"Je est un autre".
Arthur Rimbaud
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C'est bizarre, Gracie m'a écrit aujourd'hui.Publié par Newpetitpois à 17:57:08 dans E-motions | Commentaires (3) | Permaliens
En rentrant d'avoir déposé les trois bambins chez leurs grands-parents pour le weekend, elle avait trouvé Philippe assis dans le canapé, la tête dans les mains.
Il lui avait juste dit : "Nathalie, je ne t'aime plus."
Elle avait d'abord cru à une défaillance auditive de sa part. Elle s'était excusée et avait prié son mari de répéter.
"Je vais partir Nathalie. Je ne t'aime plus."
Et là le choc. Le froid glacial qui s'était insinué soudainement dans ses veines. Elle avait commencé à tousser. Fort.
Puis sa pensée s'était vite tournée vers Adrien, Lucien et Maximilien.
"Mais... Les enfants ?"
Et ça avait été les larmes, des larmes lentes, creuses, qui coulaient discrètement le long de ses joues rebondies.
"Tu ne te rends pas compte que tu détruis toute notre famille ?" avait-elle réussi à ajouter.
Mais rien n'y avait fait.
Il y avait eu d'abord cette période affreuse et dégradante, celle où il avait fallu informer les amis et les proches, assumer le mal qu'on lui avait fait, écouter les insultes pleuvoir sur le fantôme de son mari. Oui, c'était peut-être ça, le plus dur. Entendre tous ces gens prendre parti contre lui, tenter de le convaincre qu'il était un salaud, un irresponsable, un égoïste, alors que son coeur, lui, lui avait déjà pardonné et souhaitait ardemment qu'il revienne.
Elle qui n'avait jamais eu foi en quoi que ce soit, elle s'était mise à prier. Qui, au juste, elle n'en savait rien. Elle savait qu'elle voulait son mari, c'est tout.
Finalement, elle avait compris que ses espoirs étaient vains lorsqu'elle avait reçu dans sa boîte aux lettres les papiers de la procédure de divorce. Des papiers d'un rose écoeurant. Elle avait signé, oublié les prières et la foi, et elle avait commencé une nouvelle vie.
Depuis, elle se sentait seule dans sa maison, à la fois seule adulte et seule femme, isolée dans son statut, et devant assumer l'épanouissement personnel de ses enfants si jeunes (le dernier avait quelques mois), désolée de ne pouvoir leur offrir la vraie présence paternelle dont tout le monde a besoin.
Elle s'était posé des questions elle aussi. Avec son physique peu séduisant, sa corpulence un peu boulotte et ses trois enfants à charge, elle ne trouverait plus jamais personne. Pourtant, du soleil qu'avait été sa vie d'avant, ses enfants étaient les seuls trois rayons qui persistaient.
Et puis, difficilement, peu à peu, elle avait pris le dessus.
Nathalie sort soudain de sa rêverie, quelqu'un sonne à la porte.
Intriguée, mais un peu apeurée car il est tard, elle s'avance doucement vers la porte.
Elle l'ouvre un petit peu.
Mais sur le pavillon, point d'être humain, point de mari.
Juste un bouquet de roses.
Publié par Newpetitpois à 14:40:56 dans E-motions | Commentaires (3) | Permaliens
Publié par Newpetitpois à 14:10:06 dans Je suis un Fa # | Commentaires (1) | Permaliens
Les gens doivent être en train de manger en ce moment !
C'est marrant de les imaginer... :)
Publié par Newpetitpois à 13:15:07 dans E-motions | Commentaires (0) | Permaliens
Pfiou, j'ai envie d'écrire, mais je ne sais pas à propos de quoi.
Certes, je pourrais écrire sur ces petites mamies qui trottent dans les rues l'air concentré avec leur caddie, sur la peau lisse de mes bras qui me plaît bien, sur le bonheur de croquer dans un concombre ou d'embrasser une pêche, sur ma prof d'anglais excentrique qui s'est coloré en plus clair une touffe du haut du crâne, sur ma prof de philo pleine de joie de vivre qui me donne envie d'être comme elle, sur mon envie de bien m'habiller cette année et de ne plus ressembler à rien, sur mon envie d'être vraie et forte, sur le bonheur que me procurent chaque jour mes amis, sur le soleil que peut allumer un sourire et l'orage que déclenche un regard glacial, sur mon côté pas rock'n'roll qu'il va falloir que j'assume, sur mes chaussures à paillettes que j'adore, sur l'harmonie dont j'ai besoin, sur ma fatigue mentale, sur le plaisir que j'ai à regarder Grey's Anatomy tous les lundis soirs, sur ce défi que je vais devoir relever à la messe, sur le fait que oui je crois en Dieu et que ça me rend heureuse, sur mes joies et mes peines, sur mes désirs et mes regrets...
Ben oui, mais j'ai pas envie, j'ai rien qui sort.
Vous voulez que je vous raconte une blague ?
C'est une vache nommée Annabelle et un taureau nommé Hannibal, qui sont dans un pré, séparés par un grand barbelé. Annabelle est amoureuse d'Hannibal, alors elle lui demande tous les jours : "Hannibal, je t'aime, viens me retrouver !"... Mais Hannibal, pas fou, en voyant la hauteur du grillage, refuse et fait mine de ne rien entendre. Mais à force de demandes, Annabelle obtient un jour ce qu'elle veut. Hannibal se met tout au fond du champ pour prendre de l'élan, et se lance à toute vitesse, pour finalement, hop, atterir dans le pré d'Annabelle. Celle-ci, ravie, le remercie : "Oh Hannibal, merci, je t'aime tant !". Et le taureau lui répond avec une toute petite voix : "Tu peux m'appeler Annie maintenant, les balles sont restées derrière !".
Publié par Newpetitpois à 18:35:44 dans E-motions | Commentaires (2) | Permaliens
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