrire est révolu et qu'il faut tourner des films comme Brecht le disait en 33 ?


Filiation, héritage


Il est difficicile de trouver une application concrète de cette théorie. Citons "Le Rideau Cramoisi" d'Alexandre Astruc, "Les Dernières Vacances", de Roger Leenhardt, "Le Silence de la mer", de Jean-Pierre Melville, les films-livres de Maria Koleva, les films de Varda, Marker, Kramer, Van der Keuken... 


Liens externes

Le texte intégral d'Astruc : http://aliquid.free.fr/spip.php?article2261

Rencontre avec Astruc en 2005 : http://www.reforme.net/archive/article.php?num=3138&ref=773

Biographie et filmographie : http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/actions-france_830/cinema_886/promotion-du-cinema-francais_5370/une-galerie-cineastes_7913/alexandre-astruc_8626/index.html

Publié par taufort à 09:18:24 dans Alexandre Astruc | Commentaires (0) |

Le Système des émotions (extrait de 'Week-end') | 09 novembre 2006




A la 7e minute de cet extrait de Week-end, de Jean-Luc Godard (1968, avec Jean Yanne, Mireille Darc), le fameux gros plan de la tête de lapin, parodie d'Eisenstein. "Sortir de la terreur du visage, tel pourrait être l'un des programmes du cinéma moderne. Les gros plans de Godard sont toujours erratiques, énigmatiques. La terreur du gros plan est comme parodiée dans Week-end, la tête du lapin écorchée où l'on verse du sang, parodie d'Eisenstein. On ne trouve pas comme chez Hitchcock ou Lang de gros plans sur des objets étranges, inquiétants ou terribles chez Godard : ce sont des gros plans sur des stylos-feutres, des tasses de café ou des cendriers, les objets les plus communs." Bonitzer, Système des émotions, in Le Champs aveugle, Essais sur le cinéma, Cahiers du cinéma, 1982

Publié par taufort à 09:07:49 dans Pascal Bonitzer (II) | Commentaires (0) |

La Coquille et le Clergyman (1928, 28mn) | 06 novembre 2006





La Coquille et le Clergyman, de Germaine Dulac, d'après Antonin Artaud (1928, 28mn). Un clergyman amoureux d'une beauté romantique, triomphe de son rival, non de ses complexes. La réalisation de ce film d'avant-garde marque une date dans l'histoire du cinéma et du courant surréaliste. Journaliste et féministe militante, Germaine Dulac (1882-1942), cinéaste d'avant-garde éprise de recherches esthétiques, fut parmi les premiers, en France, à considérer le cinéma comme un grand art et, dès 1916, elle s'y consacra tout entière. Plus que ses films scénarisés par Delluc, Obey, Jean-Louis Bouquet ou Artaud, ses écrits théoriques ont établi sa réputation. Dans ce film présenté ici en 3 parties de 9mn, Germaine Dulac se sert de mouvements de caméra dramatiques et d'angles insolites pour exprimer, en accord avec les théories freudiennes, les frustrations et les fantaisies sexuelles d'un jeune prêtre. La censure britannique interdit le film sous le prétexte suivant : « il est si obscure qu'il semble pratiquement dénué de sens, mais si sens il y a, il ne saurait être qu'inconvenant. »







Publié par taufort à 09:33:56 dans Germaine Dulac | Commentaires (0) |

<< |1| 2| 3| >>