"Je est un autre".
Arthur Rimbaud
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<< Interlude musical... | Je ne t'aime plus, mon amour. | La lettre de Grace >>
En rentrant d'avoir déposé les trois bambins chez leurs grands-parents pour le weekend, elle avait trouvé Philippe assis dans le canapé, la tête dans les mains.
Il lui avait juste dit : "Nathalie, je ne t'aime plus."
Elle avait d'abord cru à une défaillance auditive de sa part. Elle s'était excusée et avait prié son mari de répéter.
"Je vais partir Nathalie. Je ne t'aime plus."
Et là le choc. Le froid glacial qui s'était insinué soudainement dans ses veines. Elle avait commencé à tousser. Fort.
Puis sa pensée s'était vite tournée vers Adrien, Lucien et Maximilien.
"Mais... Les enfants ?"
Et ça avait été les larmes, des larmes lentes, creuses, qui coulaient discrètement le long de ses joues rebondies.
"Tu ne te rends pas compte que tu détruis toute notre famille ?" avait-elle réussi à ajouter.
Mais rien n'y avait fait.
Il y avait eu d'abord cette période affreuse et dégradante, celle où il avait fallu informer les amis et les proches, assumer le mal qu'on lui avait fait, écouter les insultes pleuvoir sur le fantôme de son mari. Oui, c'était peut-être ça, le plus dur. Entendre tous ces gens prendre parti contre lui, tenter de le convaincre qu'il était un salaud, un irresponsable, un égoïste, alors que son coeur, lui, lui avait déjà pardonné et souhaitait ardemment qu'il revienne.
Elle qui n'avait jamais eu foi en quoi que ce soit, elle s'était mise à prier. Qui, au juste, elle n'en savait rien. Elle savait qu'elle voulait son mari, c'est tout.
Finalement, elle avait compris que ses espoirs étaient vains lorsqu'elle avait reçu dans sa boîte aux lettres les papiers de la procédure de divorce. Des papiers d'un rose écoeurant. Elle avait signé, oublié les prières et la foi, et elle avait commencé une nouvelle vie.
Depuis, elle se sentait seule dans sa maison, à la fois seule adulte et seule femme, isolée dans son statut, et devant assumer l'épanouissement personnel de ses enfants si jeunes (le dernier avait quelques mois), désolée de ne pouvoir leur offrir la vraie présence paternelle dont tout le monde a besoin.
Elle s'était posé des questions elle aussi. Avec son physique peu séduisant, sa corpulence un peu boulotte et ses trois enfants à charge, elle ne trouverait plus jamais personne. Pourtant, du soleil qu'avait été sa vie d'avant, ses enfants étaient les seuls trois rayons qui persistaient.
Et puis, difficilement, peu à peu, elle avait pris le dessus.
Nathalie sort soudain de sa rêverie, quelqu'un sonne à la porte.
Intriguée, mais un peu apeurée car il est tard, elle s'avance doucement vers la porte.
Elle l'ouvre un petit peu.
Mais sur le pavillon, point d'être humain, point de mari.
Juste un bouquet de roses.
Publié par Newpetitpois à 14:40:56 dans E-motions | Commentaires (3) | Permaliens
30-10-2006 16:04
De Daniela Sujet:
Dégeulasse
18-09-2006 18:12
De COYOTE
Sujet:
Comprenez-vous ? Url: [Liens]
17-09-2006 15:06
De Floby Sujet:
eh mais
Vos mots doux