Ne pas commettre un homicide, option fuite en règle déloyale.
Fuite des mots, fuite du corps, fuite du regard.
Ne pas croiser le fond adverse au risque d'en perdre les illusions.
Celles qu'on tente de maintenir jusqu'à la fin.
Une fuite en eaux calmes, le barque au large, éloignement de la rive, plus aucun amarrage, perte du cap.
Publié par fleurette à 21:25:54 dans Distortion dimensionnelle | Commentaires (0) | Permaliens
J'ai peur.
Peur de voir ce corps s'effondrer devant moi.
J'ai pourtant un grand besoin d'ôter cette vie.
Besoin d'étouffer la relation jusqu'à l'asphyxie.
Le jour approche où ma pauvre victime vivra son dernier souffle.
Donne le dernier au bon moment, j'y songe.
Choisir la fin à l'instant le plus propice.
En attendant cet instant, un corps neuf m'a insulfflé de l'air pur et frais.
De l'air qui rend donc l'air vicié encore plus insupportable.
Et qui me rend encore plus impatiente. Plus impitoyable.
Publié par fleurette à 06:59:11 dans Sanctuaire | Commentaires (0) | Permaliens
Encore un autre à tuer.
Encore une âme à écorcher.
Encore les mêmes mots à prononcer.
Encore les mêmes douleurs à observer.
Encore ce rôle à assumer.
Encore un échec à essuyer.
Lisse, imperméable, impénétrable, sphère indestructible immuable.
INCAPABLE.
Publié par fleurette à 22:24:30 dans Distorsion sensorielle | Commentaires (2) | Permaliens
Il n'en reste que des cendres.
J'ai cherché le dernier fragment incandescent dans cette ruine.
Il n'en reste rien.
J'ai cherché, mais sans conviction.
Je ne suis pas triste.
Je suis embarrassée.
J'ignore s'il a senti le feu mourir. J'ignore si lui même n'a pas cherché à l'éteindre.
Et si nous étions deux à en avoir recherché l'extinction ? Qu'importe. C'est éteint désormais.
Il me reste ce tas de cendres, à lui présenter.
Il me reste à lui expliquer que plus rien dans cette foule de poussière n'est encore en mesure d'animer une flamme.
Une fois de plus, j'ai tué, j'ai étouffé, j'ai renoncé.
J'ai fait un rêve.
L'homme étalait les photos d'une femme. Il parlait d'elle avec une telle considération ! Ses yeux reflétaient le peine qu'il avait dû éprouver lorsqu'elle est partie. Il semblait malheureux, sa voix était empreinte d'une douleur forte lorsqu'il se plaignait de l'avoir perdue. Il disait qu'elle avait toujours eu peur du moindre engagement, de perdre cette liberté de l'âme, de l'esprit, du corps. Qu'il était sûr qu'elle aurait été capable de s'ouvrir. Il disait ignorer les raisons qui l'ont conduite à agir ainsi, mais il gardait la profonde conviction que tout n'avait pas été faux entre eux.
Je suis l'homme, et elle, était moi.
Publié par fleurette à 21:28:52 dans Distorsion sensorielle | Commentaires (1) | Permaliens
Quelques mois, voire même quelques années que "border" peut être le qualificatif le plus adéquat.
Ca y est.
On a basculé dans la nuit et le brouillard. On a ressenti pour la première fois cette impuissance face à nous même. Face à cet autre que nous ne maitrisons plus, celui qui a pris les commande, qui guide désormais toutes nos actions.
Le combat est toujours en cours. C'est à celui qui quittera le premier ce corps, cet esprit.
Ce soir, c'est lui qui a gagné.
Alors tourmentée par les morts qui m'entourent, l'un d'entre eux m'approche, me parle, et là je recule apeurée, hurlant, effondrée en larmes. Je plonge en plein délire parano.
La scène devait être tellement impressionnante vue de l'extérieure, qu'un homme s'est approché, très vite, je réitère, même réaction face à l'inconnu, tout est allé si vite...Ce deuxième m'a demandé si le premier type m'avait frappée, si ça allait...Je lui ai dit que oui, mais il insistait : ce n'est pas normal, il a du se passer quelque chose pour que vous pleuriez comme ça, pour que vous vous mettiez à crier...
Ce n'était pas moi.
Ce n'était pas moi.
Impossible.
Moi, je maîtrise en général.
Là, ce n'était pas moi.
Ce n'est plus moi.
J'ai peur. De moi.
Publié par fleurette à 20:45:09 dans Distortion dimensionnelle | Commentaires (0) | Permaliens
Expression